P. 178, l. 30: Lincolle.--_Le ms. d'Amiens omet_: li evesques de

Durem,... li sires de Persi,... li sires de Montbrai,... li sires de

Lantonne,... li sires de Basset,... messires Jehans de Lille;--_et il

ajoute_: li coens de Warvich...., li comtes de le Marche, li comtes de

Pennebrucq, monseigneur Richart de Stanfort, messires Jehans viscontez

de Biaumont...., li sirez de Salich[229], li sirez de Felleton[230]....,

li sires de Ferierres[231], li sirez de Brasseton[232]...., li sires de

Multonne. Fo 35.

[229] _Ms. de Valenciennes_: Salmel. Fo 79.

[230] _Ibid._: Falencon.

[231] _Ibid._: Strier.

[232] _Ibid._: Brasenton.

P. 178, l. 31: Sallebrin.--_Ms. d'Amiens_: qui estoit marescaux de

l'ost. Fo 35.

P. 178, l. 32: Clocestre.--_Mss. A 1 à 6, 20 à 22_: le conte de

Norhantonne et de Lancastre. Fo 44 vo.

P. 179, l. 1: Kenfort.--_Mss. A 11 à 14_: Kainforth. Fo 44 vo.--_Ms. A

2_: Kerfort. Fo 46 vo.--_Mss. d'Amiens et de Valenciennes_: Herfort. Fo

35.

P. 179, l. 2: Ricemont.--_Mss. A 11 à 14_: en Angleterre, car voirement

la lui avoit le roy anglois donnée. Fo 44 vo.

P. 179, l. 3: de Ros.--_Ms. d'Amiens_: de Northonbrelant qui fu là fès

chevalier et leva bannière. Fo 35.

P. 179, l. 5: Lantonne.--_Mss. A 11 à 14, 20 à 22_: Hantonne. Fo 44 vo.

P. 179, l. 6: li sires de Filwatier.--_Ms. d'Amiens_: Guillaummes Filz

Warine[233]. Fo 35.

[233] _Ms. de Valenciennes_: Fil Warnier. Fo 79.

P. 179, l. 10: nouviaus.--_Ms. de Rome_: Mais je Froissars et actères de

ces croniques, oï dire plus de une fois le gentil chevalier messire

Jehan Caindos que il fu fais nouviaus chevaliers de la main le roi

Edouwart d'Engleterre ce venredi que li assamblée fu à Buironfosse; et

pour tant que il fu plus vaillans que nuls aultres quiconques s'armast

de la partie des Englois, j'en fac enarration. Fo 50.

P. 179, l. 11: Chandos.--_Ms. de Valenciennes_: qui fu l'un des bons

hommes d'armes des deux royalmes. Fo 79.

P. 179, l. 15: vint et huit banières.--_Ms. d'Amiens_: Et avoit li roys

trente deux bannierrez et bien otant de pignons. Fo 35 vo.

P. 179, l. 15: quatre vint et dix.--_Mss. A 15 à 17_: quatre vint et

douze. Fo 46 vo.

P. 179, l. 16: six mille.--_Mss. A 1 à 6, 20 à 22_: environ huit mille.

Fo 45.--_Ms. de Valenciennes_: dix mille. Fo 79.

P. 179, l. 17: six mille.--_Mss. A 20 à 22_: huit mille. Fo 73 vo.

P. 179, l. 18: bataille.--_Ms. d'Amiens_: Et fu là ordounnés à tenir sus

destre en une bataille, pour reconforter sus elle lez plus lasséz,

messires Robiers d'Artois. Et avoit dalléz lui monseigneur Gautier de

Mauny[234], monseigneur de Bercler, le seigneur de Clifort, messire

Richart de Pennebruge[235], messire Bietremies de Bruech[236]. Et

estoient[237] trois mil hommes d'armes, douze bannières et deus mille

archiers. Fo 35 vo.

