L'été avait fait place à l'automne, non pas à l'automne des autres pays
avec son ciel de plomb et ses feuillages flétris, mais à notre glorieux
automne canadien avec son atmosphère d'or, ses bois magnifiques et ses
splendides forêts.
Avez-vous jamais remarqué, lecteurs, combien est merveilleux le
changement qu'opère dans notre nature la première gelée sérieuse de
l'automne? La veille, vous vous êtes couchés après avoir jeté un regard
d'adieu sur les vertes collines et les bois d'émeraude; à votre réveil,
vous trouvez la terre et le désert recouverts d'une couleur nouvelle.
Ici, le riche incarnat de l'érable brûlé par le soleil contraste avec le
jaune pâle et délicat du bouleau; là, les feuilles tremblantes et
argentées du peuplier avec le safran du grand sycomore; plus loin, les
baies cramoisies du chêne et les vignes somptueusement teintes qui ont
un éclat encore plus vif sur le fond sombre des sapins et des tamarets.
Ah! si jamais la beauté semble sourire délicieusement avant de se faner
pour toujours, c'est bien dans le feuillage de nos forêts d'automne.
Antoinette était assise à sa fenêtre, contemplant avec mélancolie la
scène magnifique qui se déroulait devant elle. Des coussins amoncelés
sur sa chaise, une petite fiole et un verre placés à côté d'elle, et
surtout la douloureuse délicatesse de son apparence, disaient qu'elle
était invalide. Près d'elle était Madame Gérard qui demanda tout-à-coup:
--Veux-tu savoir ce que le Docteur Le Bourdais a dit, chère enfant?
Une ombre de sourire et une légère inclinaison de tête furent la seule
réponse à cette question.
--Eh! bien, il a déclaré que tes poumons sont parfaitement sains, et que
tout ce dont tu as besoin, c'est de la distraction et d'un peu de
plaisir. Il trouve que la vie que tu mènes ici est trop monotone et trop
tranquille pour l'état actuel du ta santé, et il recommande une
promenade immédiate à la ville.
--En ville! répéta Antoinette d'un air consterné: ah! c'est bien le pire
conseil qu'il pouvait donner. Non, je ne laisserai pas cette maison:
ici, au moins, j'ai le repos et la paix, tout ce que je puis désirer ou
espérer sur la terre.
--Ma bien chère Antoinette, il faut que tu partes, puisque cela a été
jugé nécessaire dans l'intérêt de ta santé. D'ailleurs, tu ne resteras à
Montréal que quelques semaines, juste assez de temps pour satisfaire les
désirs du Dr. Le Bourdais et l'inquiétude sans cesse croissante de ton
père.
Trop docile ou trop faible pour résister longtemps, la jeune femme eut
bientôt cédé, et huit jours après, elle était assise dans le salon de
Madame d'Aulnay et subissait, comme une enfant obéissante, les
félicitations et les caresses de sa cousine qui se réjouissait
cordialement de son arrivée.
--Quel bonheur de t'avoir encore avec nous, chère Antoinette, dit-elle.
Je suis déterminée à ce que tu t'amuses bien.
--Nos idées de plaisir sont maintenant bien différentes, Lucille, et tu
ne dois pas oublier qu'étant en convalescence, j'ai besoin de repos et
je dois me coucher de bonne heure.
--Non pas, enfant. Tu as pris l'habitude d'une tristesse mortelle dans
ton sombre Manoir, il te faut maintenait un peu de gaieté pour te
remettre en bonne santé. Est-ce que le médecin ne t'a pas dit la même
chose?
--Pas précisément: il a déclaré que ma maladie déjouait son art, qu'il
ne pouvait parvenir à remonter à son origine, et qu'en désespoir de
cause, il ordonnait un changement d'air pour voir quel effet en
résultera. Chère Lucille, veuilles bien te rappeler à quelles conditions
je suis ici.
