89. Un carreau, avec le sac[340] de velours rouge cramoisi[341], avec
trois rangs de grand gallon or et argent, tout neufs qui ont cousté 700
l. et qu’on donnera pour moins de 400 l. _Adr._ à M. Menu, procureur au
Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne.
[340] C’est-à-dire la couverture.
[341] Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de coussins
dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient richement
ainsi de velours de couleur et de galons d’or.
93. Une tenture de haute-lice[342], representant les travaux d’Ulisse,
presque neuve, de 19 à 20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour 3,000
l. _Adr._ chez M. Predeseigle, marchand drapier, r. du Petit-Pont à
l’Estoille d’or.
[342] V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283.
60. Douze chaises de moquette[343] larges, bien garnies de crain, et les
bois à colonnes torses, avec le tapis et le lit de repos[344] tout
complet, le tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. _Adr._ au bureau.
[343] C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les chaises,
et, selon Richelet, «les formes» ou tabourets. Il est parlé, dans le
_Ballet des Romans_, p. 14, d’une «forme de moquette». On en faisoit
aussi des tapis. V. Tallemant, 1re édit., t. III, p. 69.
[344] «Sorte de petit lit pour reposer après le dîner.» Richelet.
69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine mêlée de cinq pieds et
demy de large, avec 12 ou 14 sièges. _Adr._ au bureau.
102. Un lit de point d’Angleterre ondé de laine et de soye du prix de
900 l. _Adr._ à M. Curaud, au cloistre St. Médéric à l’hostel de
Roanez[345].
[345] Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de Roannez, ami
de Pascal, qui logea longtemps chez lui et faillit y être poignardé
par la concierge de l’hôtel, furieuse de ce qu’il vouloit persuader
à mademoiselle de Roannez, sœur du duc, de ne pas se marier et de se
retirer dans un couvent. V. les _Manuscrits_ de Marguerite
Périer.--C’est le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des
carrosses à cinq sous, sorte d’omnibus du XVIIe siècle.
Choses Diverses.
3. Un cachet sur un grand rubis du Temple[346], dont le manche est un
chien qui a le devant et derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande
perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier mot, ou à échanger
contre quelque lit de campagne ou un cabinet de mesme prix[347]. _Adr._
au bureau où l’on le fera voir.
[346] Sur ces fausses pierreries dites «diamants du Temple», voy. t.
I, p. 248.
[347] V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286.
5. Un orgue à 4 jeux; sçavoir un bourdon de 4 pieds, son octave ou
flute, un flageollet et une voix humaine de la fabrique de M. Le
Prescheur[348]. _Adr._ à M. Denis ingenieur du Roy au mont St. Hilaire,
près l’Eglise au Chef S. Denis.
[348] Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous n’avons pas vu
nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu à la fabrique d’orgues de
la rue des Ménétriers, indiquée plus haut, t. I, p. 216. V., sur
Créteil, dont c’étoit aussi l’industrie, _Id._ p. 209.--Colletet,
dans son _Journal_, annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22
août 1676, l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant: «_On
sçait un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné
à huit jeux... qui peut estre fort propre pour un monastère de
Religieux ou Religieuses, petite paroisse de Paris, ou centre
considérable à la campagne, Communauté ou Collège. On le donnera
pour cinquante louis, quoiqu’il ait effectivement cousté plus de
cent pistoles._»
6. Une basse de viole d’Angleterre[349], enrichie de filets d’ébène, un
dessus de viole, et un thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire
à vendre. _Adr._ à M. d’Angebert[350]. R. St Honoré, proche des bastons
Royaux[351], chez mad. Ranquet.
[349] V. sur _la basse de viole_ et ceux qui l’enseignoient, t. I, p.
210.
[350] Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, t. I,
p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin.
[351] Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre _Histoire de la Butte des
Moulins_, p. 52.
7. De très beaux chevaux de Flandres à vendre en gros et en détail.
_Adr._ à mad. Bareilles. R. saint Honoré, près le Palais Royal, aux
Armes de Condé, proche un tapissier, à la première chambre[352].
[352] Au premier étage. V. plus haut p. 314.
8. De grosses boucles d’oreille de diamants du Temple[353] très beaux, à
vendre pour 10 escus. _Adr._ au Bureau, où l’on les fera voir.
[353] V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente.
