Le soir, la tournée des usines achevée, au lieu de revenir aux
bureaux comme c'était la coutume, M. Vulfran dit à Perrine de le
conduire directement au château; et pour la première fois elle
franchit la magnifique grille dorée, chef-d'oeuvre de serrurerie,
qu'un roi n'avait pu se donner à l'une des dernières expositions,
racontait-on, mais que le riche industriel n'avait pas trouvée
trop chère pour sa maison de campagne.
«Suis la grande allée circulaire», dit M. Vulfran.
Pour la première fois aussi elle vit de près les massifs de fleurs
que jusque-là elle n'avait aperçus que de loin, formant des taches
rouges ou roses sur le velours foncé des gazons tondus ras.
Habitué à faire ce chemin, Coco le montait d'un pas tranquille et,
sans avoir besoin de le conduire, elle pouvait poser ses regards,
à droite et à gauche, sur les corbeilles, ou les plantes et les
arbustes que leur beauté rendait dignes d'être isolés en belle
vue; car, bien que leur maître ne put plus les admirer comme
naguère, rien n'avait été changé dans l'ordonnance des jardins,
aussi soigneusement entretenus, aussi dispendieusement ornés qu'au
temps où, chaque matin et chaque soir, il les passait en revue
avec fierté.
De lui-même, Coco s'arrêta devant le large perron, où un vieux
domestique, prévenu par le coup de cloche du concierge, attendait.
«Bastien, tu es là? demanda M. Vulfran sans descendre.
-- Oui, monsieur.
-- Tu vas conduire cette jeune personne à la chambre des
papillons, qui sera la sienne, et tu veilleras à ce qu'on lui
donne tout ce qui peut lui être nécessaire pour sa toilette; tu
mettras son couvert vis-à-vis le mien; en passant, envoie-moi
Félix, qu'il me conduise aux bureaux.»
Perrine se demandait si elle était éveillée.
«Nous dînerons à huit heures, dit M. Vulfran; jusque-là tu es
libre.»
Elle descendit et suivit le vieux valet de chambre, marchant
éblouie, comme si elle était transportée dans un palais enchanté.
Et réellement, le hall monumental, d'où partait un escalier
majestueux aux marches en marbre blanc, sur lesquelles un tapis
traçait, un chemin rouge, n'avait-il pas quelque chose d'un
palais? À chaque palier, de belles fleurs étaient groupées avec
des plantes à feuillage dans de vastes jardinières, et leur parfum
embaumait l'air renfermé.
Bastien la conduisit au second étage, et, sans entrer, lui ouvrit
une porte:
«Je vais vous envoyer la femme de chambre», dit-il en se retirant.
Après avoir traversé une petite entrée sombre, elle se trouva dans
une grande chambre très claire. tendue d'étoffe de couleur ivoire,
semée de papillons aux nuances vives qui voletaient légèrement;
les meubles étaient en érable moucheté, et sur le tapis gris
s'enlevaient vigoureusement des gerbes de fleurs des champs:
pâquerettes, coquelicots, bleuets, boutons d'or.
Que cela était frais et joli!
Elle n'était pas revenue de son émerveillement, et s'amusait
encore à enfoncer son pied dans le tapis moelleux qui le
repoussait, quand la femme de chambre entra:
«Bastien m'a dit de me mettre à la disposition de mademoiselle.»
Une femme de chambre en toilette claire, coiffée d'un bonnet de
tulle, aux ordres de celle qui quelques jours avant couchait dans
une hutte, sur un lit de roseaux, au milieu d'un marais, avec les
rats et les grenouilles! il lui fallut un certain temps pour se
reconnaître.
«Je vous remercie, dit-elle enfin, mais je n'ai besoin de rien...
il me semble.
-- Si mademoiselle veut bien, je vais toujours lui montrer son
appartement.»
