ARTICLE HUITIÈME

QUELQUES MOTS SUR LA MANIÈRE D’INTERROGER LES PÉNITENTS SUR LE SIXIÈME

COMMANDEMENT

... Comme le confesseur est un médecin et un juge, il faut qu’il

connaisse les péchés de son pénitent pour appliquer les remèdes

convenables à ses maux... Par conséquent, si les pénitents ne découvrent

pas leurs péchés, le confesseur doit les interroger, surtout quand ils

lui paraissent ignorants ou grossiers, ou quand il les voit timides,

honteux, embarrassés, et tout cela arrive fort souvent en cette

difficile et honteuse matière. Il faut donc alors venir à leur secours

et les aider... Il est arrivé que des personnes ont croupi pendant toute

leur vie dans des péchés d’impureté parce que les confesseurs avaient

négligé de leur faire des questions sur le sixième commandement...

Le confesseur, quand il interroge un pénitent, lui demandera s’il n’a

point eu de pensées déshonnêtes, des mouvements ou des plaisirs

charnels... Si le pénitent dit avoir eu des pensées déshonnêtes ou avoir

ressenti des plaisirs charnels, le confesseur lui demandera si ces

pensées ou ces plaisirs ne l’ont point porté à faire quelque action

déshonnête; s’il avoue en avoir fait quelqu’une, le confesseur, sans en

spécifier aucune, lui demandera quelle était cette action et de quelle

manière et avec qui il l’a faite.

Le confesseur doit s’enquérir de la condition du pénitent et de celle de

la personne avec laquelle il a péché, si l’un ou l’autre est engagé dans

le mariage ou lié par des vœux de chasteté, ou par quelque ordre

sacré... Le confesseur ne doit pas oublier de demander au pénitent si la

personne avec laquelle il a péché demeure avec lui...

... On peut, par exemple, parler ainsi au pénitent: N’auriez-vous pas

eu, par hasard, quelques pensées déshonnêtes ou contre la chasteté?

Oui... Ces pensées vous ont-elles occupé longtemps? Vous y êtes-vous

arrêté volontairement et avec complaisance? Sur quel objet se

portaient-elles? N’avez-vous pas eu, alors, quelques mauvais désirs, de

faire, par exemple, ce à quoi vous pensiez, soit à votre égard, soit à

l’égard d’une autre personne? Était-ce une personne de l’autre sexe,

mariée ou non, parente, alliée ou non, etc.? Avez-vous vu cette

personne, lui avez-vous parlé? Vos pensées ont-elles été suivies de

regards, d’attouchements déshonnêtes? Tout cela a-t-il été suivi de

quelque effet sensible? Quel était cet effet? Était-il fâcheux? En

avez-vous eu de la peine?

Pour savoir si des jeunes gens, plus ou moins pubères, se sont touchés

jusqu’à la pollution, sans les exposer, dans leur heureuse ignorance, à

soupçonner ou à apprendre quelque chose, on peut leur demander combien

de temps et dans quelle fin ils se sont touchés; s’ils ont éprouvé

quelques mouvements dans leur corps, et pendant combien de temps; si

après l’attouchement il ne leur est pas arrivé quelque chose d’insolite

et de honteux; s’ils n’ont pas éprouvé un plaisir beaucoup plus grand

dans leur corps à la fin des attouchements qu’au commencement; si alors,

quand, à la fin, ils ont ressenti une grande délectation charnelle, tous

les mouvements du corps ont cessé avec les attouchements; s’ils ne se

sont pas sentis mouillés, etc., etc. Il faut demander aux jeunes filles

qui avouent s’être touchées, si elles n’ont pas essayé d’apaiser quelque

prurit, et si ce prurit a cessé au moment où elles ressentaient un vif

plaisir; si alors les attouchements avaient cessé, etc...

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 99 / 211 题