Ces conseils, donnés avec une bienveillance amicale, n'étaient pas
pour rassurer Perrine, déjà inquiète de la venue de Mme Bretoneux.
Et cependant, si sincères qu'ils fussent, ils atténuaient la
vérité plutôt qu'ils ne l'exagéraient, car précisément parce que
Mlle Belhomme était physiquement d'une exagération malheureuse,
moralement elle était d'une réserve excessive, ne se mettant,
jamais en avant, ne disant que la moitié des choses, les
indiquant, ne les appuyant pas, pratiquant en tout les préceptes
qu'elle venait de donner à Perrine et qui étaient les siens mêmes.
En réalité la situation était encore beaucoup plus difficile que
ne le disait Mlle Belhomme, et cela aussi bien par suite des
convoitises qui s'agitaient autour de M. Vulfran que par le fait
des caractères des deux mères qui avaient engagé la lutte pour que
leur fils héritât seul, un jour ou l'autre, des usines de
Maraucourt, et d'une fortune qui s'élevait, disait-on, à plus de
cent millions.
L'une, Mme Stanislas Paindavoine, femme du frère aîné de
M. Vulfran, avait vécu dévorée d'envie, en attendant que son mari,
grand marchand de toile de la rue du Sentier, lui gagnât
l'existence brillante à laquelle ses goûts mondains lui donnaient
droit, croyait-elle. Et comme ni ce mari, ni la chance, n'avaient
réalisé son ambition, elle continuait à se dévorer en attendant
maintenant que, par son oncle, Théodore obtint ce qui lui avait
manqué à elle, et prit dans le monde parisien la situation qu'elle
avait ratée.
L'autre, Mme Bretoneux, soeur de M. Vulfran, mariée à un négociant
de Boulogne, qui cumulait toutes sortes de professions sans
qu'elles l'eussent enrichi: agence en douane, agence et assurance
maritimes, marchand de ciment et de charbons, armateur,
commissionnaire-expéditeur, roulage, transports maritimes, --
voulait la fortune de son frère autant pour l'amour même de la
richesse que pour l'enlever à sa belle-soeur qu'elle détestait.
Tant que M. Vulfran et son fils avaient vécu en bons rapports,
elles avaient dû se contenter de tirer de leur frère ce qu'elles
en pouvaient obtenir en prêts d'argent qu'on ne remboursait pas,
en garanties commerciales, en influences, en tout ce qu'un parent
riche est forcé d'accorder.
Mais le jour où, à la suite de prodigalités excessives et de
dépenses exagérées, Edmond avait été envoyé dans l'Inde,
ostensiblement comme acheteur de jute pour la maison paternelle,
en réalité comme fils puni, les deux belles-soeurs avaient pensé à
tirer parti de cette situation; et quand ce fils en révolte
s'était marié malgré la défense de son père, elles avaient
commencé, chacune de son côté, à se préparer pour que leur fils
pût, à un moment donné, prendre la place de l'exilé.
À cette époque Théodore n'avait pas vingt ans, et il ne paraissait
pas, par ce qu'il s'était montré jusque-là, qu'il pût être jamais
propre au travail et aux affaires commerciales: choyé, gâté par sa
mère qui lui avait donné ses goûts et ses idées, il ne vivait que
pour les théâtres, les courses et les plaisirs que Paris offre aux
fils de famille dont la bourse se remplit aussi facilement qu'elle
se vide. Quelle chute quand il lui avait fallu s'enfermer dans un
village, sous la férule d'un maître qui ne comprenait que le
travail, et se montrait aussi rigoureux pour son neveu que pour le
dernier de ses employés! Cette existence exaspérante, il ne
l'avait supportée que le mépris au coeur pour ce qu'elle lui
imposait d'ennuis, de fatigues et de dégoûts. Dix fois par jour il
décidait de l'abandonner, et s'il ne le faisait point, c'était
dans l'espérance d'être bientôt maître, seul maître de cette
affaire considérable, et de pouvoir alors la mettre en actions, de
façon à la diriger de haut et de loin, surtout de loin, c'est-à-
dire de Paris, où il se rattraperait enfin de ses misères.