Ce qu'elle appelait «montrer l'appartement», c'était ouvrir les
portes d'une armoire à glace et d'un placard, ainsi que les
tiroirs d'une table de toilette, tout remplis de brosses, de
ciseaux; de savons et de flacons; cela fait, elle mit la main sur
un bouton posé dans la tenture:
«Celui-ci, dit-elle, est pour la sonnerie d'appel; celui-là pour
l'éclairage.»
Instantanément la chambre, l'entrée et le cabinet de toilette
s'éclairèrent d'une lumière éblouissante qui, instantanément
aussi, s'éteignit; et il sembla à Perrine qu'elle était encore
dans les plaines des environs de Paris, quand l'orage l'avait
assaillie et que les éclairs fulgurants du ciel entr'ouvert lui
montraient son chemin ou le noyaient d'ombre.
«Quand mademoiselle aura besoin de moi, elle voudra bien me
sonner: un coup pour Bastien, deux coups pour moi.»
Mais ce dont «mademoiselle avait besoin», c'était d'être seule,
autant pour passer la visite de sa chambre que pour se ressaisir,
ayant été jetée hors d'elle-même par tout ce qui lui était arrivé
depuis le matin.
Que d'événements, que de surprises en quelques heures, et qui lui
eût dit le matin, quand, sous les menaces de Théodore et de
Talouel, elle se voyait en si grand danger, que le vent, au
contraire, allait si favorablement tourner pour elle! N'y avait-il
pas de quoi rire de penser que c'était leur hostilité même qui
faisait sa fortune?
Mais combien plus encore eût-elle ri si elle avait pu voir la tête
du directeur en recevant M. Vulfran au bas de l'escalier des
bureaux.
«Je suppose que cette jeune personne a fait quelque sottise? dit
Talouel.
-- Mais non.
-- Pourtant, vous vous faites ramener par Félix?
-- C'est qu'en passant je l'ai déposée au château, afin qu'elle
ait le temps de se préparer pour le dîner.
-- Dîner! Je suppose....»
Il était tellement suffoqué qu'il ne trouva pas tout de suite ce
qu'il devait supposer.
«Je suppose, moi, dit M. Vulfran, que vous ne savez que supposer.
-- Je suppose que vous la faites dîner avec vous.
-- Parfaitement. Depuis longtemps je voulais avoir près de moi
quelqu'un d'intelligent, de discret, de fidèle, en qui je pourrais
avoir confiance. Justement cette petite fille me parait réunir ces
qualités: intelligente elle l'est, j'en suis sûr; discrète et
fidèle, elle l'est aussi, j'en ai la preuve.»
Cela fut dit sans appuyer, mais cependant de façon que Talouel ne
pût se méprendre sur le sens de ces paroles.
«Je la prends donc; et comme je ne veux pas qu'elle reste exposée
à certains dangers, -- non pour elle, car j'ai la certitude
qu'elle n'y succomberait pas, mais pour les autres, ce qui
m'obligerait à me séparer de ces autres...»
Il appuya sur ce mot:
«... Quels qu'ils fussent, elle ne me quittera plus; ici elle
travaillera dans mon cabinet; pendant le jour elle m'accompagnera,
elle mangera à ma table, ce qui rendra moins tristes mes repas
qu'elle égayera de son babil, et elle habitera le château.»
Talouel avait eu le temps de retrouver son calme, et comme il
n'était ni dans son caractère, ni dans sa ligne de conduite de
faire formellement la plus légère opposition aux idées du patron,
il dit:
«Je suppose qu'elle vous donnera toutes les satisfactions, que
très justement, il me semble, vous pouvez attendre d'elle.
-- Je le suppose aussi.»
Pendant ce temps, Perrine, accoudée au balcon de sa fenêtre,
rêvait en regardant la vue qui se déroulait devant elle: les
pelouses fleuries du jardin, les usines, le village avec ses
maisons et l'église, les prairies, les entailles dont l'eau
argentée miroitait sous les rayons obliques du soleil qui
s'abaissait, et vis-à-vis, de l'autre côté, le bouquet de bois où
elle s'était assise, le jour de son arrivée, et où dans la brise
du soir elle avait entendu passer la douce voix de sa mère qui
murmurait: «Je te vois heureuse».
