XXIX.

L'été avait fait place à l'automne, non pas à l'automne des autres pays

avec son ciel de plomb et ses feuillages flétris, mais à notre glorieux

automne canadien avec son atmosphère d'or, ses bois magnifiques et ses

splendides forêts.

Avez-vous jamais remarqué, lecteurs, combien est merveilleux le

changement qu'opère dans notre nature la première gelée sérieuse de

l'automne? La veille, vous vous êtes couchés après avoir jeté un regard

d'adieu sur les vertes collines et les bois d'émeraude; à votre réveil,

vous trouvez la terre et le désert recouverts d'une couleur nouvelle.

Ici, le riche incarnat de l'érable brûlé par le soleil contraste avec le

jaune pâle et délicat du bouleau; là, les feuilles tremblantes et

argentées du peuplier avec le safran du grand sycomore; plus loin, les

baies cramoisies du chêne et les vignes somptueusement teintes qui ont

un éclat encore plus vif sur le fond sombre des sapins et des tamarets.

Ah! si jamais la beauté semble sourire délicieusement avant de se faner

pour toujours, c'est bien dans le feuillage de nos forêts d'automne.

Antoinette était assise à sa fenêtre, contemplant avec mélancolie la

scène magnifique qui se déroulait devant elle. Des coussins amoncelés

sur sa chaise, une petite fiole et un verre placés à côté d'elle, et

surtout la douloureuse délicatesse de son apparence, disaient qu'elle

était invalide. Près d'elle était Madame Gérard qui demanda tout-à-coup:

--Veux-tu savoir ce que le Docteur Le Bourdais a dit, chère enfant?

Une ombre de sourire et une légère inclinaison de tête furent la seule

réponse à cette question.

--Eh! bien, il a déclaré que tes poumons sont parfaitement sains, et que

tout ce dont tu as besoin, c'est de la distraction et d'un peu de

plaisir. Il trouve que la vie que tu mènes ici est trop monotone et trop

tranquille pour l'état actuel du ta santé, et il recommande une

promenade immédiate à la ville.

--En ville! répéta Antoinette d'un air consterné: ah! c'est bien le pire

conseil qu'il pouvait donner. Non, je ne laisserai pas cette maison:

ici, au moins, j'ai le repos et la paix, tout ce que je puis désirer ou

espérer sur la terre.

--Ma bien chère Antoinette, il faut que tu partes, puisque cela a été

jugé nécessaire dans l'intérêt de ta santé. D'ailleurs, tu ne resteras à

Montréal que quelques semaines, juste assez de temps pour satisfaire les

désirs du Dr. Le Bourdais et l'inquiétude sans cesse croissante de ton

père.

Trop docile ou trop faible pour résister longtemps, la jeune femme eut

bientôt cédé, et huit jours après, elle était assise dans le salon de

Madame d'Aulnay et subissait, comme une enfant obéissante, les

félicitations et les caresses de sa cousine qui se réjouissait

cordialement de son arrivée.

--Quel bonheur de t'avoir encore avec nous, chère Antoinette, dit-elle.

Je suis déterminée à ce que tu t'amuses bien.

--Nos idées de plaisir sont maintenant bien différentes, Lucille, et tu

ne dois pas oublier qu'étant en convalescence, j'ai besoin de repos et

je dois me coucher de bonne heure.

--Non pas, enfant. Tu as pris l'habitude d'une tristesse mortelle dans

ton sombre Manoir, il te faut maintenait un peu de gaieté pour te

remettre en bonne santé. Est-ce que le médecin ne t'a pas dit la même

chose?

--Pas précisément: il a déclaré que ma maladie déjouait son art, qu'il

ne pouvait parvenir à remonter à son origine, et qu'en désespoir de

cause, il ordonnait un changement d'air pour voir quel effet en

résultera. Chère Lucille, veuilles bien te rappeler à quelles conditions

je suis ici.

