Chapitre XVIII, etc., p. 284 et suiv.--_Le duc d'Albe._--C'est un

soulagement pour l'historien de trouver enfin ce véritable Espagnol

qui éclaircit tout, et dégage la situation des obscurités, des

lenteurs, où s'embourbe le Flamand Philippe II. Les lettres du duc en

1563-1564 (ap. Granvelle, t. VII) sont une véritable révélation. Il

est très-net, très-vif. Il dispense son maître de l'entrevue que le

cardinal de Lorraine lui proposait avec le pape, Catherine et

l'Empereur: «Où il n'y a ni puissance ni bonne foi, l'entrevue seroit

superflue.» Et sur l'Empereur: «Il est nul comme un pape» (VII,

285).--Le moment le plus curieux de ce règne, c'est celui où Philippe

II _attrape_ les Flamands. Il écrit à Marguerite qu'il modèrera ses

édits; et, quant au pardon général, «comme il n'eut jamais d'autre

intention que de traiter ses sujets _en toute clémence possible,

n'abhorrissant rien tant que la voie de rigueur_,» il veut que

Marguerite le donne (1566, 31 juillet). Mais il écrit à Rome le 12

août qu'on dise au pape: qu'il ne pardonnera _qu'en ce qui le

concerne_ et pour les délits qu'il est en son pouvoir de remettre.

Reiffenberg, corr. de Marguerite, p. 96-106. Gachard, Philippe II, t.

I, p. CXXXIII et 446.--Même équivoque sur l'inquisition. Philippe II

et Granvelle (t. VI, p. 554, 563) nient qu'on veuille introduire aux

Pays-Bas l'Inquisition _espagnole_. Toute la finesse est dans ce

dernier mot. Sans doute elle ne pouvait l'être dans la forme _toute

espagnole_, tellement nationale comme police dominicaine et

monastique, comme suite de la persécution mauresque et juive, etc.

