--Pauvre Belle-Rose! tu l'aimais, toi! Ce devait être ainsi. Maintenant,
tu souffres et tu es seul! Moi, voilà six ans que je pleure.
Belle-Rose, à son tour, pressa la main de M. d'Assonville.
--Tu as le coeur noble et loyal, et tu vas t'aviser de mettre toute ta
vie sur la parole d'une femme! reprit le capitaine. Cela devait être,
vois-tu. Je le sais bien, moi. Quand on prend une maîtresse au hasard,
et qu'on la quitte comme on perd une pistole au lansquenet, ces
choses-là n'arrivent jamais. Il n'y a que les fous qui aiment, et nous
sommes de ces fous-là. Je ne te dirai pas de secouer ta souffrance comme
on secoue au vent la poussière du chemin, mais tu es homme et tu es
soldat. Roidis-toi contre le mal et attends; si tu en meurs, il faut
mourir debout.
--Oui, capitaine, répondit Belle-Rose d'une voix ferme; et passant ses
mains dans ses longs cheveux bouclés, il rejeta sa tête en arrière.