L'Angleterre, si fière à juste titre de ses juges, se contente

pour sa Justice de Paix d'une magistrature grotesque et d'autant

plus dangereuse que les lois ont cessé d'être d'accord avec les

mœurs; et de cette situation naîtra indubitablement un conflit.

L'incohérence est le trait dominant de l'heure présente, les

fictions sociales sont de moins en moins respectées et la

perturbation est profonde, une partie de la nation anglaise a

perdu contact avec la grande majorité de ses concitoyens, cette

avant-garde téméraire et bruyante a répudié pour n'y plus revenir

le vieil esprit conservateur et hypocrite, et c'est tant pis,

car elle était fort belle dans son ensemble, cette vie anglaise,

à façade si décorative, et malgré tout rien n'affermit les âmes

comme d'être bandées continuellement pour un effort, celui de

vouloir toujours _paraître_ digne et vertueux était assurément

considérable; on l'a mis de côté comme trop fatigant.

* * * * *

J'ose dire, quoi qu'il en paraisse, que la question sociale est

bien plus aiguë en Angleterre qu'en France, et elle revêt un

caractère tout particulier par suite du rôle pris par les femmes;

peu à peu, elles sont en train d'_enlever_ aux hommes leur

«gagne-pain», la situation devient une arme à deux tranchants:

les hommes, dont la concurrence féminine fait baisser les

salaires d'une façon désastreuse, se marient de moins en moins,

et, conséquence logique, un nombre toujours croissant de femmes

se voient contraintes à gagner leur vie, et luttent pour entrer

dans toutes les professions! Habile qui résoudra ce problème.

Pour moi, il est évident qu'à l'heure présente l'esprit masculin

est chez les Anglais, pour une raison quelconque, beaucoup plus

retardataire que l'esprit féminin, l'_agitation réelle_ se fait

par les femmes; elles ont accepté d'une façon anticipée la

possibilité d'un nouvel état de choses, et à l'heure fatidique,

ce seront _elles_, et parmi les plus riches et les mieux nées

qui iront au-devant de toutes les réformes,--je ne loue pas, je

constate.

De deux choses l'une, ou la femme _aime_ son oppression, ou elle

la _hait_, et en Angleterre, une élite a adopté ce dernier parti

et éprouve une sorte de solidarité avec les classes opprimées.

De toutes façons les femmes désertent leur poste séculaire, une

génération s'élève qui est le contrepied de celles qui l'ont

précédée, et cette génération fera parler d'elle.

FIN.

TABLE

I.--ASPECTS DE LONDRES 1

II.--RUES DE LONDRES 17

III.--L'ESPRIT NOUVEAU 30

IV.--AU «ROUET QUI TOURNE» 49

V.--LE RÈGNE DE L'ARGENT 61

VI.--«SOCIETY PAPERS» 85

VII.--CLUBS DE FEMMES 103

VIII.--CHIMÈRES 143

IX.--JEUNESSE ET VIEILLESSE 181

X.--FANATISME, PORTRAITS, ACTRICES 198

XI.--THÉÂTRES 222

XII.--«POLICE COURTS» 241

XIII.--BOARD SCHOOLS 258

XIV.--VIE DE PROVINCE 281

End of Project Gutenberg's Notes sur Londres, by Henrietta de Quigini Puliga

Notes sur Londres · 第 9 / 9 段