III

=La scène de la brosse.=

«Du temps que j’étais en garnison à Versailles,--me racontait mon ami

Franolle,--j’avais une maîtresse préférée qui venait, de Paris, me voir

tous les huit jours. C’était chaque fois de longues et chaudes scènes,

d’autant plus singulières qu’elles ne portaient pas à faux, comme la

plupart des scènes. Elle se posait en face de moi, les bras croisés,

disant: «--Il est venu une brune pendant mon absence!» ou bien: «--Il

est venu deux blondes!» Et elle devinait juste. Moi, j’étais confondu.

«A la fin, j’eus le mot de cette énigme par mon _ordonnance_, qui la

surprit un jour occupée à éplucher minutieusement ma brosse à tête,

pour y découvrir un de ces longs fils bruns ou blonds sur lesquels elle

basait avec certitude ses accusations,--puisque je portais les cheveux

ras.»

Les femmes qui font des scènes · 第 8 / 248 题