L'AGITATION CONTRE LE VETO

Le roi aurait-il le pouvoir de s'opposer à l'exécution des lois et décrets

votés par les représentants de la nation? Son veto serait-il absolu ou

suspensif? La question avait une importance capitale. Donner au roi le

veto, n'était-ce pas lui donner le pouvoir d'arrêter toutes les réformes?

Le bon sens populaire ne s'y trompa pas: «On vit des porteurs de chaise, à

la porte de l'Assemblée, dans une grande agitation sur le veto.» [Note:

Malouet, _Mémoires_, I, p. 367.] C'est qu'en effet les décrets du 4 août

n'étaient pas encore sanctionnés, et on pouvait se demander si ce retard

du roi à les promulguer n'était pas un indice qu'il les désapprouvait.

Beaucoup de bons esprits le pensaient et craignaient que le veto royal ne

fût aux mains des privilégiés un moyen commode de conserver leurs riches

prébendes. On avait cru un instant que le 14 juillet suffirait à montrer

l'inanité de toute tentative de résistance à la Révolution; on commençait

à s'apercevoir qu'un second avertissement ne serait pas superflu. «Il n'y

avait qu'un cri», écrivait un publiciste, «après le 14 juillet, c'était de

sauver le roi, ce bon roi que nous aimons tous, de l'arracher à la

séduction, à l'obsession, de briser ses fers, afin qu'il daignât briser

les nôtres». [Note: _Le triomphe de la nation_, p. 6.] On voyait que

la «séduction» et que «l'obsession» persistaient, que le roi était

toujours circonvenu par les partisans de l'ancien régime. Il fallait

recommencer de briser ses fers.

Ce n'est pas le lieu de raconter ici l'émeute avortée des 30-31 août. Mais

nous ne pouvons nous dispenser pourtant de rappeler par combien de côtés

elle ressemble au mouvement d'octobre qu'elle fait déjà présager. Le 30

août comme le 4 octobre, c'est par les députations à la Commune que

l'émeute commence. Dans les deux cas, les insurgés cherchent à donner à

leurs démarches un caractère de légalité. Dans les deux cas encore, c'est

la reine qui est l'objet des haines et des accusations les plus furieuses.

