VII

Sais-tu que je t'ai fait mourir? J'ai pris ta bouche,

Ton coeur, tout ce qu'on a, tout ce que vous avez,

Et moi je suis malade. Oh! je veux qu'on me couche

Parmi les Morts des eaux nocturnes abreuvés!

J'étais bien jeune, et Christ a souillé mes haleines,

Il me bonda jusqu'à la gorge de dégoûts;

Tu baisais mes cheveux profonds comme des laines,

Et je me laissais faire!... Oh! va... c'est bon pour vous,

Hommes! qui songez peu que la plus amoureuse

Est, dans sa conscience, aux ignobles terreurs

La plus prostituée et la plus douloureuse

Et que tous nos élans vers vous sont des erreurs.

Car ma communion première est bien passée!

Tes baisers, je ne puis jamais les avoir bus.

Et mon coeur et ma chair par ta chair embrassée

Fourmillent du baiser putride de Jésus...

Poésies complètes, avec préface de Paul Verlaine et notes de l'éditeur · 第 44 / 125 题