[234] _Le ms. de Valenciennes ajoute_: monseigneur Henri de

Flandres,... le sire de Neufville.

[235] _Ms. de Valenciennes_: Penebrouch. Fo 79.

[236] _Ibid._: Bertremieu de Bruves.

[237] _Ibid._: environ.

P. 179, l. 23: trois mille.--_Mss. A 11 à 14_: environ quatre mille

hommes d'armes et deux mille archiers. Fo 44 vo.--_Mss. A 15 à 17_:

environ deux mille. Fo 46 vo.

=§ 87.= P. 180, l. 5: honneur.--_Ms. d'Amiens_: car il retenoit sus sen

ame que il se combatoit sus son droit. Fo 35 vo.

P. 180, l. 8: apertenoit.--_Ms. d'Amiens_: ainsi se tinrent il toute le

matinée, attendant les Franchois. Fo 35 vo.

P. 180, l. 15: avisèrent.--_Ms. d'Amiens_: les hiraux qui eurent en

escript tous les bannerèz. Fo 35 vo.

P. 180, l. 16: il y eut.--_Ms. d'Amiens_: onze vingt et sept banièrez,

quatre roys, cinq dus, trente six comtes et vingt sept cens et cinq[238]

chevaliers, quatre vingt mil hommes d'armes, sans les communes dont il y

avoit plus de soixante mille. Fo 35 vo.

[238] _Ibid._: six.

P. 180, l. 16 et 17: onze vint et sept.--_Mss. A 8 et 9, 23 à 33_: onze

vingt bannières. Fo 43.--_Mss. A 11 à 14_: onze vingt et dix huit. Fo

45.--_Mss. A 1 à 6_: six vingt et sept. Fo 45.--_Ms. B 6_: onze vingt et

quinze. Fo 118.

P. 180, l. 17: cinq cens.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 22_: six cens.

Fo 45.

P. 180, l. 17: et soissante.--_Mss. A 11 à 14_: et quatorze. Fo 45.

P. 180, l. 19: quatre mille.--_Mss. A 1 a 6, 20 à 22_: quatre cens. Fo

45.--_Ms. B 6_: dix sept cens. Fo 118.

P. 180, l. 20: plus de soixante mille.--_Ms. B 6_: Le roy de Franche, à

ce que on disoit, avoit bien deus cent mille hommes, que à piet, que à

cheval. Fo 117.

P. 180, l. 27: de Bar.--_Le ms. d'Amiens omet_: li contes de

Valentinois,... li contes de Genève, li contes de Dreux;--et il ajoute:

li comtez de Pontieu, .... li comtez de Tankarville, li comtez de

Waudimont, .... li comtes de Jeni[239], .... li contez de Porsiien[240],

li comtez de Brainne, .... li comtez de Biaumont, li comtes de

Montfort, li comtez de Nerbonne, li comtes de Pieregort, li comtes de

Villemur, li comtes de Conmignes, .... li comtez de Murendon[241], li

comtez Douglas d'Escoce et li comtez de Moret.... Fo 35 vo.--_Les mss. A

11 à 14 ajoutent_: le conte de Namur, ... le conte de Joingny. Fo 45.

[239] _Ibid._: Joingny. Fo 79 vo.

[240] _Ibid._: de Poitiers.

[241] _Ms. de Valenciennes_: Mirendon.

P. 181, l. 5: à recorder.--_Ms. d'Amiens_: Environ heure de tierche,

vint li dus Oedes de Bourgoingne à plus de cinq cens lanches[242], et se

mist d'un léz sour les camps; et avoit dix neuf banerèz, tous de

Bourgongne et de le comtet de Bourgoingne. Là estoient li jonez comtez

Guillaummes de Haynnau en très bon arroy et forche, et faisoit se

bataille à par lui; et avoit dix huit banerès, tous à bannierre de son

pays dallés lui. Fo 35 vo.