--Oh! oui, je me rappelle t'avoir étourdiment promis de te laisser aussi

isolée, aussi solitaire que tu le désirerais; aussi, je suppose que je

vais respecter ma promesse, pendant quelque temps au moins. Sans doute

tu feras une exception en faveur de Sternfield?

Une légère rougeur couvrit le front de la jeune fille lorsqu'elle

répondit:

--Non, je ne dois pas refuser de le voir.

--Aussi bien, c'est ce que tu as de mieux à faire. Ses visites te

serviront à le surveiller de plus près.

Antoinette leva sur sa cousine un regard de douloureuse curiosité, à ces

mots.

--Peut-être, continua Lucille, ne devrais-je pas te dire cela, mais tu

l'apprendrais plus brusquement ailleurs: eh! bien, on dit qu'il mène

depuis quelque temps une vie très-volage.

L'inquiétude qui se lisait dans les yeux d'Antoinette augmentait

d'intensité.

--Oui, ajouta Lucille, sans parler de fautes encore plus impardonnables

et que je m'abstiendrai de mentionner, il parait qu'il est devenu un

joueur fieffé: on dit que ses pertes sont énormes. C'est probablement sa

complète séparation de toi qui l'a ainsi jeté dans le désespoir.

Antoinette soupira--un long et profond soupir. Oh! comme l'avenir pour

elle s'assombrissait tous les jours davantage. Le joueur insouciant, le

libertin prodigue dont les fautes servaient de pâture aux cancans de

tout le monde, était le compagnon de sa vie, son mari à elle; et elle

n'attendait que sa volonté, qu'un mot de lui pour laisser les tendres

amis de son enfance, son heureuse demeure, peut-être son pays natal, et

le suivre lui et sa fortune ruinée. Il lui restait cependant une suprême

espérance: sa santé qui déclinait tous les jours; et ce fut avec de

vives palpitations de coeur qu'elle se rappela que la mort pourrait la

sauver d'une union dont elle entrevoyait la consommation avec une

terreur inexprimable.

--Je n'ai aucun doute, continua Madame d'Aulnay, qu'Audley se réformera

quand votre mariage sera connu publiquement, et il fera probablement un

excellent mari.

--Silence! silence! implora Antoinette, torturée presqu'au-delà de ses

forces par les remarques mal-avisées de sa cousine.

--Certainement, chère enfant; je n'insisterai plus sur ce sujet,

puisqu'il te cause de la peine. Parlons d'un autre caractère bien

différent, du Colonel Evelyn: il faut que tu saches qu'il est devenu le

misanthrope le plus sombre, le sauvage le plus prononcé que tu puisses

imaginer. Aux différentes invitations que je lui ai envoyées, après ton

départ de la ville, il m'a fait parvenir les refus les plus courts et

les plus formels possibles; il n'a pas même eu la politesse de me faire

ensuite des visites: comme les pécheurs dont parle St. Paul, le dernier

état de cet homme est pire que le premier.... Ah! voici que j'entends le

bruit d'une voiture à la porte: c'est Sternfield: j'avais bien pensé

qu'il ne serait pas longtemps sans venir te présenter ses devoirs....

Mais, je vais aller en haut pour un instant; je reviens de suite.

Quels qu'eussent été le récent genre de vie de Sternfield, ses fautes ou

ses torts, il n'en paraissait rien, quand il entra, sur ses traits gais

et insouciants; et en franchissant le seuil de la porte, il offrit un

contraste si frappant avec la délicate jeune fille, que celle-ci ne put

s'empêcher de penser avec angoisse qu'elle seule portait le fardeau de

leur faute mutuelle.

Avec son beau sourire d'autrefois, il se laissa glisser sur l'ottoman

aux pieds de sa femme.

--Ainsi, ma petite Antoinette, ils t'ont envoyée à Montréal pour te

rétablir, dit-il. C'est bien ce qu'ils pouvaient faire de mieux, car la

tristesse qui règne là-bas à Valmont est plus que suffisante pour

détruire en moins de six mois la plus robuste constitution.

