CHAPITRE IX

EXHORTATIONS AUX FEMMES QUI REFUSENT DE RENDRE LE DEVOIR CONJUGAL A

LEURS MARIS

«Considérez, ma très chère sœur, qu’un mari qui chérit sa femme, et

ressent pour elle une grande passion, ne peut garder la continence. Vous

êtes tenue, sous peine de très grave péché, de lui ouvrir vos bras et de

donner toute satisfaction à ses sens. Pour me faire comprendre de vous,

je vais appuyer mon raisonnement sur une comparaison: Si, par exemple,

vous vous trouviez prise d’un gros besoin et si, ayant exprimé à votre

mari le désir de satisfaire aux nécessités de la nature, celui-ci vous

engageait à remettre la chose au lendemain ou à huit jours de là, vous

vous diriez assurément que votre mari est un imprudent ou un imbécile,

qu’il vous est absolument impossible d’attendre au lendemain, et vous

iriez déposer votre «_merda_» dans un lieu quelconque. La situation dans

laquelle se trouve votre mari est tout à fait semblable à celle qui se

produirait dans ma comparaison; et si vous refusez de le recevoir, il

ira répandre son sperme dans un autre vase que le vôtre, et vous

porterez le péché de son incontinence. Les femmes, très souvent,

s’exposent, par des imprudences, à perdre l’affection de leurs maris.

Elles se lamentent parfois de ce que les hommes fréquentent d’autres

femmes, ont des maîtresses, et viennent leur rapporter leurs

souillures... Il eût été facile d’éviter ces désagréments en ne refusant

pas de rendre le devoir conjugal quand il était demandé.»

_Autre exhortation._--Si vous achetez un vase, un plat, etc... et que

vous en preniez possession, vous vous en servez quand il vous convient;

il est devenu votre propriété et a cessé d’appartenir à celui qui vous

l’a vendu. Il en est de même des choses qui ont trait au mariage.

Lorsque vous vous êtes mariée, vous avez fait un contrat avec votre

mari; celui-ci vous a cédé sa personne, et vous lui avez cédé votre

corps; alors la personne de votre mari est à vous et votre corps lui

appartient; chacun de vous a le droit de se servir du corps de l’autre,

mais d’une façon licite et raisonnable. Vouloir se soustraire à cette

obligation serait vouloir commettre une injustice qui entraînerait des

dissensions et qui deviendrait l’occasion de péchés.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

_Avertissement._--Le confesseur doit savoir que si le mari de sa

pénitente est onaniste, c’est-à-dire s’il répand le sperme hors du vase

naturel, celle-ci est tenue d’employer les moyens que lui dictent la

prudence et la charité pour l’amener à s’amender. Mais si le mari refuse

de s’amender et si la femme craint qu’il persiste dans ses agissements,

comme la chose est présumable, celle-ci peut néanmoins rendre le devoir

conjugal, à la condition de ne pas se complaire dans le crime de son

mari, d’après la réponse de la sacrée congrégation de la Pénitence, du

23 avril 1832.

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 42 / 211 题