XLIII

_Quand vous serez bien vieille, au Soir à la chandelle,

Assise aupres du feu, dévidant et filant,

Direz chantant mes vers, en vous esmerveillant,

Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle

Desia sous le labeur à demy sommeillant

Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,

Bénissant vostre nom de louange immortelle._

_Je seray sous la terre et fantôme sans os

Par les ombres myrteux je prendray mon repos.

Vous serez au foyer une veille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.

Vivez, si m'en croyez; n'attendez à demain.

Cueillez des aujourdhuy les roses de la vie._

Avril: Being Essays on the Poetry of the French Renaissance · 第 28 / 78 题