Quand Théodore avait commencé à travailler avec son oncle, Casimir
n'avait que onze ou douze ans, et était par conséquent trop jeune
pour prendre une place à côté de son cousin. Mais pour cela sa
mère n'avait pas désespéré qu'il pût l'occuper un jour en
regagnant le temps perdu: ingénieur, Casimir du haut de l'X
dominerait M. Vulfran, en même temps qu'il écraserait de sa
supériorité officielle son cousin qui n'était rien. C'était donc
pour l'École polytechnique qu'il avait été chauffé, ne travaillant
que les matières exigées pour les examens de l'école, et cela en
proportion de leur coefficient: 58 les mathématiques, 10 la
physique, 5 la chimie, 6 le français. Et alors il s'était produit
ce résultat fâcheux pour lui, que, comme à Maraucourt, les
vulgaires connaissances usuelles étaient plus utiles que l'X,
l'ingénieur n'avait pas plus dominé l'oncle qu'il n'avait écrasé
le cousin. Et même celui-ci avait gardé l'avance que dix années de
vie commerciale lui donnaient, car s'il n'était pas savant, il en
convenait, au moins il était pratique, prétendait-il, sachant bien
que cette qualité était la première de toutes pour son oncle.
«Que diable peut-on bien leur apprendre d'utile, disait Théodore,
puisqu'ils ne sont pas seulement en état d'écrire clairement une
lettre d'affaires avec une orthographe décente?
-- Quel malheur, expliquait Casimir, que mon beau cousin s'imagine
qu'on ne peut pas vivre ailleurs qu'à Paris! quels services, sans
cela, il rendrait à mon oncle! mais qu'attendre de bon d'un
monomane qui, dès le jeudi, ne pense qu'à filer le samedi soir à
Paris, disposant tout, dérangeant tout dans ce but unique, et qui,
du lundi matin au jeudi, reste engourdi dans les souvenirs de la
journée du dimanche passée à Paris.»
Les mères ne faisaient que développer ces deux thèmes en les
enjolivant; mais, au lieu de convaincre M. Vulfran, celle-ci que
Théodore seul pouvait être son second, celle-là que Casimir seul
était un vrai fils pour lui, elles l'avaient plutôt disposé à
croire, de Théodore ce que disait la mère de Casimir, et de
Casimir ce que disait celle de Théodore, c'est-à-dire qu'en
réalité il ne pouvait pas plus compter sur l'un que sur l'autre,
ni pour le présent ni pour l'avenir.
De là, chez lui, des dispositions à leur égard, qui étaient
précisément tout autres que celles que chacune d'elles avait si
âprement poursuivies: ses neveux, rien que, ses neveux; nullement
et à aucun point de vue des fils.
Et même, dans ses procédés à leur égard, on pouvait facilement
voir qu'il avait tenu à ce que cette distinction fût évidente pour
tous, car, malgré les sollicitations de tout genre, directes et
détournées, dont on l'avait enveloppé, il n'avait jamais consenti
à les loger au château où cependant les appartements ne manquaient
pas, ni à leur permettre de partager sa vie intime, si triste et
si solitaire qu'elle fût.
«Je ne veux ni querelles ni jalousies autour de moi», avait-il
toujours répondu.
Et, partant de là, il avait donné à Théodore la maison qu'il
habitait lui-même avant de faire construire son château, et à
Casimir celle de l'ancien chef de la comptabilité que Mombleux
remplaçait.
Aussi leur surprise avait-elle été vive et leur indignation
exaspérée, quand une étrangère, une gamine, une bohémienne s'était
installée dans ce château où ils n'entraient que comme invités.
Que signifiait cela?
Qu'était cette petite fille?
Que devait-on craindre d'elle?
