Le courrier porteur de ces nouvelles arriva le 3 septembre à Paris, au

moment même où les armements de la Prusse occupaient toute l'Europe,

et où l'on demandait à Napoléon de tirer M. d'Haugwitz et le roi

Frédéric-Guillaume d'embarras, en faisant rétrograder les troupes

françaises. Napoléon à son tour sentit naître en lui de profondes

défiances, et se figura qu'il était trahi. Le souvenir de la conduite

de l'Autriche l'année précédente, le souvenir de ses armements, si

souvent et si opiniâtrement niés, alors même que ses troupes étaient

en marche, ce souvenir revenant à son esprit, lui persuada qu'il en

serait de même cette fois, que les armements soudains de la Prusse

n'étaient qu'une perfidie, et qu'il courait le danger d'être surpris

en septembre 1806, comme il avait failli l'être en septembre 1805. Il

était donc peu disposé à retirer ses troupes de la Franconie, position

militaire fort importante, ainsi qu'on le verra bientôt, pour une

guerre contre la Prusse. Une autre circonstance le portait à croire à

une coalition. M. Fox, malade depuis deux mois, venait de mourir.

Ainsi, dans la même année, les fatigues d'un long pouvoir avaient tué

M. Pitt, et les premières épreuves d'un pouvoir redevenu nouveau pour

lui avaient hâté la fin de M. Fox. M. Fox emportait avec lui la paix

du monde, et la possibilité d'une alliance féconde entre la France et

l'Angleterre. Si l'Angleterre avait fait dans M. Pitt une grande

perte, l'Europe et l'humanité en faisaient une immense dans M. Fox.

Celui-ci mort, le parti de la guerre allait triompher du parti de la

paix dans le sein du cabinet britannique.

[En marge: À la mort de M. Fox, lord Lauderdale est chargé de

présenter à Paris les conditions de la Russie.]

Toutefois, ce cabinet n'osa pas changer notablement les conditions de

paix précédemment envoyées à Paris. Lord Yarmouth avait abandonné la

négociation par dégoût. Lord Lauderdale était resté seul. On lui

ordonna de Londres de présenter les demandes de la Russie, consistant

à réclamer la Sicile et la Dalmatie pour la cour de Naples, les

Baléares pour le roi de Piémont. Lord Lauderdale, en présentant ces

nouvelles conditions, agit au nom des deux cours et comme ayant les

pouvoirs de l'une et de l'autre. Ainsi, pour attendre l'effet des

ratifications de Saint-Pétersbourg, Napoléon avait manqué l'occasion

décisive d'avoir la paix. Les méprises arrivent aux plus grands

esprits dans le champ de la politique comme dans le champ de la

guerre.

[En marge: L'irritation que Napoléon ressent du refus de la Russie, et

des nouvelles conditions signifiées à Paris, ne le dispose pas

favorablement pour la paix.]

[En marge: Audience donnée par Napoléon à M. de Knobelsdorf.]

