QUELQUES MOTS SUR LA MANIÈRE D’INTERROGER LES PÉNITENTS SUR LE SIXIÈME
COMMANDEMENT
... Comme le confesseur est un médecin et un juge, il faut qu’il
connaisse les péchés de son pénitent pour appliquer les remèdes
convenables à ses maux... Par conséquent, si les pénitents ne découvrent
pas leurs péchés, le confesseur doit les interroger, surtout quand ils
lui paraissent ignorants ou grossiers, ou quand il les voit timides,
honteux, embarrassés, et tout cela arrive fort souvent en cette
difficile et honteuse matière. Il faut donc alors venir à leur secours
et les aider... Il est arrivé que des personnes ont croupi pendant toute
leur vie dans des péchés d’impureté parce que les confesseurs avaient
négligé de leur faire des questions sur le sixième commandement...
Le confesseur, quand il interroge un pénitent, lui demandera s’il n’a
point eu de pensées déshonnêtes, des mouvements ou des plaisirs
charnels... Si le pénitent dit avoir eu des pensées déshonnêtes ou avoir
ressenti des plaisirs charnels, le confesseur lui demandera si ces
pensées ou ces plaisirs ne l’ont point porté à faire quelque action
déshonnête; s’il avoue en avoir fait quelqu’une, le confesseur, sans en
spécifier aucune, lui demandera quelle était cette action et de quelle
manière et avec qui il l’a faite.
Le confesseur doit s’enquérir de la condition du pénitent et de celle de
la personne avec laquelle il a péché, si l’un ou l’autre est engagé dans
le mariage ou lié par des vœux de chasteté, ou par quelque ordre
sacré... Le confesseur ne doit pas oublier de demander au pénitent si la
personne avec laquelle il a péché demeure avec lui...
... On peut, par exemple, parler ainsi au pénitent: N’auriez-vous pas
eu, par hasard, quelques pensées déshonnêtes ou contre la chasteté?
Oui... Ces pensées vous ont-elles occupé longtemps? Vous y êtes-vous
arrêté volontairement et avec complaisance? Sur quel objet se
portaient-elles? N’avez-vous pas eu, alors, quelques mauvais désirs, de
faire, par exemple, ce à quoi vous pensiez, soit à votre égard, soit à
l’égard d’une autre personne? Était-ce une personne de l’autre sexe,
mariée ou non, parente, alliée ou non, etc.? Avez-vous vu cette
personne, lui avez-vous parlé? Vos pensées ont-elles été suivies de
regards, d’attouchements déshonnêtes? Tout cela a-t-il été suivi de
quelque effet sensible? Quel était cet effet? Était-il fâcheux? En
avez-vous eu de la peine?
Pour savoir si des jeunes gens, plus ou moins pubères, se sont touchés
jusqu’à la pollution, sans les exposer, dans leur heureuse ignorance, à
soupçonner ou à apprendre quelque chose, on peut leur demander combien
de temps et dans quelle fin ils se sont touchés; s’ils ont éprouvé
quelques mouvements dans leur corps, et pendant combien de temps; si
après l’attouchement il ne leur est pas arrivé quelque chose d’insolite
et de honteux; s’ils n’ont pas éprouvé un plaisir beaucoup plus grand
dans leur corps à la fin des attouchements qu’au commencement; si alors,
quand, à la fin, ils ont ressenti une grande délectation charnelle, tous
les mouvements du corps ont cessé avec les attouchements; s’ils ne se
sont pas sentis mouillés, etc., etc. Il faut demander aux jeunes filles
qui avouent s’être touchées, si elles n’ont pas essayé d’apaiser quelque
prurit, et si ce prurit a cessé au moment où elles ressentaient un vif
plaisir; si alors les attouchements avaient cessé, etc...