DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT LE DEVOIR CONJUGAL

1. Quelques théologiens, dont _saint Liguori, l. 6, nº 915_, cite

l’autorité, prétendent, après _saint Thomas_, que c’est un péché mortel

de pratiquer le coït avec sa femme pendant le temps des menstrues,

c’est-à-dire de l’écoulement du sang qui se produit ordinairement chaque

mois chez les femmes capables de devenir enceintes, à cause du préjudice

causé à l’espèce, et de la défense divine portée dans le Lévitique, 20,

18; mais d’autres enseignent plus ordinairement que c’est bien là un

péché à cause de l’indécence qui en résulte; ils accordent qu’il n’est

que véniel, car le coït pratiqué à l’époque des menstrues ne nuit

nullement ou du moins nuit bien peu à la propagation de l’espèce.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

C’est pour cela que si l’écoulement, qui ne dure pas ordinairement au

delà de deux ou trois jours, était de trop longue durée et presque

continuel, comme cela arrive quelquefois, le mari pourrait, sans pécher,

demander le devoir conjugal, car il serait très désagréable pour lui de

toujours s’abstenir du coït.

Selon l’opinion générale, la femme qui rend le devoir conjugal pendant

le temps du flux ordinaire ne commet pas de péché; bien plus, elle est

tenue de le rendre si son mari n’adhère pas à des observations faites

avec douceur, à moins qu’il ne dût en résulter un grave préjudice pour

sa santé, comme cela arrive d’ordinaire lorsque le flux est abondant.

Ce qui vient d’être dit du temps des menstrues s’applique également au

temps de la grossesse et du flux de l’enfantement. Voy. _saint Liguori,

l. 6_.

2. Ce n’est pas un péché mortel de demander le devoir conjugal pendant

le temps de la grossesse, pourvu qu’il n’y ait pas danger d’avortement;

c’est l’opinion très ordinaire des théologiens, et c’est la conséquence

de ce que nous avons dit au sujet de la demande du devoir ayant pour but

d’éviter l’incontinence. Comme le fœtus humain se trouve tellement

enveloppé dans la matrice que la semence de l’homme ne peut le toucher,

on ne peut pas facilement présumer le danger d’avortement, et on ne doit

pas tracasser les pénitents sur ce point par des interrogations

importunes.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

3. Saint Charles conseille aux personnes mariées de s’abstenir, d’un

consentement mutuel, de l’acte conjugal les jours de fêtes solennelles,

les jours de dimanche, les jours de jeûne et les jours où ils ont reçu

ou doivent recevoir la sainte Eucharistie: c’est conforme aux statuts de

plusieurs rituels et, en particulier, de celui du Mans, p. 140.

Plusieurs théologiens, cités par _Sanchez_ et _saint Liguori_, pensent

que la demande de devoir pendant les jours dont nous venons de parler,

et principalement celui où on doit recevoir la sainte Eucharistie, n’est

pas exempte de péché mortel, à moins qu’elle ne soit excusée par des

motifs raisonnables comme une tentation grave; car le plaisir charnel

distrait notablement l’âme des choses spirituelles dont on doit

s’occuper dans ces jours-là.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Tous les théologiens disent avec saint François de Sales,--_Introduction

à la vie dévote, 2e partie, chap. 20_,--que la femme qui, le jour où

elle a reçu ou doit recevoir la sainte Eucharistie, rend le devoir que

demande son mari, ne commet pas de péché; bien plus, qu’elle est tenue

de le rendre si son époux ne veut pas céder à ses prières.

A cette occasion, les théologiens se demandent si celui qui a éprouvé la

pollution pendant le sommeil peut recevoir la sainte Eucharistie. Ils

répondent avec saint Grégoire le Grand, dans sa lettre au sublime

Augustin, apôtre de la Grande-Bretagne, rapportée dans le Décret, _part.

1re, dist. 6, chap. 1_, en faisant la distinction suivante: Ou cette

pollution provient d’un excès de force ou de la faiblesse, et, dans ce

cas, il n’y a pas le moindre péché; ou bien elle provient de certains

excès dans l’usage des aliments, et c’est alors un péché véniel; elle

peut encore être le résultat des pensées qui l’ont précédée, et elle

peut, dans ce cas, constituer un péché mortel. Dans le premier cas, on

ne doit éprouver aucun scrupule; dans le second, elle n’empêche pas de

recevoir le sacrement ou de célébrer les saints mystères si on y est

engagé par quelque motif d’excuse, comme la circonstance d’un jour de

fête ou de dimanche; mais dans la troisième, nous dit saint Augustin,

_on doit s’abstenir de participer ce jour-là au saint mystère à cause

d’une telle pollution_.

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 183 / 211 题