Mais qu'importe, si le secret des procédures, les présomptions prises

pour preuves, enfin le régime des _suspects_ (avant), des _entachés_

(après), faisaient du pays un enfer comme l'Espagne.--Le grand esprit

qui, de nos jours, a mis dans une si terrible et si instructive

lumière les _Révolutions d'Italie_, a révélé le vrai mot des

_Révolutions de Hollande_; expliqué pourquoi les unes avortèrent et

les autres se maintinrent; de sorte qu'en ces deux histoires, la

politique théorique apprendra désormais ce qu'il faut faire pour

perdre la liberté ou pour la défendre.--Le fond de la question était

de savoir si les quinze provinces catholiques n'entraîneraient pas

avec elles les deux protestantes, si le droit sacré des majorités

rétablirait le despotisme, si la liberté serait tuée au nom de la

liberté. C'est la gloire de cet indomptable Guillaume le Taciturne

d'avoir tranché ce noeud fatal, ce lacet que l'on jetait au cou de la

République, étranglée avant de naître. Il faut lire le procès-verbal

de la conférence secrète dans les lettres de Guillaume (III, 447), la

relire dans le récit lumineux de son interprète, en qui le ferme génie

de Tacite et de Machiavel s'est montré à cette page agrandi de

l'expérience de nos révolutions (_Quinet, Marnix_, p. 105). _Et nunc

erudimini._ Apprenez, peuples de la terre.--Maintenant, qu'il me soit

permis d'éclairer deux points:--La succession heureusement graduée des

gouverneurs des Pays-Bas, de la férocité du duc d'Albe à la douceur de

Requesens, aux grâces de Don Juan, ne tint pas uniquement à une

combinaison du génie de Philippe II, mais, à son défaut de ressource,

à sa détresse financière, qui ne lui permit pas de continuer la guerre

d'extermination que conseillait le duc d'Albe. Pourquoi? Parce qu'elle

était coûteuse.--Je crois aussi qu'en rendant justice au courage, à la

sagesse de Guillaume, comme l'a fait Quinet et le savant archiviste de

la maison d'Orange, il faut faire la part de l'esprit indépendant, du

bon sens profond que montrèrent les États de Hollande dans la question

religieuse, dans les points où ils furent en désaccord avec leur

héros.--La tentation de celui-ci, génie moderne au-delà de son temps,

fut la tolérance de l'humanité. Proclamons-le, ce grand homme, du

titre qu'il mérite, le roi d'un immense peuple qui naissait parmi les

peuples, celui des amis de la tolérance, le chef du _parti de

l'humanité_.--Henri IV, qui fut ce chef après lui, touche aussi le

coeur, mais il touche moins, paraissant si indifférent au bien et au

mal. La douceur du prince d'Orange ne prit pas sa source dans

l'indifférence. L'homme qui souffrit le plus peut-être dans ce siècle,

ce fut lui; et il fut aussi celui qui garda son coeur le plus calme,

parce qu'il était le plus ferme.--Un des résultats de cette douceur,

c'est qu'il fut habituellement l'avocat des catholiques. Leurs

tentatives pour le tuer ne l'en corrigèrent pas. Il eût voulu que la

Hollande et la Zélande s'ouvrissent aux catholiques, ce qu'ils

refusèrent obstinément.--Refus profondément sage. Nous en donnerons

les raisons qu'on n'a point données jusqu'ici.--Entre l'admission des

catholiques en Hollande et celle des réformés en Belgique, il n'y a

aucune parité, et rapprocher ces deux choses, c'était montrer qu'on ne

connaissait pas assez les deux partis.--Les réformés, quels qu'aient

été leurs essais de discipline, de concentration, d'unité, gardaient

le signe originel de la réforme, qui fut l'examen et la liberté. Ils

n'avaient pas l'apparente unité du dogmatique catholique. Ils n'en

avaient pas la redoutable hiérarchie religieuse et politique, ce

vigoureux machinisme, pour faire agir d'ensemble des volontés

anéanties au profit d'un corps dirigeant, pour combattre avec des

cadavres.--N'ayant pas la confession, la direction des femmes,

n'entrant point dans les secrets, dans le mystère des familles,

n'agissant que par la parole en pleine lumière, ils n'avaient aucun

moyen de résister aux souterraines menées de leurs adversaires, s'ils

les admettaient une fois.--Il est ridicule de dire que la presse y

suppléera auprès d'un public de femmes, d'enfants, de mineurs, de

faibles, qui ne lisent pas, ne peuvent lire, s'abstiennent de

s'éclairer, par vertu chrétienne, humilité et simplicité d'esprit.--Si

le prince d'Orange eût fait admettre les catholiques en Hollande, une

guerre inégale, impossible, commençait entre deux partis qui ne

pouvaient se combattre, agissant sur deux terrains absolument

différents, les uns au soleil sur la terre, les autres dessous.--La

Hollande, malgré Guillaume, se ferma strictement à l'ennemi; elle

garda avec vigilance, pour le salut commun du monde, l'étroite

citadelle de la liberté.--Tout cela connu, il faut avouer que la

question de tolérance s'en trouve fort avancée. On s'étonne moins des

lois par lesquelles la Hollande et l'Angleterre cherchèrent à se

préserver de cette ténébreuse invasion.--Le ver solitaire se présente,

au nom de la tolérance, il réclame le droit spécieux qu'a tout être

d'être toléré. Recevez-le; la liberté, la philosophie, la raison, vous

prient de ne pas repousser cet hôte, humble, doux, flexible, qui ne

demande après tout _qu'à vivre selon sa nature_. Elle l'a fait pour

vivre de vous. Seulement, une fois admis, c'est un profond mariage, et

ne comptez pas l'expulser.

* * * * *

Chapitre XIX, p. 297.--_Marie Stuart, le borgne Bothwell._--La France

a toujours été partiale pour Marie Stuart. Je ne sais combien

d'historiens ont poétisé, sinon réhabilité, la très-indigne héroïne.

Deux ouvrages remarquables ont encore paru récemment. M. Mignet, si

judicieux et justement sévère dans son premier volume, suit volontiers

dans le second les apologistes de la reine d'Écosse. Il en est de même

d'un charmant narrateur, M. Dargaud. Je lui sais gré d'avoir senti une

chose que les autres ont négligée, l'amour profond et le désespoir de

Darnley.

