Il fut condamné à mort.
Cela ne parut pas l’affecter outre mesure.
Il conserva sa présence d’esprit et sa douceur jusqu’au dernier moment,
ce qui est le propre des grands coupables.
Il se refusa à toutes les visites, afin d’éviter les attendrissements;
et, en fait de consolation suprême, il se contenta philosophiquement de
la compagnie du concierge de la prison, avec lequel il avait obtenu la
permission de jouer au piquet.
Le jour de l’exécution, il mangea de bon appétit la classique aile
de volaille, et but les trois-quarts d’une bouteille de vin de
Bordeaux,--prise derrière les fagots.
Après quoi, les cheveux _rafraîchis_, il se mit en route pour la place
publique, par un petit soleil de printemps.
Ses regards, qu’il ne cessa de promener sur la foule pendant le trajet,
le convainquirent du sentiment unanime de réprobation dont la société
était animée contre lui.
Arrivé au lieu de destination, il monta tranquillement l’escalier.
Une fois sur la plate-forme, il voulut parler au peuple; mais les
aides exécuteurs l’en empêchèrent, et l’on n’entendit que ces mots
immédiatement tranchés par le couperet:
--Ma fem...