[242] _Ibid._: hommes d'armes. Fo 80.

P. 181, l. 5 et 6: biautés.--_Ms. d'Amiens_: Moult fu ceste journée

belle et clerre et sans bruine; et resplendisoit li solaux en ces

armoiriez, tant que c'estoit grans depors de l'imaginer et veoir. Fo 35

vo.

P. 181, l. 7: couvers.--_Ms. d'Amiens_: jusqu'au fallon.

P. 181, l. 10: quinze mille.--_Mss. A 1 à 6_: seize mille. Fo 45

vo.--_Mss. A 20 à 22_: seize mille hommes à cheval et trente mille

hommes à pié. Fo 74.

P. 182, l. 11: dou lièvre.--_Ms. d'Amiens_: Apriès ceste avenue, les

nouvelles vinrent au roy de France comment uns lièvres avoit estourmy

ses gens et estoit passés parmy sen ost. Dont li pluiseur eurent sus

grant ymagination et dissent que ce n'estoit pas ungs bons signes quant

uns lièvres, qui est encontréz de povre estrinne, les avoit ensi

estourmis et courut par devant yaux; et quoy que fuist dou samedi, che

venredi on ne li consseilloit niens à lui combattre. Ensi parlans et

ymaginans pluiseurs paroles et diviers oppinions, s'avancha mout li

jours tant que nonne fu passée. Fo 36.

P. 183, l. 8: detriiés.--_Ms. B. 6_: Ensy furent ches seigneurs tant

englès comme franchois, et aloient l'un devant l'autre par ung venredy,

et point ne se combatirent. Dont on s'en peult moult esmervillier pour

quoy il le laissèrent, car il y avoit de toutes parties grans foison de

gens d'armes. Et à che que j'ay depuis ouit recorder, il tint plus en la

partie du roy de Franche que en chelui du roy d'Engleterre, car il y

avoit tant de fouré chapprons qui estoient du conseil du roy de

Franche, les quels brissèrent la journée. Car qui euist crut le roi

Phelippe, on se fust combatus sans faulte, et ne desiroit aultre chose.

Sy se departy ensy celle journée sans riens faire, qui fu à Buironfosse

l'an mil trois cens trente neuf, le vingt cinquième jour du mois

d'octobre. Fos 118 et 119.

P. 183, l. 10: Haynau.--_Ms. d'Amiens_: Quant li comtes Guillaumme de

Haynnau, qui estoit sus les camps en bon arroy et friche, vit que nonne

passoit et que nulx ne s'aprochoit pour combattre, si appella le

seigneur d'Enghien et monsigneur Henry d'Antoing et leur dist: «Alléz

deviers monseigneur mon oncle, et li demandéz quel cose il voelt que je

fache.» Il respondirent: «Vollentiers.» Dont partirent li doy baron et

vinrent deviers le roy de France qui jà se retraioit, et i avoit une si

espesse route de seigneurs que jammais ne l'ewissent brisiet. Si

trouvèrent monseigneur d'Alençon à qui il adrechièrent leur messaige. Et

il respondi: «Ditez à mon nepveut qu'il s'en voist, de par Dieu, car

nous n'arons point de bataille.» Ensi le raportèrent li seigneur dessus

dit au comte de Haynnau qui se parti de le place et toutte se routte, si

tost qu'il oy ces nouvelles; et s'en revint cevauchier[243] vers le

Kesnoy. Fo 36.

[243] _Ms. de Valenciennes_: jusques en Haynnau. Fo 81.

