Les souvenirs du vénérable M. Blanc, contemporain de la «sultane
française», l'avant-dernier maire de Châtelay, ne paraissent pas très
précis, et il convient de n'attacher qu'une valeur relative à ses
allégations. D'autres habitants de la commune se sont montrés plus
explicites que lui.
* * * * *
_Les dynasties arabes au Maroc._
Bou-Hamara est-il ou n'est-il pas le frère aîné d'Abd-el-Aziz? Question
de pure forme, car, toutes les fois que l'islamisme marocain s'est
senti menacé dans son intransigeance dogmatique, dans son attachement
à une civilisation archaïque, il s'est tourné vers les saints de sa
religion et a cherché à établir, sous une nouvelle étiquette, une sorte
de Restauration musulmane. Les chefs des dynasties qui se sont succédé
à Fez et à Marrakech n'étaient que des prétendants sans autres titres
que la pureté de leur foi.
La première dynastie est celle des Ommiades, qui a laissé dans
l'histoire une trace si éblouissante. Elle fonda le grand empire des
Maures et soumit l'Espagne à son joug, mais ne réussit pas à réduire
les montagnards berbères. C'est en 783 qu'Édriss, le chérif vénéré
dont le nom est invoqué comme celui des saints chrétiens qui mirent
l'influence religieuse au service des premiers efforts des rois
francs vers l'unité nationale entrevue, se réfugia à l'extrémité de
l'Afrique. Il descendait de Fatime, fille de Mahomet, et du pieux Ali.
On l'accueillit en maître; il substitua la théocratie islamique à
l'impérialisme des califes ommiades et son œuvre dura trois siècles.
Suivit une période de luttes. Les Maures, chassés d'Espagne, perdirent
pied en Europe et le Maroc commença à être l'objet d'une «pénétration»
inquiétante de la part des Espagnols et des Portugais. Le fanatisme
religieux s'enflamma de nouveau à l'approche des «barbares» et les
chérifs fournirent au pays une jeune dynastie, la dynastie saadienne,
représentée à l'origine par Mouley-Mohammed, dit le Mahdi (1620).
Enfin, la dynastie régnante est celle des chérifs alaouites, venus du
Tafilalet au milieu du dix-septième siècle. Le chérif qui la fonda fut
ramené de la Mecque; il s'appelait Mouley-Ali. Le Maroc était excédé du
souvenir atroce de Mouley-Achmet (1647), dont la luxure et la cruauté
sont restées légendaires. Il périt dans une sédition et fut remplacé
par l'usurpateur Crom-el-Hadji, qui assura son autorité en exterminant
la race chérifienne et remit l'administration aux mains des juifs. La
nièce d'une de ses victimes, Mouley-Labir, autre Judith, épousa le
tyran et lui fit subir le sort d'Holopherne. Elle lui fit avaler un
narcotique et le poignarda dans son sommeil. Puis, elle épousa le fils
de l'usurpateur, Mouley-Cheik, qui ne tarda guère à être renversé du
trône.
Mouley-Ali, le chef de la dynastie actuelle, était né à Iambo, près
de Médine. La légende auguste qui rattachait sa généalogie à celle
du Prophète fut confirmée par un heureux événement au début de son
élévation. A son arrivée, la bonne saison étant venue, les palmiers
reverdirent subitement et l'on s'empressa de crier au miracle.
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_Vincent Franceschini_
(pp. 116 et suiv.)
Vincent Franceschini, frère de _Davia_, qui fut sultane au Maroc sous
Mouley-Soliman, semble avoir largement bénéficié auprès de Napoléon de
la recommandation de son impérial beau-frère. En l'an X, le _Moniteur_
signale sa nomination de sous-commissaire des relations commerciales au
Maroc, succédant, sans doute, à diverses missions officieuses. (Voir la
collection du _Moniteur_, p. 921, an X.)