DE CEUX QUI PÈCHENT VÉNIELLEMENT EN EXIGEANT LE DEVOIR CONJUGAL.

1º Plusieurs théologiens, d’après l’autorité de saint Thomas, regardent

comme une faute mortelle l’usage du coït pendant que la femme a ses

règles.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Nous ne pouvons croire, cependant, malgré la grande autorité de saint

Thomas, que l’acte conjugal exercé pendant l’époque des règles soit un

péché mortel. Il faudrait pour cela qu’il fût prouvé expérimentalement

et physiologiquement que cet acte est essentiellement infécond ou

contraire à la conception.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2º La grande majorité des théologiens affirme que la pétition conjugale,

dans l’état de grossesse, n’est qu’une faute vénielle, pourvu qu’il n’y

ait point danger d’avortement. Mais ce danger est souvent très difficile

à connaître ou à apprécier. Voici du reste, sur ce point, l’énoncé

général de la science (_suit une longue dissertation technique et

médicale_).

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

3º _On demande_ si la pétition conjugale est permise les jours de fête,

le dimanche et un jour de communion.

Saint Thomas répond:

L’acte matrimonial, quoique exempt du péché, cependant comme il abaisse

la raison à cause de la délectation charnelle, rend l’homme inapte aux

choses spirituelles; il n’est donc pas permis de demander le devoir les

jours où l’on doit plus particulièrement vaquer aux choses

spirituelles... Ces jours-là on peut employer d’autres moyens pour

réprimer la concupiscence, comme la prière, et beaucoup d’autres moyens

de ce genre, employés par ceux qui gardent la continence perpétuelle.

Mais Sanchez est d’un sentiment contraire, et avec lui de nombreux

théologiens, parce que, disent-ils, la pétition conjugale n’est défendue

aux jours précités par aucun droit divin ou ecclésiastique.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

_On demande_ si celui qui a éprouvé une contamination nocturne peut

communier le jour suivant.

Voici ce que répond saint Grégoire et sa décision sert de base à la

pratique des confesseurs.

«Ou l’éjaculation provient d’un superflu de la nature et de faiblesse,

et alors n’est pas du tout coupable; ou d’un usage excessif des

aliments, et alors elle est un péché véniel; ou d’une pensée précédente,

et alors elle peut être mortelle. Dans le premier cas, cette illusion

n’est pas à craindre; dans le second, elle n’empêche pas de recevoir le

sacrement ou de célébrer les mystères, s’il y a quelque motif de le

faire, comme par exemple, la circonstance d’une fête ou d’un dimanche;

mais dans le troisième cas, on doit, à cause d’une telle pollution,

s’abstenir ce jour-là des saints mystères, dit saint Grégoire;

cependant, si la pollution n’a pas été mortelle dans sa cause, ou si le

prêtre vraiment repentant en a été absous, et qu’il ait quelque raison

de le faire, il pourra célébrer.»

§ III

DE LA REDDITION DU DEVOIR CONJUGAL ET DES RAISONS QUI EN DISPENSENT

LÉGITIMEMENT

Le devoir doit être rendu sous peine de péché mortel toutes les fois

qu’il est raisonnablement, sérieusement et légitimement demandé, soit

expressément, soit tacitement, parce qu’il n’importe pas, dit saint

Thomas, si on le demande par paroles ou par signes. Si donc une partie

s’aperçoit que sa partie le demande tacitement, ou est en danger

d’incontinence, elle est tenue de la prévenir.

Voici les raisons qui excusent ou empêchent de le rendre.

1º L’époux qui est moralement certain de la nullité de son mariage ne

peut rendre le devoir à sa partie.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2º Si l’époux qui demande le devoir est dans un état de démence ou

d’aliénation mentale, il n’y a point d’obligation à le rendre, parce

qu’une telle demande n’est point un acte humain. Si la folie présentait

des intervalles de lucidité, le devoir devrait alors être rendu, à moins

que l’usage du mariage n’augmentât la maladie.

