DE LA DÉLECTATION MOROSE

La délectation morose est la libre complaisance dans une chose mauvaise,

offerte comme présente par l’imagination, sans désir de la faire; par

exemple, si quelqu’un s’imagine forniquer, et que, sans avoir

l’intention d’accomplir l’acte, il se complaise dans la représentation

de cet acte.

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La délectation morose emprunte nécessairement son espèce à l’objet

prochain auquel elle a rapport, et aux conditions de cet objet;

autrement, on ne pécherait pas davantage en se représentant l’acte du

coït que celui d’un simple baiser; ce qui est absurde.

«Donc, ajoute _Collet_, la délectation emprunte son espèce à ses objets;

et de même que le coït diffère spécifiquement du baiser, de même la

complaisance dans l’un diffère de la complaisance dans l’autre. Ainsi,

les pénitents, de même qu’ils sont tenus de déclarer s’ils sont allés

jusqu’au désir, ou s’ils se sont arrêtés dans la pure délectation; de

même ils sont tenus de déclarer si cette délectation a eu pour objet

l’attouchement ou le coït, le coït simple, ou accompagné de

circonstances qui l’aggravent. Aussi, quand une mauvaise confession doit

être recommencée, le directeur doit s’appliquer à ce que ce qui a été

imprudemment omis dans la première confession soit soigneusement

expliqué dans la seconde. C’est l’opinion la plus commune des

théologiens, et dont on ne saurait s’écarter sans danger dans une

matière si importante et où il s’agit de la validité du sacrement.» A

l’appui de cette opinion, on peut encore citer ces paroles de _saint

Thomas_: _La délectation dans une action et cette action même se

rapportent au même genre de péché._

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Est-il permis aux fiancés et veufs de se délecter à l’idée du coït futur

ou passé? Le _R. P. Busembaum_ répond que cela est permis, pourvu que la

délectation vienne de l’appétit rationnel et non de l’appétit charnel.

Mais il a raison d’ajouter qu’en pratique, dit saint Liguori, il est

difficile de l’admettre, parce que la plupart du temps la délectation

charnelle est jointe à la rationnelle.

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Si les fiancés, dit Billuart, se délectent charnellement du coït futur,

qui leur est représenté par l’imagination, ils pèchent mortellement. Ils

peuvent seulement se réjouir dans la pensée qu’ils pourront un jour

exercer légitimement l’acte conjugal, soit en vue de recouvrer la santé,

ou d’avoir une condition temporelle meilleure, ou de jouir du plaisir

permis dans les limites du mariage; de même aussi le veuf et la veuve

peuvent se réjouir de l’avoir exercé, abstraction faite de toute

commotion volontaire.

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Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 83 / 211 题