La sacrée congrégation de la Pénitence, après avoir mûrement examiné
les questions qui lui sont posées, répond à la première:
Lorsque tout ce qu’il y a de contraire aux règles, dans l’acte
conjugal, provient de la malice du mari qui, au lieu de consommer cet
acte, retire son membre du vagin et répand sa semence hors du vase
naturel, la femme peut, si après les avertissements qu’elle est tenue
de donner et qui demeurent sans résultat, son mari insiste en la
menaçant de coups et de la mort, se prêter passivement à ses désirs et
sans pécher (comme l’enseignent les théologiens dont les décisions
font autorité), à la condition que, dans ces circonstances, elle
permettra simplement le péché de son mari, et cela par un grave motif
d’excuse, car la charité qui lui commande de s’opposer à la conduite
de son mari, n’oblige pas lorsqu’il doit en résulter de semblables
inconvénients.
La sacrée congrégation répond à la 2me et à la 3me question: que le
susdit confesseur se rappelle cet adage:--On doit traiter saintement
les choses saintes;--qu’il pèse bien ce que dit saint Alphonse de
Liguori, cet homme savant et très expert dans la matière, dans sa
pratique des confesseurs, § 4, nº 7:
Le confesseur n’est pas tenu, ordinairement, de parler des péchés que
les époux commettent relativement au devoir conjugal, et il n’est pas
convenable de poser des questions sur cette matière, si ce n’est à la
femme, pour lui demander, le plus modérément possible, si elle a rendu
le devoir... Il doit garder le silence sur tout le reste, à moins
qu’on ne lui pose des questions;--qu’il ne manque d’ailleurs pas de
consulter les autres auteurs approuvés.
Donné à Rome, le 8 juin 1842.
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Deux questions nous embarrassaient encore, nous les avons soumises à la
Sacrée-Pénitencerie.
_On demande_: 1º Pèchent-ils mortellement ceux qui coïtent à la manière
d’Onan ou le membre viril enfermé dans un fourreau défendu, vulgairement
appelé capote anglaise--(_qui coeunt onanastice vel condomistice, id est
intendo nefario instrumento quod vulgo dicetur condom_ 14º éd. p. 187.)?
_Réponse_: C’est crime que de se servir d’un pareil fourreau; le péché
est mortel.
_On demande_: La femme sachant que son mari pour coïter recouvre
toujours son membre viril d’une capote anglaise, doit-elle se prêter au
coït?
_Réponse._--Non, elle se rendrait complice d’un crime abominable et
commettrait un péché mortel.
(_Décisions_ rendues par le pape et le collège des cardinaux, le _8 juin
1842_ et le _25 mai 1851_.)
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L’épouse doit donc, par tous les moyens en son pouvoir, les caresses,
toute espèce de marques d’amour, les prières et les exhortations, amener
son mari à accomplir l’acte conjugal selon les règles, ou le décider à
s’en abstenir complètement et à vivre d’une manière chrétienne;
l’expérience prouve que plusieurs femmes sont parvenues à vaincre la
résistance de leurs maris en s’attachant ainsi à gagner leurs bonnes
grâces.
_On demande_: 1º Si l’épouse peut demander le devoir à son mari
lorsqu’elle sait qu’il en abusera.
_Réponse._--Plusieurs théologiens affirment que la femme peut demander
le devoir conjugal et ne fait qu’user de son droit. C’est l’opinion de
_Pontius_, de _Tamburini_, de _Sporer_, etc. Mais d’autres, comme cela
résulte de ce que nous avons dit, exigent une raison qui lui permette de
demander le devoir d’une manière licite, car sans cela elle donnerait à
son mari une occasion prochaine de péché; mais c’est à peine si cette
raison peut se présenter, alors qu’elle peut trouver d’autres moyens de
surmonter les tentations. Mais étant posée une cause grave de fait, par
exemple, la difficulté de surmonter la tentation, elle ne pécherait
nullement; car il est permis de demander, avec des intentions droites et
pour de graves raisons, une chose bonne en soi à celui qui peut
l’accorder.
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_On demande_: 2º Si le mari peut répandre la semence hors du vase de la
femme, lorsque les médecins ont déclaré que la femme ne peut pas
enfanter sans un danger de mort évident?
Nous répondons négativement avec tous les théologiens, parce que
l’éjaculation hors des parties sexuelles de la femme est une action
contre nature et détestable. Il faut accomplir l’acte si le danger de
mort n’est pas très probable, ou il faut s’en abstenir complètement, si
le danger est moralement certain. Dans ce cas, les époux n’ont pas
d’autre moyen de salut que la continence. Leur condition est déplorable,
mais on ne saurait la changer. Alors, ces malheureux époux doivent
s’abstenir de coucher dans le même lit, afin de rester plus facilement
dans la continence et de pouvoir vivre saintement.
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§ V