Elle avait pressenti l'avenir la chère maman, et les grandes
marguerites, traduisant l'oracle qu'elle leur dictait, avaient
aussi dit vrai: heureuse, elle commençait à l'être; et si elle
n'avait pas encore réussi tout a fait, ni même beaucoup, au moins
devait-elle reconnaître qu'elle était en passe de réussir plus
qu'un peu; qu'elle fût patiente, qu'elle sût attendre, et le reste
viendrait à son heure. Qui la pressait maintenant? Ni la misère,
ni le besoin dans ce château où elle était entrée si vite.
Quand le sifflet des usines annonça la sortie, elle était encore à
son balcon planant dans sa rêverie, et ce furent ses coups
stridents qui la ramenèrent de l'avenir dans la réalité présente.
Alors du haut de l'observatoire d'où elle dominait les rues du
village et les routes blanches à travers les prairies vertes et
les champs jaunes, elle vit se répandre la fourmilière noire des
ouvriers, qui grouillant d'abord en un gros amas compact, ne tarda
pas à se diviser en plusieurs courants, à se morceler à l'infini,
et à ne former bientôt plus que des petits groupes qui eux-mêmes
s'évanouirent promptement; la cloche du concierge sonna et la
voiture de M. Vulfran monta l'allée circulaire au pas tranquille
du vieux Coco.
Cependant elle ne quitta pas encore sa chambre, mais comme il le
lui avait recommandé, elle fit sa toilette, en se livrant à une
véritable débauche d'eau de Cologne aussi bien que de savon, --
d'un bon savon onctueux, mousseux, tout parfumé de fines odeurs, -
- et ce fut seulement quand la pendule placée sur sa cheminée
sonna huit heures qu'elle descendit.
Elle se demandait comment elle trouverait la salle à manger, mais
elle n'eut pas à la chercher, un domestique en habit noir, qui se
tenait dans le hall, la conduisit. Presque aussitôt M. Vulfran
entra; personne ne le conduisait; elle remarqua qu'il suivait un
chemin en coutil posé sur le tapis, ce qui permettait à ses pieds
de le guider et de remplacer ses yeux: une corbeille d'orchidées,
au parfum suave, occupait le milieu de la table, couverte d'une
lourde argenterie ciselée et de cristaux taillés dont les facettes
reflétaient les éclairs de la lumière électrique qui tombait du
lustre.
Un moment elle se tint debout derrière sa chaise, ne sachant trop
ce qu'elle devait faire; heureusement M. Vulfran lui vint en aide:
«Assieds-toi.»
Aussitôt le service commença, et le domestique qui l'avait amenée
posa une assiette de potage devant elle, tandis que Bastien en
apportait une autre à son maître, celle-là pleine jusqu'au bord.
Elle eût dîné seule avec M. Vulfran qu'elle se fût trouvée à son
aise; mais sous les regards curieux, quoique dignes, des deux
valets de chambre qu'elle sentait ramassés sur elle, pour voir
sans doute comment mangeait une petite bête de son espèce, elle se
sentait intimidée, et cet examen n'était pas sans la gêner un peu
dans ses mouvements.
Cependant elle eut la chance de ne pas commettre de maladresse.
«Depuis ma maladie, dit M. Vulfran, j'ai l'habitude de manger deux
soupes, ce qui est plus commode pour moi, mais tu n'es pas tenue,
toi, qui vois clair, d'en faire autant.
-- J'ai été si longtemps privée de soupe, que j'en mangerais bien
deux fois aussi.»
Mais ce ne fut pas une assiette du même potage qu'on leur servit,
ce fut une nouvelle soupe, aux choux celle-là, avec des carottes
et des pommes de terre, aussi simple que celle d'un paysan.
