LE SERMENT DE LA FÉDÉRATION BRETONNE-ANGEVINE

Elle eut lieu à Pontivy du 15 au 19 janvier 1790. 150 délégués venus de 80

villes de Bretagne et d'Anjou y représentèrent 150 000 gardes nationaux

environ. On y prêta dans une véritable émotion religieuse le serment

suivant:

Jaloux de donner à la patrie des nouvelles preuves d'un zèle qui ne

s'éteindra qu'avec nos jours;

Nous, jeunes citoyens français, habitant les vastes pays de la Bretagne et

de l'Anjou, extraordinairement réunis par nos représentants à Pontivy pour

y resserrer les liens de l'amitié fraternelle que nous nous sommes

mutuellement vouée, avons formé et exécuté au même instant le projet d'une

confédération sacrée qui sera tout à la fois l'expression des sentiments

qui nous animent et des motifs qui nous rapprochent malgré les distances,

Nous avons unanimement arrêté et arrêtons: De former, par une coalition

indissoluble, une force toujours active, dont l'aspect imposant frappe de

terreur les ennemis de la régénération présente;

De vouer à la nouvelle Constitution du royaume un respect et une

soumission sans bornes et de soutenir, au péril de notre vie, les décrets

émanés de l'Assemblée nationale;

De renouveler au monarque-citoyen l'hommage respectueux de notre amour;

De ne reconnaître entre nous qu'une immense famille de frères qui,

toujours réunie sous l'étendard de la liberté, soit un rempart formidable

où viennent se briser les efforts de l'aristocratie;

De nous prêter enfin, mutuellement, tous les secours qui seront en notre

puissance, sans y mettre d'autres conditions ni d'autres bornes que celles

que nous inspireront l'honneur et le patriotisme;

Et pour mettre le dernier sceau à nos engagements, nous avons arrêté qu'un

serment solennel et public appellerait sur nous la protection du Dieu de

paix que les coeurs purs invoquent avec confiance,

Nous jurons donc, par l'honneur, sur l'autel de la Patrie, en présence du

Dieu des armées, amour au père des Français; nous jurons de rester à

jamais unis par les liens de la plus étroite fraternité; nous jurons de

combattre les ennemis de la Révolution; de maintenir les droits de l'homme

et du citoyen, de soutenir la nouvelle Constitution du royaume et de

prendre au premier signal de danger, pour cri de ralliement de nos

phalanges: _Vivre libres ou mourir!_. [Note: J. Bellec, Les deux

fédérations bretonnes-angevines, dans _La Révolution française_. t.

XXVIII.]

Les grandes journées de la Constituante · 第 60 / 101 题