Napoléon en ressentit une sorte d'irritation qui le porta davantage

encore à supposer l'existence d'une conspiration européenne. Il était

donc beaucoup plus enclin à en appeler encore une fois aux armes, qu'à

céder. Il reçut à cette époque M. de Knobelsdorf, qui était venu en

toute hâte remplacer M. de Lucchesini. Il lui fit un accueil

personnellement obligeant, lui affirma positivement qu'il n'avait

aucun projet contre la Prusse, qu'il ne comprenait pas ce qu'elle

voulait de lui, car il ne voulait rien d'elle, si ce n'est l'exécution

des traités; qu'il ne songeait à lui rien enlever, que tout ce qu'on

avait publié à cet égard était faux; et il faisait allusion par ces

paroles aux rapports de M. de Lucchesini, qui avait présenté le même

jour ses lettres de rappel. Usant ensuite d'une franchise digne de sa

grandeur, il ajouta qu'il y avait dans les faux bruits répandus une

seule chose véritable, c'est ce qu'on disait du Hanovre; qu'en effet

il avait écouté à ce sujet l'Angleterre; que voyant la paix du monde

attachée à cette question, il avait eu le projet de s'adresser à la

Prusse, de lui exposer la situation dans toute sa vérité, de lui

donner le choix entre la paix générale, achetée par la restitution du

Hanovre, sauf dédommagement, et la continuation de la guerre contre

l'Angleterre, mais de la guerre à outrance, et après explication

toutefois sur le degré d'énergie que le roi Frédéric-Guillaume

entendrait y apporter. Il affirma en outre que, dans tous les cas, il

n'aurait arrêté aucune résolution sans s'en être ouvert franchement et

complétement avec la Prusse.

[En marge: Napoléon refuse de retirer les troupes françaises, et ne

veut pas donner d'autres explications que celles qu'il a données à M.

de Knobelsdorf.]

[En marge: Silence ordonné à M. de Laforest.]

Une si loyale explication aurait dû bannir tous les doutes. Mais il

fallait plus pour la Prusse, il fallait un acte de déférence qui

sauvât son orgueil. Napoléon s'y serait prêté peut-être, s'il n'avait

été en ce moment plein de défiance, et s'il n'avait cru à une nouvelle

coalition, qui n'existait pas encore, quoiqu'elle dût exister bientôt.

Mais dans cette excitation d'esprit que les événements provoquent, on

ne peut pas toujours juger à coup sûr ce qui se passe chez ses

adversaires. En conséquence il enjoignit à M. de Laforest de se tenir

sur la réserve, de dire à M. d'Haugwitz que la Prusse n'aurait pas

d'autres explications que celles qu'il avait données, à MM. de

Knobelsdorf et de Lucchesini, que quant à la demande relative aux

armées, il répondait par une demande exactement semblable, et que si

la Prusse contremandait ses armements, il prenait l'engagement de

faire immédiatement repasser le Rhin aux troupes françaises. Il

ordonna ensuite à M. de Laforest de se taire, et d'attendre les

événements.--Dans une situation pareille, lui écrivit-il, on n'en doit

pas croire les protestations, quelque sincères qu'elles puissent

paraître. Nous avons été trompés trop de fois. Il faut des faits: que

la Prusse désarme, et les Français repasseront le Rhin, mais point

avant.--

M. de Laforest exécuta fidèlement les ordres de son souverain, n'eut

pas de peine à convaincre M. d'Haugwitz, qui était convaincu d'avance,

mais dominé par les événements; et puis il se tut. Ce n'était pas

assez pour le cabinet prussien d'être éclairé sur les intentions de

Napoléon; il lui fallait une explication palpable à donner à l'opinion

publique, et à lui aussi des faits, mais des faits clairs et positifs,

c'est-à-dire la retraite des Français. Encore les imaginations

excitées se seraient-elles payées difficilement même d'un acte

rassurant. L'orgueil prussien réclamait une satisfaction. On a autant

et même plus besoin de satisfaction lorsqu'on a tort que lorsqu'on a

raison.

[En marge: Effet du silence gardé par M. de Laforest.]

[En marge: Après avoir attendu quelques jours des explications qui

n'arrivent pas, le roi de Prusse part pour l'armée.]

[En marge: La guerre est résolue entre la Prusse et la France.]

Le roi et M. d'Haugwitz laissèrent écouler quelques jours encore, pour

voir si Napoléon ne manderait pas quelque chose de plus explicite, de

plus satisfaisant.--Ce silence perd tout, répétait M. d'Haugwitz à M.

de Laforest.--Mais le sort en était jeté: la Prusse, par des

tergiversations qui lui avaient aliéné la confiance de Napoléon, la

France, par des procédés trop peu ménagés, devaient être amenées l'une

et l'autre à une guerre funeste, d'autant plus regrettable, que dans

l'état du monde c'étaient les deux seules puissances dont les intérêts

fussent conciliables. Le silence ordonné à M. de Laforest fut

invariablement gardé par lui, mais la douleur sur le visage, douleur

expressive, et suffisamment significative, si la cour de Prusse avait

voulu la comprendre, et se conduire d'après ce qu'elle aurait compris.