P. 183, l. 12: englès.--_Ms. d'Amiens_: Quant li roys d'Engleterre et si

aloiiet, qui avoient estet rengiéz enmy les camps tout à piet, dou matin

jusques à nonne, sans boire et sans mengier, veyrent bien que li roys de

Franche ne ses gens ne descenderoient point jusqu'à yaux pour combattre,

si se traisent enssamble pour avoir avis et consseil coumment il se

maintenroient. Pluiseurs oppinions et grant estoient eut entre yaulx

ossi bien comme entre les Franchois. Et volloient li roys et li baron

d'Engleterre, messires Robers d'Artois, messires Jehans de Haynnau et li

sires de Fauquemont, chevauchier encorres avant sour le royaumme et

nient partir sans combattre. Li ducs de Braibant et pluiseurs de son

accord disoient ensi que il ne pooient avoir blasme ne reprochement del

partir à tous bons entendeurs; car il avoient offert, à l'entrée del

royaume, le bataille au roy de Franche qui leur avoit acordé. Avoecq

tout ce, il s'estoient là tenu, enssi que gens d'armes se doient tenir,

attendans leurs ennemis qui point n'estoient venus; et se passoit li

heure et li tiermes de combattre ossi. D'autre part, vitaille leur

coummenchièrent à defallir; et ne savoient mies bonnement, s'il

chevauchoient plus avant, coumment il en seroient pourveu: si ques

d'iaux enclore ne bouter trop avant et sus l'ivier ou royaume de

Franche, il n'y veoient point de bon, car mieux leur en valloit partir à

honneur que d'atendre nulle aventure à leur deshonneur. Tout comsideret

et regardet l'un contre l'autre, li darrains acors fu que d'iaux

departir. Si se deslogièrent et vinrent la nuit gesir bien tart environ

Avesnes à tout leur caroy et leur concquès. Fo 36.

_Ms. de Rome_: Ce venredi au soir, il fu ordonné en l'oost le roi

d'Engleterre que on se deslogeroit sus le point de mie nuit, et se

retrairoit on tout bellement en Hainnau et en Braibant, et que pour

celle saison on en avoit fait assés; car au voir dire, tant que pour la

bataille, la pareçon n'estoit pas parelle, car li François estoient trop

plus fort et plus poissant sus les camps ne fuissent les Englois. Celle

doubte et nulle aultre, ensi que il fu supposé et consideré depuis, i

missent li dus de Braibant, li dus de Gerles et li contes de Jullers et

auquns aultres de lor aliance; non li rois d'Engleterre et les Englois,

car il se fuissent volentiers combatu et pris l'aventure et se tenoient

à tout conforté, mais là pour celle fois il les couvint croire consel,

car il n'estoient pas signeur des Alemans et des estrangiers. Sus le

point de mienuit, sans faire trop grant noise, toutes gens en l'ost le

roi d'Engleterre se deslogièrent, et cargièrent chars et charètes,

tentes, très, auqubes et pavillons. Fo 50 vo.

P. 183, l. 13: de Braibant.--_Ms. B 6_: A minuit, le roy d'Engleterre

mist tout son consail ensamble pour savoir quel chose il feroit, et

comment il se maintenroit. Le duc de Braibant, qui estoit là ses cousins

germains, et qui estoit le plus grant de tout son consail, dist et

conseilla que on se retrairoit, et que pour celle saison on avoit assés

ghuerriiet, car l'yvier aprochoit, et que le roy d'Engleterre avoit fait

bien son devoir, et allé et chevauchiet ou royalme de Franche et ars et

moult gasté le pais et atendu ses ennemis, et puis avoir esté tous

rengiés et ordonnés et mis en bataille, l'un devant l'autre; et point ne

furent ses ennemis sy hardis de les venir combatre. Pour laquelle cose,

on doit tenir à grant honneur l'emprise d'un roy d'Engleterre. Adonc fut

creut le consail du duc de Brabant. Fo 119 et 120.

P. 183, l. 15: ce venredi.--_Ms. B 6 et ms. de Rome_: le semmedi au

matin. Fo 120.

P. 183, l. 15: d'Avesnes.--_Ms. B. 6_: Le roy d'Engleterre et toute sa

compaignie passèrent devers Avenues, et tout à travers le pays de

Haynau, et desoubz Bieaumont et le Sambre, et au pont à Avesne. Fo 120.