Enfin, et ceci est plus remarquable, dans l'exposé des voeux des insurgés

d'août, nous trouvons déjà ce que demanderont à leur tour les émeutiers

d'octobre: «Le roi et son fils seront suppliés de se rendre au Louvre pour

y demeurer au milieu des fidèles Parisiens». Nous savons qui a lancé cette

idée au café de Foy: «Sir Thomas Garnier Dwall, secrétaire de S.A.R. le

prince Edouard, quatrième fils de S. M. britannique», rapporte, dans la

déposition qu'il fit devant le Châtelet, [Note: Procédure du Châtelet sur

les événements qui se sont passés à Versailles le 6 octobre, déposition

317.] le discours que prononça ce jour-là Camille Desmoulins. Bien que la

déposition ait eu lieu longtemps après les événements, elle a tous les

caractères de la véracité et d'ailleurs elle est confirmée par les

témoignages dignes de foi. «L'empereur, disait Camille, vient de faire la

paix avec les Turcs pour être dans le cas d'envoyer des forces contre

nous; la reine vraisemblablement voudra l'aller rejoindre, et le roi, qui

aime son épouse, ne voudra point la quitter; si nous lui permettons de

sortir du royaume, il faudra au moins que nous prenions le dauphin en

otage, mais je crois que nous ferions beaucoup mieux, pour ne point être

exposés à perdre ce bon roi, de députer vers lui pour l'engager à faire

enfermer la reine à Saint-Cyr et _amener le roi à Paris où nous serons

plus sûrs de sa personne_....» [Note: Procédure du Châtelet sur les

événements qui se sont passés à Versailles le 6 octobre, déposition

317.]La motion fit, comme on disait, des sectateurs et le marquis de

Saint-Huruge la joignit à ses autres réclamations.... Mais le projet

d'amener le roi à Paris ne s'impose encore avec force qu'à l'esprit

de quelques uns.... On le vit bien quand l'attitude de la garde nationale

eût fait échouer la tentative de Saint-Huruge sur Versailles. Le lendemain

l'agitation recommença ... mais il ne s'agit plus maintenant de marcher

sur Versailles pour expulser de l'Assemblée nationale les membres

corrompus et pour ramener le roi à Paris; des avis moins violents sont

proposés et adoptés. Ce n'est plus l'ardent Desmoulins qu'on applaudit,

mais le sage Loustalot. Or, celui-ci s'élève vivement contre la motion

faite la veille d'aller à Versailles, il déclare que des hommes libres

doivent avant tout respecter la légalité et il convie les Parisiens à

faire connaître dans leurs districts leur opinion sur le veto. La motion

fut adoptée d'enthousiasme. On respectait encore trop l'Assemblée

nationale, sur laquelle on avait mis tant d'espoirs, pour qu'on n'hésitât

pas à violer sa liberté.... Le 2 septembre Barnave proposa à l'Assemblée

d'accorder au roi le veto suspensif. Toute la gauche, Goupil, le baron de

Jessé, les Lameth soutinrent sa proposition. Nous savons aujourd'hui que

le veto suspensif fut dans la pensée de Barnave un moyen d'entente, un

terrain de conciliation entre les partis. La lettre suivante qu'il

adressait le 10 septembre à Mme de Staël en est une preuve: «M. Barnave a

l'honneur de prévenir Mme l'ambassadrice de Suède que, pour le succès de

la démarche de demain [message de Necker en faveur du veto suspensif], il

est très important que la lettre qui sera lue exprime que le roi n'entend

point faire usage de son droit suspensif relativement aux arrêtés de

l'Assemblée actuelle, mais seulement sur les lois qui pourront être

proposées par les assemblées suivantes. L'intérêt que prend une partie de

l'Assemblée aux décrets de la nuit du 4 août pourrait être un grand

obstacle au succès de la proposition si l'on laissait subsister quelque

doute à cet égard. Mme l'ambassadrice excusera M. Barnave de l'occuper si

tard d'intérêts de cette nature et, en faisant de cet avertissement

l'usage qui lui paraîtra le meilleur, elle voudra bien ne pas oublier ce

billet sur la cheminée....» [Note: Arch. nat. W. 12.]

Le lendemain Necker envoyait à l'Assemblée un message longuement motivé

dans lequel il recommandait au nom du roi le veto suspensif.... [Note:

Albert Mathiez, _Étude critique sur les journées des 5 et 6 octobre 1789_,

pp. 12-14, p. 28.]

Les députés modérés, qui craignaient les excès depuis la grande Peur,

s'alarmèrent de l'agitation de Paris et demandèrent au roi ou bien de

transférer l'Assemblée à Compiègne ou bien de la protéger contre une

émeute possible.