Il n'en était plus ainsi ni du roi Frédéric-Guillaume, ni de son

ministère. Tous les jours des régiments traversaient Berlin, en

chantant des airs patriotiques, que répétait le peuple ameuté dans les

rues. De toutes parts on demandait quand le roi partirait pour

l'armée, et s'il serait vrai qu'il restât à Potsdam, dans l'intention

de revenir sur sa première détermination. Le cri devint tel qu'il

fallut obéir à l'opinion. L'infortuné Frédéric-Guillaume partit le 21

septembre pour Magdebourg. C'était le signal de la guerre qu'on

attendait en Allemagne, et que Napoléon attendait à Paris. Dès ce jour

elle était inévitable. On en verra, dans le livre suivant, les

terribles vicissitudes, les désastreuses conséquences pour la Prusse,

et les résultats glorieux pour Napoléon, résultats qui nous

inspireraient une satisfaction sans mélange, si la politique eût été

d'accord avec la victoire.

FIN DU VINGT-QUATRIÈME LIVRE ET DU TOME SIXIÈME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE TOME SIXIÈME.

LIVRE VINGT-DEUXIÈME.

ULM ET TRAFALGAR.

Conséquences de la réunion de Gênes à l'Empire. -- Cette réunion,

quoiqu'elle soit une faute, a cependant des résultats heureux. --

Vaste champ qui s'ouvre aux combinaisons militaires de Napoléon.

-- Quatre attaques dirigées contre la France. -- Napoléon

s'occupe sérieusement d'une seule, et, par la manière dont il

entend la repousser, se propose de faire tomber les trois autres.

-- Exposition de son plan. -- Mouvement des six corps d'armée des

bords de l'Océan aux sources du Danube. -- Napoléon garde un

profond secret sur ses dispositions, et ne les communique qu'à

l'électeur de Bavière, afin de s'attacher ce prince en le

rassurant. -- Précautions qu'il prend pour la conservation de la

flottille. -- Son retour à Paris. -- Altération de l'opinion

publique à son égard. -- Reproches qu'on lui adresse. -- État des

finances. -- Commencement d'arriéré. -- Situation difficile des

principales places commerçantes. -- Disette de numéraire. --

Efforts du commerce pour se procurer des métaux précieux. --

Association de la compagnie des _Négociants réunis_ avec la cour

d'Espagne. -- Spéculation sur les piastres. -- Danger de cette

spéculation. -- La compagnie des _Négociants réunis_ ayant

confondu dans ses mains les affaires de la France et de

l'Espagne, rend communs à l'une les embarras de l'autre. --

Conséquences de cette situation pour la Banque de France. --

Irritation de Napoléon contre les gens d'affaires. -- Importantes

sommes en argent et en or envoyées à Strasbourg et en Italie. --

Levée de la conscription par un décret du Sénat. -- Organisation

des réserves. -- Emploi des gardes nationales. -- Séance au

Sénat. -- Froideur témoignée à Napoléon par le peuple de Paris.

-- Napoléon en éprouve quelque peine, mais il part pour l'armée,

certain de changer bientôt cette froideur en transports

d'enthousiasme. -- Dispositions des coalisés. -- Marche de deux

armées russes, l'une en Gallicie pour secourir les Autrichiens,

l'autre en Pologne pour menacer la Prusse. -- L'empereur

Alexandre à Pulawi. -- Ses négociations avec la cour de Berlin.