Au reste, le dîner garda en tout, excepté pour le dessert, cette
simplicité, se composant d'un gigot avec des petits pois et d'une
salade; mais pour le dessert il comprenait quatre assiettes à pied
avec des gâteaux et quatre compotiers chargés de fruits
admirables, dignes, par leur grosseur et leur beauté, des fleurs
du surtout.
«Demain tu iras, si tu le veux, visiter les serres qui ont produit
ces fruits», dit M. Vulfran.
Elle avait commencé par se servir discrètement quelques cerises,
mais M. Vulfran voulut qu'elle prît aussi des abricots, des pêches
et du raisin,
«À ton âge, j'aurais mangé tous les fruits qui sont sur la
table... si on me les avait offerts.»
Alors Bastien, bien disposé par cette parole, voulut mettre sur
l'assiette «de cette petite bête», comme il l'eût fait pour un
singe savant, un abricot et une pêche qu'il choisit avec la
compétence d'un connaisseur, quittant pour cela la place qu'il
occupait derrière la chaise de M. Vulfran.
Malgré les fruits, Perrine fut bien aise de voir le dîner prendre
fin; plus l'épreuve serait courte, mieux cela vaudrait: le
lendemain, la curiosité satisfaite des domestiques, la laisserait
tranquille sans doute.
«Maintenant tu es libre jusqu'à demain matin, dit M. Vulfran en se
levant de table, tu peux te promener dans le jardin au clair de la
lune, lire dans la bibliothèque, ou emporter un livre dans ta
chambre.»
Elle était embarrassée, se demandant si elle ne devait pas
proposer à M. Vulfran de se tenir à sa disposition. Comme elle
restait hésitante, elle vit Bastien lui faire des signes
silencieux que tout d'abord elle ne comprit pas: de la main gauche
il paraissait tenir un livre qu'il feuilletait de la droite, puis,
s'interrompant, il montrait M. Vulfran en remuant les lèvres avec
une physionomie animée. Tout à coup elle crut qu'il lui expliquait
qu'elle devait demander à M. Vulfran de lui faire la lecture; mais
comme elle avait déjà eu cette idée, elle eut peur de traduire la
sienne plutôt que celle de Bastien; cependant elle se risqua:
«Mais n'avez-vous pas besoin de moi, monsieur? Ne voulez-vous pas
que je vous fasse la lecture?»
Elle eut la satisfaction de voir Bastien l'applaudir par de grands
mouvements de tête: elle avait deviné, c'était bien cela qu'elle
devait dire.
«Il convient que quand on travaille, on ait ses heures de liberté,
répondit M. Vulfran.
-- Je vous assure que je ne suis pas fatiguée du tout.
-- Alors, dit-il, suis-moi dans mon cabinet.»
C'était une vaste pièce sombre, qu'un vestibule séparait de la
salle à manger, et à laquelle conduisait un chemin en toile qui
permettait à M. Vulfran de marcher franchement, puisqu'il ne
pouvait s'égarer et qu'il avait dans la tête comme dans les jambes
le juste sentiment des distances.
Perrine s'était plus d'une fois demandé à quoi M. Vulfran passait
son temps lorsqu'il était seul, puisqu'il ne pouvait pas lire;
mais cette pièce, lorsqu'il eut pressé un bouton d'éclairage, ne
répondit rien à cette question; pour meubles, une grande table
chargée de papiers, des cartonniers, des sièges, et c'était tout;
devant une fenêtre un grand fauteuil voltaire, mais sans rien
autour. Cependant l'usure de la tapisserie qui le recouvrait
semblait indiquer que M. Vulfran devait y rester assis pendant de
longues heures, en face du ciel, dont il ne voyait même pas les
nuages.
«Que me lirais-tu bien?» demanda-t-il.
Des journaux étaient sur la table enveloppés de leurs bandes
multicolores.
«Un journal, si vous voulez.
