II

Il passe dans une allée du bois de Boulogne, emporté par une voiture

aussi frêle qu’un ressort de montre. A ses côtés est une jeune femme,

renversée dans une mer de dentelles que paillettent çà et là des

pointes de diamants, pareils à ceux que le soleil allume sur la crête

des vagues. Il conduit lui-même. Sur son chemin, le long du lac, sur

les gazons, dans tous les coupés, ce n’est qu’un cri d’étonnement:

«Félicien avec la Maëstricht!--Cela n’est pas possible!--En êtes-vous

certain?--Comment se fait-il?--Depuis quand?» Et vous apercevez d’ici

le scintillement de tous les lorgnons, de tous les pince-nez, de tous

les binocles.

Félicien n’est ni jeune ni vieux, ni beau ni laid; il n’a jamais fait

parler de lui ni en bien ni en mal. De toutes les fleurs des pois des

clubs parisiens, c’est assurément la plus insignifiante. Pourtant le

nom de Félicien est dans toutes les bouches.

Sa réputation durera cinq minutes.

Les femmes qui font des scènes · 第 216 / 248 题