* * * * *

Chapitre XXI. p. 333.--_Ramus nous apprend que l'Amiral préférait la

foi des Suisses._--Voici sa lettre du 3 mars, dans Waddington, _Vie de

Ramus_, p. 243, 438: «On a essayé de tromper là-dessus notre Amiral,

et l'on n'a réussi qu'à faire surprendre la ruse et l'artifice.»--Je

lis aussi dans la _France protestante_ de M. Haag, article De Lestre,

le passage suivant de ce ministre: «Ramus vouloit donner la liberté à

tous ceux qui se diroient avoir le don de prophétie d'interpréter et

parler en l'Église de Dieu.» Le colloque ne voulut point dépouiller

les pasteurs d'une charge qui leur appartenait selon lui; cependant il

décida que, dans le cas fort rare de dons extraordinaires bien

constatés par les ministres et les anciens, on pourrait, du

consentement du synode provincial, qui resterait maître de les

interdire, établir dans les églises, sous la présidence d'un pasteur,

des conférences publiques où parleraient ceux qui auraient reçu ces

dons. Cette légère concession fut d'autant plus aisément accordée,

nous dit De Lestre, «que nous la voïons avoir esté désirée par

beaucoup de grands personnages.»--L'excellent article _Châtillon_ de

M. Haag m'apprend une chose peu connue, c'est que les saintes reliques

du héros, du martyr, du grand citoyen, sont enfouies «dans un pan de

mur en ruine du château de Châtillon-sur-Loing.»--Comment le portrait

de la Bibliothèque n'est-il pas exposé en face de celui de François de

Guise? On le volera un matin pour le détruire. Mis en face, ces deux

portraits trancheraient la question. Guise est un homme _né et doué_,

mais tombé à jamais, un maudit. Coligny est l'homme de la bonté

courageuse et de l'adversité. _Il voulut_, grande chose! voulut

toujours, et bien.--Si l'on veut comparer la faiblesse de l'idéal

cherché et la force du réel, qu'on compare ce dessin à la noble

gravure de 1579 (les trois frères). Elle en est écrasée. L'auteur

rêvait de la Saint-Barthélemy, et il la lui met sur la face! Il le

croit un homme de guerre; ce grand homme, pacifique entre tous!--C'est

aussi l'erreur générale des gravures de Pérussin, si belliqueuses.