--Je n'ai jamais trouvé Valmont triste, Audley; j'y suis née, j'y ai été

élevée, et elle m'est chère au delà de tout ce que je puis dire.

--Quant à cela, il en est de même pour l'Esquimau vis-à-vis, des terres

stériles qu'il habite; mais tu avoueras que je ne suis pas allé souvent

te déranger dans ces derniers temps: pendant la première et dernière

visite que je t'ai faite au clair de la lune, j'ai pris la bonne

résolution de ne pas troubler la paix de ton esprit et de ne pas

retarder ainsi ton retour à la santé.

--Merci. Vous avez été plein de considération: je vous en ai de la

reconnaissance.

Le jeune homme toussa, comme s'il eut été embarrassé; puis, il reprit:

--Pendant que Madame d'Aulnay est hors de cette chambre, je dois te dire

que, quoique me trouvant naturellement bien isolé pendant ton absence,

j'ai cherché des distractions et des plaisirs qu'un moraliste rigide

pourrait peut-être censurer; mais je vais reprendre courage et espérer

de votre délicieux proverbe français: "à tout péché miséricorde."

Antoinette était silencieuse. Il continua:

--Madame d'Aulnay, qui est aussi indiscrète et légère que belle et

charmante, s'est imaginé de faire une inquisition sur ma conduite, me

menaçant en même temps de s'en plaindre à toi. Je lui ai dit que c'était

assez pour moi d'avoir à rendre compte de mes actions à ma femme, sans

être astreint à faire la même chose à l'amie de ma femme. N'étais-je pas

justifiable de lui parler ainsi?

--Je ne me permets jamais de trouver à redire sur vos actions, Audley.

--Tiens toujours à cette détermination, Antoinette, et tu feras une des

plus parfaites petites femmes du monde. Mais, laissons ce sujet pour en

prendre un plus agréable. Je suppose que tu es revenue à la ville pour y

chercher un peu de gaieté, et non pas t'y claquemurer comme tu l'as fait

à la campagne. En prévision d'un but aussi louable, je viendrai te

chercher demain après-midi pour faire une longue promenade; nous irons

où tu voudras, mais Madame d'Aulnay ne sera pas de la partie.

--Dans ce cas, je ne dois pas y aller.

--Pourquoi cela? demanda-t-il aussitôt avec irritation.

--D'abord, je ne veux pas offenser Lucille qui est pour moi pleine de

sollicitude et de considération; ensuite, il ne serait pas convenable de

me voir promener seule avec un monsieur, le lendemain même de mon

arrivée. Cela parviendrait aux oreilles de mon père, et....

--En un mot, Antoinette, tu es la plus prudente et la plus circonspecte

de toutes les jeunes filles. Il n'y a pas de danger que ton coeur et tes

sentiments soient en contradiction avec ton jugement; mais, puisque tu

ne veux pas accepter mon offre, ne sois pas offensée si tu me vois avec

quelque jeune Demoiselle moins scrupuleuse et particulière que toi.

L'arrivée de Madame d'Aulnay mit fin à cette conversation qui commençait

à prendre une tournure un peu défavorable; et après une causerie d'une

demi-heure, Sternfield partit.

Le lendemain était une de ces magnifiques journées d'Octobre qui nous

dédommagent presque de la fuite des oiseaux, de la chute des fleurs, et

qui ont un charme particulier préférable peut-être à celui de l'été

lui-même. La voiture de Madame d'Aulnay attendait, de bonne heure,

devant la porte de la maison. En vain Antoinette pria-t-elle sa cousine

de l'excuser si elle ne pouvait sortir avec elle, en vain lui fit-elle

part de la demande de Sternfield et du refus qui l'avait accompagnée.

--Pour cette raison même tu devrais sortir avec moi, dit Lucille. Tu

dois lui montrer que tu as l'intention de te promener pour exercer une

surveillance active sur ses actions. Viens, car je ne souffrirai pas de

refus.