14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds pour 4 personnes, garnie de
serge grise neuve à 2 envers, avec les 2 coussins; il y a dedans 2
coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le tout à vendre pour 100
l. _Adr._ à M. Hennoyer, sellier de Mademoiselle, proche les Quinze
Vingts[354].
[354] La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, ayant
longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le voit, gardé ses
fournisseurs dans les environs.
16. On vend de fort bon vin de Tonnerre pour des nopces à 6, 8 et 10 s.
la pinte dans la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un faiseur de
Luth[355].
[355] On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit faire débit
de son vin. C’est ce qui s’appeloit «vendre à pot». Fr. Colletet,
dans son _Journal_, à la date du 5 août 1676, nous dit à ce sujet ce
que coûtoit alors le vin de Champagne: «_Un Bourgeois de Paris vend
en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s.
la bouteille; il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est
de son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure._»
18. Les Conciles d’impression du Louvre en 37 volumes[356], bien reliez,
à vendre. _Adr._ au Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque volume
à voir si on le souhaite.
[356] C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du Louvre,
alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, en 1715, avec des
additions et une table excellente, par les soins du P. Hardouin.
25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et exclusif à tous autres,
continue à faire les planches façon de marbre et des tables de mesme,
dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez depuis 1643. Il loge
r. S. Marc, entre les portes Richelieu et Montmartre[357], chez le sieur
Petit Charpentier[358].
[357] La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des seigneuries
des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, sur le terrain de
laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit en effet de trait
d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, bâties l’une et
l’autre à cette hauteur dans les derniers temps de Louis XIII et
démolies ensemble en 1701.
[358] Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli: _Requeste
d’inscription de faux en forme de factum présenté au Châtelet, le 16
juillet 1676_, par le sr Guichard, in-4º: «Le sieur Antoine Petit,
charpentier, y est-il dit, travaillant aux ouvrages de charpenterie
des maisons et de l’Opéra de J.-B. Lulli.»
35. La grande Bible polyglotte de Londres et le Lexicon, en 7 langues
orientales, en 8 vol.[359] en blanc[360] à vendre pour 400 l. _Adr._ à
mad. Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de Sedan.
[359] C’est _la Bible_ de l’évêque de Chester, Walton, publiée en 1657
à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le _Lexicon heptaglotton_ de
Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta de deux volumes nouveaux.
[360] C’est-à-dire non reliés.
24. Un habit et manteau de moire noir, le caneçon de chamois, et les bas
de soie à vendre pour 20 escus. _Adr._ chez la Dame de Clermont au coin
de la rue des Consuls[361], chez un confiturier à la 3 chambre.
[361] La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, dans l’ancien
cloître Saint-Merry.
41. Un Collier double de 206 perles baroques de belle eau à vendre, au
dernier mot 15 écus. _Adr._ au Bureau où on les pourra voir.
48. Un autre collier de perles barroques assez grosses et de belle eau à
vendre pour 360 l. _Adr._ au bureau où on les pourra voir.
82. Il est arrivé un marchand de vin de la ville de Condrieux, qui en
vend à 16 s. la pinte dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean en
Grêve.
83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse à vendre ensemble ou
séparément. _Adr._ au Bur.
50. On continue à débiter au bureau des Chapeaux de la manufacture de
l’Hopital Général[362], fort bons et esprouvez contre la pluye, et à
très-grand marché, à 30 sols tout garnis.
[362] Des fabriques et manufactures avoient été établies, afin de
créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, des ressources
pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à l’heure que la fabrique,
déjà ancienne, des tapis de la Savonnerie ne travailloit plus
elle-même que pour contribuer à cette œuvre charitable.
51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la
Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement,
pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis
des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles
conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau,
et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en
publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce
secours[363].
[363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a
d’énigmatique dans ce poëme de _Cassandre_ la prophétesse, qui fit
donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de «poëte
ténébreux». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre
provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a
jamais paru.
52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter
_l’eau catholique de Paracelse_, remede universel contre toutes les
maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux
pauvres _gratis_: Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent,
dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un
préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus,
qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et
entretenir le visage[365], à un écu l’once; et qu’il donne _gratis_ aux
pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue
de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte
cochère à main droite.
[364] Ce seroit, dit-on, _l’eau de melisse_, qui se vendoit déjà dans
les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de
Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. _Le Vieux-neuf_, 2e
édition, p. 626.
[365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se «blondir
les cheveux» et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives
de Venise, _Recitario della contessa Nani_, dont MM. A. Baschet et
Feuillet de Conches ont publié une traduction: _Les femmes blondes
de l’école vénitienne_, pet. in-8º.
