LA QUINZIESME JOYE.

La XVe joye de mariage, que je repute à la plus grant et extresme

douleur qui soit sans mort, si est quant aucun, par sa maleurté, a tant

tourné à l’environ de la nasse qu’il a trouvé l’entrée, et à l’aventure

il a trouvé une femme qui joue et galle, et prend des plaisances du

monde à sa voulenté. Et ainsi le fait par long-temps, tant que son mary

se doubte et s’en apperçoit: et vient lors en noises et en tourmens

appartenans à tel cas. Mais sachez que quant est de ses esbaz, la femme

ne cessera point, pour noise qui li en soit faite, et deust-elle estre

tuée, mais en sera tout à sa jolie voulenté, puis qu’elle y a commencé.

Si avient que le mary, de cas d’aventure, ou qu’il s’est mis en aguet,

tellement qu’il a veu entrer le compaignon en sa meson, qui lui ayde à

fere ses besongnes quant il n’y est pas, dont il enrage d’ire[372] et

d’engoisse qui lui serre le cueur: si s’en va hastivement tout

forcené[373] et entre en la chambre où ilz sont, et les trouve ensemble,

ou bien près. Si cuide tenir le pouvre compaignon adventureux, lequel

est tout jugié, et si sourprins qu’il n’a povoir de rien dire ni de soy

deffendre. Et ainsi qu’il le veult ferir, la dame, pour pitié du pouvre

homme, et pour fère son devoir (car elle doit tousjours garder de faire

murtres) vient embracer son mary en lui disant: «Ha a! pour Dieu, mon

seigneur, gardez vous de faire ung mauvès coup!» Et sur ce le galant,

qui a ung pou de delay, desplée ses jambes et s’en va, et l’autre va

après, qui n’a pas loisir de tuer sa femme. Et ainsi le pouvre

compaignon lui eschappe, qui va bien toust[374], et n’est pas de

merveilles; car il n’est homme si diligent d’aller, pour nécessité qu’il

ait, comme ribault eschappe des mains de ceulx qui l’ont voulu

entreprendre. Lors le mary, qui ne sceit qu’il est devenu, retourne

hastivement à la chambre, en esperance de trouver sa femme, affin de la

villener ou tuer, qui seroit très-mal fait à lui: car il n’est pas

acertené qu’ils aient rien fait de mal, pource qu’il arriva entre deux.

Or faut-il savoir que la pouvre femme desconseillée est devenue. Et s’en

est allée chiés sa mere, chiés sa sœur ou chiés sa cousine: mès plus bel

est qu’elle soit chiés sa mere que ailleurs. La pouvre femme compte à sa

mere tout ce qu’il lui est avenu; mès el li dit que le gallant estoit

entré d’aventure liens, et que oncques mès n’y avoit esté; et que son

mari l’avoit trouvé d’aventure parlant à elle, sans autre mal faire. Et

sa mere li demande: «Que deable, fait-elle, avoit-il affere avecques

toy?--Par Dieu, il est bien vray qu’il m’avoit parlé deux ou troys foiz

de cela, mais je l’en avoye bien resfusé; et il ne faisoit qu’entrer et

m’en parloit, et je luy disoye qu’il s’en allast.» Lors et jure grans

seremens que elle ameroit mielx qu’il fust pendu; ou à l’aventure el luy

confesse toute la matière: quar la mere lui dit (qui sceit assés de la

veille dance): «Certes, je me doubte qu’il y ait aultre chose, ne je ne

t’en creroy ja qu’il eust ousé entrer en ta chambre s’il n’eust grant

acointance à toy. Dy le moy, fait-elle, hardiement, affin que je te

pence de y mettre remede.» La fille baisse le vis[375] et rougist. «Ha

a! fait la mere, je cognois bien que c’est; dy moy, dy moy comment il en

est?--Par ma foy, le mauvès homme m’a priée plus de deux ans, et me

estoye tousjours si bien deffendue, jusques à une foiz que mon mary

estoit allé dehors, qu’il entra, ne scey comment, en nostre maison, si

avoy-je bien fermé la porte, et me forsa; et par mon ame je m’en

deffendi plus de demie nuit, qu’il me mist en la grosse alaine: et vous

savez que ce n’est rien que d’une pouvre femme seulle.--Ha a! de par

touz les diables, fait la mere, je le savoye bien. Or avant, fait-elle,

gouverne toy bien sagement, et que le garson ne aille plus ne ne vienne

ciens.--Ha a! Madame, il luy convenist mander qu’il n’y venist point:

