moment même où les armements de la Prusse occupaient toute l'Europe,
et où l'on demandait à Napoléon de tirer M. d'Haugwitz et le roi
Frédéric-Guillaume d'embarras, en faisant rétrograder les troupes
françaises. Napoléon à son tour sentit naître en lui de profondes
défiances, et se figura qu'il était trahi. Le souvenir de la conduite
de l'Autriche l'année précédente, le souvenir de ses armements, si
souvent et si opiniâtrement niés, alors même que ses troupes étaient
en marche, ce souvenir revenant à son esprit, lui persuada qu'il en
serait de même cette fois, que les armements soudains de la Prusse
n'étaient qu'une perfidie, et qu'il courait le danger d'être surpris
en septembre 1806, comme il avait failli l'être en septembre 1805. Il
était donc peu disposé à retirer ses troupes de la Franconie, position
militaire fort importante, ainsi qu'on le verra bientôt, pour une
guerre contre la Prusse. Une autre circonstance le portait à croire à
une coalition. M. Fox, malade depuis deux mois, venait de mourir.
Ainsi, dans la même année, les fatigues d'un long pouvoir avaient tué
M. Pitt, et les premières épreuves d'un pouvoir redevenu nouveau pour
lui avaient hâté la fin de M. Fox. M. Fox emportait avec lui la paix
du monde, et la possibilité d'une alliance féconde entre la France et
l'Angleterre. Si l'Angleterre avait fait dans M. Pitt une grande
perte, l'Europe et l'humanité en faisaient une immense dans M. Fox.
Celui-ci mort, le parti de la guerre allait triompher du parti de la
paix dans le sein du cabinet britannique.
[En marge: À la mort de M. Fox, lord Lauderdale est chargé de
présenter à Paris les conditions de la Russie.]
Toutefois, ce cabinet n'osa pas changer notablement les conditions de
paix précédemment envoyées à Paris. Lord Yarmouth avait abandonné la
négociation par dégoût. Lord Lauderdale était resté seul. On lui
ordonna de Londres de présenter les demandes de la Russie, consistant
à réclamer la Sicile et la Dalmatie pour la cour de Naples, les
Baléares pour le roi de Piémont. Lord Lauderdale, en présentant ces
nouvelles conditions, agit au nom des deux cours et comme ayant les
pouvoirs de l'une et de l'autre. Ainsi, pour attendre l'effet des
ratifications de Saint-Pétersbourg, Napoléon avait manqué l'occasion
décisive d'avoir la paix. Les méprises arrivent aux plus grands
esprits dans le champ de la politique comme dans le champ de la
guerre.
[En marge: L'irritation que Napoléon ressent du refus de la Russie, et
des nouvelles conditions signifiées à Paris, ne le dispose pas
favorablement pour la paix.]
[En marge: Audience donnée par Napoléon à M. de Knobelsdorf.]
Napoléon en ressentit une sorte d'irritation qui le porta davantage
encore à supposer l'existence d'une conspiration européenne. Il était
donc beaucoup plus enclin à en appeler encore une fois aux armes, qu'à
céder. Il reçut à cette époque M. de Knobelsdorf, qui était venu en
toute hâte remplacer M. de Lucchesini. Il lui fit un accueil
personnellement obligeant, lui affirma positivement qu'il n'avait
aucun projet contre la Prusse, qu'il ne comprenait pas ce qu'elle
voulait de lui, car il ne voulait rien d'elle, si ce n'est l'exécution
des traités; qu'il ne songeait à lui rien enlever, que tout ce qu'on
avait publié à cet égard était faux; et il faisait allusion par ces
paroles aux rapports de M. de Lucchesini, qui avait présenté le même
jour ses lettres de rappel. Usant ensuite d'une franchise digne de sa
grandeur, il ajouta qu'il y avait dans les faux bruits répandus une
seule chose véritable, c'est ce qu'on disait du Hanovre; qu'en effet
il avait écouté à ce sujet l'Angleterre; que voyant la paix du monde
attachée à cette question, il avait eu le projet de s'adresser à la
Prusse, de lui exposer la situation dans toute sa vérité, de lui
donner le choix entre la paix générale, achetée par la restitution du
Hanovre, sauf dédommagement, et la continuation de la guerre contre
l'Angleterre, mais de la guerre à outrance, et après explication
toutefois sur le degré d'énergie que le roi Frédéric-Guillaume
entendrait y apporter. Il affirma en outre que, dans tous les cas, il
n'aurait arrêté aucune résolution sans s'en être ouvert franchement et
complétement avec la Prusse.