P. 183, l. 19: en Braibant.--_Ms. B 6_: à Brouselles d'enprès son cousin

le duc de Brabant, et là sejourna quinze jours. Fo 120.--_Ms. de Rome_:

Et s'en vint li rois à Louvaing, et là trouva la roine sa fenme; et

s'espardirent chil signeur d'Engleterre aval Braibant, ensi que fait

avoient en devant celle cevauchie. Et murmuroient li auqun Englois l'un

à l'autre et disoient: «On fait bien le roi nostre sire despendre et

alever son argent pour noient et perdre le temps: il nous fault faire

moult de tèles cevauchies avant que nous aions conquis le roiaulme de

France.» Fo 50 vo.

=§ 88.= P. 183, l. 22: venredi.--_Ms. A 7_: samedi. Fo 43.

P. 183, l. 24: Phelippes.--_Ms. d'Amiens_: Quant li roys de Franche,

ensi que vous avés oy, se fu tenus tout le jour jusquez à basse nonne

sus lez camps en divierses oppinions, parlans et devisans à ses plus

haus et grans amis et barons, et il vit que on ne lui consseilloit nient

de combattre, tous mautalens et enflammés d'aïr, il retourna vers

Buironfosse; et avoit entention que l'endemain, coumment qu'il fust, il

se conbateroit. Si appella ses deux marescaux, monseigneur Robert

Bertran et le seigneur de Trie, et leur dist: «Ordonnés et coummandés de

par nous que nulz ne se parte, et que chacuns se loge, car demain nous

nos combaterons, coumment qu'il soit.» Et li marescal le fissent ensi.

Et quant il ne trouvèrent le comte de Haynnau, se le disent au roy,

affin que il ne fuissent repris.

Adonc regarda li roys sus le comte d'Allenchon son frère et li dist: «De

nostre nepveut de Haynnau savés nulles nouvelles?»--«En nom Dieu,

monseigneur, oyl, che respondi li comtes d'Allenchon, [car] il

[envoia][244] orains le seigneur d'Enghien et le seigneur d'Antoing

assavoir quel cose volliéz qu'il fesist. Il ne peurent parler à vous; si

me trouvèrent d'aventure. Et quant je les euch oïs, je leur dis que il

n'estoit appairant de combattre, et qu'il s'en allast de par Dieu.»

Adonc penssa li rois ung petit et puis dist: «Or le mandéz apertement,

car demain nous nos combattrons.» Lors fist on monter ung sergant

d'armes et venir vers le Kesnoy, et y vint si à point que li comtes se

desarmoit. Et jà estoient tout li baron et li chevalier retrait as

hostelx, et li autre partit et rallet vers leurs maisons. Si vint li

messaigez dou roy deviers le comte, qui estoit ou castiel, et li dist:

«Sire, li roys vous sallue et vous mande que, demain à soleil levant,

vous soiiés à Buironfosse, car on se combatera as Englèz.»

[244] _Ms. de Valenciennes_, fo 81 vo.--_Ms. d'Amiens_:

envoieoit.

Et quant li comtes oy ces nouvelles, si fist sounner ses trompettes et

reuvillier chevaliers, et renseller chevaux, et mander apriès chiaux que

il cuidoit le mieux ravoir. Et se parti en grant haste dou Quesnoy

environ mienuit, et chevaucha tant avoecq ses gens que, le samedi au

matin, il fu sus les camps et ou lieu ou auques priès dont il estoit

partis le venredi. Et quidoit bien li comtes que on se dewist combattre;

mais li roys ses oncles et li Franchois avoient oy autres nouvelles, car

le venredi au soir li coureur et li foureur de Franche estoient revenus

en leur ost et avoient dit pour certain que li Englès estoient party et

jà retret en l'Empire et en le comté de Haynnau, et s'en ralloient

arrière; et n'estoit mies apparans que il en fesissent plus ceste

saison. Dont disent li baron de France au roy: «Sire, il faura le roy

d'Engleterre faire mout de telx chevauchies, ainchois qu'il ait concquis

le royaumme de Franche»: si ques li roys avoit jà ordounné et coummandé

à deslogier et de raller chacun en son lieu.