--Oh! oui, je me rappelle t'avoir étourdiment promis de te laisser aussi
isolée, aussi solitaire que tu le désirerais; aussi, je suppose que je
vais respecter ma promesse, pendant quelque temps au moins. Sans doute
tu feras une exception en faveur de Sternfield?
Une légère rougeur couvrit le front de la jeune fille lorsqu'elle
répondit:
--Non, je ne dois pas refuser de le voir.
--Aussi bien, c'est ce que tu as de mieux à faire. Ses visites te
serviront à le surveiller de plus près.
Antoinette leva sur sa cousine un regard de douloureuse curiosité, à ces
mots.
--Peut-être, continua Lucille, ne devrais-je pas te dire cela, mais tu
l'apprendrais plus brusquement ailleurs: eh! bien, on dit qu'il mène
depuis quelque temps une vie très-volage.
L'inquiétude qui se lisait dans les yeux d'Antoinette augmentait
d'intensité.
--Oui, ajouta Lucille, sans parler de fautes encore plus impardonnables
et que je m'abstiendrai de mentionner, il parait qu'il est devenu un
joueur fieffé: on dit que ses pertes sont énormes. C'est probablement sa
complète séparation de toi qui l'a ainsi jeté dans le désespoir.
Antoinette soupira--un long et profond soupir. Oh! comme l'avenir pour
elle s'assombrissait tous les jours davantage. Le joueur insouciant, le
libertin prodigue dont les fautes servaient de pâture aux cancans de
tout le monde, était le compagnon de sa vie, son mari à elle; et elle
n'attendait que sa volonté, qu'un mot de lui pour laisser les tendres
amis de son enfance, son heureuse demeure, peut-être son pays natal, et
le suivre lui et sa fortune ruinée. Il lui restait cependant une suprême
espérance: sa santé qui déclinait tous les jours; et ce fut avec de
vives palpitations de coeur qu'elle se rappela que la mort pourrait la
sauver d'une union dont elle entrevoyait la consommation avec une
terreur inexprimable.
--Je n'ai aucun doute, continua Madame d'Aulnay, qu'Audley se réformera
quand votre mariage sera connu publiquement, et il fera probablement un
excellent mari.
--Silence! silence! implora Antoinette, torturée presqu'au-delà de ses
forces par les remarques mal-avisées de sa cousine.
--Certainement, chère enfant; je n'insisterai plus sur ce sujet,
puisqu'il te cause de la peine. Parlons d'un autre caractère bien
différent, du Colonel Evelyn: il faut que tu saches qu'il est devenu le
misanthrope le plus sombre, le sauvage le plus prononcé que tu puisses
imaginer. Aux différentes invitations que je lui ai envoyées, après ton
départ de la ville, il m'a fait parvenir les refus les plus courts et
les plus formels possibles; il n'a pas même eu la politesse de me faire
ensuite des visites: comme les pécheurs dont parle St. Paul, le dernier
état de cet homme est pire que le premier.... Ah! voici que j'entends le
bruit d'une voiture à la porte: c'est Sternfield: j'avais bien pensé
qu'il ne serait pas longtemps sans venir te présenter ses devoirs....
Mais, je vais aller en haut pour un instant; je reviens de suite.
Quels qu'eussent été le récent genre de vie de Sternfield, ses fautes ou
ses torts, il n'en paraissait rien, quand il entra, sur ses traits gais
et insouciants; et en franchissant le seuil de la porte, il offrit un
contraste si frappant avec la délicate jeune fille, que celle-ci ne put
s'empêcher de penser avec angoisse qu'elle seule portait le fardeau de
leur faute mutuelle.
Avec son beau sourire d'autrefois, il se laissa glisser sur l'ottoman
aux pieds de sa femme.
--Ainsi, ma petite Antoinette, ils t'ont envoyée à Montréal pour te
rétablir, dit-il. C'est bien ce qu'ils pouvaient faire de mieux, car la
tristesse qui règne là-bas à Valmont est plus que suffisante pour
détruire en moins de six mois la plus robuste constitution.