LA SCISSION DU PARTI PATRIOTE ET LE PROJET DE TRANSFÉRER L'ASSEMBLÉE A

COMPIÈGNE

La scission datait de la nuit du 4 août. La Révolution, incontestée depuis

le 14 juillet, était entrée, cette nuit-là, dans la période des

réalisations pratiques.... Dès le 6 août Mounier s'élevait contre la

suppression sans indemnité des droits féodaux: «Ces droits, disait-il, se

sont vendus et achetés depuis des siècles, c'est sur la foi publique

qu'ils ont été mis dans le commerce, que l'on en a fait la base de

plusieurs établissements; en les anéantissant, c'est anéantir les

contrats, ruiner des familles entières et renverser les premiers

fondements du bonheur public.» Quelques députés populaires, les uns comme

Bergasse, Malouet, Virieu, parce qu'ils étaient sincèrement attachés à la

Révolution et qu'ils craignaient de la compromettre par des mesures

précipitées, les autres comme Sieyès, moins désintéressés, parce que les

arrêtés du 4 août les atteignaient dans leurs revenus, pensèrent comme

Mounier. Ils craignirent qu'en abolissant d'une façon aussi absolue le

régime féodal, à côté d'abus iniques, on ne supprimât bien des fois des

propriétés légitimes. «Ne portait-on pas, d'ailleurs, à la propriété en

soi un coup profond, du moment où l'on effaçait si aisément des attributs

qui en avaient fait l'objet, depuis tant de temps, et n'ouvrait-on point

par là un chemin qu'il n'y avait qu'à élargir un peu pour y faire passer

tout le reste?» [Note: H. Doniol, _La Révolution française et la

féodalité_. Paris, 1874, p. 62.] Enfin, bourgeois tranquilles et hommes

d'ordre, la profondeur et la généralité du mouvement révolutionnaire les

surprenait et les effrayait, et ils appréhendaient que les décrets du 4

août ne fussent que de nouveaux aliments à l'agitation. Aussi se

rapprochent-ils peu à peu de la Cour. Ils veulent «qu'on rende au pouvoir

exécutif et au pouvoir judiciaire la force dont ils ont besoin», [Note:

Paroles de Virieu à l'Assemblée, 8 août.] et, lors de la discussion sur le

veto, ils défendront avec les aristocrates le veto absolu.

Les autres députés patriotes, au contraire, Barnave, Buzot, Petion, les

Lameth, le comte d'Antraigues, Lacoste, etc., plus jeunes et connaissant

mieux le peuple, suivaient une politique tout opposée. Ils avaient voté

sans hésiter la suppression de la féodalité, parce que les cahiers le leur

commandaient, qu'ils trouvaient la mesure juste et indispensable, qu'ils

pensaient qu'il fallait détruire les abus de l'ancien régime avant

d'organiser l'ordre nouveau [Note: «Vous n'auriez pas dû songer,

permettez-moi cette expression triviale, à élever un édifice sans déblayer

le terrain sur lequel vous devez construire.» (Mirabeau, séance du 14

septembre, matin).] et enfin parce qu'ils ne voyaient aucun autre moyen de

mettre fin à l'insurrection des provinces. [Note: On connaît le mot de

Reubell: «Les peuples sont pénétrés des bienfaits qu'on leur a promis, ils

ne s'en dépénètreront plus.» (cité par Duquesnoy, _Journal_, I, p. 351.)]

Les décrets du 4 août votés, ils n'avaient pas compris qu'on s'opposât à

leur sanction. Ils fréquentaient les foules et les passions populaires

battaient dans leur cœur. Ils savaient que les Français attendaient les

arrêtés avec impatience et que, si on tardait à les leur donner, ils

étaient en force et en volonté de les mettre d'eux-mêmes à exécution. Ils

craignaient que les retards et les demi-mesures n'eussent pour résultat

que de prolonger les troubles et les émeutes qu'ils déploraient les

premiers. Les résistances qu'ils rencontraient ne faisaient que les

irriter et qu'augmenter la défiance qu'ils gardaient toujours contre la

Cour et les privilégiés. [Note: «Qui ne connaît les orages de la Cour et

ses révolutions? Qui ne voit qu'à la Cour on a toujours promis au peuple

de ne pas le tromper et qu'on l'a trompé sans cesse» (Buzot, 8 août).] Ils

font bientôt consister toute leur politique dans la sanction immédiate des

arrêtés du 4 août et ils subordonnent toutes les autres questions à celle-

là. Necker demande un emprunt, ils répondent qu'on sanctionne les arrêtés

du 4 août. [Note: «Voulez-vous que je vote votre emprunt? Vérifiez la

dette de l'État.... Faites surtout que le décret de l'emprunt soit

accompagné de tous les décrets passés dans la nuit du 4, et je vote

l'emprunt; mais rappelez-vous que telle est ma mission, que telle est la

vôtre, et que vous ni moi n'en avons d'autres» (Buzot, 8 août).]

