LA DÉMISSION DE NECKER

Des cris de _Vive Necker_ se faisaient entendre jusqu'au château. On

voulait le voir, on voulait le prier de rester à la tête des affaires.

Dans l'intervalle, il a été demandé chez la reine. Le peuple l'y a suivi,

et les cours du château sont restées pleines de monde. M. Necker a passé

un instant chez le roi pour lui rendre compte que toutes les caisses

étaient fermées à Paris, que la ville entière était prête à se soulever,

et que les directeurs de la Caisse d'Escompte arrivaient dans le moment de

Paris lui annoncer tous les dangers dont la Caisse était menacée. Le roi a

senti que le remède à ces maux était la conservation de son ministère. Il

a même exigé dit-on que M. Necker allât depuis le Château jusqu'au

Contrôle général à pied, pour se montrer au peuple et l'assurer qu'il

restait. Les rues, les fenêtres retentissaient d'applaudissements et de

cris répétés de _Vive Necker!_ Dans un instant tous les députés du

Tiers-État se sont rendus chez M. Necker pour le féliciter et applaudir

avec lui au bonheur de la nation qui le conserve. On l'embrassait, on

embrassait Mme Necker et la baronne de Staël, le public embrassait les

députés du Tiers, les applaudissait, criait: _Vive Necker, vive

l'Assemblée nationale_! [Note: Journal de l'abbé Coster, dans A. Brette,

_La Révolution française,_ t. XXIII, pp. 66-67.]

Les grandes journées de la Constituante · 第 15 / 101 题