car je scey bien qu’il est maintenant en grant malaise, pour ce qu’il

cuide que mon mary me ait tuée; et il est bien si foul qu’il viendra

sçavoir si je suis morte ou vive.--Si suy moult esbahie, fait la mere,

que ton mary ne le tua, et toy aussi.--Ave Maria! Madame, par mon

serement, si je n’eusse embracé mon mary il estoit mort, le pouvre

homme.--Tu feis que sage de l’en garder: car puis que ung pouvre home a

mis son corps en adventure pour servir une femme, et en prent de

mauveses nuiz, elle devroit mieulx mourir que de le laisser

villener.--Hellas! ma dame, si vous savez quel homme il est! car, par

mon serement, j’ai veu qu’il pleuvoit et gresloit et fasoit noir comme

en ung four, que le pouvre homme venoit tout à pié, affin qu’il ne fust

aperceu, et actendoit en nostre jardin plus de demie nuit que je ne

povoie trouver maniere d’aller à lui; et quant j’y alloye, je trouvoy le

pouvre homme tout gelé, mais il n’en fasoit compte.--Je m’esmerveilloye,

fait la mere, comment il me portoit si grant honneur: et quant je

voys[376] à l’église, il me vient donner de l’eau benoiste, et partout

où il me trouve il me fait touz les services qu’il peut.--Par ma foy,

Madame, il vous ame bien.--Or avant, fait la mere, il y faut metre

remede, qui pourra. Vien-sa, fait-elle à la chamberiere; va dire à mes

commeres telles et telles que je leur prie que se viennent esbatre avec

moy: car j’ay ung pou affaires avec elles.» La chamberiere s’en va, et

dit aux commeres ce que la mere leur mande. Les commeres s’en viennent à

l’oustel et se seent à l’entour d’un beau feu, si c’est en yver; et si

c’est en esté, elles se mectent sur le jonc[377]; et la premiere chose

qu’ilz font, sans dire _Pater_ ne _Ave Maria_, elles bevront du meilleur

très bien, en actendant que l’autre amende, et Dieu scet s’elles font

bon guet devers matin, pour corner Anglois de quinze lieues[378]. Lors

une des commeres dira à la mere de la fille: «Ma commere, quelle pauvre

chiere fait vostre fille!--Par Dieu, ma commere, il lui est avenu une

malle advanture, pourquoy je vous ay envoiées querir.» Lors leur compte

toute la maniere, et à l’aventure ne leur dit pas la chose comme elle a

esté; aussi peut estre qu’elle leur dira toute la verité, pource qu’il y

en a aucunes d’elles qui eusce esté en paroil party, parquoy elles en

sauront trop meilleur conseil donner; et les autres scevent bien que

telles choses vallent, et qu’ils veulent dire, mais elles se sont si

bien gouvernées en leur fait, et si secrettement, qu’il n’y a point eu

esclandre, Dieu mercy. Lors font leur conseil et dit chacune son avis,

et comment il leur en est prins en cas semblable; qui est une belle

allegacion, que alleguer le cas que l’on a veu avenir et pratiquer par

experience. Les unes arguënt, les aultres repliquent, les aultres

repliquent et respondent, pour savoir si elles porront sauver

l’inconvenient qui est avenu. Et après, elles font leurs conclusions, et

y mectront bonne provision, si Dieu plaist, et s’assembleront souvent,

et se tiendront bien aises: mès le bon-homme à qui est avenu la villenie

paiera tout.