--Je n'ai jamais trouvé Valmont triste, Audley; j'y suis née, j'y ai été
élevée, et elle m'est chère au delà de tout ce que je puis dire.
--Quant à cela, il en est de même pour l'Esquimau vis-à-vis, des terres
stériles qu'il habite; mais tu avoueras que je ne suis pas allé souvent
te déranger dans ces derniers temps: pendant la première et dernière
visite que je t'ai faite au clair de la lune, j'ai pris la bonne
résolution de ne pas troubler la paix de ton esprit et de ne pas
retarder ainsi ton retour à la santé.
--Merci. Vous avez été plein de considération: je vous en ai de la
reconnaissance.
Le jeune homme toussa, comme s'il eut été embarrassé; puis, il reprit:
--Pendant que Madame d'Aulnay est hors de cette chambre, je dois te dire
que, quoique me trouvant naturellement bien isolé pendant ton absence,
j'ai cherché des distractions et des plaisirs qu'un moraliste rigide
pourrait peut-être censurer; mais je vais reprendre courage et espérer
de votre délicieux proverbe français: "à tout péché miséricorde."
Antoinette était silencieuse. Il continua:
--Madame d'Aulnay, qui est aussi indiscrète et légère que belle et
charmante, s'est imaginé de faire une inquisition sur ma conduite, me
menaçant en même temps de s'en plaindre à toi. Je lui ai dit que c'était
assez pour moi d'avoir à rendre compte de mes actions à ma femme, sans
être astreint à faire la même chose à l'amie de ma femme. N'étais-je pas
justifiable de lui parler ainsi?
--Je ne me permets jamais de trouver à redire sur vos actions, Audley.
--Tiens toujours à cette détermination, Antoinette, et tu feras une des
plus parfaites petites femmes du monde. Mais, laissons ce sujet pour en
prendre un plus agréable. Je suppose que tu es revenue à la ville pour y
chercher un peu de gaieté, et non pas t'y claquemurer comme tu l'as fait
à la campagne. En prévision d'un but aussi louable, je viendrai te
chercher demain après-midi pour faire une longue promenade; nous irons
où tu voudras, mais Madame d'Aulnay ne sera pas de la partie.
--Dans ce cas, je ne dois pas y aller.
--Pourquoi cela? demanda-t-il aussitôt avec irritation.
--D'abord, je ne veux pas offenser Lucille qui est pour moi pleine de
sollicitude et de considération; ensuite, il ne serait pas convenable de
me voir promener seule avec un monsieur, le lendemain même de mon
arrivée. Cela parviendrait aux oreilles de mon père, et....
--En un mot, Antoinette, tu es la plus prudente et la plus circonspecte
de toutes les jeunes filles. Il n'y a pas de danger que ton coeur et tes
sentiments soient en contradiction avec ton jugement; mais, puisque tu
ne veux pas accepter mon offre, ne sois pas offensée si tu me vois avec
quelque jeune Demoiselle moins scrupuleuse et particulière que toi.
L'arrivée de Madame d'Aulnay mit fin à cette conversation qui commençait
à prendre une tournure un peu défavorable; et après une causerie d'une
demi-heure, Sternfield partit.
Le lendemain était une de ces magnifiques journées d'Octobre qui nous
dédommagent presque de la fuite des oiseaux, de la chute des fleurs, et
qui ont un charme particulier préférable peut-être à celui de l'été
lui-même. La voiture de Madame d'Aulnay attendait, de bonne heure,
devant la porte de la maison. En vain Antoinette pria-t-elle sa cousine
de l'excuser si elle ne pouvait sortir avec elle, en vain lui fit-elle
part de la demande de Sternfield et du refus qui l'avait accompagnée.
--Pour cette raison même tu devrais sortir avec moi, dit Lucille. Tu
dois lui montrer que tu as l'intention de te promener pour exercer une
surveillance active sur ses actions. Viens, car je ne souffrirai pas de
refus.
