VI

=Deuxième journée.--Retour du bureau.=

LE MARI. Bonjour, Lucie; bonjour, ma petite femme. Ouf! quelle journée!

Cette circulaire nous a donné un mal... Figure-toi que Laffitot étant

malade, toute sa besogne m’est retombée sur le dos. Je suis harassé, je

n’y vois plus.

LA FEMME. Tu ne sais pas... la bonne...

LE MARI. Laisse-moi m’asseoir.

LA FEMME. Elle a cassé une tasse.

LE MARI. Diable!

LA FEMME. Comme c’est amusant! Mais je la lui retiendrai sur son mois.

LE MARI. Oh! pour une tasse... Cette fille ne l’a pas fait exprès.

LA FEMME. Tant pis! cela lui apprendra à faire plus d’attention une

autre fois.

LE MARI. Tu serais bien aimable de me donner mes pantoufles.

Excuse-moi, chère belle; mais en vérité, je ne me tiens pas.

LA FEMME, <appelant>. Marie! Donnez les pantoufles à Monsieur.

LE MARI. Bah! ce n’est pas la peine... Elles sont sous le lit, je les

vois d’ici. (<Il va les chercher.>)

LA FEMME. Alors, à quoi sert d’avoir une bonne?

LE MARI. Approche-toi, et apprends une grande nouvelle. Il est question

de moi au ministère comme sous-chef.--Ah!--Je ne voulais pas le croire;

mais le secrétaire général m’a fait demander deux fois aujourd’hui

dans son cabinet. Deux fois! Il m’a beaucoup questionné, sans en avoir

l’air. Il paraît que Rollin doit bientôt prendre sa retraite, car...

LA FEMME. Et ce lit! comme c’est fait en dépit du bon sens!... Ah! la

pauvre fille a fort à apprendre!

Les femmes qui font des scènes · 第 16 / 248 题