-- Marche des Autrichiens en Lombardie et en Bavière. -- Passage

de l'Inn par le général Mack. -- L'électeur de Bavière, après de

grandes perplexités, se jette dans les bras de la France, et

s'enfuit à Würzbourg avec sa cour et son armée. -- Le général

Mack prend position à Ulm. -- Conduite de la cour de Naples. --

Commencement des opérations militaires du côté des Français. --

Organisation de la grande armée. -- Passage du Rhin. -- Marche de

Napoléon avec six corps, le long des Alpes de Souabe, pour

tourner le général Mack. -- Le 6 et le 7 octobre, Napoléon

atteint le Danube vers Donauwerth, avant que le général Mack ait

eu aucun soupçon de la présence des Français. -- Passage général

du Danube. -- Le général Mack est enveloppé. -- Combats de

Wertingen et de Günzbourg. -- Napoléon à Augsbourg fait ses

dispositions dans le double but d'investir Ulm, et d'occuper

Munich, afin de séparer les Russes des Autrichiens. -- Erreur

commise par Murat. -- Danger de la division Dupont. -- Combat de

Haslach. -- Napoléon accourt sous les murs d'Ulm, et répare les

fautes commises. -- Combat d'Elchingen livré le 14 octobre. --

Investissement d'Ulm. -- Désespoir du général Mack, et retraite

de l'archiduc Ferdinand. -- L'armée autrichienne réduite à

capituler. -- Triomphe inouï de Napoléon. -- Il a détruit en

vingt jours une armée de 80 mille hommes, sans livrer bataille.

-- Suite des opérations navales depuis le retour de l'amiral

Villeneuve à Cadix. -- Sévérité de Napoléon envers cet amiral. --

Envoi de l'amiral Rosily pour le remplacer, et ordre à la flotte

de sortir de Cadix afin d'entrer dans la Méditerranée. -- Douleur

de l'amiral Villeneuve, et sa résolution de livrer une bataille

désespérée. -- État de la flotte franco-espagnole et de la flotte

anglaise. -- Instructions de Nelson à ses capitaines. -- Sortie

précipitée de l'amiral Villeneuve. -- Rencontre des deux flottes

au cap Trafalgar. -- Attaque des Anglais formés en deux colonnes.

-- Rupture de notre ligne de bataille. -- Combats héroïques du

_Redoutable_, du _Bucentaure_, du _Fougueux_, de l'_Algésiras_,

du _Pluton_, de _l'Achille_, du _Prince des Asturies_. -- Mort de

Nelson, captivité de Villeneuve. -- Défaite de notre flotte après

une lutte mémorable. -- Affreuse tempête à la suite de la

bataille. -- Les naufrages succèdent aux combats. -- Conduite du

gouvernement impérial à l'égard de la marine française. --

Silence ordonné sur les derniers événements. -- Ulm fait oublier

Trafalgar. 1 à 184

LIVRE VINGT-TROISIÈME.

AUSTERLITZ.

Effet produit par les nouvelles venues de l'armée. -- Crise

financière. -- La caisse de consolidation suspend ses payements

en Espagne, et contribue à accroître les embarras de la compagnie

des _Négociants réunis_. -- Secours fournis à cette compagnie par

la Banque de France. -- Émission trop considérable des billets de

la Banque, et suspension de ses payements. -- Faillites

nombreuses. -- Le public alarmé se confie en Napoléon, et attend

de lui quelque fait éclatant qui rétablisse le crédit et la paix.

-- Continuation des événements de la guerre. -- Situation des

affaires en Prusse. -- La prétendue violation du territoire

d'Anspach fournit des prétextes au parti de la guerre. --

L'empereur Alexandre en profite pour se rendre à Berlin. -- Il

entraîne la cour de Prusse à prendre des engagements éventuels

avec la coalition. -- Traité de Potsdam. -- Départ de M.

d'Haugwitz pour le quartier général français. -- Grande

résolution de Napoléon en apprenant les nouveaux dangers dont il

est menacé. -- Il précipite son mouvement sur Vienne. -- Bataille

de Caldiero en Italie. -- Marche de la grande armée à travers la

vallée du Danube. -- Passage de l'Inn, de la Traun, de l'Ens. --

Napoléon à Lintz. -- Mouvement que pouvaient faire les archiducs

Charles et Jean pour arrêter la marche de Napoléon. --

Précautions de celui-ci en approchant de Vienne. -- Distribution

de ses corps d'armée sur les deux rives du Danube et dans les

Alpes. -- Les Russes passent le Danube à Krems. -- Danger du

corps de Mortier. -- Combat de Dirnstein. -- Combat de Davout à

Mariazell. -- Entrée à Vienne. -- Surprise des ponts du Danube.