[En marge: Napoléon refuse de retirer les troupes françaises, et ne
veut pas donner d'autres explications que celles qu'il a données à M.
de Knobelsdorf.]
[En marge: Silence ordonné à M. de Laforest.]
Une si loyale explication aurait dû bannir tous les doutes. Mais il
fallait plus pour la Prusse, il fallait un acte de déférence qui
sauvât son orgueil. Napoléon s'y serait prêté peut-être, s'il n'avait
été en ce moment plein de défiance, et s'il n'avait cru à une nouvelle
coalition, qui n'existait pas encore, quoiqu'elle dût exister bientôt.
Mais dans cette excitation d'esprit que les événements provoquent, on
ne peut pas toujours juger à coup sûr ce qui se passe chez ses
adversaires. En conséquence il enjoignit à M. de Laforest de se tenir
sur la réserve, de dire à M. d'Haugwitz que la Prusse n'aurait pas
d'autres explications que celles qu'il avait données, à MM. de
Knobelsdorf et de Lucchesini, que quant à la demande relative aux
armées, il répondait par une demande exactement semblable, et que si
la Prusse contremandait ses armements, il prenait l'engagement de
faire immédiatement repasser le Rhin aux troupes françaises. Il
ordonna ensuite à M. de Laforest de se taire, et d'attendre les
événements.--Dans une situation pareille, lui écrivit-il, on n'en doit
pas croire les protestations, quelque sincères qu'elles puissent
paraître. Nous avons été trompés trop de fois. Il faut des faits: que
la Prusse désarme, et les Français repasseront le Rhin, mais point
avant.--
M. de Laforest exécuta fidèlement les ordres de son souverain, n'eut
pas de peine à convaincre M. d'Haugwitz, qui était convaincu d'avance,
mais dominé par les événements; et puis il se tut. Ce n'était pas
assez pour le cabinet prussien d'être éclairé sur les intentions de
Napoléon; il lui fallait une explication palpable à donner à l'opinion
publique, et à lui aussi des faits, mais des faits clairs et positifs,
c'est-à-dire la retraite des Français. Encore les imaginations
excitées se seraient-elles payées difficilement même d'un acte
rassurant. L'orgueil prussien réclamait une satisfaction. On a autant
et même plus besoin de satisfaction lorsqu'on a tort que lorsqu'on a
raison.
[En marge: Effet du silence gardé par M. de Laforest.]
[En marge: Après avoir attendu quelques jours des explications qui
n'arrivent pas, le roi de Prusse part pour l'armée.]
[En marge: La guerre est résolue entre la Prusse et la France.]
Le roi et M. d'Haugwitz laissèrent écouler quelques jours encore, pour
voir si Napoléon ne manderait pas quelque chose de plus explicite, de
plus satisfaisant.--Ce silence perd tout, répétait M. d'Haugwitz à M.
de Laforest.--Mais le sort en était jeté: la Prusse, par des
tergiversations qui lui avaient aliéné la confiance de Napoléon, la
France, par des procédés trop peu ménagés, devaient être amenées l'une
et l'autre à une guerre funeste, d'autant plus regrettable, que dans
l'état du monde c'étaient les deux seules puissances dont les intérêts
fussent conciliables. Le silence ordonné à M. de Laforest fut
invariablement gardé par lui, mais la douleur sur le visage, douleur
expressive, et suffisamment significative, si la cour de Prusse avait
voulu la comprendre, et se conduire d'après ce qu'elle aurait compris.