[366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du
Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges,
de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette
dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette
inscription AV SOLEIL D’OR. C’est là que fut maintes fois mystifié
le petit Poinsinet. (_Poésies satyriques du XVIIIe siècle_, 1788,
in-12, t. I, p. 99.)
53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et
disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. _Adr._ au
Bureau.
[367] «On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on
voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si
elles étoient l’ouvrage du pinceau.» L’abbé Prévost, _Manuel
lexique_, 1755, in-12, t. II, p. 380.
90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l.
_Adr._ chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de
Bourgogne.
57. L’artisan chrestien, ou la Vie du _Bon Henry_, maistre cordonnier à
Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers
et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S.
Jacques à l’Image S. Prosper.
[368] Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple garçon cordonnier,
il avoit, en 1645, établi la communauté des Frères de son métier, à
l’imitation de laquelle fut, peu après, créée celle des frères
Tailleurs. V. plus haut, sur l’une et sur l’autre, p. 61 et 67.
62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie et réveil, et tous les
mouvements excellents à vendre pour 10 pistoles. _Adr._ au Bur. où on la
fera voir.
85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire[369] continue à vendre quantité
de diamant, excellent à couper le verre, qui luy sont venus depuis peu à
prix raisonnable. _Adr._ aud. sieur Bridaut dans la Monnoye.
[369] On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant.
63. La grande carte généalogique royale de France de M. Thuret[370] se
débite au cadran S. Honoré[371], chez une lingère à la 4. chambre, chez
M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, et chez M. Jaquinet graveur
r. S. Anthoine, vis à vis l’hostel de Sully.
[370] Nous ne connaissons pas cette _carte généalogique_ d’Antoine
Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien prieur de
Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien ouvrage que Guigard,
_Biblioth. héraldique_, p. 153, cite de lui est la _Table
chronologique et généalogique des rois de France_, 1687, gr. in-fol.
[371] Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de la porte du
cloître. V. Segrais, _Œuvres_, t. II, p. 152.
72. Un collier de fort belles perles de belle eau et assez grosses,
entrenettes, d’environ 1,500 l. _Adr._ chez M. Bidaux aux Galleries du
Louvre.
75. _Les pensées de M. Paschal sur la Religion et sur d’autres sujets,
trouvées dans son Cabinet après sa mort_, sont imprimées, et se vendent
à Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image S. Prosper[372].
[372] C’est la première édition des _Pensées_. L’annonce précédait la
mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en effet, que du 2
janvier, et déjà notre _Liste des avis_, datée du 1er, dit qu’elles
ont paru.
91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. _Adr._ chez M. le
Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal.
[373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il
agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu
et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant
lequel fut percée la rue Colbert.
92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge
cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. _Adr._
chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph.
[374] «L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie.
Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France.»
_Longueruana_, t. I, p. 109.
[375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant,
t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au
Parlement, maître des requêtes.
97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les
plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures
après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye.
[376] 2 février.
[377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des
curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des
Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici,
une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour
s’épargner l’ennui de les déménager.
59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet
de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. _Adr._ à M. Audry,
r. de la Ferronnerie à la Lampe.
[378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile.
Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes
pour expliquer l’origine du vent: «Vous demandez, écrit l’abbé de
Fleury (_Nouveaux opuscules_, p. 370), comment se fait le vent, et
vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit: je vais vous
en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la
met devant le feu; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec
violence, qui souffle le feu. Voilà le vent.» Mussenbrok en
possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde:
«Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air...
Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé
d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc.»
(_Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean
Van Musschenbroek_, 1725, in-8º, de 12 p., p. 7.)
62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir le _miserere_, demeure
toujours chez M. Le Maire, Peintre du Roy[379], r. S. Thomas du Louvre
devant l’hostel de Longueville.
[379] François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en 1657. Il
mourut en 1688.
73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer où l’on veut, pour moudre
à la main, à une et à 2 manivelles à vendre. _Adr._ au bureau, où on le
fera voir s’il est besoin.
100. On continue à vendre d’excellent vin de Beaune et de Volnay en gros
et en détail, r. S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase.
101. Une personne de condition va faire vendre d’excellent vin de Volnay
et de S. Aubin en gros et en détail dans la r. de Richelieu, joignant le
logis de M. Le Roy: La Cave sera ouverte après les Roys.