Ces nouvelles vinrent jusques au comte de Haynnau qui se tenoit sour les

camps, que li roys de Franche se devoit partir, et jà avoit dounnet

congiet à touttes mannières de gens, car li Englès estoient esloingiet.

Adonc s'en vint li comtes de Haynnau et toutte se routte où bien avoit

quatre cens lanches[245], sus ung certain pas où li roys de Franche

devoit passer. Et quant li roys vint là et il le vit ensi ordonnet, il

demanda à chiaux d'entours lui dou comte qui c'estoit, et on li dist que

c'estoit li comtes de Haynnau. Lors l'enclina li comtes en passant, et

li roys li dist: «Biaux niés, rallés vous ent; vous vous estes bien

acquitéz.» Dont se parti li comtes et prist congiet au roy et à sen

oncle d'Allençon et au roy de Behaingne, et à ses cousins germains

monseigneur le comte de Blois et monseigneur Charlon de Blois; et

retourna arrierre avoecq se cevaucie, et s'en revint disner à

Landrechies et jesir au Kesnoy. Or paurons dou roy d'Engleterre et des

aloiiés qu'il fissent et qu'il devinrent; car li roys de Franche ne les

sieuwi plus avant; ains s'en revint à Saint Quentin, et là donna touttes

ses os congiet. Si s'en rallèrent chacuns en leurs lieus et en leur

garnisons, ensi que ordonné estoient.

[245] _Ms. de Valenciennes_: armures de fer. Fo 82.

Le samedi[246] au matin, se misent li seigneur enssamble et se

conseillièrent quel cose il feroient, car il leur sambloit que ceste

cevauchie estoit parfaite. Si trouvèrent en consseil que il donnaissent

touttes leur gens congiet, et il s'en alaissent avoecq le roy

d'Engleterre jusquez à Brouxelles. Ensi le fisent. Fo 36.

[246] _Ms. de Valenciennes_: L'endemain, au matin. Fo 82 vo.

_Ms. de Rome_: Qant ce vint le samedi au matin, nouvelles vinrent en

l'oost le roi de France que les Englois estoient departi et fuioit lor

voie; ne on ne savoit que il estoient devenu. De ces nouvelles fu li

rois Phelippes trop durement courouchiés; et dist que on l'avoit trahi,

qant il n'avoit combatus ses ennemis, et que tout volentiers on lor

avoit fait voie. Li plus hault baron et signeur de l'oost le

rapaisièrent et li dissent: «Sire, sousfrés vous: on fera ce povre roi

d'Engleterre outrequidiet tout despendre et alever le sien, et li

tellement endebter deviers ces Alemans, que jamais n'en se vera

delivrés. Li dus de Braibant en scet bien jusquez à là; et oultre il le

mainne et pourmainne, et suesfre que ses gens amendent trop grandement

de ce roi d'Engleterre. Il ne le soustient pour aultre cose que pour le

pourfit. Il fault ce roi d'Engleterre faire moult de tels cevauchies,

avant que il ait conquis le roiaulme de France. Le quide il donc

conquerre par feus et par fumières? mès Dieus! nennil. Mais que il soit

retournés oultre la mer, vous ne le verés mès en grant temps revenir.

Où, diable, prenderoit il la finance pour seeler ces Alemans? Il a esté

mauconsilliés de vous avoir desfiiet et de renvoiier son honmage. Jà a

il plus perdu que il ne gagnera en toute sa vie. Les terres que il

tenoit deçà la mer li estoient bien apertenans; elles sont fourfaites à

tous jours mais. Jamais n'i retournera, ne hoirs qui de li isse.»