Quant à l’époux qui a perdu l’usage de la raison par l’ivresse, il n’y a

nulle obligation à lui obéir.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Sanchez dit que le devoir ne doit pas être rendu à une femme folle et

furieuse, à cause de l’avortement qu’on a toujours à craindre, à moins,

ajoute-t-il, qu’elle ne soit reconnue stérile.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

3º L’époux qui ne peut rendre le devoir sans exposer gravement sa santé

n’y est pas tenu, car, dit l’axiome: il faut d’abord vivre et se bien

porter, et _saint Thomas_ ajoute: l’homme est tenu de rendre le devoir à

sa femme pour tout ce qui tend à la génération; sauf cependant avant

tout la santé de la personne.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La femme ne pourrait se refuser à rendre le devoir à cause des grandes

douleurs ou des difficultés de l’accouchement. Si néanmoins, d’après le

jugement ou la décision des hommes de l’art, ou d’après l’expérience de

la femme, l’accouchement ne pouvait pas se faire sans danger pour la

vie, elle est dans ce cas dispensée de rendre le devoir conjugal.

4º La femme n’est pas tenue à la reddition conjugale pendant l’époque

des règles...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

--Il pourra quelquefois, dit _Sanchez_, y avoir péché mortel, si le coït

devait produire une grave maladie ou une notable aggravation de maladie,

comme disent saint Antonin et Sanchez..., etc. On doit craindre ce même

danger, comme dit Ronc..., si le coït a lieu aussitôt après

l’accouchement, c’est-à-dire le jour même ou le suivant, ainsi qu’un

médecin fort expérimenté me l’a assuré.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La femme n’est pas tenue de rendre le devoir en temps d’écoulement

menstruel ou d’accouchement, à moins qu’elle n’ait raison de craindre

que son mari n’encoure le danger d’incontinence; cependant si par ses

prières elle ne peut l’en dissuader, finalement elle doit le rendre,

parce qu’il y a toujours à craindre le danger d’incontinence, ou une

querelle, ou quelque autre inconvénient. C’est l’avis de _saint

Bonaventure_ et de beaucoup d’autres _d’après Sanchez_.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Qu’on doit excuser de l’obligation de rendre le devoir, dit _Sanchez_,

une mère allaitant son enfant, et assez pauvre pour ne pas pouvoir payer

une nourrice, et qui sait que ses mamelles seront à sec si elle conçoit

de nouveau, ou que son lait sera très pernicieux à son enfant.

5º L’époux n’est pas tenu de rendre le devoir à sa partie qui, par le

fait d’un adultère, aurait perdu le droit de le demander.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

6º Une des parties n’est pas tenue de rendre le devoir lorsqu’il est

demandé d’une manière contraire à l’honnête exigence de la raison.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

7º Il n’est pas permis de refuser le devoir, dans la crainte d’avoir

trop d’enfants...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Tel n’est pas cependant l’avis de _Sanchez_.

...--J’avouerai cependant, écrit-il, qu’il n’y a pas péché mortel à

refuser le devoir pour ce motif, quand il n’y a pas danger

d’incontinence dans l’autre époux, et que les parents ne peuvent nourrir

tant d’enfants. En effet, un grand inconvénient excuse de l’obligation

de payer les autres dettes de justice, et personne n’est tenu de

restituer à son grand détriment. En outre, l’époux n’est pas tenu de

rendre le devoir, s’il y a crainte probable de danger ou de détriment

pour les enfants déjà nés; danger qui serait cependant vraisemblable, si

des parents destitués des moyens de nourrir plus d’enfants augmentaient

leur famille... Bien plus il n’y aura pas même faute vénielle à refuser

le devoir dans ce cas. (_Liv. IX, disp. 25, nº 3_.)

Nous croyons que cet avis de Sanchez n’est pas sûr dans la pratique.

§ IV

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 108 / 211 题