-- Napoléon veut en profiter pour couper la retraite au général

Kutusof. -- Murat et Lannes portés à Hollabrunn. -- Murat se

laisse tromper par une proposition d'armistice, et donne à

l'armée russe le temps de s'échapper. -- Napoléon rejette

l'armistice. -- Combat sanglant à Hollabrunn. -- Arrivée de

l'armée française à Brünn. -- Belles dispositions de Napoléon

pour occuper Vienne, se garder du côté des Alpes et de la Hongrie

contre les archiducs, et faire face aux Russes du côté de la

Moravie. -- Ney occupe le Tyrol, Augereau la Souabe. -- Prise des

corps de Jellachich et de Rohan. -- Départ de Napoléon pour

Brünn. -- Essai de négociation. -- Fol orgueil de l'état-major

russe. -- Nouvelle coterie formée autour d'Alexandre. -- Elle lui

inspire l'imprudente résolution de livrer bataille. -- Terrain

choisi d'avance par Napoléon. -- Bataille d'Austerlitz, livrée le

2 décembre. -- Destruction de l'armée austro-russe. -- L'empereur

d'Autriche au bivouac de Napoléon. -- Armistice accordé sous la

promesse d'une paix prochaine. -- Commencement de négociation à

Brünn. -- Conditions imposées par Napoléon. -- Il veut les États

vénitiens pour compléter le royaume d'Italie, le Tyrol et la

Souabe autrichienne pour agrandir la Bavière, les duchés de

Baden et de Wurtemberg. -- Alliances de famille avec ces trois

maisons allemandes. -- Résistance des plénipotentiaires

autrichiens. -- Napoléon, de retour à Vienne, a une longue

entrevue avec M. d'Haugwitz. -- Il reprend ses projets d'union

avec la Prusse, et lui donne le Hanovre, à condition qu'elle se

liera définitivement à la France. -- Traité de Vienne avec la

Prusse. -- Départ de M. d'Haugwitz pour Berlin. -- Napoléon,

débarrassé de la Prusse, devient plus exigeant à l'égard de

l'Autriche. -- La négociation transférée à Presbourg. --

Acceptation des conditions de la France, et paix de Presbourg. --

Départ de Napoléon pour Munich. -- Mariage d'Eugène de

Beauharnais avec la princesse Auguste de Bavière. -- Retour de

Napoléon à Paris. -- Accueil triomphal. 185 à 369

LIVRE VINGT-QUATRIÈME.

CONFÉDÉRATION DU RHIN.

Retour de Napoléon à Paris. -- Joie publique. -- Distribution des

drapeaux pris sur l'ennemi. -- Décret du Sénat ordonnant

l'érection d'un monument triomphal. -- Napoléon consacre ses

premiers soins aux finances. -- La compagnie des _Négociants

réunis_ est reconnue débitrice envers le Trésor d'une somme de

141 millions. -- Napoléon, mécontent de M. de Marbois, le

remplace par M. Mollien. -- Rétablissement du crédit. -- Trésor

formé avec les contributions levées en pays conquis. -- Ordres

relatifs au retour de l'armée, à l'occupation de la Dalmatie, à

la conquête de Naples. -- Suite des affaires de Prusse. -- La

ratification du traité de Schoenbrunn donnée avec des réserves.