L'Assemblée étudie la question des prérogatives royales. Ils ne conçoivent

pas qu'avant d'avoir obtenu la sanction des décrets du 4 août, préface

indispensable de la Révolution, on veuille donner au roi, le veto,

c'est-à-dire le pouvoir de les ajourner et de les supprimer. S'ils

craignent le désordre, ils craignent plus encore la contre-révolution. Ils

soupçonnent que la Cour n'a pas désarmé, que l'accalmie qui suivit le 14

juillet n'est pas une paix définitive. Ils redoutent surtout le clergé

qu'ils accusent de pousser le roi à la résistance. Pour prévenir la

contre-révolution qui se prépare, ils recherchent l'appui des clubs et des

districts parisiens.

Vers la fin d'août, la scission entre les deux fractions du parti

populaire allait s'accentuant. Lafayette chercha vainement un terrain de

conciliation. Des conférences eurent lieu chez lui et chez Jefferson entre

Mounier, Lally, Bergasse, d'une part, Duport, Lameth et Barnave de

l'autre.... [Note: Pour le détail des négociations, consulter Lafayette,

_Mémoires_, II, p. 298; Mounier, _Exposé de ma conduite_, pp. 51-33;

Fenières, _Mémoires_, I, p. 221.] Mounier, qui croyait alors la majorité

de l'Assemblée gagnée à ses idées, se montra intransigeant.... Le 29 août

les pourparlers furent définitivement rompus....

L'émeute du 30 août fut pour les modérés comme un coup de foudre.

C'étaient eux les députés infidèles et corrompus dont elle demandait la

révocation et la mise en jugement. Qu'allait-il arriver si Lafayette ne

parvenait pas à rétablir le calme? Lafayette lui-même ferait-il tous ses

efforts pour sauvegarder l'indépendance de l'Assemblée? On avait foi en sa

loyauté, on le savait parfait gentilhomme, mais on n'ignorait pas son

admiration pour la constitution américaine et ses préférences pour les

idées de démocratie royale chères au parti populaire. L'anxiété était

grande. Si l'émeute était la plus forte, c'était l'Assemblée dispersée,

ses membres insultés ou massacrés, la France livrée à la démagogie. Ou

bien si ces scènes de sauvagerie ne se produisaient pas, c'était à tout le

moins le roi et les députés traînés à Paris et là obligés de ratifier les

volontés de la populace. De toute manière, c'était pour les modérés la fin

de leur influence. Us sentaient bien que, même si l'émeute se contentait

de transférer à Paris le siège des pouvoirs publics, la majorité leur

échapperait.

Le 31 août, pendant que les craintes sont encore vives, Clermont-Tonnerre

propose qu'en cas de danger l'Assemblée nationale quitte Versailles et

s'établisse dans une autre ville, loin des entreprises du peuple de

Paris.... Pour mettre son projet à exécution, le parti modéré avait besoin

du concours de la droite de l'Assemblée, des ministres et du roi.... A qui

profiterait cette alliance avec la Cour? C'était une grande naïveté de se

figurer que les aristocrates y entraient sincèrement et sans arrière

pensée. Les modérés voulaient le transfert de l'Assemblée en province

parce qu'ils croyaient que l'établissement d'une constitution, d'un

gouvernement stable en dépendait. Ils craignaient l'anarchie et avant tout

voulaient faire régner l'ordre et la loi. C'était pour de tout autres

raisons que les aristocrates s'associent au même projet. Pour eux, le

départ du roi de Versailles est le commencement de la contre-révolution.

Ils n'ont jamais cessé d'espérer le rétablissement complet de l'ancien

régime. Ils se disent qu'en éloignant de Paris les pouvoirs publics, on

les mettra forcément, qu'on le veuille ou non, à leur discrétion....

Les chefs modérés et les chefs royalistes se réunirent au nombre de 32

pour arrêter une ligne de conduite commune. La droite était représentée

par Maury, Cazalès, D'Espréménil, Montlosier; la gauche par Mounier,

Bergasse, Malouet, Bonnai, Virieu.... Tous tombèrent d'accord:

«1° Que, vu les troubles et le voisinage de Paris, la position du roi à

Versailles n'était plus tenable;

«2° Que la position de l'Assemblée, menacée comme elle l'était depuis

quelque temps dans ses principaux membres, ne l'était pas davantage;

«3° Que, dans les deux cas où le roi se déciderait soit à quitter

Versailles, soit à y demeurer, quelque corps de troupes de ligne était

absolument nécessaire, conjointement avec sa garde, pour le préserver

d'une entreprise populaire.»