Madame d'Aulnay gagna. Antoinette, le coeur triste et abattu que ni les
rayons dorés du soleil, ni l'air agréable qui se répandait dans
l'atmosphère ne purent relever, prit place dans la jolie petite voiture
de sa cousine.
Arrivées sur la rue Notre-Dame, celle-ci qui avait, comme de coutume, à
faire quelques emplettes, ordonna au cocher d'arrêter devant un de ces
étroits petits magasins si différents des grands établissements à larges
fenêtres de nos jours.
Elle venait à peine d'entrer, que le léger et gracieux équipage de
Sternfield passa. A côté du militaire était assise une de ces jeunes
beautés qui avaient une part de ses intentions et de ses flatteries. En
passant près d'Antoinette, cette Demoiselle dirigea vers elle un regard
de superbe triomphe.
Antoinette n'était pas remise de la pénible sensation causée par cette
rencontre, qu'elle aperçut, venant vers elle, un ami dont la vue fit
battre son coeur avec une rapidité extraordinaire: c'était le Colonel
Evelyn. Croyant qu'il passerait à côté d'elle sans paraître la
remarquer, elle détourna les yeux; mais, lui, cédant à une influence à
laquelle il permettait rarement de le contrôler, celle de l'impulsion,
il s'arrêta subitement, s'approcha, et, après quelques paroles de
politesse, lui demanda depuis quand elle était arrivée?
Revenant promptement de son étonnement, Antoinette satisfit en deux mots
à cette question.
--J'ai appris que vous aviez été bien malade depuis la dernière fois que
je vous ai vue. Est-ce vrai?
--De pareilles nouvelles sont toujours exagérées, répondit-elle en
essayant vainement de paraître indifférente.
--Cependant, vous n'avez pas l'apparence d'une personne en bonne santé:
est-ce l'esprit ou le corps qui est malade, Mademoiselle de Mirecourt?
Et il examina avec un oeil pénétrant les traits de la jeune fille. Se
penchant vers elle, il poursuivit à voix basse:
--Vous m'avez dit, une fois, que vous étiez très-malheureuse, et j'avais
à peine ajouté foi en vos paroles: aujourd'hui, je lis sur votre figure
que vous disiez la vérité. Eh! bien, pour expier mon incrédulité, et en
considération de l'immense affection que j'ai eue pour vous, je désire
vous donner un conseil: peut-il être utile de vous avertir de ne placer
aucune confiance en Audley Sternfield? Il est indigne de l'amour d'une
honnête femme.
--Trop tard!... trop tard!... le passé est irrévocable.
--Oui, après ce que j'ai vu, j'aurais dû savoir qu'il en était ainsi.
Eh! bien, Mademoiselle de Mirecourt, permettez-moi de vous dire que vous
avez choisi un appui bien fragile; mais les regrets sont superflus:
adieu!
Touchant le bord de son chapeau, il s'éloigna au moment même où Madame
d'Aulnay, qui avait terminé ses achats, sortait du magasin, après avoir
tourmenté le maître et les commis pour une nuance lilas à la recherche
de laquelle tout l'établissement avait été mis sans-dessus-dessous.
Encore sous l'effet de l'entrevue qu'elle venait d'avoir avec le Colonel
Evelyn, Antoinette n'était pas en veine de conversation. Après avoir
poursuivi jusqu'à la Place Dalhousie où était la citadelle surmontée du
drapeau britannique et environnée de quelques canons rouillés qui
avaient été presque toute la défense de Montréal contre trois armées
assiégeantes, elles reprirent le chemin de la maison. Elles
rencontrèrent de nouveau Sternfield et sa compagne triomphante. A leurs
saluts empressés, Madame d'Aulnay ne répondit que par un signe de tête
froid et dédaigneux qui blessa le Major autant que le salut indifférent
et calme d'Antoinette. Lucille était excessivement montée, et elle tonna
contre Sternfield avec une vivacité et une énergie qui n'auraient pas
été plus grandes si elle eut été à la place d'Antoinette.