Non, ils furent des martyrs.--Il faut revenir aux dessins Foulon, de

la Bibliothèque. La trinité des frères y est: le brave Dandelot, si

net, franc du collier, premier soldat de France, et le pauvre cardinal

aux beaux yeux bleus limpides, fait pour plaire, aimer et souffrir. Le

jour qu'il réfléchit, il est sensible, il est perdu. Son soutien,

évidemment (voir les dessins), c'est _madame la cardinale_, résolue,

hardie (quarante ans), lèvres fières et regards parlants, pleins de

vives répliques, invincible d'amour et de fidélité.--En face de ces

figures si nettes, mettez, au contraire, je vous prie, la face désolée

et usée du pauvre chancelier l'Hôpital (tableau du Louvre). Doux, bon,

honnête, avec une certaine idéalité dans les yeux, un pauvre

précurseur de l'équité future: _Quoesivit coelo lucem, ingemuitque

repertâ._

* * * * *

Chapitre XXI et suivants.--_Saint-Barthélemy._--Il y a trois récits

vraiment importants qui se complètent l'un l'autre, et ne se

contredisent pas: ceux d'Henri III, de Marguerite et de Tavannes. Les

acteurs et exécuteurs de l'acte s'accusent eux-mêmes. _Habemus

confitentes reos._ Pourquoi ne pas les croire? Si on les veut excuser

malgré eux, disputer, dire que Charles IX préparait tout depuis deux

ans, etc., Tavannes tranche tout par un mot de bon sens: «S'il eût

fallu deux ans, rien ne se fût fait.»--Les relations protestantes, et

les catholiques (Capilupi, Archives curieuses, VII, 460) qui

soutiennent également la longue préméditation, sont évidemment

romanesques. Il leur faut entasser je ne sais combien d'hypothèses

invraisemblables.--Je sais que c'était la tradition italienne,

espagnole, je sais que la _vendetta_ en grand était fort à la mode,

que les exécutions d'Espagne sur les Maures et les Juifs, les trente

mille anabaptistes, les vingt mille têtes du duc d'Albe, étaient

l'admiration, la légende du temps. Je sais que le massacre demandé

dès 1555 par les prédicateurs, recommandé par Pie V, fut réellement

travaillé en 1572 par les évêques Vigor, Sorbin et l'Église de Paris,

par les Jésuites et hommes du pape, Augier et Panigarola. Ils voyaient

que, sans le massacre, le duc d'Albe certainement allait périr entre

Guillaume et Coligny.--Un mois avant l'événement, on l'écrivit de Rome

à l'Empereur, et le duc de Bavière en parlait (Groen, IV, 69, et

appendice p. 13). Ceci prouve seulement que l'Espagne et le clergé

désiraient, machinaient, ne désespéraient d'en venir à bout. Mais tout

cela ensemble n'efface pas l'aveu du duc d'Anjou. Tout dépendant des

résolutions variables d'un demi-fou, Charles IX, rien n'était sûr, et

rien ne se serait fait peut-être sans l'extrême peur du duc et de sa

mère et sans la peur qu'ils firent au roi d'un complot des

huguenots.--Mon volume des _Guerres de religion_ était publié lorsque

le savant M. Schmidt, de Strasbourg, qui venait de le lire, voulut

bien m'envoyer la _Saint-Barthélemy_, par M. Soldan, qu'il a traduite.

C'est désormais le livre capital sur ce sujet; tous les récits y sont

rapprochés et judicieusement discutés. J'ai le bonheur de voir que cet

excellent critique arrive à la même conclusion que moi. Une seule

chose manque à cet ouvrage si complet, c'est le côté des Pays-Bas, la

crainte où l'on était de l'invasion française, et le besoin urgent que

le duc d'Albe avait du massacre. J'y supplée par ces extraits des

lettres inédites de Morillon à Granvelle:

«Chaque fois que l'agent de France se trouve vers le duc, il ne part

de lui sans faire protest que son maître sera contraint de rompre,

s'il ne ôte le Xe denier, et qu'on lâche confiscation sur les biens

d'aucuns sujets dudit roi. Le duc répond qu'il ne se peut que le roi

de France fasse guerre à un si puissant roi qui lui a gardé sa

couronne.--Sur l'arrière saison ne se garderont non plus de courir sur

nous que un chat manger tripes.--«28 avril 1572. Les François ne

voudront laisser échapper une si belle occasion qu'ils n'ont jamais

heu telle. Et l'Amiral se polroit par ce bout réconcilier avec la

France, et prendre ici siége.--17 juin 1572. Victoire des Espagnols à

Mons. Les François n'ont échappé de leurs mains ni de celles des

paysans. Le duc d'Albe a envoyé dire à l'agent de France que l'on

avoit repurgé le royaume de son maître de beaucoup de rebelles et

méchants. Et le même jour, le même agent vint congratuler à son

excellence ladite victoire.--L'Estat est plus assuré qu'auparavant, à

moins que les François s'en veuillent mêler ouvertement, ce que ne le

fait à croire, estant la saison si advancée, et eux si mal prêts, et

ne feroit finement l'amiral de se tant désarmer.--27 juillet. Aucuns

disent que les François devoient faire à Mons un meurtre général des

catholiques.--Le 11 juin, le cardinal écrit à Morillon: Tout l'espoir

que nous pouvons avoir est sur ce que ceux du pays ne voudront pas

être François.--10 avril. On se vante icy qu'avant 15 jours on verra

merveille et recouvrera tout ce qu'on a perdu. Ce qui me déplaît,

c'est que le duc écoute aucuns devins. On fait compte de regagner Mons

par enchantement. Et trottent par cette cour aucuns livres escrits à

la main sur nigromantie. Et m'a fait demander un personnage fort

principal congé pour les pouvoir lire, ce que luy ay refusé sans autre

cérémonie.--On a mandé le fils (du duc) pour comsoler le duc d'Albe,

qui est comme désespéré. Le secrétaire m'a dit qu'à peine il ose se

trouver seul avec le duc, qui semble devoir rendre l'âme, quand il

entend mauvaises nouvelles.--11 août. On fait de grands apprêts en

Champagne et en Lorraine. Il y a 24 pièces d'artillerie de fonte, pour

venir sur Luxembourg où il n'y a personne.--13 août. Granvelle à

Morillon.--Les François craignent l'armée de mer qui demeure en

Ponent, outre celle que D. Juan d'Autriche mène en Levant.--25 août.

