=La scène de la brosse.=
«Du temps que j’étais en garnison à Versailles,--me racontait mon ami
Franolle,--j’avais une maîtresse préférée qui venait, de Paris, me voir
tous les huit jours. C’était chaque fois de longues et chaudes scènes,
d’autant plus singulières qu’elles ne portaient pas à faux, comme la
plupart des scènes. Elle se posait en face de moi, les bras croisés,
disant: «--Il est venu une brune pendant mon absence!» ou bien: «--Il
est venu deux blondes!» Et elle devinait juste. Moi, j’étais confondu.
«A la fin, j’eus le mot de cette énigme par mon _ordonnance_, qui la
surprit un jour occupée à éplucher minutieusement ma brosse à tête,
pour y découvrir un de ces longs fils bruns ou blonds sur lesquels elle
basait avec certitude ses accusations,--puisque je portais les cheveux
ras.»