--Puis-je dire à Jeanne que tu n'es pas à la maison, la prochaine fois
qu'il viendra pour te voir? Ne dis pas non... je le ferai. Cet insolent
mari doit être, d'une manière ou d'une autre, ramené au sentiment de la
réalité.
Le jour suivant, le Dr. Manby, un des chirurgiens de l'armée et un
habitué de chez Madame d'Aulnay, vint, et il s'informa si
particulièrement de la santé d'Antoinette, il montra un si grand désir
de la voir, que, malgré l'intention formelle de sa cousine de ne
recevoir aucune visite pendant deux ou trois jours, Lucille monta à sa
chambre, et, autant par caresses que de force, elle l'entraîna au salon.
Le Dr. Manby était un homme tranquille, d'un âge moyen, ni beau ni
accompli, mais simplement respectable; de sorte qu'Antoinette ne se
fâcha pas des questions qu'il lui posa, ni de l'espèce d'inquisition
qu'il fit sur ses traits.
Comme il se levait pour partir, retenant un instant dans sa main les
doigts délicats de la jeune fille, il lui dit:
--Si j'étais votre médecin, Mademoiselle de Mirecourt, je ne vous
prescrirais ni de la quinine, ni des toniques, mais plutôt une dose
quotidienne de tranquillité de coeur.
--Mais, est-ce que ce remède se trouve dans les Pharmacies?
demanda-t-elle en s'efforçant de rire; ou bien, en avez-vous quelques
doses toutes prêtes à me donner?
--Je crains bien que non: mais à votre âge, ma chère Demoiselle, on s'en
procure facilement. Le meilleur moyen est de prendre beaucoup
d'exercices, de voir des personnes agréables et joyeuses, et d'éviter
soigneusement toutes pensées absorbantes et mélancoliques. Je reviendrai
la semaine prochaine pour voir si ma prescription a été suivie et pour
en constater les résultats.
--Quelle bonne nature, mais quel officieux! dit Madame d'Aulnay en
faisant remarquer la très-petite taille du Dr. Manby qui traversait la
rue après être sorti de la maison.
--C'est un bon coeur et un homme aimable, répliqua Antoinette.
Il ne vint à la pensée d'aucune des deux cousines que le Colonel Evelyn,
incapable de maîtriser l'inquiétude que l'apparence altérée d'Antoinette
avait éveillée la veille dans son coeur,--et malgré son amour outragé,
malgré la scène ineffaçable qu'il avait surprise entre elle et
Sternfield--avait prié le Dr. Manby, un des rares amis avec lesquels il
était en termes d'intimité, de faire une visite d'apparente civilité à
Madame d'Aulnay, et de savoir par lui-même à quoi s'en tenir sûr le
compte de sa jeune cousine.
Il ne faut pas inférer de là que le Colonel Evelyn avait ralenti dans
ses sentiments d'éloignement vis-à-vis d'Antoinette ou dans la
condamnation sévère qu'il avait faite de sa conduite. Au contraire,
l'offense était de celles que cette nature sensible et délicate ne
pouvait jamais oublier; mais, en même temps, il lui restait pour elle un
sentiment de puissant intérêt, un sentiment que peut-être il ne pourrait
jamais vaincre entièrement, et un regret intense qu'un homme pour lequel
elle avait fait tant de sacrifices fût aussi indigne d'elle. Personne ne
connaissait mieux que le Colonel Evelyn la carrière orageuse du Major
Sternfield; et lorsqu'il envisageait l'avenir misérable réservé à la
jeune fille quand elle serait unie pour la vie à un homme qui tenait
constamment toutes les lois morales en défi, c'était plutôt avec le
chagrin plein d'anxiété d'un père qu'avec la colère d'un prétendant
rejeté.