L'amiral blessé le 22. Paris en liesse. L'amiral étoit sur son

partement, et déjà malade.--26 août. Aujourd'hui sont partis les deux

ducs (Albe et son fils). Ils m'ont requis de faire prier pour eux en

tous monastères, comme j'ai commencé.--9 sept. Granvelle à Morillon:

Benedictus Dominus qui facit mirabilia magna solus, et in cujus manu

sunt corda regum!--Nous pouvons dire que, sans la défaite des

huguenots qui vouloient secourir Mons, le roy de France n'eût osé

entreprendre ce qui s'est fait. Ces malheureux l'eussent toujours tenu

en tutelle. On verra ce que fera maintenant la mère. Si le roy de

France passe outre, il se pourra dire roi, et la religion se

restaurera, ce qui servira aussi pour autres pays. S'il ne passe

outre, il aura de la besogne pour aucunes années, et nous laissera en

paix.--Vous ne pourriez croire combien les François sont devenus

insolents depuis l'exécution contre l'amiral: il leur semble qu'on les

doive adorer. 11 septembre.--Granvelle à Morillon: Je voudrois que

nous fussions quittes des prisonniers françois, car ils ne nous

peuvent servir que de nous mettre en frais. Et si le duc commandoit de

les jeter à la rivière, puisqu'ils sont des huguenots, je n'y mettrois

aucun empêchement.--8 octobre. Granvelle à Morillon: On nous escript

que le roy a fait dépêcher le chancelier de l'Hospital et sa femme,

qui seroit un grand bien. Je n'ose dire que je voudrois que quelque

autre femme (Catherine) fût logée où elle mérite.--8 novembre.

Morillon lui répond: C'est un beau décombre de l'Hospital et sa femme.

Plût à Dieu que cette Jézabel que bien nous connoissons les suivît

tost. Correspondance de Granvelle (encore inédite).»

* * * * *

Chapitre dernier, p. 406.--_Processions._--Nos archives nous donnent

la curieuse attitude du clergé de Notre-Dame pendant l'exécution. Le

matin du 24, on convint en chapitre que tout chanoine armerait sa

maison: Munire suas domos armis. Le soir, au vestiaire, on décida

qu'on ferait chaque jour des processions dans la cathédrale, _et aux

églises qui en dépendaient_ immédiatement, en priant pour le roi et

les princes. Le mercredi, on ordonna pour le dimanche la procession du

jubilé pour remercier Dieu de l'extermination _commencée_: Et ipsi

Domino Deonostro gratias referemus de felici _incoeptâ_ extirpatione

heresium et inimicorum nostræ religionis catholicæ. _Registres

capitulaires_ (mss.) _de l'Église de Paris, L. 536, 2, 454, fol. 329,

330._ Et un peu plus loin, 28 août: Etiam ordinantum est quod infans

repertus non admittetur. _Ordonné que l'enfant trouvé ne sera pas

reçu_ (sans doute un petit huguenot, orphelin et perdu dans le

massacre). _Ibidem, fol. 331, verso._

TABLE DES MATIÈRES

Pages.