Ensi apaisoient li signeur de France le roi Phelippe. Mais, nonobstant

toutes ces paroles, il vosist bien avoir combatu le roi d'Engleterre et

ses Alemans; car, ensi que il disoit, il avoit gens assés pour ce faire.

Qant il vei que il n'en aueroit aultre cose, il donna toutes ses gens

congiet de retourner casqun en son lieu. Li contes de Hainnau, son

neveu, vint prendre congiet à lui sus les camps, et li rois li donna;

et aussi fist li contes d'Alençon, son oncle: si s'en retourna li contes

en son pais. Et li rois de France prist le cemin de Saint Quentin. Ensi

se desrompirent ces grandes cevauchies et ces assamblées. Fos 50 vo et

51.

P. 183, l. 25: courouciés.--_Ms. B 6_: et dist, sy comme je oy compter

depuis, que il solleroit tous ses amis pour ung denier de pain, Fos 120

et 121.

P. 184, l. 8: Saint Quentin.--_Mss. A 1 à 7_, _11 à 14_, _18 à 33_:

Saint Omer. Fo 46.--_Ms. B 6_: et là se tint plus de quinze jours. Fo

121.

P. 184, l. 13: dou Fay.--_Ms. B 6_: ung moult saige chevalier, devers la

cité de Tournay, pour garder le pais; car très adonc se doubtoit il des

Flamens. Fo 121.

P. 184, l. 15: Mortagne.--_Ms. B 6_: dedens le castel et ville de

Mortaigne sur l'Escault. Fo 121.

P. 184, l. 18: Paris.--_Mss. A 11 à 14_: où il trouva la roine sa femme

qui adonc le receupt à moult grant joie. Fo 46.

P. 184, l. 21: en Braibant.--_Ms. de Rome_: Tous jours avoit il dalés li

messire Robert d'Artois et l'evesque de Lincole et son consel. Consideré

fu et avisé entre euls que, se li rois d'Engleterre pooit tant faire et

esploitier que il euist plainnement l'aide et le confort des Flamens

pour mener là où il les vodroit avoir, sa gerre en seroit plus forte et

plus belle, et jà avoit il l'amour et la grace de Jaquemon d'Artevelle

et de ceuls de Gaind; si ques, pour amoiener toutes ces besongnes et

sçavoir la pure intention de ceuls de Bruges, d'Ippre, de Courtrai, dou

Dan, de l'Escluse et dou tieroit dou Franch, uns parlemens fu assis et

ordonnés à estre à Brouselles devant le duch de Braibant en son hostel à

Colleberghe. Et ot li dus en couvent au roi d'Engleterre, pour tant que

il estoit grans tretiières et bien enlangagiés, que de euls remoustrer

et attraire il feroit son plain pooir.

Chils parlemens fu escrips et mandés à estre à Brouselles et priiés

Jaquèmes d'Artevelle que il i vosist venir et estre; et aussi en furent

priiet les consauls des bonnes villes de Flandres. Jaquèmes d'Artevelle,

qui jamais n'i eust defalli, i rendi grant painne que les consauls des

bonnes villes de Flandres i fuissent; et i vinrent et ils meismes tout

premiers avoecques ceuls de Granmont et de Gant en grant arroi. Fo 51.

P. 184, l. 22: Brousselles.--_Ms. d'Amiens_. Dont se departirent les os;

et s'en rallèrent li Allemant, li Braibenchon, li Guerllois et tout li

autre, chacun en leurs lieux. Et li roys d'Engleterre, li dus de

Braibant et li cief des seigneurs chevauchièrent à petites journées et

rappassèrent la rivière de Sambre; et esploitièrent tant qu'il vinrent

en Braibant et à Brouxelles où il furent bien requeilliet. Fo 36 vo.

