III

Il fait sa partie de bezigue dans un estaminet abject, attenant au

théâtre. C’est un acteur de troisième ordre. Tout à coup il interroge

la pendule et se lève: «Le deuxième acte va finir» dit-il. Puis il

ajoute, en appelant le garçon: «La consommation est pour moi.» Et il

prend son chapeau graisseux; il monte quatre à quatre jusqu’à sa loge

où un coiffeur l’attend; il se peint de rose et de blanc, il entre dans

un maillot de satin, il se coiffe d’une perruque à boucles. Il était

vilain comme tout, il est presque superbe. Dans le drame nouveau, il

s’appelle le marquis de Monsorel; une très-belle scène est celle où

il arrache une jeune fille à un _piége infâme_; il y a un geste, un

mouvement,--involontaires peut-être;--N’importe; on lui fait une

ovation; il n’est question que de lui pendant l’entr’acte.

Déshabillé, et revenu au café pour achever sa partie de bezigue:

--Il paraît que cela a bien marché, lui dit un des joueurs.

--Oui, j’ai eu un succès _bœuf_, répond-il avec modestie.

Cinq minutes! cinq minutes!

Les femmes qui font des scènes · 第 217 / 248 题