Le péché d’Onan est un si vilain péché que Dieu Notre-Seigneur le punit
déjà dans ce monde.--Il est dit, dans l’Écriture sainte, que Dieu frappa
de mort subite deux personnes mariées qui commettaient ce genre de
péché, et au moment même de la fornication...
Au nom de Dieu! mon frère, ne vous livrez pas à de telles abominations;
n’employez pas de si affreux moyens pour faire obstacle à l’ouvrage de
Dieu. Rappelez-vous que c’est pour procréer des enfants que vous vous
êtes marié.
_Excuses._--Premièrement. Pour ne pas avoir d’enfants.
Quelle déplorable justification! Si votre père eût agi comme vous, il
est bien certain que vous n’existeriez pas.--Comment! pour ne pas avoir
d’enfants, c’est ainsi que vous les tuez!
Deuxièmement. Pour ne pas avoir autant d’enfants.
Vous ne voulez avoir autant ou plus d’enfants! Eh bien, vous aurez un
plus grand nombre de démons qui vous tourmenteront dans les enfers.
Troisièmement. Mon père, nous sommes pauvres, ma femme et moi, comment
pourrons-nous élever une nombreuse famille?
Vous deviez penser à cela avant de vous marier. Néanmoins ne tourmentez
pas votre esprit pour cet objet. Dieu vous viendra en aide.
Quatrièmement. Mon père, si nous avons beaucoup d’enfants, nous ne
pourrons pas leur procurer une éducation convenable.
Faites ce que vous pourrez afin de donner une bonne éducation à vos
enfants, et Dieu se chargera du reste: ne soyez pas effrayé à l’idée
d’avoir beaucoup de filles et de garçons à établir, la Providence
viendra à votre secours... Ce n’est pas le hasard qui amènera beaucoup
d’enfants dans une famille, c’est Dieu qui en a ainsi décidé.--Combien y
a-t-il de personnes qui s’emploient de leur mieux et forniquent pour en
avoir beaucoup et n’en obtiennent que quelques-uns ou même n’en
obtiennent pas du tout? Vous avoir accordé plus d’enfants qu’à d’autres
pères est la preuve que Dieu a plus de confiance en vous que dans un
autre. Si un roi donne à un général un plus grand nombre de places de
guerre à garder qu’à un autre général, plus d’affaires à conduire à un
ministre qu’à un autre, plus de ses enfants à élever et à instruire à un
précepteur qu’à un autre; n’est-ce pas une preuve de sa plus grande
confiance dans les uns que dans les autres? Donc, le Seigneur, en vous
accordant plus d’enfants qu’à d’autres pères, vous a donné une preuve de
la grande confiance qu’il a placée en vous. Combien serait coupable le
général honoré de la confiance du roi, s’il détruisait les places mises
sous sa garde, moins une ou deux, sous prétexte qu’il garderait mieux
celles qu’il a conservées.
Cinquièmement. Mon père, nous agissons de cette manière, afin de pouvoir
donner tous nos soins à un enfant qui est tout jeune, et pour ne pas le
mettre en nourrice.
Il est prouvé qu’une femme nouvellement accouchée peut être engrossée
sans que cela nuise à sa santé: mais en serait-il autrement, les choses
ne s’en devraient pas moins faire selon les règles.
_Excuses de la femme._--Mon père, je ne voudrais pas faire l’acte
charnel contrairement au précepte: c’est mon mari qui veut que la chose
se passe de cette manière.
Si vous ne donnez pas réellement votre consentement à cette action
blâmable, si vous ne vous prêtez pas complaisamment à ce délit, le péché
ne retombe pas sur vous, mais sur votre mari.
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Nous sommes consentants à la chose, mon mari et moi, parce que mes
couches sont très laborieuses et me causent de grandes souffrances.
Vous souffrirez bien davantage dans les enfers où vous irez, si vous ne
vous amendez pas. Peut-être que les douleurs que vous éprouvez sont le
châtiment que vous avez encouru pour des péchés de cette espèce ou d’une
autre nature que vous avez commis, ainsi qu’il est arrivé à notre
première mère Ève, que Dieu condamna à enfanter avec douleur pour la
punir d’avoir contrevenu à ses ordres. Faites un retour sur vous-même,
madame; songez qu’en continuant à agir comme vous le faites, vous vous
exposez à attirer sur vous, un jour ou l’autre, les soupçons de votre
mari, car vous pouvez devenir enceinte, malgré tous les soins que vous
apportez pour éviter ce résultat. La chose est facile à se produire,
plus que vous ne vous le figurez. Alors, votre mari, s’imaginant qu’il
n’a point participé à la conception, vous accusera d’infidélité; il
s’ensuivra des disputes, des discordes; ce sera l’un des châtiments que
vous aura attirés le péché que vous avez commis tant de fois. Et, lors
même que vous n’auriez pas à craindre les soupçons de votre mari, il
existe un autre danger, c’est que l’enfant que vous mettrez au monde ne
soit estropié, difforme ou chétif, parce qu’il aura manqué, au moment de
la conception, une partie de la semence qui eût été nécessaire à la
consommation de l’acte. On peut dire qu’une paire de bas ne fera jamais
un aussi bon service et n’aura une aussi longue durée que si on avait
employé pour sa fabrication tout le lin ou le coton nécessaire.
_Avertissement._--La chose se fait quelquefois à l’insu du mari, et la
femme, à l’instigation du diable, use de détestables artifices pour
empêcher la conception. Tantôt elle repousse le membre viril hors du
vagin, au moment de l’éjaculation, pour que le sperme ne s’introduise
pas dans la matrice; tantôt elle cherche à arrêter l’écoulement de sa
propre semence en retenant sa respiration; d’autres fois, après le coït,
elle retire le sperme de la matrice avec un linge ou avec ses doigts; ou
bien elle se lève du lit pour uriner, elle boit de l’eau, etc...
Il convient d’avertir cette malheureuse et coupable femme que toutes ces
précautions, le plus souvent, manqueront leur effet; car si la nature
l’a prédisposée à la conception, il arrivera pour elle ce qui se produit
pour la poudre, qu’une seule étincelle suffit à allumer. Une fois le feu
mis à la poudre, rien ne peut arrêter la combustion. Donc il faut
renoncer à des moyens qui n’aboutissent pas au résultat qu’on s’était
proposé et qui chargent l’âme de péchés.
A la femme mariée qui met en usage ces pratiques coupables, on dira:
Sachez bien qu’en vous mariant, vous avez accepté les obligations et les
conséquences du mariage, qui consistent: à rendre le devoir conjugal, à
mettre au monde peu ou beaucoup d’enfants, suivant ce que Dieu en
décidera, et au milieu des douleurs de l’enfantement.
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