P. 184, l. 22: raconvoiièrent.--_Les mss. A 1 à 6_, _15 à 17_, _20 à 22

ajoutent_: le duc de Braibant. Fo 46.

P. 184, l. 23: li contes.--_Mss. A 1 à 6_, _11 à 14_, _18 à 22_: le

marquis. Fo 46.

P. 184, l. 23: Jullers.--_Les mss. A 11 à 14 ajoutent_: le conte de Los.

Fo 46.

P. 184, l. 30: Brousselles.--_Ms. B 6_: Après ce que le roy d'Engleterre

eult fait celle armée en Franche, sy comme chy dessus est dit, et que

toutes ses gens se furent departy et chacun ralé à son lieu, il s'en

vint en la ville de Gant où madamme sa femme se tenoit, et là eult

pluiseurs consaulx et parlemens as Flamens. Et toudis contoit i[l] ses

afaires à Jaques de Hartevelle quy estoit son compère et grans amis, et

qui avoit en la main tous les Flamens pour faire sa vollenté. Le roy

d'Engleterre avoit intencion de retourner chel yver en son pais, et sur

l'esté retourner à tout grant foison de gens d'armes et d'archiés, et de

venir asegier la cité de Tournay. Et tout che dist il à Jaques

d'Artevelle qui bien estoit de son acort. Fo 123.

P. 184, l. 31: d'Artevelle.--_Ms. d'Amiens_: Et y furent li consaux de

Flandres des bonnes villes, especialment Jaquèmes d'Artevelle; et

puisqu'il y estoit, c'estoit assés. Fo 36 vo.

P. 185, l. 10: Bietune.--_Ms. d'Amiens_: qui jadis furent de Flandres.

Fo 36 vo.

P. 185, l. 11: li Flamench.--_Ms. B 6_: qui par samblant amoient moult

le roy d'Engleterre. Fo 123.

=§ 89.= P. 186, l. 5: avis.--_Ms. B 6_: et dit que dedens trois jours il

en responderoit. Fo 124.

P. 186, l. 12: conte de Jullers.--_Mss. A 1 à 6_, _11 à 14_, _18 à 22_:

marquis de Juilliers. Fo 46 vo.

P. 186, l. 23: d'Engleterre.--_Ms. d'Amiens_: li ducs de Gerlles, li dus

de Braibant[247], li comtes de Jullers, li marquis de Misse et

d'Eurient, li marquis de Blancquebourg, messires Jehans de Haynnau, li

sires de Fauquemont, messires Robiers d'Artois et mout d'autres

seigneurs. Et d'autre part, là fu tous li plus especialx conseils de

Flandres de touttes les bonnes villes et dou Francq de Bruges. Fo 36

vo.--_Le ms. de Rome ajoute à ces noms_: li contes des Mons, li

archevesques de Coulongne. Fo 51 vo.

[247] _Ms. de Valenciennes_: et tous les prinches et les

seigneurs almans qui estoient ses aliez. Fo 83.

P. 186, l. 26: de Flandres.--_Mss. A 11 à 14, 18 et 19_: d'Angleterre.

Fo 46 vo.

P. 186, l. 29 et 30: les armes.--_Ms. B 6_: les fleur[s] de lis. Adonc

furent les Flamens tous resjois et dirent que il yroient par tout avec

luy, là où il volroit. Fo 124.

=§ 90.= P. 187, l. 6: seigneurs.--_Mss. A_: que sur l'esté qui

revendroit, ilz feroient très grande guerre en France. _Ms. A 1_, fo 46

vo.

P. 187, l. 17: acord.--_Ms. d'Amiens_: Ossi li Flammencq et li

Braibenchon, qui estoient tout aloiiet et acordé enssamble, tiroient

trop fort que il ewissent le pays de Haynnau d'acord avoecq yaux: si en

seroit leur guerre plus belle. Fo 37.

Chroniques de J. Froissart, tome 01/13, 2ème partie · 第 39 / 42 段