C'était ce que Mme Bretoneux avait demandé à son fils, mais ses
réponses ne l'ayant pas satisfaite, elle avait voulu faire elle-
même une enquête qui l'éclairât.
Arrivée assez inquiète, il ne lui fallut que peu de temps pour se
rassurer, tant Perrine joua bien le rôle que Mlle Belhomme lui
avait soufflé.
Si M. Vulfran ne voulait pas avoir ses neveux à demeure chez lui,
il n'en était pas moins hospitalier, et même largement,
fastueusement hospitalier pour sa famille, lorsque sa soeur et sa
belle-soeur, son frère et son beau-frère venaient le voir à
Maraucourt. Dans ces occasions, le château prenait un air de fête
qui ne lui était pas habituel: les fourneaux chauffaient au tirage
forcé; les domestiques arboraient leurs livrées; les voitures et
les chevaux sortaient des remises et des écuries avec leurs
harnais de gala; et le soir, dans l'obscurité, les habitants du
village voyaient flamboyer le château depuis le rez-de-chaussée
jusqu'aux fenêtres des combles, et de Picquigny à Amiens, d'Amiens
à Picquigny, circulaient le cuisinier et le maître d'hôtel chargés
des approvisionnements.
Pour recevoir Mme Bretoneux, on s'était donc conformé à l'usage
établi et en débarquant à la gare de Picquigny elle avait trouvé
le landau avec cocher et valet de pied pour l'amener à Maraucourt,
comme en descendant de voiture elle avait trouvé Bastien pour la
conduire à l'appartement, toujours le même, qui lui était réservé
au premier étage.
Mais malgré cela, la vie de travail de M. Vulfran et de ses
neveux, même celle de Casimir, n'avait été modifiée en rien: il
verrait sa soeur aux heures des repas, il passerait la soirée avec
elle, rien de plus, les affaires avant tout; quant au fils et au
neveu, il en serait de même pour eux, ils déjeuneraient et
dîneraient au château, où ils resteraient le soir aussi tard
qu'ils voudraient, mais ce serait tout: sacrées les heures de
bureau.
Sacrées pour les neveux, elles l'étaient aussi pour M. Vulfran et
par conséquent pour Perrine, de sorte que Mme Bretoneux n'avait
pas pu organiser et poursuivre son enquête sur «la bohémienne»
comme elle l'aurait voulu.
Interroger Bastien et les femmes de chambre, aller chez Françoise
pour la questionner adroitement, ainsi que Zénobie et Rosalie,
était simple et, de ce côté, elle avait obtenu tous les
renseignements qu'on pouvait lui donner, au moins ceux qui se
rapportaient à l'arrivée dans le pays de «la bohémienne», à la
façon dont elle avait vécu depuis ce moment, enfin à son
installation auprès de M. Vulfran, due exclusivement, semblait-il,
à sa connaissance de l'anglais; mais examiner Perrine elle-même
qui ne quittait pas M. Vulfran, la faire parler, voir ce qu'elle
était et ce qu'il y avait en elle, chercher ainsi les causes de
son succès subit, ne se présentait pas dans des conditions faciles
à combiner.
À table, Perrine ne disait absolument rien; le matin, elle parlait
avec M. Vulfran; après le déjeuner, elle montait tout de suite à
sa chambre; au retour de la tournée des usines, elle travaillait
avec Mlle Belhomme; le soir en sortant de table, elle montait de
nouveau à sa chambre; alors, quand, où et comment la prendre pour
l'avoir seule et librement la retourner?
De guerre lasse, Mme Bretoneux, la veille de son départ, se décida
à l'aller trouver dans sa chambre, où Perrine, qui se croyait
débarrassée d'elle, dormait tranquillement.
Quelques coups frappés à sa porte, l'éveillèrent; elle écouta, on
frappa de nouveau.
Elle se leva et alla à la porte à tâtons:
«Qui est la?
-- Ouvrez, c'est moi.
-- Mme Bretoneux?
-- Oui.»
