On distingue ordinairement deux causes de pollution: une prochaine et
une éloignée. Les causes prochaines tendent par elles-mêmes à
l’éjaculation, comme les attouchements des parties génitales sur soi ou
sur autrui, les regards que l’on porte sur elles, les paroles obscènes
ou amoureuses, et les pensées honteuses.
Les causes éloignées influent d’une manière moins directe sur la
pollution: ce sont les excès dans le boire et le manger, l’étude des
questions vénériennes, la confession, etc.
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Il est certain:
1º Que celui qui, volontairement, même pour un instant, sans intention
et pour une cause accidentelle se complaît dans la masturbation, pèche
mortellement. C’est ce que personne ne niera.
2º Il en est de même de celui qui fait une action influant directement
sur l’éjaculation, en touchant ou regardant amoureusement sur soi ou sur
autrui les parties qui doivent rester voilées et qui paraît désirer
l’éjaculation qui peut en résulter, ne chercherait-il pas à la
provoquer; c’est de toute évidence.
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3º En cas de grave nécessité, l’action qui tend à un but légitime ne
fournit pas matière à pécher... Ainsi ne pèche pas le chirurgien qui,
pour guérir une infirmité ou faire un accouchement, touche ou regarde
les parties pudiques d’une femme et qui, à cette occasion, éprouve les
effets de la masturbation, pourvu cependant qu’il n’y consente pas,
s’exposerait-il même au danger du consentement. Mais, il serait obligé
de renoncer à son art s’il tombait fréquemment dans ce danger; car la
nécessité de son propre salut doit l’emporter sur toutes les autres.
4º Ne pèche pas celui qui, pour son utilité ou celle d’autrui, fait une
action qu’il sait être de nature à amener l’éjaculation... Aussi, est-il
permis d’étudier, dans un but honnête, les _choses_ vénériennes,
d’entendre les confessions de femmes, de converser avec elles d’une
manière utile et honnête, de leur rendre visite et de les embrasser à la
manière des parents...
5º On pèche mortellement en faisant une action véniellement mauvaise si
elle influe sur la pollution d’une manière prochaine: cela résulte de ce
qui vient d’être dit. Ainsi, celui qui est trop sensible aux aiguillons
de la chair, qui éjacule lorsque ses regards se portent sur certaines
parties du corps d’une femme, ou lorsqu’il touche ses mains ou s’il
presse ses doigts, ou s’il cause avec elle ou quand il l’embrasse d’une
manière honnête mais sans motif, ou lorsqu’il assiste à des bals,
celui-là devra s’abstenir de ces actions sous peine de péché mortel.
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§ III