Il n'en était plus ainsi ni du roi Frédéric-Guillaume, ni de son
ministère. Tous les jours des régiments traversaient Berlin, en
chantant des airs patriotiques, que répétait le peuple ameuté dans les
rues. De toutes parts on demandait quand le roi partirait pour
l'armée, et s'il serait vrai qu'il restât à Potsdam, dans l'intention
de revenir sur sa première détermination. Le cri devint tel qu'il
fallut obéir à l'opinion. L'infortuné Frédéric-Guillaume partit le 21
septembre pour Magdebourg. C'était le signal de la guerre qu'on
attendait en Allemagne, et que Napoléon attendait à Paris. Dès ce jour
elle était inévitable. On en verra, dans le livre suivant, les
terribles vicissitudes, les désastreuses conséquences pour la Prusse,
et les résultats glorieux pour Napoléon, résultats qui nous
inspireraient une satisfaction sans mélange, si la politique eût été
d'accord avec la victoire.
FIN DU VINGT-QUATRIÈME LIVRE ET DU TOME SIXIÈME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TOME SIXIÈME.
LIVRE VINGT-DEUXIÈME.
ULM ET TRAFALGAR.
Conséquences de la réunion de Gênes à l'Empire. -- Cette réunion,
quoiqu'elle soit une faute, a cependant des résultats heureux. --
Vaste champ qui s'ouvre aux combinaisons militaires de Napoléon.
-- Quatre attaques dirigées contre la France. -- Napoléon
s'occupe sérieusement d'une seule, et, par la manière dont il
entend la repousser, se propose de faire tomber les trois autres.
-- Exposition de son plan. -- Mouvement des six corps d'armée des
bords de l'Océan aux sources du Danube. -- Napoléon garde un
profond secret sur ses dispositions, et ne les communique qu'à
l'électeur de Bavière, afin de s'attacher ce prince en le
rassurant. -- Précautions qu'il prend pour la conservation de la
flottille. -- Son retour à Paris. -- Altération de l'opinion
publique à son égard. -- Reproches qu'on lui adresse. -- État des
finances. -- Commencement d'arriéré. -- Situation difficile des
principales places commerçantes. -- Disette de numéraire. --
Efforts du commerce pour se procurer des métaux précieux. --
Association de la compagnie des _Négociants réunis_ avec la cour
d'Espagne. -- Spéculation sur les piastres. -- Danger de cette
spéculation. -- La compagnie des _Négociants réunis_ ayant
confondu dans ses mains les affaires de la France et de
l'Espagne, rend communs à l'une les embarras de l'autre. --
Conséquences de cette situation pour la Banque de France. --
Irritation de Napoléon contre les gens d'affaires. -- Importantes
sommes en argent et en or envoyées à Strasbourg et en Italie. --
Levée de la conscription par un décret du Sénat. -- Organisation
des réserves. -- Emploi des gardes nationales. -- Séance au
Sénat. -- Froideur témoignée à Napoléon par le peuple de Paris.
-- Napoléon en éprouve quelque peine, mais il part pour l'armée,
certain de changer bientôt cette froideur en transports
d'enthousiasme. -- Dispositions des coalisés. -- Marche de deux
armées russes, l'une en Gallicie pour secourir les Autrichiens,
l'autre en Pologne pour menacer la Prusse. -- L'empereur
Alexandre à Pulawi. -- Ses négociations avec la cour de Berlin.