CHAPITRE PREMIER

LE LENDEMAIN DE LA SAINT-BARTHÉLEMY.--TRIOMPHE DE

CHARLES IX. 1573-1574 1

Craintes de l'Europe et jalousie de Philippe II. Naissance

du parti _politique_ 3

CHAPITRE II

FIN DE CHARLES IX. 1573-1574 14

Siége de La Rochelle, épuisement des deux partis 19

La République protestante 27

Franco-Gallia d'Hotman 28

Mort de Charles IX (20 mai) 35

CHAPITRE III

DES SCIENCES AVANT LA SAINT-BARTHÉLEMY 40

Paracelse, Vésale, Servet, Rabelais 42

CHAPITRE IV

DÉCADENCE DU SIÈCLE.--TRIOMPHE DE LA MORT 52

Valentine de Birague 54

CHAPITRE V

HENRI III. 1574-1576 58

Catherine commence imprudemment la guerre 65

Humiliation d'Henri III 66

CHAPITRE VI

LA LIGUE. 1576 72

La Ligue était déjà ancienne 73

CHAPITRE VII

LA LIGUE ÉCHOUE AUX ÉTATS DE BLOIS. 1576-1577 81

Le roi signe la Ligue, puis essaye la liberté de conscience 84

CHAPITRE VIII

LE VIEUX PARTI ÉCHOUE DANS L'INTRIGUE DE DON JUAN. 1577-1578 89

Action directe des Jésuites 93

CHAPITRE IX

LE GESÙ.--PREMIER ASSASSINAT DU PRINCE D'ORANGE. 1579-1582 102

Épernon, Joyeuse 103

CHAPITRE X

LA LIGUE ÉCLATE. 1583-1586 122

L'Espagne fait manquer l'expédition de Guise en Angleterre 126

Elle le fait agir en France 130

CHAPITRE XI

LES CONSPIRATIONS DE REIMS.--MORT DE MARIE STUART. 1584-1587 138

CHAPITRE XII

HENRI III EST FORCÉ DE S'ANÉANTIR LUI-MÊME. 1587 159

Bataille de Coutras (20 octobre) 171

CHAPITRE XIII

LE ROI D'ESPAGNE FAIT FAIRE LES BARRICADES DE PARIS. Mai 1588 175

Le parti espagnol dépasse Guise; le roi échappe 188

CHAPITRE XIV

L'ARMADA.--JUIN, JUILLET, AOÛT. 1588 195

Les Guises voulaient lui ouvrir Boulogne 201

Destruction de l'Armada 207

CHAPITRE XV

LE ROI, GUISE ET PARIS PENDANT L'EXPÉDITION DE L'ARMADA.

Mai, août 1588 212

La bourgeoisie de Paris résiste aux Guises 219

Le roi se livre à eux 221

CHAPITRE XVI

LA LIGUE AUX ÉTATS DE BLOIS. Août, décembre 1588 223

Catherine penche pour les Guises 231

Guise se dépopularise 232

CHAPITRE XVII

MORT D'HENRI DE GUISE. Décembre 1588 234

Mort de Catherine (5 janvier 1589) 253

CHAPITRE XVIII

LE TERRORISME DE LA LIGUE. 1589 256

En quoi le terrorisme d'alors différait de 93 267

CHAPITRE XIX

HENRI III ET LE ROI DE NAVARRE ASSIÉGENT PARIS.--MORT

D'HENRI III. 1589 274

Ce qu'était le roi de Navarre 277

La réunion des deux rois 285

Mort d'Henri III (2 août) 291

CHAPITRE XX

HENRI IV.--ARQUES ET IVRY. 1589-1590 293

Venise se déclare pour Henri IV 306

Le roi attaque Paris 307

Ivry (13 mars 1590) 308

CHAPITRE XXI

SIÉGE DE PARIS. 1590-1592 311

Le prince de Parme fait lever le siége 318

CHAPITRE XXII

AVORTEMENT DES SEIZE ET DE L'ESPAGNE.--SIÉGE DE ROUEN.

1591-1592 322

Excès des Seize punis par Mayenne 328

CHAPITRE XXIII

MONTAIGNE.--LA MÉNIPPÉE.--L'ABJURATION. 1592-1593 332

Gabrielle et l'abjuration 341

CHAPITRE XXIV

L'ENTRÉE À PARIS. Mars 1594 347

CHAPITRE XXV

PAIX AVEC L'ESPAGNE.--ÉDIT DE NANTES. 1595-1598 358

Blessure du roi; expulsion des Jésuites (décembre 1594) 361

Traité de Vervins (2 mai 1598) 366

CONCLUSION DE L'HISTOIRE DU XVIe SIÈCLE 370

Notre histoire n'est point impartiale 371

Ce que nous avons voulu 372

La religion de l'humanité et de la nature 374

Comment le vieux principe parvint à vivre après sa mort 375

Pourquoi la Renaissance échoua 378

Impuissance du vieux principe dans sa victoire apparente 380

NOTES DES GUERRES DE RELIGION 387

PARIS.--IMPRIMERIE MODERNE, Barthier, directeur, rue J.-J.-Rousseau, 61.

Histoire de France 1573-1598 (Volume 12/19) · 第 24 / 24 段