Madame d'Aulnay gagna. Antoinette, le coeur triste et abattu que ni les

rayons dorés du soleil, ni l'air agréable qui se répandait dans

l'atmosphère ne purent relever, prit place dans la jolie petite voiture

de sa cousine.

Arrivées sur la rue Notre-Dame, celle-ci qui avait, comme de coutume, à

faire quelques emplettes, ordonna au cocher d'arrêter devant un de ces

étroits petits magasins si différents des grands établissements à larges

fenêtres de nos jours.

Elle venait à peine d'entrer, que le léger et gracieux équipage de

Sternfield passa. A côté du militaire était assise une de ces jeunes

beautés qui avaient une part de ses intentions et de ses flatteries. En

passant près d'Antoinette, cette Demoiselle dirigea vers elle un regard

de superbe triomphe.

Antoinette n'était pas remise de la pénible sensation causée par cette

rencontre, qu'elle aperçut, venant vers elle, un ami dont la vue fit

battre son coeur avec une rapidité extraordinaire: c'était le Colonel

Evelyn. Croyant qu'il passerait à côté d'elle sans paraître la

remarquer, elle détourna les yeux; mais, lui, cédant à une influence à

laquelle il permettait rarement de le contrôler, celle de l'impulsion,

il s'arrêta subitement, s'approcha, et, après quelques paroles de

politesse, lui demanda depuis quand elle était arrivée?

Revenant promptement de son étonnement, Antoinette satisfit en deux mots

à cette question.

--J'ai appris que vous aviez été bien malade depuis la dernière fois que

je vous ai vue. Est-ce vrai?

--De pareilles nouvelles sont toujours exagérées, répondit-elle en

essayant vainement de paraître indifférente.

--Cependant, vous n'avez pas l'apparence d'une personne en bonne santé:

est-ce l'esprit ou le corps qui est malade, Mademoiselle de Mirecourt?

Et il examina avec un oeil pénétrant les traits de la jeune fille. Se

penchant vers elle, il poursuivit à voix basse:

--Vous m'avez dit, une fois, que vous étiez très-malheureuse, et j'avais

à peine ajouté foi en vos paroles: aujourd'hui, je lis sur votre figure

que vous disiez la vérité. Eh! bien, pour expier mon incrédulité, et en

considération de l'immense affection que j'ai eue pour vous, je désire

vous donner un conseil: peut-il être utile de vous avertir de ne placer

aucune confiance en Audley Sternfield? Il est indigne de l'amour d'une

honnête femme.

--Trop tard!... trop tard!... le passé est irrévocable.

--Oui, après ce que j'ai vu, j'aurais dû savoir qu'il en était ainsi.

Eh! bien, Mademoiselle de Mirecourt, permettez-moi de vous dire que vous

avez choisi un appui bien fragile; mais les regrets sont superflus:

adieu!

Touchant le bord de son chapeau, il s'éloigna au moment même où Madame

d'Aulnay, qui avait terminé ses achats, sortait du magasin, après avoir

tourmenté le maître et les commis pour une nuance lilas à la recherche

de laquelle tout l'établissement avait été mis sans-dessus-dessous.

Encore sous l'effet de l'entrevue qu'elle venait d'avoir avec le Colonel

Evelyn, Antoinette n'était pas en veine de conversation. Après avoir

poursuivi jusqu'à la Place Dalhousie où était la citadelle surmontée du

drapeau britannique et environnée de quelques canons rouillés qui

avaient été presque toute la défense de Montréal contre trois armées

assiégeantes, elles reprirent le chemin de la maison. Elles

rencontrèrent de nouveau Sternfield et sa compagne triomphante. A leurs

saluts empressés, Madame d'Aulnay ne répondit que par un signe de tête

froid et dédaigneux qui blessa le Major autant que le salut indifférent

et calme d'Antoinette. Lucille était excessivement montée, et elle tonna

contre Sternfield avec une vivacité et une énergie qui n'auraient pas

été plus grandes si elle eut été à la place d'Antoinette.

