XLII

_Ces longues nuicts d'hyver, où la Lune ocieuse

Tourne si lentement son char tout à l'entour,

Où le Coq si tardif nous annonce le jour,

Où la nuict semble un an à l'ame soucieuse:

Je fusse mort d'ennuy sans ta forme douteuse

Qui vient par une feinte alleger mon amour,

Et faisant toute nue entre mes bras séjour

Me pipe doucement d'une joye menteuse.

Vraye tu es farouche, et fière en cruauté:

De toy fausse on jouyst en toute privauté.

Pres ton mort je m'endors, pres de luy je repose:

Rien ne m'est refusé. Le bon sommeil ainsi

Abuse pour le faux mon amoureux souci.

S'abuser en Amour n'est pas mauvaise chose._

Avril: Being Essays on the Poetry of the French Renaissance · 第 27 / 78 题