I
=Amène une de tes amies.=
ALPHONSE, <à Jeanne>. Amène une de tes amies, dimanche prochain.
JEANNE. Pourquoi?
ALPHONSE. Parce que Cathala viendra passer la journée avec nous. Il
m’a écrit pour m’annoncer son arrivée à Paris après-demain. Le pauvre
garçon s’ennuie à crever dans son tribunal de province; c’est une fête
lorsqu’il peut s’échapper pendant deux ou trois jours. Amène une de tes
amies.
JEANNE. Mais laquelle? Tu sais que je ne vois pas beaucoup de femmes.
ALPHONSE. Une bonne enfant. Cathala n’est pas si exigeant, parbleu!
Nous irons dîner à quatre à la campagne. Tu aimes cela. Nous mangerons
des petits plats, nous ferons des bouquets. Cathala est un bon. Nous
nous amuserons.
JEANNE, <réfléchissant>. Si j’amenais Hermance?...
ALPHONSE. Qu’est-ce que c’est qu’Hermance?
JEANNE. Oh! tu ne la connais pas. Une belle fille, élancée, avec des
cheveux couleur de paille, mais très-bien. Elle n’a pas une toilette à
tout casser, mais ce qu’elle a sur elle est toujours soigné.
ALPHONSE. Eh bien, amène Hermance.