-- Moins on donne de temps aux journaux, mieux cela vaut.»
Elle n'avait rien à répondre, n'ayant dit cela que pour proposer
quelque chose.
«Aimes-tu les livres de voyage? demanda-t-il.
-- Oui, monsieur.
-- Moi aussi; ils amusent l'esprit en le faisant travailler.»
Puis, comme s'il se parlait à lui-même, sans qu'elle fût là pour
l'entendre:
«Sortir de soi, vivre d'autres vies que la sienne.»
Mais après un moment de silence, revenant à elle:
«Allons dans la bibliothèque», dit-il.
Elle communiquait avec le cabinet, il n'eut qu'une porte à ouvrir
et, pour l'éclairer, qu'un bouton à pousser; mais comme une seule
lampe s'alluma, la grande salle aux armoires de bois noir resta
dans l'ombre.
«Connais-tu _le_ _Tour du Monde_? demanda-t-il.
-- Non, monsieur.
-- Eh bien, nous trouverons dans la table alphabétique des
indications qui nous guideront.»
Il la conduisit à l'armoire qui contenait cette table, et lui dit
de la chercher, ce qui demanda un certain temps; à la fin
cependant elle mit la main dessus.
«Que dois-je chercher? dit-elle.
-- À l'I, le mot Inde.» *
Ainsi il suivait toujours sa pensée, et n'avait nullement l'idée
de vivre la vie des autres comme il avait semblé en exprimer le
désir, car ce qu'il voulait certainement, c'était vivre celle de
son fils, en lisant la description des pays où il le faisait
rechercher.
«Que vois-tu? dis.»
-- _L'Inde des Rajahs_, voyage dans les royaumes de l'Inde
centrale et dans la présidence du Bengale, 1871, 209 à 288.
-- Cela veut dire que dans le deuxième volume de 1871, à la page
209, nous trouverons le commencement de ce voyage; prends ce
volume et rentrons dans mon cabinet.»
Mais quand elle eut atteint ce volume sur une planche basse, au
lieu de se relever, elle resta à regarder un portrait placé au-
dessus de la cheminée, que ses yeux, qui peu à peu étaient
habitués à la demi obscurité, venaient d'apercevoir.
«Qu'as-tu?» demanda-t-il.
Franchement elle répondit, mais d'une voix émue:
«Je regarde le portrait placé au-dessus de la cheminée.
-- C'est celui de mon fils à vingt ans, mais tu dois bien mal le
voir, je vais l'éclairer.»
Allant à la boiserie, il pressa un bouton, et un foyer de petites
lampes placé au haut du cadre et en avant du portrait l'inonda de
lumière.
Perrine, qui s'était relevée pour se rapprocher de quelques pas,
poussa un cri et laissa tomber le volume du Tour du Monde.
«Qu'as-tu donc?» dit-il.
Mais elle ne pensa pas à répondre, et resta les yeux attachés sur
le jeune homme blond, vêtu d'un costume de chasse en velours vert,
coiffé d'une casquette haute à large visière, appuyé d'une main
sur un fusil et de l'autre flattant la tête d'un épagneul noir,
qui venait de jaillir du mur comme une apparition vivante. Elle
était frémissante de la tête aux pieds, et un flot de larmes
coulait sur son visage, sans qu'elle eût l'idée de les retenir,
emportée, abîmée dans sa contemplation.
Ce furent ces larmes qui, dans le silence qu'elle gardait,
trahirent son émoi.
«Pourquoi pleures-tu?»
Il fallait qu'elle répondît; par un effort suprême elle tâcha de
se rendre maîtresse de ses paroles, mais en les entendant elle
sentit toute leur incohérence:
«C'est ce portrait... votre fils... vous son père...»
Il resta un moment ne comprenant pas, attendant, puis avec un
accent que la compassion attendrissait:
«Et tu as pensé au tien?
-- Oui, monsieur..., oui, monsieur.
-- Pauvre petite!»