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descendaient en s'échelonnant jusqu'à la mer. Des fredons de

guitare arrivaient, portés par la brise.

....Soudain, comme un bouquet d'étoiles, une grande mélodie

claire s'égrenait doucement dans le ciel, et, sur le minaret de la

[5]mosquée voisine, un beau muezzin apparaissait, découpant son

ombre blanche dans le bleu profond de la nuit, et chantant

la gloire d'Allah avec une voix merveilleuse qui remplissait

l'horizon.

Aussitôt Baïa lâchait sa guitare, et ses grands yeux tournés

[10]vers le muezzin semblaient boire la prière avec délices. Tant

que le chant durait, elle restait là, frissonnante, extasiée, comme

une sainte Thérèse d'Orient.... Tartarin, tout ému, la regardait

prier et pensait en lui-même que c'était une forte et belle

religion, celle qui pouvait causer des ivresses de foi pareilles.

[15]Tarascon, voile-toi la face! ton Tartarin songeait à se faire

renégat.

Tartarin de Tarascon(#10687) · 第 105 / 170 题