-- Marche des Autrichiens en Lombardie et en Bavière. -- Passage
de l'Inn par le général Mack. -- L'électeur de Bavière, après de
grandes perplexités, se jette dans les bras de la France, et
s'enfuit à Würzbourg avec sa cour et son armée. -- Le général
Mack prend position à Ulm. -- Conduite de la cour de Naples. --
Commencement des opérations militaires du côté des Français. --
Organisation de la grande armée. -- Passage du Rhin. -- Marche de
Napoléon avec six corps, le long des Alpes de Souabe, pour
tourner le général Mack. -- Le 6 et le 7 octobre, Napoléon
atteint le Danube vers Donauwerth, avant que le général Mack ait
eu aucun soupçon de la présence des Français. -- Passage général
du Danube. -- Le général Mack est enveloppé. -- Combats de
Wertingen et de Günzbourg. -- Napoléon à Augsbourg fait ses
dispositions dans le double but d'investir Ulm, et d'occuper
Munich, afin de séparer les Russes des Autrichiens. -- Erreur
commise par Murat. -- Danger de la division Dupont. -- Combat de
Haslach. -- Napoléon accourt sous les murs d'Ulm, et répare les
fautes commises. -- Combat d'Elchingen livré le 14 octobre. --
Investissement d'Ulm. -- Désespoir du général Mack, et retraite
de l'archiduc Ferdinand. -- L'armée autrichienne réduite à
capituler. -- Triomphe inouï de Napoléon. -- Il a détruit en
vingt jours une armée de 80 mille hommes, sans livrer bataille.
-- Suite des opérations navales depuis le retour de l'amiral
Villeneuve à Cadix. -- Sévérité de Napoléon envers cet amiral. --
Envoi de l'amiral Rosily pour le remplacer, et ordre à la flotte
de sortir de Cadix afin d'entrer dans la Méditerranée. -- Douleur
de l'amiral Villeneuve, et sa résolution de livrer une bataille
désespérée. -- État de la flotte franco-espagnole et de la flotte
anglaise. -- Instructions de Nelson à ses capitaines. -- Sortie
précipitée de l'amiral Villeneuve. -- Rencontre des deux flottes
au cap Trafalgar. -- Attaque des Anglais formés en deux colonnes.
-- Rupture de notre ligne de bataille. -- Combats héroïques du
_Redoutable_, du _Bucentaure_, du _Fougueux_, de l'_Algésiras_,
du _Pluton_, de _l'Achille_, du _Prince des Asturies_. -- Mort de
Nelson, captivité de Villeneuve. -- Défaite de notre flotte après
une lutte mémorable. -- Affreuse tempête à la suite de la
bataille. -- Les naufrages succèdent aux combats. -- Conduite du
gouvernement impérial à l'égard de la marine française. --
Silence ordonné sur les derniers événements. -- Ulm fait oublier
Trafalgar. 1 à 184
LIVRE VINGT-TROISIÈME.
AUSTERLITZ.
Effet produit par les nouvelles venues de l'armée. -- Crise
financière. -- La caisse de consolidation suspend ses payements
en Espagne, et contribue à accroître les embarras de la compagnie
des _Négociants réunis_. -- Secours fournis à cette compagnie par
la Banque de France. -- Émission trop considérable des billets de
la Banque, et suspension de ses payements. -- Faillites
nombreuses. -- Le public alarmé se confie en Napoléon, et attend
de lui quelque fait éclatant qui rétablisse le crédit et la paix.
-- Continuation des événements de la guerre. -- Situation des
affaires en Prusse. -- La prétendue violation du territoire
d'Anspach fournit des prétextes au parti de la guerre. --
L'empereur Alexandre en profite pour se rendre à Berlin. -- Il
entraîne la cour de Prusse à prendre des engagements éventuels
avec la coalition. -- Traité de Potsdam. -- Départ de M.
d'Haugwitz pour le quartier général français. -- Grande
résolution de Napoléon en apprenant les nouveaux dangers dont il
est menacé. -- Il précipite son mouvement sur Vienne. -- Bataille
de Caldiero en Italie. -- Marche de la grande armée à travers la
vallée du Danube. -- Passage de l'Inn, de la Traun, de l'Ens. --
Napoléon à Lintz. -- Mouvement que pouvaient faire les archiducs
Charles et Jean pour arrêter la marche de Napoléon. --
Précautions de celui-ci en approchant de Vienne. -- Distribution
de ses corps d'armée sur les deux rives du Danube et dans les
Alpes. -- Les Russes passent le Danube à Krems. -- Danger du
corps de Mortier. -- Combat de Dirnstein. -- Combat de Davout à
Mariazell. -- Entrée à Vienne. -- Surprise des ponts du Danube.
