1º Les baisers sur les parties honnêtes du corps, comme la main et la
joue, ne sont pas mauvais de leur nature, même entre personnes de sexe
différent: cela est conforme à l’opinion générale et à la pratique
partout admise dans le monde.
D’où il suit: 1º Qu’on ne trouve aucune espèce de mal dans les baisers
que les enfants incapables de passions sont dans l’habitude d’échanger.
2º Qu’il n’y a pas de péché dans les baisers que donnent aux enfants qui
leur sont confiés les mères, les nourrices, etc.
3º Ni, ordinairement du moins, dans ceux que d’autres personnes, hommes
ou femmes, donnent aux enfants en bas âge de l’un ou l’autre sexe.
4º Les baisers même honnêtes, motivés par la passion, donnés ou reçus,
entre personnes du même sexe ou de sexe différent, sont des péchés
mortels. Mais les baisers sur les parties inusitées du corps, par
exemple sur la poitrine, sur les seins, ou à la mode des colombes en
introduisant la langue dans la bouche d’une autre personne, sont
présumés avoir la passion pour mobile, ou du moins mettent dans un grave
danger d’y succomber et pour cette raison, ne peuvent être excusés de
péché mortel.
5º Il est certain qu’on doit regarder comme péchés mortels les baisers,
mêmes honnêtes, qui mettent dans le danger prochain de pollution ou de
mouvements de violente passion, à moins que, par hasard, il n’y ait de
graves raisons de les donner ou de les permettre; car c’est pécher
mortellement que de s’exposer au danger sans nécessité.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
§ II