[306] Pour Bertholde, type des farces italiennes, qui commençoit à se

populariser en France, mais qui ne prit pied sur nos théâtres qu'au

XVIIIe siècle, lorsque Ciampi eut fait son _Bertholde à la cour_, et

Lattaignant _Bertholde à la ville_.

[307] C'est-à-dire de se voir moquer comme la statue de Pierre de

Cugnières, surnommé du Coignet, laquelle on avoit placée en un petit

coin (_coignet_) du choeur de l'église Notre-Dame, «en office de

esteindre avec son nez... les chandelles, torches, cierges, bougies et

flambeaux allumez.» (Rabelais, _Nouv. prol._ du 4e livre.) Il est

ainsi parlé dans les _Contes d'Eutrapel_ (1, De la justice, _ad finem_)

de la cause qui valut à Pierre de Cugnières cette vengeance des gens

d'église: «Tesmoing, dit Noël du Fail, la statue ignominieuse de maistre

Pierre de Cugnières, estant en l'église Nostre-Dame de Paris,

vulgairement appelé maistre Pierre du Coignet, à laquelle, par

gaudisserie, on porte des chandelles. Le paillard, estant lors advocat

general, soustint que le roy Philippe de Valois, son maistre, se devoit

ressaisir du temporel ecclesiastic, pour estre le fondement d'iceluy mal

exécuté, et seule cause de la dissolution des gens d'église et

empeschement du vray service de Dieu.»

[308] Fou qui couroit alors les rues.

[309] Marforio, le camarade du Pasquin de Rome.

[310] Cette phrase, où se trouve en germe l'une des plus jolies fables

de La Fontaine (liv. 9, fab. 16), ne fait presque que reproduire

celle-ci du 7e chap. des _Contes d'Eutrapel_: «ressemblans au singe

qui tire les chastaignes de sous la braise avec la patte du levrier

endormy au fouyer.»

[311] Sur ce cabaretier fameux alors, qui avoit fait peindre au dessus

de sa taverne, près Saint-Eustache, l'arbre dont il portoit le nom, V.

notre _Histoire des hôtelleries et cabarets_, t. 2, p. 323-324.

[312] Pour _échaffaut_, comme on appeloit alors le théâtre des

saltimbanques et des empiriques.

[313] Ceci est assez platement abrégé d'un passage du _Moyen de

parvenir_, 1738, I, 104-5.

[314] On sait de quelles maladies il étoit le patron, et quel mal,

réclamant les potions _postérieures_ dont parle Regnard dans _le

Légataire_, s'appeloit le mal Saint-Fiacre. (V. Fleury de Bellingen,

_Etymol. des prov. franc._, p. 317.)

[315] Expression consacrée par Rabelais et par Henry Estienne pour

désigner un mendiant, un quemandeur. «Quant à tant de povres moines, dit

celui-ci, qui n'ont ni rente ni revenu, qui n'ont pas un poulce de

terre, qui mesme sont appelez _porteurs de rogatons_, pour ce qu'ils ne

vivent que des aumônes des gens de bien...» _Apologie pour Hérodote_, La

Haye, 1735, in-12, t. 1er, p. 536.

[316] Il étoit permis aux religieux du Petit-Saint-Antoine de laisser

vaguer leurs pourceaux par les rues.

[317] La pièce d'argent, à cause de la _croix_ qui se trouvoit sur

celles de saint Louis. On connoît l'expression être _sans croix ni

pile_, pour dire être sans argent.

[318] Prêtresse du dieu assyrien Adad. (V., à ce mot, le _Dict. mythol._

de Jacobi.)

[319] V., sur de pareilles pratiques, une note de nos _Variétés hist. et

litt._, t. 1er, pièce 26, p. 340-341.

[320] Réminiscence d'un passage de Larivey. V. _la Vefve_, (comédie

imitée de _la Vedova_ de Nic. Bonaparte, dans l'_Ancien théâtre

françois_, t. 5, p. 195).

[321] Faire le loup-garou, être changé en bête.

[322] Lieu de pèlerinage à deux lieues de Châlons-sur-Marne, ainsi nommé

à cause d'une image de la Vierge trouvée en 1400 dans un buisson

d'épines. La façade de l'église qu'on lui éleva fut achevée en 1429. V.

Povillon-Pierrard, _Descript. histor. de l'église de Notre-Dame de

l'Epine_, Châlons, 1825, in-8.--C'étoit une des premières stations des

troupes étrangères entrant en France. L'armée que le comte d'Aremberg

amena des Pays-Bas au secours du roi en 1567 y passa. (_Mémoires non

encore veus du sieur Fery de Guyon, escuyer._ Tournay, 1664, in-8, ch.

83, pag. 144.)

[323] Cette pièce est, je crois, la plus rare de toutes celles qui se

rapportent aux _Caquets de l'Accouchée_. Nous l'avons trouvée à la

Bibliothèque impériale.