-- Napoléon veut en profiter pour couper la retraite au général
Kutusof. -- Murat et Lannes portés à Hollabrunn. -- Murat se
laisse tromper par une proposition d'armistice, et donne à
l'armée russe le temps de s'échapper. -- Napoléon rejette
l'armistice. -- Combat sanglant à Hollabrunn. -- Arrivée de
l'armée française à Brünn. -- Belles dispositions de Napoléon
pour occuper Vienne, se garder du côté des Alpes et de la Hongrie
contre les archiducs, et faire face aux Russes du côté de la
Moravie. -- Ney occupe le Tyrol, Augereau la Souabe. -- Prise des
corps de Jellachich et de Rohan. -- Départ de Napoléon pour
Brünn. -- Essai de négociation. -- Fol orgueil de l'état-major
russe. -- Nouvelle coterie formée autour d'Alexandre. -- Elle lui
inspire l'imprudente résolution de livrer bataille. -- Terrain
choisi d'avance par Napoléon. -- Bataille d'Austerlitz, livrée le
2 décembre. -- Destruction de l'armée austro-russe. -- L'empereur
d'Autriche au bivouac de Napoléon. -- Armistice accordé sous la
promesse d'une paix prochaine. -- Commencement de négociation à
Brünn. -- Conditions imposées par Napoléon. -- Il veut les États
vénitiens pour compléter le royaume d'Italie, le Tyrol et la
Souabe autrichienne pour agrandir la Bavière, les duchés de
Baden et de Wurtemberg. -- Alliances de famille avec ces trois
maisons allemandes. -- Résistance des plénipotentiaires
autrichiens. -- Napoléon, de retour à Vienne, a une longue
entrevue avec M. d'Haugwitz. -- Il reprend ses projets d'union
avec la Prusse, et lui donne le Hanovre, à condition qu'elle se
liera définitivement à la France. -- Traité de Vienne avec la
Prusse. -- Départ de M. d'Haugwitz pour Berlin. -- Napoléon,
débarrassé de la Prusse, devient plus exigeant à l'égard de
l'Autriche. -- La négociation transférée à Presbourg. --
Acceptation des conditions de la France, et paix de Presbourg. --
Départ de Napoléon pour Munich. -- Mariage d'Eugène de
Beauharnais avec la princesse Auguste de Bavière. -- Retour de
Napoléon à Paris. -- Accueil triomphal. 185 à 369
LIVRE VINGT-QUATRIÈME.
CONFÉDÉRATION DU RHIN.
Retour de Napoléon à Paris. -- Joie publique. -- Distribution des
drapeaux pris sur l'ennemi. -- Décret du Sénat ordonnant
l'érection d'un monument triomphal. -- Napoléon consacre ses
premiers soins aux finances. -- La compagnie des _Négociants
réunis_ est reconnue débitrice envers le Trésor d'une somme de
141 millions. -- Napoléon, mécontent de M. de Marbois, le
remplace par M. Mollien. -- Rétablissement du crédit. -- Trésor
formé avec les contributions levées en pays conquis. -- Ordres
relatifs au retour de l'armée, à l'occupation de la Dalmatie, à
la conquête de Naples. -- Suite des affaires de Prusse. -- La
ratification du traité de Schoenbrunn donnée avec des réserves.