--Puis-je dire à Jeanne que tu n'es pas à la maison, la prochaine fois

qu'il viendra pour te voir? Ne dis pas non... je le ferai. Cet insolent

mari doit être, d'une manière ou d'une autre, ramené au sentiment de la

réalité.

Le jour suivant, le Dr. Manby, un des chirurgiens de l'armée et un

habitué de chez Madame d'Aulnay, vint, et il s'informa si

particulièrement de la santé d'Antoinette, il montra un si grand désir

de la voir, que, malgré l'intention formelle de sa cousine de ne

recevoir aucune visite pendant deux ou trois jours, Lucille monta à sa

chambre, et, autant par caresses que de force, elle l'entraîna au salon.

Le Dr. Manby était un homme tranquille, d'un âge moyen, ni beau ni

accompli, mais simplement respectable; de sorte qu'Antoinette ne se

fâcha pas des questions qu'il lui posa, ni de l'espèce d'inquisition

qu'il fit sur ses traits.

Comme il se levait pour partir, retenant un instant dans sa main les

doigts délicats de la jeune fille, il lui dit:

--Si j'étais votre médecin, Mademoiselle de Mirecourt, je ne vous

prescrirais ni de la quinine, ni des toniques, mais plutôt une dose

quotidienne de tranquillité de coeur.

--Mais, est-ce que ce remède se trouve dans les Pharmacies?

demanda-t-elle en s'efforçant de rire; ou bien, en avez-vous quelques

doses toutes prêtes à me donner?

--Je crains bien que non: mais à votre âge, ma chère Demoiselle, on s'en

procure facilement. Le meilleur moyen est de prendre beaucoup

d'exercices, de voir des personnes agréables et joyeuses, et d'éviter

soigneusement toutes pensées absorbantes et mélancoliques. Je reviendrai

la semaine prochaine pour voir si ma prescription a été suivie et pour

en constater les résultats.

--Quelle bonne nature, mais quel officieux! dit Madame d'Aulnay en

faisant remarquer la très-petite taille du Dr. Manby qui traversait la

rue après être sorti de la maison.

--C'est un bon coeur et un homme aimable, répliqua Antoinette.

Il ne vint à la pensée d'aucune des deux cousines que le Colonel Evelyn,

incapable de maîtriser l'inquiétude que l'apparence altérée d'Antoinette

avait éveillée la veille dans son coeur,--et malgré son amour outragé,

malgré la scène ineffaçable qu'il avait surprise entre elle et

Sternfield--avait prié le Dr. Manby, un des rares amis avec lesquels il

était en termes d'intimité, de faire une visite d'apparente civilité à

Madame d'Aulnay, et de savoir par lui-même à quoi s'en tenir sûr le

compte de sa jeune cousine.

Il ne faut pas inférer de là que le Colonel Evelyn avait ralenti dans

ses sentiments d'éloignement vis-à-vis d'Antoinette ou dans la

condamnation sévère qu'il avait faite de sa conduite. Au contraire,

l'offense était de celles que cette nature sensible et délicate ne

pouvait jamais oublier; mais, en même temps, il lui restait pour elle un

sentiment de puissant intérêt, un sentiment que peut-être il ne pourrait

jamais vaincre entièrement, et un regret intense qu'un homme pour lequel

elle avait fait tant de sacrifices fût aussi indigne d'elle. Personne ne

connaissait mieux que le Colonel Evelyn la carrière orageuse du Major

Sternfield; et lorsqu'il envisageait l'avenir misérable réservé à la

jeune fille quand elle serait unie pour la vie à un homme qui tenait

constamment toutes les lois morales en défi, c'était plutôt avec le

chagrin plein d'anxiété d'un père qu'avec la colère d'un prétendant

rejeté.

Antoinette de Mirecourt, ou, Mariage secret et Chagrins cachés · 第 39 / 45 题