[324] Ce n'est pas le lieu de donner ici une longue notice de ce fameux

farceur, qui, pendant plus de quarante ans, amusa Paris, soit sur la

place de l'Estrapade, où il eut long-temps ses tréteaux, soit surtout à

la place Dauphine, où cette pièce-ci le met en scène, soit à l'hôtel de

Bourgogne, qui le vit finir. Nous renverrons à l'article que Boucher

d'Argis lui a consacré dans son _Histoire abrégée des plus célèbres

comédiens de l'antiquité et des comédiens françois les plus distingués_

(_Variétés historiques, physiques et littéraires_, etc., 1752, in-8, t.

1er, 2e partie, p. 506), et à Tallemant, édit. in-12, t. 10,

_Historiette de Mondory_.

[325] Ce fou, dont il est déjà parlé dans la pièce précédente, couroit

les rues comme maître Guillaume et Mathurine. Dans un livret publié en

1614 avec ce titre: _La remonstrance de Pierre Du Puits sur le resveil

de Maistre Guillaume_, et dans lequel il se donne comme ayant «l'esprit

relevé jusques en l'antichambre du troisième degré de la Lune, etc.», on

lui fait dire au commencement:

Avec ma jacquette grise

Plusieurs lourdauts je meprise.

Puis tout à la fin:

AUX CURIEUX:

Pierre du Puits n'est pas seul en folie,

Ny tous les fols ne sont Pierre du Puits,

Car tel est fol qui n'a pas l'industrie,

Ainsi qu'il a, de donner des advis.

[326] Autre farceur du Pont-Neuf, donné très gratuitement ici comme

auteur des _Caquets de l'Accouchée_. Les seules _oeuvres_ que l'on

connoisse de lui, et dont il parut un très grand nombre d'éditions chez

la veuve Oudot, sont: _Extrait des rencontres, fantaisies et

coq-à-l'asne facétieux du baron de Gratelard, tenant sa classe ordinaire

au bas du Pont-Neuf_. Dans ces derniers temps on réimprimoit encore à

Montbéliard: _Entretiens facétieux du sieur baron de Gratelard, disciple

de Verboquet, propres à chasser la mélancolie et à désopiler la rate_,

in-18 de 12 pages. (Nisard, _Hist. des livres popul._, t. 1er, p.

388.)

[327] On disoit _crocheteur_, mais c'est _clocheteur_ qu'il falloit

dire, car il s'agit de la petite figure qui frappoit les heures sur la

cloche de la Samaritaine. Les Libellistes du temps prirent plus d'une

fois le petit _crocheteur_ pour héros, et lui firent débiter leurs

satires. L'un des pamphlets mis sur son compte fut cause qu'on l'enleva

de la Samaritaine pendant quelque temps. (V. le _Mercure françois_ de

1611.)

[328] Autre petite figure de bronze qui, à la manière du _clocheteur_ du

Pont-Neuf et du _Jaquemart_ de Notre-Dame de Dijon, sonnoit l'heure au

clocher de l'église Saint-Paul, située dans la rue du même nom et

démolie au commencement de ce siècle. Une mazarinade a pour titre: _Le

qui fut de Jacquemard sur les sujets de la guerre mazarine_, Paris,

1652. V., pour l'étymologie du mot _Jaquemart_, P. Berigal (G. Peignot),

_Hist. de l'illustre Jaquemart de Dijon_, 1832.

[329] Encore un farceur, mais moins connu que les autres. Il est nommé,

dans l'_Espadon satyrique_, Cologne, 1680, pag. 25, et dans l'épitaphe

du fameux _Jodelet_, Julien Joffrin:

Ici git qui de Jodelet

Joua cinquante ans le rolet,

Et qui fut de mesme farine

Que Gros Guillaume et Jehan Farine,

Hormis qu'il parloit mieux du nez

Que les dits deux enfarinez.

Un petit livre, réimprimé à Troyes, en 1682, sous ce titre: _Les débats

et fameuses rencontres de Gringalet et de Guillot Gorju, son maistre_,

est dédié au _père de sobriété, le grotesque_ Jean Farine,

superintendant de la maison comique hostel de Bourgogne, à Paris.--Un

passage des _Jeux de l'Inconnu_, Rouen, 1635, in-8, p. 158, montre que

ce bouffon, comme son nom l'indique, jouoit surtout, ainsi que La Fleur

(Gros-Guillaume), les rôles enfarinés.

[330] Par la même raison que nous n'avons rien dit de Gautier-Garguille,

nous ne dirons rien du non moins fameux Robert Guérin, dit _La Fleur_ et

_Gros-Guillaume_. Nous renverrons aussi pour lui au travail curieux de

Boucher d'Argis, _loc. cit._

[331] Bouffon moins connu sous ce nom que sous celui de Jean des Vignes,

qui lui est donné dans la 18e serée de Guillaume Bouchet, où il est

mis en compagnie de Tabarin et Franc-à-Tripe; et dans le _Moyen de

cognoistre les filous d'une lieue loing sans lunette_, édit. des

_Joyeusetés_. Jehan des Vignes ou de la Vigne faisoit les rôles de

niais. «Moi, pauvre sot, dit d'Assoucy, plus sot que Jean des Vignes.»

_Les Avantures d'Italie_, etc., Paris, 1677, in-12, p. 336.

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Les caquets de l'accouchée nouvelle édition revue sur les pièces originales · 第 19 / 19 段