-- Nouvelle mission de M. d'Haugwitz auprès de Napoléon. -- Le
traité de Schoenbrunn est refait à Paris, mais avec des
obligations de plus, et des avantages de moins pour la Prusse. --
M. de Lucchesini est envoyé à Berlin pour expliquer ces nouveaux
changements. -- Le traité de Schoenbrunn, devenu traité de Paris,
est enfin ratifié, et M. d'Haugwitz retourne en Prusse. --
Ascendant dominant de la France. -- Entrée de Joseph Bonaparte à
Naples. -- Occupation de Venise. -- Retards apportés à la remise
de la Dalmatie. -- L'armée française est arrêtée sur l'Inn, en
attendant la remise de la Dalmatie, et répartie entre les
provinces allemandes les plus capables de la nourrir. --
Souffrance des pays occupés. -- Situation de la cour de Prusse
après le retour de M. d'Haugwitz à Berlin. -- Envoi du duc de
Brunswick à Saint-Pétersbourg, pour expliquer la conduite du
cabinet prussien. -- État de la cour de Russie. -- Dispositions
d'Alexandre depuis Austerlitz. -- Accueil fait au duc de
Brunswick. -- Inutiles efforts de la Prusse pour faire approuver
par la Russie et par l'Angleterre l'occupation du Hanovre. --
L'Angleterre déclare la guerre à la Prusse. -- Mort de M. Pitt,
et avénement de M. Fox au ministère. -- Espérances de paix. --
Relations établies entre M. Fox et M. de Talleyrand. -- Envoi de
lord Yarmouth à Paris, en qualité de négociateur confidentiel. --
Bases d'une paix maritime. -- Les agents de l'Autriche, au lieu
de livrer les bouches du Cattaro aux Français, les livrent aux
Russes. -- Menaces de Napoléon à la cour de Vienne. -- La Russie
envoie M. d'Oubril à Paris, avec mission de prévenir un mouvement
de l'armée française contre l'Autriche, et de proposer la paix.
-- Lord Yarmouth et M. d'Oubril négocient conjointement à Paris.
-- Possibilité d'une paix générale. -- Calcul de Napoléon tendant
à traîner la négociation en longueur. -- Système de l'Empire
français. -- Royautés vassales, grands-duchés et duchés. --
Joseph roi de Naples, Louis roi de Hollande. -- Dissolution de
l'empire germanique. -- Confédération du Rhin. -- Mouvements de
l'armée française. -- Administration intérieure. -- Travaux
publics. -- La colonne de la place Vendôme, le Louvre, la rue
Impériale, l'arc de l'Étoile. -- Routes et canaux. -- Conseil
d'État. -- Création de l'Université. -- Budget de 1806. --
Rétablissement de l'impôt du sel. -- Nouveau système de
trésorerie. -- Réorganisation de la Banque de France. --
Continuation des négociations avec la Russie et l'Angleterre. --
Traité de paix avec la Russie, signé le 20 juillet par M.
d'Oubril. -- La signature de ce traité décide lord Yarmouth à
produire ses pouvoirs. -- Lord Lauderdale est adjoint à lord
Yarmouth. -- Difficultés de la négociation avec l'Angleterre. --
Quelques indiscrétions commises par les négociateurs anglais, au
sujet de la restitution du Hanovre, font naître à Berlin de vives
inquiétudes. -- Faux rapports qui exaltent l'esprit de la cour de
Prusse. -- Nouvel entraînement des esprits à Berlin, et
résolution d'armer. -- Surprise et méfiance de Napoléon. -- La
Russie refuse de ratifier le traité signé par M. d'Oubril, et
propose de nouvelles conditions. -- Napoléon ne veut pas les
admettre. -- Tendance générale à la guerre. -- Le roi de Prusse
demande l'éloignement de l'armée française. -- Napoléon répond
par la demande d'éloigner l'année prussienne. -- Silence prolongé
de part et d'autre. -- Les deux souverains partent pour l'armée.
-- La guerre est déclarée entre la Prusse et la France. 370 à 568
FIN DE LA TABLE DU SIXIÈME VOLUME.