Par pollution nocturne on entend l’éjaculation qui se produit pendant le
sommeil. Si le sommeil est imparfait, l’éjaculation peut être
semi-volontaire, et le péché, par conséquent, véniel. L’éjaculation
n’étant nullement volontaire dans le sommeil parfait ne peut entraîner
de péché; car, dans ce cas, elle ne peut être mauvaise que dans sa
cause.
Il est certain que celui ou celle qui a préparé une cause dans
l’intention de provoquer l’éjaculation pendant le sommeil, en prenant
certaines positions dans son lit, ou par des attouchements voluptueux,
ou par des lectures de roman, pèche mortellement.
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_On demande_: 1º Ce que doit faire celui qui, en s’éveillant, s’aperçoit
qu’il est sur le point d’éjaculer?
_Réponse._ Il doit élever son esprit vers Dieu, l’invoquer, faire le
signe de la croix, s’abstenir de provoquer l’écoulement de la semence,
renoncer au plaisir voluptueux; pourvu qu’il agisse ainsi, il peut se
considérer comme exempt de péché, et il n’est pas tenu de contenir
l’impétuosité de la nature; car déjà la sécrétion des humeurs s’est
faite dans les vases spermatiques; il est nécessaire que l’éjaculation
se fasse immédiatement ou plus tard, sans quoi le sperme venu des reins
se corromprait au détriment de la santé.
_On demande_: 2º S’il est permis de se réjouir de l’éjaculation
lorsqu’elle se produit dégagée de tout péché, en tant qu’elle décharge
la nature, ou de la désirer à ce point de vue?
_Réponse._ Les auteurs enseignent généralement qu’il est permis de se
réjouir des bons effets de la pollution involontaire qui se produit soit
pendant le sommeil, soit pendant la veille. Car, sous ce rapport, elle
opère un bon résultat.
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_On demande_: 3º Ce que l’on doit penser de la _distillation du sperme_?
_Réponse._--La distillation est l’écoulement qui se fait goutte à
goutte, et sans mouvements de concupiscence, d’une semence imparfaite ou
autre humeur muqueuse. Si elle se produit sans plaisir vénérien, comme
il arrive quelquefois à cause de la faiblesse des organes ou des
chatouillements provenant d’un prurit insupportable, il ne faut pas,
disent _Cajetan_ et les théologiens en général, s’en occuper plus que de
la sueur.
§ IV