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Parfois, entre les mâts, une éclaircie. Alors Tartarin voyait

l'entrée du port, le grand va-et-vient des navires, une frégate

anglaise partant pour Malte, pimpante et bien lavée, avec des

officiers en gants jaunes, ou bien un grand brick marseillais

[5]démarrant au milieu des cris, des jurons, et à l'arrière un gros

capitaine en redingote et chapeau de soie, commandant la manoeuvre

en provençal. Des navires qui s'en allaient en courant,

toutes voiles dehors. D'autres là-has, bien loin, qui arrivaient

lentement, dans le soleil, comme en l'air.

[10]Et puis tout le temps un tapage effroyable, roulement de

charrettes, ce «oh! hisse!» des matelots, jurons, chants, sifflets de

bateaux à vapeur, les tambours et les clairons du fort Saint-Jean,

du fort Saint-Nicolas, les cloches de la Major, des Accoules,

de Saint-Victor; par là-dessus le mistral qui prenait tous ces

[15]bruits, toutes ces clameurs, les roulait, les secouait, les confondait

avec sa propre voix et en faisait une musique folle, sauvage,

héroïque comme la grande fanfare du voyage, fanfare qui donnait

envie de partir, d'aller loin, d'avoir des ailes.

C'est au son de cette belle fanfare que l'intrépide Tartarin de

[20]Tarascon s'embarqua pour le pays des lions!...

Tartarin de Tarascon(#10687) · 第 65 / 170 题