On décida en outre qu'une délégation de trois membres irait porter au roi

la décision qu'on venait de prendre et lui demanderait «le transfert de

l'Assemblée à vingt lieues de Paris, à Soissons ou à Compiègne». [Note:

Montlosier, _Mémoires_, I, p. 276 et sq.] Pour donner à la démarche une

apparence presque officielle, on désigna pour faire partie de la

députation: l'évêque de Langres, La Luzerne, alors président de

l'Assemblée, et Rhedon qui en était secrétaire, et on leur adjoignit

Malouet. La hâte était telle qu'ils n'attendirent pas au lendemain pour

remplir leur mission. Ils allèrent trouver le soir même Montmorin et

Necker et leur firent part de la décision que leurs amis venaient de

prendre. Les deux ministres l'approuvèrent fort. Ils entrèrent même si

avant dans les vues des modérés qu'ils n'hésitèrent pas à convoquer

d'urgence le conseil.... Le conseil se prolongea jusqu'à minuit. L'issue

ne fut tout autre que celle qu'on attendait. Necker vint dire aux délégués

«d'un air consterné» que leur proposition était rejetée, que le roi ne

voulait pas quitter Versailles. [Note: Malouet, _Mémoires_, I, p. 340.].

...«Malgré la reine, malgré M. de Mercy, malgré les insinuations plus ou

moins pressantes d'un grand nombre de seigneurs de la Cour, le roi se

décida à demeurer à Versailles.» [Note: Malouet, _Mémoires_, I, p. 342.]

Sans doute, cet acte de fermeté étonne un peu de la part d'un homme dont

le comte de Provence comparait le caractère à des boules d'ivoire huilées

qu'on s'efforcerait en vain de retenir ensemble. Eut-il, ce soir-là, comme

dans un éclair, la vue nette de la situation? Comprit-il la gravité de la

mesure qu'on voulait lui faire prendre, craignit-il, en jetant un tel défi

au peuple de Paris, de provoquer une insurrection, un nouveau 14 juillet,

plus terrible que le premier? Si invraisemblable qu'elle puisse paraître,

la chose n'est peut-être pas impossible. Ou bien encore, n'écoutant que sa

rancune, hésita-t-il à se confier aux modérés, hier ses ennemis? Cette

opinion, que nous trouvons dans les mémoires de Weber, n'est peut-être pas

éloignée de la vérité. Il faut ajouter enfin que, si Louis XVI était

débonnaire, il ne manquait pas d'un certain courage passif et se faisait

une assez haute idée du point d'honneur. Malouet dit très bien: «Le roi

qui avait un courage passif, trouvait une sorte de honte à s'éloigner de

Versailles.» [Note: Malouet, _Mémoires_, l, p. 342.] Et nous savons que ce

sont des scrupules du même ordre qui, le 5 octobre, l'empêcheront de

prendre la fuite.... [Note: Albert Mathiez, _op. cit._, pp. 29-37.]

Pour rassurer les modérés le roi appela à Versailles le régiment de

Flandre. Il pensait ainsi être plus fort pour refuser sa sanction aux

décrets du 4 août, à la déclaration des droits et aux autres articles

constitutionnels.

La disette qui sévissait, la crise économique, produite par l'émigration,

créaient un excellent terrain aux excitations des meneurs populaires qui

dénoncèrent le refus de sanction des décrets, l'appel des troupes,

l'élection de Mounier à la présidence comme autant de preuves du dessein

formé de faire rétrograder la Révolution. Il est probable enfin que les

intrigues orléanistes ont joué un rôle.

Les grandes journées de la Constituante · 第 44 / 101 题