LES DÉCLARATIONS DU ROI

Le roi veut que l'ancienne distinction des trois ordres de l'État soit

conservée en son entier, comme essentiellement liée à la constitution de

son royaume; que les députés librement élus par chacun des trois ordres,

formant trois chambres, délibérant par ordre, et pouvant, avec

l'approbation du souverain, convenir de délibérer en commun, puissent

seuls être considérés comme formant le corps des représentans de la

nation. En conséquence, le roi a déclaré nulles les délibérations prises

par les députés de l'ordre du Tiers-État le 17 de ce mois ainsi que celles

qui auraient pu s'ensuivre, comme illégales et inconstitutionnelles

(_Décl._ I. 1).

Sont nommément exceptées des affaires qui pourront être traitées en commun

celles qui regardent les droits antiques et constitutionnels des trois

ordres, la forme de constitution à donner aux prochains États-Généraux,

les propriétés féodales et seigneuriales, les droits utiles et les

prérogatives honorifiques des deux premiers ordres (_id._ 8).

Le consentement particulier du clergé sera nécessaire pour toutes les

dispositions qui pourraient intéresser la religion, la discipline

ecclésiastique, le régime des ordres et corps séculiers et réguliers

(_id._ 9).

Les affaires qui auront été décidées dans les assemblées des trois ordres

réunis seront remises le lendemain en délibération si cent membres de

l'Assemblée se réunissent pour en faire la demande (_id._ 12).

Toutes les propriétés sans exception seront constamment respectées et

S.M. comprend expressément sous le nom de propriétés les _dîmes, cens,

rentes, droits et devoirs féodaux et seigneuriaux_, et généralement tous

les droits et prérogatives utiles ou honorifiques, attachés aux terres et

fiefs, ou appartenant aux personnes (_Décl._ II. 12).

Les deux premiers ordres de l'État continueront à jouir de l'exception des

charges personnelles, mais le roi approuvera que les États-Généraux

s'occupent des moyens de convertir ces sortes de charges en contributions

pécuniaires, et qu'alors tous les ordres de l'État y soient assujettis

également (_id._ 15).

Dans d'autres articles le roi avait promis de n'établir aucun nouvel impôt

sans le consentement des représentants de la nation, de faire connaître le

tableau annuel des recettes et des dépenses et de le soumettre aux États

généraux, de sanctionner la suppression de tous les privilèges en matière

d'impôts, d'abolir la taille, le franc-fief, les lettres de cachet, la

corvée, d'établir des États provinciaux composés de deux dixièmes de

membres du clergé, de trois dixièmes de membres de la noblesse et de cinq

dixièmes de membres du Tiers, etc.

Le roi termina par les paroles suivantes:

Les grandes journées de la Constituante · 第 11 / 101 题