Après ce qu’elles ont conclut comment elles procederont, elles

s’esbatent et se raudent ensemble. L’une dit à la fille: «Je ne

vouldroye pas avoir aussi malle nuict comme ton mary aura ceste nuict.»

L’autre dira: «Je vouldroie bien scavoir qu’il fait maintenant, et voir

sa maniere.--Par Dieu, fait l’autre, quant vous oistes parler de tel et

de moy, de ce que vous savez que mon mary me mist assus[379], dont je me

deffendi bien, Dieu mercy, il fut plus de trois mois qu’il ne povoit

manger ne dormir; et quant il estoit couchié, il se tournoit si souvent

et s’escortoit et supiroit tousjours: et, par mon ame, je m’en rioye en

moy-mesme entre les draps, et mectoye le drap en ma bouche.--Hellas!

fait l’autre, que le pouvre homme qui s’en fuyt est maintenant en grant

douleur!--Hellas! m’amie, dit la mere, le meschant[380] ne s’est peu

tenir aujourd’hui de venir deux fois davant ceste meson: mès je lui ay

mandé qu’il n’y vienge plus.» Et la chambriere dit: «Par mon serement,

je l’ay maintenant trouvé davant la fontaine; il m’a baillé un grant

pasté pour vous apporter, et m’a dit qu’il vous envolera le matin une

tartre, et se recommande tant à vous que c’est merveille, et à la

compaignie.--Hellas! fait une d’elles, par mon serement, c’est grant

pitié.--Vraiement, fait l’autre, nous mengerons du pasté pour l’amour de

luy, avant que nous en aillons.--Et par Saincte Marie, fait l’autre, je

vouldroie qu’il fust icy.--Hée Dieux, dit la chamberiere, qu’il seroit

aise! car il est tout transi, et est si palle qu’il semble qu’il soit

mort.--Par vostre foy, ma commere, envoions le querir?--Je le veilx

bien, fait la mere: mès qu’il viengne par l’uis derriere[381].» Lors à

l’aventure il y vient, et se raudent et s’esbatent, et ont grant pitié

de lui et lui font place. Lors envoient querir la chamberiere du bon

homme, laquelle scet tout et sçavet tout le fait davant et en avoit eu à

l’aventure une bonne robe. La chamberiere vient, et une des commeres lui

demande: «Par ton serement Jhesucrist, quelle chiere fait ton

mestre?--Quelle chiere? fait-elle; il ne faut jà en demander: car, par

mon ame, oncques puis hyer matin, que la malle aventure ariva, il ne

beut ne ne mengea ne ne repousa. Par ma foy, il s’est mis ce matin à

table, mès il n’y a oncques coulé de viande: car quant il avoit mis ung

morceau de viande en la bouche, il ne le povoit avaller, et le jetoit.

Et puis il se prenoit à penser sur la table en se merencolient; et est

aussi palle et deffiguré comme ung homme mort. Puis prend son cutel[382]

de quoy il trenche, et il frappe dessus le table; puis s’en va au

jardin; puis revient, et ne peut ester[383] ne fere contenance; et toute

la journée et la nuytée il jete ungs sanglons[384]: il n’est home qui

n’en eust pitié.--Pitié! fait l’autre: il guerira bien, si Dieu plest.

Par Dieu, ma commere, vous en avez veu de aultres aussi malades, qui

sont bien gueriz, Dieu mercy. Mès vraiement, fait-el à la chamberiere,

tu y as grand faulte; tu savoies bien le feit, et ta mestresse se fioit

en toy, que tu ne t’en donnoies de garde.--Ha a! par le Sacrement Dieu,

je ne cuidasse jamès qu’il venist à icelle heure, car oncques mès je ne

lui vi faire le tour qu’il fist: que maudit soit-il de Dieu!--Amen»,

font-elles; et si est-il.

