[395] On voudrait bien savoir quels faits précis sont cachés sous
toutes ces phrases hyperboliques.
[396] Voyez le frontispice gravé de l'ouvrage. Partout les armes
de Rohan et de Lorraine. Comme le dit énigmatiquement cette
phrase de la dédicace, c'est la reconnaissance de Daret, ce n'est
pas Mme de Chevreuse qui est représentée sous les traits de la
sacrificatrice. Le portrait de la duchesse est parmi les autres
et à la date de 1653. Celui de sa fille Charlotte, qui, je crois,
est unique, est de 1652, l'année même de sa mort.
II.--_Négociation de l'année 1638 et 1639 entre Richelieu et Mme de
Chevreuse pour le retour de celle-ci en France._
Ainsi que nous l'avons dit, p. 150, la Bibliothèque impériale
possède deux manuscrits qui éclairent cette négociation. L'un,
SUPPLÉMENT FRANÇAIS, no 4067, in-fol., récemment acquis de la
société des bibliophiles, contient, avec bien des lettres
étrangères à notre objet, des lettres relatives à l'affaire qui
nous intéresse, en trop petit nombre, mais autographes, et qui
viennent certainement de la cassette du cardinal de Richelieu,
comme les pièces sur l'affaire du Val-de-Grâce: ce manuscrit porte
au dos ce titre: _Lettres originales_. L'autre est le tome II
in-folio des MANUSCRITS DE COLBERT, _Affaires de France_; ce sont
des copies des papiers de Richelieu concernant la négociation dont
nous nous occupons. Ces copies l'embrassent tout entière; elles
reproduisent les pièces originales du _Supplément français_, et
elles en donnent beaucoup d'autres. Malheureusement elles sont
assez défectueuses. Le P. Griffet n'a connu ou du moins il ne cite
que ces copies de Colbert, et il en a le premier tiré plusieurs
lettres importantes. Nous mettons ici, dans toute leur teneur, les
principales pièces dont nous nous sommes servi.
LA REINE D'ANGLETERRE AU CARDINAL DE RICHELIEU, SUR LA GROSSESSE
DE LA REINE ANNE ET SUR L'ARRIVÉE DE MME DE CHEVREUSE EN
ANGLETERRE. MARS 1638[397].
«Mon cousin, ce m'est une joie si sensible que la grossesse de la
Reyne ma sœur que, envoyant ce gentilhomme pour en témoigner mon
ressentiment au Roy mon frère et à elle, j'ai cru que vous estiez
une personne avec qui, après eux, je m'en pouvois resjouir. C'est
ce que je fais par cette lettre. Et aussi connoissant le soin que
vous prenez de m'obliger, en ayant eu des preuves depuis peu, je
vous donne avis de l'arrivée de ma cousine la duchesse de
Chevreuse en ce pays, et vous prie que son arrivée ici ne lui
porte aucun préjudice dans ses affaires. Je me fie tant en votre
générosité que je ne fais nul doute que vous ne voudriez pas tant
me désobliger, après m'avoir tant obligée que vous avez fait, que
de ne lui pas accorder son bien, ainsi que vous lui aviez procuré
avant son partement. C'est la justice et son mérite qui le
demandent; s'estant comportée en Espagne et en ce pays comme elle
a fait, elle mérite bien cela de vous, et moi je me tiendrai pour
obligée qu'elle ne reçoive point de mauvais traitements estant
avec moi. Je ne vous en parlerai davantage, me fiant à ce que
vous m'avez promis qui est de m'obliger quand vous en auriez les
occasions. En voici une qui me fera demeurer toute ma vie, votre
bien affectionnée cousine, HENRIETTE MARIE R.»
[397] Manuscrits de Colbert, fol. 1. Manque dans le _Supplément
français_.