Perrine tira le verrou, et vivement Mme Bretoneux se glissa dans
la chambre, tandis que Perrine pressait le bouton de la lumière
électrique.
«Couchez-vous, dit Mme Bretoneux, nous serons mieux pour causer.»
Et, prenant une chaise, elle s'assit au pied du lit de façon à
avoir Perrine devant elle; puis ensuite elle commença:
«C'est de mon frère que j'ai à vous parler, à propos de certaines
recommandations que je veux vous adresser. Puisque vous remplacez
Guillaume auprès de lui, vous pouvez prendre des précautions
utiles à sa santé et dont Guillaume, malgré tous ses défauts,
l'entourait. Vous paraissez intelligente, bonne petite fille, il
est donc certain que, si vous le voulez, vous pouvez nous rendre
les mêmes services que Guillaume; je vous promets que nous saurons
le reconnaître.»
Aux premiers mots, Perrine s'était rassurée: puisqu'on voulait lui
parler de M. Vulfran, elle n'avait rien à craindre; mais quand
elle entendit Mme Bretoneux lui dire qu'elle paraissait
intelligente, sa défiance se réveilla, car il était impossible que
Mme Bretoneux qui, elle, était vraiment intelligente et fine, put
être sincère en parlant ainsi; or, si elle n'était pas sincère, il
importait de se tenir sur ses gardes.
«Je vous remercie, madame, dit-elle en exagérant son sourire
niais, bien sûr que je ne demande qu'a vous rendre les mêmes
services que Guillaume.»
Elle souligna ces derniers mots de façon à laisser entendre qu'on
pouvait tout lui demander.
«Je disais bien que vous étiez intelligente, reprit Mme Bretoneux,
et je crois que nous pouvons compter sur vous.
-- Vous n'avez qu'à commander, madame.
-- Tout d'abord, ce qu'il faut, c'est que vous soyez attentive à
veiller sur la santé de mon frère et à prendre toutes les
précautions possibles pour qu'il ne gagne pas un coup de froid qui
peut être mortel, en lui donnant une de ces congestions
pulmonaires auxquelles il est sujet, ou qui aggrave sa bronchite.
Savez-vous que si cette bronchite se guérissait, on pourrait
l'opérer et lui rendre la vue? Songez quelle joie ce serait pour
nous tous.»
Cette fois, Perrine répondit:
«Moi aussi, je serais bien heureuse.
-- Cette parole prouve vos bons sentiments, mais vous, si
reconnaissante que vous soyez de ce qu'on fait pour vous, vous
n'êtes pas de la famille.»
Elle reprit son air niais.
«Bien sûr, mais ça n'empêche pas que je sois attachée à
M. Vulfran, vous pouvez me croire.
-- Justement, vous pouvez nous prouver votre attachement par ces
soins de tout instant que je vous indiquais, mais encore bien
mieux. Mon frère n'a pas besoin seulement d'être préservé du
froid, il a besoin aussi d'être défendu contre les émotions
brusques qui, en le surprenant, pourraient le tuer. Ainsi, ces
messieurs me disaient qu'en ce moment il faisait faire recherches
sur recherches dans les Indes pour obtenir des nouvelles de son
fils, notre cher Edmond.»
Elle fit une pause, mais inutilement, car Perrine ne répondit pas
à cette ouverture, bien certaine que «ces messieurs», c'est-à-dire
les deux cousins, n'avaient pas pu parler de ces recherches à
Mme Bretoneux; que Casimir en eût parlé, il n'y avait là rien que
de vraisemblable, puisqu'il avait appelé sa mère à son secours;
mais Théodore, cela n'était pas possible.
«Ils m'ont dit que lettres et dépêches passaient par vos mains et
que vous les traduisiez à mon frère. Eh bien! il serait très
important, au cas où ces nouvelles deviendraient mauvaises, comme
nous ne le prévoyons que trop, hélas! que mon fils en fût averti
le premier; il m'enverrait une dépêche, et, comme la distance
d'ici à Boulogne n'est pas très grande, j'accourrais soutenir mon
pauvre frère: une soeur, surtout une soeur aînée, trouve d'autres
consolations dans son coeur qu'une belle-soeur. Vous comprenez?