Ainsi se raudent et moquent du bon homme. Lors entreprennent laquelle

ira premierement parler au bon home, qui est en sa meson comme ung homme

qui est jugé à pendre. Et premierement s’en viennent une ou deux de ses

plus especialles commeres et voisines qu’il ait joyeusement. Et l’une,

dès l’entrée de l’oustel, lui dit: «Que faictes-vous, mon compere?» Et

il ne sonne mot, et les lesse venir jusques à lui. Elles s’en viennent

seoir au plus près de lui. Et lui dit l’une d’elles: «Quelle chiere

faites-vous, mon compere?--Je ne faiz, fait-il, aultre chiere. Qu’est ce

à dire?--Vraiement, fait-elle, je vous veil blasmer: car ma commere, la

mere de vostre femme, m’a dit je ne scey quelles folies; et par mon

serement, vous n’estes pas sage de croire telles nycetez[385]: car par

l’ame qui en mon corps bat, je suy certaine comme je suy de la mort, et

en jureroye sur Dieu tout sacré, qu’elle ne vous fist oncques faulte, ne

n’en eust voulenté.» Et l’autre lui dit: «Par Nostre Dame du Puy, où

j’ay mon corps porté, s’il a pleu à Dieu, je la cognois dès enfance: mès

c’est la meilleure fille qui soit en tout cest païs. Or est grant pitié

dont elle vous fust oncques donnée: or l’avez-vous diffamée, et sans

cause, et ne le lui pourroiez jamès amender.--Par mon serement, fait la

chamberiere, mes chieres dames et amies, je ne scey que monsieur a pencé

ne trouvé: mais oncques à ma vie je ne vis follie en ma dame, et l’ai

servie bien leaument[386]; et ce seroit bien grant chose que je ne

l’eusse sceu.--Quoy dea! dit le bon homme, je la viz davant moy!--Par ma

foy, fait l’une des commeres, non feistes, quelque chouse que vous diez:

car puis que gens sont l’un près de l’autre, il n’est point à pencer

qu’il y ait pour tant mal.--Je scey bien, fait la chamberiere, que le

ribaut y a bien tendu: mès il n’y a homme au monde à qui ma dame veille

plus de mal que à lui: et ne scey comme il se mist en la meson, car, par

ma part de paradis, il n’y avoit oncques mès esté, et ameroit mieulx

madame qu’il fust pendu au gibet, et qu’elle fust arse. Je vous ay jà

servi quatre ans leaument, quelque pauvre que je soie: mais je jureroye

bien sur les saintes reliques de ceste ville que madame s’est aussi bien

gouvernée et maintenue comme bonne preude femme vers vous, comme femme

fist oncques. Ha a! lasse! comme se porroit-il faire, fait-elle, que je

ne l’eusse sceu, s’il y eust mal? Et par mon ame, je estoie au plus

près. Pleust à Dieu que je fusse aussi bien quicte de touz les pechiez

que je fiz oncques comme elle est de celui, combien que oncques homme ne

toucha à ma bouche que celui que je espousay, dont Dieu ait l’ame, si

lui plest; je n’en crains homme qui vive.» Là viennent les aultres

commeres, et les unes avant les autres, et n’y a celle qui ne die de

très-bonnes raisons. L’une dit: «Par le sacrement Dieu, mon compere, je

croy que je suy une des femmes du monde qui plus vous ame, emprès[387]

vostre femme: mès je vous jure par ma foy que si je avois veu mal en

elle, je vous le diroye.--Par ma foy, fait l’autre, ce fust le deable

qui ce fist pour vous departir d’ensemble[388], pource qu’il ne vous

peut aultrement nuire.--Hellas! fait l’autre, la pouvre femme ne fine de

plourer.--Par Dieu, fait l’autre, elle est en voie de mourir.--Et

cuidés-vous, fait l’autre, que nous soions si sotes que si elle estoit

telle comme vous dites, nous la souffrissons en nostre compaignie? Par

ma foy, fait-elle, nanil, nous ne suymes pas si sotes que nous

daignasson parler à elle, ne ne souffrerion pas que elle demourast en

nostre rue ne environ nous.» La mere s’en vient pleurant, et lui court

sus, et fait semblent qu’elle le veille prendre aux ongles, et dit: «Ha

a! mauldite soit l’eure qu’elle vous fut oncques donnée, car vous lui

avez perdu son honneur et le mien! Hélas! fait-elle, l’en vous fist

grant honneur de la vous bailler, que si el eust voulu, el eust été

mariée à un grant chevallier, où el fust maintenant en grans honneurs:

