C'est ainsi qu'un matin que les petits décrotteurs chantaient
sous ses fenêtres: _Lou fùsioù de mestre Gervaï_, les voix de ces
misérables arrivèrent jusqu'à la chambre du pauvre grand homme
en train de se raser devant sa glace. (Tartarin portait toute sa
[5]barbe, mais, comme elle venait trop forte, il était obligé de la
surveiller.)
Tout à coup la fenêtre s'ouvrit violemment et Tartarin apparut
en chemise, en serre-tête, barbouillé de bon savon blanc,
brandissant son rasoir et sa savonnette, et criant d'une voix
[10]formidable:
«Des coups d'épée, messieurs, des coups d'épée!... Mais
pas de coups d'épingle!»
Belles paroles dignes de l'histoire, qui n'avaient que le tort de
s'adresser à ces petits _fouchtras_, hauts comme leurs boîtes à
[15]cirage, et gentilhommes tout à fait incapables de tenir une épée!