-- Nouvelle mission de M. d'Haugwitz auprès de Napoléon. -- Le

traité de Schoenbrunn est refait à Paris, mais avec des

obligations de plus, et des avantages de moins pour la Prusse. --

M. de Lucchesini est envoyé à Berlin pour expliquer ces nouveaux

changements. -- Le traité de Schoenbrunn, devenu traité de Paris,

est enfin ratifié, et M. d'Haugwitz retourne en Prusse. --

Ascendant dominant de la France. -- Entrée de Joseph Bonaparte à

Naples. -- Occupation de Venise. -- Retards apportés à la remise

de la Dalmatie. -- L'armée française est arrêtée sur l'Inn, en

attendant la remise de la Dalmatie, et répartie entre les

provinces allemandes les plus capables de la nourrir. --

Souffrance des pays occupés. -- Situation de la cour de Prusse

après le retour de M. d'Haugwitz à Berlin. -- Envoi du duc de

Brunswick à Saint-Pétersbourg, pour expliquer la conduite du

cabinet prussien. -- État de la cour de Russie. -- Dispositions

d'Alexandre depuis Austerlitz. -- Accueil fait au duc de

Brunswick. -- Inutiles efforts de la Prusse pour faire approuver

par la Russie et par l'Angleterre l'occupation du Hanovre. --

L'Angleterre déclare la guerre à la Prusse. -- Mort de M. Pitt,

et avénement de M. Fox au ministère. -- Espérances de paix. --

Relations établies entre M. Fox et M. de Talleyrand. -- Envoi de

lord Yarmouth à Paris, en qualité de négociateur confidentiel. --

Bases d'une paix maritime. -- Les agents de l'Autriche, au lieu

de livrer les bouches du Cattaro aux Français, les livrent aux

Russes. -- Menaces de Napoléon à la cour de Vienne. -- La Russie

envoie M. d'Oubril à Paris, avec mission de prévenir un mouvement

de l'armée française contre l'Autriche, et de proposer la paix.

-- Lord Yarmouth et M. d'Oubril négocient conjointement à Paris.

-- Possibilité d'une paix générale. -- Calcul de Napoléon tendant

à traîner la négociation en longueur. -- Système de l'Empire

français. -- Royautés vassales, grands-duchés et duchés. --

Joseph roi de Naples, Louis roi de Hollande. -- Dissolution de

l'empire germanique. -- Confédération du Rhin. -- Mouvements de

l'armée française. -- Administration intérieure. -- Travaux

publics. -- La colonne de la place Vendôme, le Louvre, la rue

Impériale, l'arc de l'Étoile. -- Routes et canaux. -- Conseil

d'État. -- Création de l'Université. -- Budget de 1806. --

Rétablissement de l'impôt du sel. -- Nouveau système de

trésorerie. -- Réorganisation de la Banque de France. --

Continuation des négociations avec la Russie et l'Angleterre. --

Traité de paix avec la Russie, signé le 20 juillet par M.

d'Oubril. -- La signature de ce traité décide lord Yarmouth à

produire ses pouvoirs. -- Lord Lauderdale est adjoint à lord

Yarmouth. -- Difficultés de la négociation avec l'Angleterre. --

Quelques indiscrétions commises par les négociateurs anglais, au

sujet de la restitution du Hanovre, font naître à Berlin de vives

inquiétudes. -- Faux rapports qui exaltent l'esprit de la cour de

Prusse. -- Nouvel entraînement des esprits à Berlin, et

résolution d'armer. -- Surprise et méfiance de Napoléon. -- La

Russie refuse de ratifier le traité signé par M. d'Oubril, et

propose de nouvelles conditions. -- Napoléon ne veut pas les

admettre. -- Tendance générale à la guerre. -- Le roi de Prusse

demande l'éloignement de l'armée française. -- Napoléon répond

par la demande d'éloigner l'année prussienne. -- Silence prolongé

de part et d'autre. -- Les deux souverains partent pour l'armée.

-- La guerre est déclarée entre la Prusse et la France. 370 à 568

FIN DE LA TABLE DU SIXIÈME VOLUME.

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 06 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 39 / 39 段