CITOYENS,

Cette lettre a pour objet de prendre congé de vous. La liberté des

cultes est proclamée. Vous n'aurez affaire désormais, comme tous les

citoyens, qu'au ministre de la justice. Je veux dire que si, ce que je

suis loin de prévoir, vous usez de votre liberté de manière à blesser

la liberté d'autrui, troubler l'ordre, ou choquer l'honnêteté, vous

rencontrerez infailliblement la répression légale, à laquelle nul ne

doit être soustrait. Hors de là, vous agirez comme vous l'entendrez,

et cela étant, je ne vois pas en quoi je puis vous être utile. Moi et

toute la vaste administration que je dirige, nous devenons un fardeau

pour le public. Ce n'est pas assez dire; car à quoi pourrions-nous

occuper notre temps sans porter atteinte à la liberté de conscience?

Évidemment, tout fonctionnaire qui ne fait pas une chose utile, en

fait une nuisible par cela seul qu'il agit. En nous retirant, nous

remplissons donc deux conditions du programme républicain: économie,

liberté.

Le Secrétaire du ministère introuvable,

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 2 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 162 / 170 题