-- Oh! bien sûr, madame, que je comprends; il me semble au moins.
-- Alors, nous pouvons compter sur vous?»
Perrine hésita un moment, mais elle ne pouvait pas ne pas
répondre.
«Je ferai tout ce que je pourrai pour M. Vulfran.
-- Et ce que vous ferez pour lui, vous le ferez pour nous, comme
ce que vous ferez pour nous vous le ferez pour lui. Tout de suite
je vais vous prouver que, quant à nous, nous ne serons pas
ingrats. Qu'est-ce que vous diriez d'une robe qu'on vous
donnerait?»
Perrine ne voulut rien dire, mais comme elle devait, une réponse à
cette offre, elle la mit dans un sourire.
«Une belle robe avec une petite traîne, continua Mme Bretoneux.
-- Je suis en deuil.
-- Mais le deuil n'empêche pas de porter une robe à traîne. Vous
n'êtes pas assez habillée pour dîner à la table de mon frère et
même vous êtes très mal habillée, fagotée comme un chien savant.
Perrine savait qu'elle n'était pas bien habillée, cependant elle
fut humiliée d'être comparée à un chien savant, et surtout de la
façon dont cette comparaison était faite, avec l'intention
manifeste de la rabaisser.
-- J'ai pris ce que j'ai trouvé chez Mme Lachaise.
-- Mme Lachaise était bonne pour vous habiller quand vous n'étiez
qu'une vagabonde, mais maintenant qu'il a plu à mon frère de vous
admettre à sa table, il ne faut pas que nous ayons à rougir de
vous; ce qui, nous pouvons le dire entre nous, a lieu en ce
moment.»
Sous ce coup, Perrine perdit la conscience du rôle qu'elle jouait.
«Ah! dit-elle tristement.
-- Ce que vous êtes drôle avec votre blouse, vous n'en avez pas
idée.»
Et l'évocation de ce souvenir fit rire Mme Bretoneux comme si elle
avait cette fameuse blouse devant les yeux.
«Mais cela est facile à réparer, et quand vous serez belle comme
je veux que vous le soyez, avec une robe habillée pour la salle à
manger, et un joli costume pour la voiture, vous vous rappellerez
à qui vous les devez. C'est comme pour votre lingerie, je me doute
qu'elle vaut la robe. Voyons un peu.»
Disant cela, d'un air d'autorité, elle ouvrit les uns après les
autres les tiroirs de la commode, et méprisante, elle les referma
d'un mouvement brusque en haussant les épaules avec pitié.
«Je m'en doutais, reprit-elle, c'est misérable, indigne de vous.»
Perrine, suffoquée, ne répondit rien.
«Vous avez de la chance, continua Mme Bretoneux, que je sois venue
à Maraucourt, et que je me charge de vous.»
Le mot qui monta aux lèvres de Perrine fut un refus: elle n'avait
pas besoin qu'on se chargeât d'elle, surtout avec de pareils
procédés; mais elle eut la force de le refouler: elle avait un
rôle à remplir, rien ne devait le lui faire oublier; après tout,
c'étaient les paroles de Mme Bretoneux qui étaient mauvaises et
dures, ses intentions, au contraire, s'annonçaient bonnes et
généreuses.
«Je vais dire à mon frère, reprit Mme Bretoneux, qu'il doit vous
commander chez une couturière d'Amiens dont je lui donnerai
l'adresse, la robe et le costume qui vous sont indispensables, et
de plus, chez une bonne lingère, un trousseau complet. Fiez-vous-
en à moi, vous aurez quelque chose de joli, qui à chaque instant,
je l'espère au moins, me rappellera à votre souvenir. Là-dessus
dormez bien, et n'oubliez rien de ce que je vous ai dit.»