DE LA FORNICATION SIMPLE

La fornication, au sens large, est un accouplement quelconque en dehors

du mariage; ou, dans un sens plus strict: la fornication simple est

l’accouplement d’un homme libre avec une femme libre déjà déflorée, avec

le consentement mutuel: 1º _d’un homme libre avec une femme libre_,

c’est-à-dire, selon _Billuart_, de personnes libres non seulement du

lien du mariage, mais encore de parenté mutuelle ou d’affinité aux

degrés prohibés, du vœu de continence, de l’ordre sacré ou de la

violence; 2º _déjà déflorée_, pour distinguer la simple fornication du

stupre; 3º _avec le consentement mutuel_, pour la distinguer du rapt.

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La fornication d’un tuteur avec sa pupille le rend beaucoup plus

coupable puisqu’il remplit les fonctions de père, et qu’à ce titre il

est tenu de s’occuper de ses intérêts, non seulement temporels, mais

encore spirituels; il y a donc là une circonstance aggravante, qu’il

faut déclarer en confession.

L’accouplement avec une femme mariée n’est pas une fornication simple,

puisqu’il n’a pas lieu avec une femme complètement libre, et qu’il

implique le péché d’injustice à l’égard du mari dont il viole le droit;

de là une circonstance qui doit toujours être déclarée en confession.

«La fornication d’un chrétien avec une infidèle est, d’après l’opinion

universelle, plus grave qu’avec une catholique, tant à cause du mépris

de notre religion qui en est la suite, qu’à cause du danger de la

mauvaise éducation des enfants et de l’abandon de la vraie foi, qui

résultent facilement d’un trop grand amour pour une infidèle. Selon

quelques-uns, cette circonstance change l’espèce (_Bailly_).»

L’accouplement avec un eunuque implique une malice spéciale, parce que,

en l’absence d’un véritable sperme fécondant, la véritable fin est

manquée, la nature est frustrée; il n’y a plus dès lors simple

fornication, mais péché contre nature.

Selon _Billuart_, «celui qui par déplaisir et haine du péché interrompt

un accouplement fornicateur, même avec effusion de sperme en dehors du

vase, fait bien et y est tenu, parce qu’il n’y a pas d’instant où l’on

ne soit tenu de faire cesser un péché actuel. La perte du sperme qui

s’ensuit a lieu alors par accident et contre la volonté, et il y a une

cause légitime de la permettre. Celui qui persévérant dans l’amour du

péché interrompt un accouplement commencé, avec effusion hors du vase

par crainte d’infamie ou par quelque autre motif humain, commet un

double péché, celui de fornication commencée et celui de pollution.»

(_Dissertation VI, art. II._)

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La prostitution est l’accouplement avec une femme prête à se livrer au

premier venu, publique et généralement vénale.

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«L’homme, selon Sylvius et autres, dit Billuart, ne paraît pas tenu de

déclarer en confession s’il a forniqué avec une prostituée ou une autre

femme, pourvu qu’il déclare le nombre; parce que, disent-ils, cette

circonstance n’est pas notablement aggravante, peut-être parce que

l’acte en lui-même est génératif, et que c’est seulement par accident,

par suite de la condition de la personne que la génération est empêchée,

comme dans le cas où on forniquerait avec une vieille, ou une femme

stérile. Quelques-uns cependant prétendent que le fornicateur est tenu

de déclarer la circonstance de la prostitution, parce que, disent-ils,

dans une telle fornication, on n’empêche pas seulement le bien des

enfants à naître, mais on empêche encore qu’il en naisse. Cette dernière

opinion est la plus sûre.»

Il ne sera peut-être pas hors de propos de parler ici d’un certain moyen

employé par quelques-uns, quand ils approchent des prostituées et

peut-être aussi des autres femmes, pour se garantir de la maladie

syphilitique. Cette invention ignorée de quelques confesseurs, en

protégeant de la contagion morbide, est nécessairement en même temps un

obstacle à la conception ou à la génération, quand même l’accouplement

semble être extérieurement normal et s’accomplit sans que l’un ou

l’autre se retire.--Cet obstacle est souvent employé de la part de la

femme, qui n’a en vue que d’empêcher la conception, puisque ce moyen ne

la garantit aucunement de la contagion.

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On peut demander aux fornicateurs, au moins à ceux qui paraissent ou

passent pour tout à fait corrompus, s’ils ne se sont pas servi d’un

moyen secret pour empêcher la conception; et surtout si l’homme n’a pas

cherché à éviter la contagion et par quel moyen. Il faut que l’on sache

qu’il ne s’agit pas ici de l’onanisme proprement dit, où, comme il

arrive si souvent et si misérablement dans l’acte conjugal, l’homme se

retire avant l’effusion du sperme.

Quant aux autres empêchements connus des femmes, comme d’uriner après le

coït, et autres efforts pour rejeter le sperme, on doit les regarder

généralement comme vains et inutiles; cependant elles sont gravement

coupables, puisqu’elles se proposent une fin mauvaise, celle d’empêcher

la conception.

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Il faut demander aux fornicateurs: si avant l’accouplement, ils l’ont

désiré avec délectation; s’ils ont entraîné leur complice au crime;

s’ils lui ont promis mariage; s’ils n’ont pas promis par serment, et

fait la même promesse à plusieurs; s’ils ont péché par habitude avec

scandale; combien de fois ils ont renouvelé le crime; si, l’acte

consommé, ils se sont livrés à d’autres turpitudes; s’ils n’ont rien

fait pour empêcher la conception.

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Si le pénitent, dit _Collet_, ne parle que du fait de l’accouplement, il

faut l’interroger sur son état et celui de sa complice, s’il est marié,

si sa complice est mariée, s’ils sont consanguins ou parents par

affinité, etc...

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§ II

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 72 / 211 题