mais elle ne vouloit avoir aultre que vous; c’est bien raison que ainsi

li en prengne, à la meschante[389]; il lui avoit bien à mescheoir.--Ha

a! ma commere, fait l’une des aultres commeres, ne vous courrocez

point.--Ha a! mes chieres amies, fait-elle, si ma fille eust fait

faulte, il ne m’en chalist, quar moy-mesme la estranglasse: mais

cuidés-vous que je soye bien aise de veoir ainsi mener ma fille à honte

sans cause, à si grand tort que jamès ne lui pourroit amender?»

Lors commencent toutes à tanser et à le blasmer. Et le pouvre homme

commence à penser, et ne sceit que faire; mais en effect il se guerit

fort et apaise. La mere s’en va, et ses commeres l’appaisent doulcement,

et lui dient que ce n’est pas de merveilles si la mere se courroce; et

entreprennent de ramener la fille, et prennent congié. Et après s’en

vient ung cordelier, ou un jacobin, qui est son confesseur, et de sa

femme, et sceit tout le fatras, et a pencion chacun an pour absouldre du

tout, et s’en vient au bon homme et luy dit: «J’ay bien esté esbahy de

ce que l’en m’a dit. Certes je vous veil blasmer: car je vous jure par

monseigneur sainct Dominique, ou par monseigneur sainct Augustin, je

cognois vostre femme passé a dix ans: mès je prens sur le jugement de

mon ame qu’elle est une des bonnes proudes femmes qui soit en tout le

pays; et le scey bien, quar elle est ma fille de confession, et l’ai

bien serchée; mais je n’y ay trouvé que tout le bien qui peut estre en

femme, ne son corps ne fust oncques entechié[390] du peché, et en met

mon ame en plege[391]» Ainsi est vaincu, et se repent moult le bon homme

d’en avoir tant fait, et croit qu’il n’en fust oncques riens. Or faut-il

savoir le prouffit que le bonhomme aura d’avoir fait tel effroy: il

sera, dorenavant, plus subget qu’il ne fust oncques, et à l’aventure

deviendra pouvre homme; quar sa femme qu’il a diffamée n’aura plus de

honte, pource qu’elle sceit bien que tout chacun le sceit, et ne fera

plus compte de riens. Et d’aventure la mere, les commeres, les cousines,

les voisines, dont en y a aucunes qui n’avoient rien sceu de la

besongne, seront dorenavant bien de la femme[392], et luy aideront à

faire ses besongnes, aussi comme elles lui ont aidé à embrider son mari,

pource qu’il estoit trop fort en gueulle[393]. Et le gallant fera aussi

d’autre part tant de services, et faire des pastez et des tartes qu’il

mengeront ensembles; et paiera tout le bon homme, et jamès n’en

orra[394] parler, par les bons moiens que les commeres y mectront: car

il ne creroit jamès que elles consentissent telles besongnes, et ne se

doubtera plus de riens. Le sien se gastera à soustenir les fatras. La

chamberiere, qui sceit bien toute la besongne et qui a bien travaillé à

faire la paix, sera aussi grant dame comme la mestresse, et se fera

d’aultre part visiter, et sa mestresse lui aidera, car il fault faire

courtoisie à qui la faict. Or est-il envelopé en la nasse; et face tout

quant qu’il vouldra, car quelque chiere qu’el luy face, el ne l’amera

jamès: il viendra en vieillesse, et chierra en pouvreté, par le droit du

jeu. Ainsi use sa vie en poines, en douleurs et gemissemens, où il est

et sera tousjours et finera miserablement ses jours.

Les quinze joyes de mariage Conforme au manuscript de la bibliothèque publique de Rouen · 第 26 / 32 题