103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas et velours cramoisi, avec 2
glaces de Venise, le tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix
raisonnable. _Adr._ au sieur de Turny à l’échelle du Temple[380], où il
faut demander Dupré, et y aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour
le trouver.
[380] Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au coin de
la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses anciens noms,
et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les registres du
Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la Fronde, elle resta
intacte. Elle fut brûlée alors par quelques gentilshommes frondeurs.
Il ne resta qu’un des montants. V. dans le La Fontaine de la
Collect. Elzevirienne, t. III, p. 259, une note communiquée par
nous.
105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant jusqu’en 1670, en 6
vol.[381] faisant près de 2,000 chansons: se vend ensemble ou séparément
chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, et chez un Chandelier devant
la Croix des Petits Champs[382]; avec les livres d’airs gravez de M.
Lambert[383], in-4º et in-8º, et un traité curieux de la méthode de
chanter, le tout en gros ou en détail.
[381] C’est le _Recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant_,
publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, 1661, in-12, et
repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent de trois parties
nouvelles en le continuant de 1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas
qu’ainsi complété il se trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du
moins, dernière édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas
d’exemplaire.
[382] Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour des rues du
Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause d’elle, s’appela plus tard
et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs.
[383] V. sur lui, t. I, p. 205.
106. Un grand Théorbe de _Gaspar_[384], d’autres petits et 3 Luths,
portraitz de Nanteuil[385] et autres grandes Thèses à bordure[386] à
vendre ou troquer, et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en
maroquin pour la musique et le luth, à un écu la pièce. _Adr._ chez M.
Quichardet, vis à vis la Croix des Petits Champs.
[384] Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il marquait
ses instruments de cette étiquette: GASPAR DA SALO IN BRESCIA.
[385] Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, et qui
étoit alors dans toute sa gloire.
[386] Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, «toujours
bonnes à garder pour l’image», comme dit la Toinette du _Malade
imaginaire_.
115. Ceux qui voudront faire rentraire des vieilles tapisseries, et les
faire remettre en couleur, ou en raccommoder les relais, n’auront qu’à
s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy à la Savonerie qui est une des
maisons de l’Hopital général[387].
[387] V. une des notes précédentes, p. 320. Trois ans après, la
Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous lisons, en
effet, dans le _Récolement des Archives de l’assistance publique_
par M. Brièle, 1877, in-8º, p. 157: «Arrêt du Conseil du 22 août
1673, par lequel le Roi reprend la maison de la Savonnerie, dont il
avoit fait don à l’Hôpital général, pour lequel cette maison étoit
une trop lourde charge.»
118. _Biblia Heintenij cum figuris_[388], _Biblia Benedicti_[389] en
grand papier, et la bible des 70 en grec, avec les diverses leçons[390]
à vendre, ensemble et séparément. _Adr._ au Bureau.
[388] C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à Francfort,
en 1566, in-fol., sous ce titre: _Biblia ad vetustissima exemplaria
nunc recens castigata_. Les figures sont au nombre de 127, gravées
sur bois.
[389] Voici le titre de la première édition: _Biblia sacra latina,
juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti_, Parisiis, 1549, in-fol.
[390] Ce doit être celle dont voici le titre: _Divinæ Scripturæ, nempe
Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a viro doctissimo recognita
et emendata, variisque lectionibus... aucta et illustrata_.
Francfort, 1597, in-fol.
120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, bay brun, à vendre chez M.
le Président Tubeuf, r. Vivien, derrière le Palais Royal[391].
[391] V. une des notes précédentes, p. 323.
Demandes.
8. On demande une terre relevant du Roy[392], depuis 10 jusqu’à 30
lieues de Paris, et depuis 100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. _Adr._ au
bureau.
[392] C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur.
12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à 8 lieues de Paris, sur le
bord des rivières de Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à
800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait un jardin raisonnable, des
bois, prez et terres. _Adr._ chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans
l’Isle Nostre Dame, rue Poultière[393].
[393] C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, dont Le
Poulletier, associé de Marie pour les constructions de ce quartier,
avoit été le parrain.
22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou 15 lieues de Paris, de 30
jusqu’à 40,000 l., où il y ait de l’eau. _Adr._ au bureau.
23. On demande un carrosse à 2 fonds de velours et vitré, du prix de 4 à
500 l. _Adr._ à M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame sur le
Quay de Bourbon.
30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé entier, à vendre, d’une
médiocre taille, ou si on en veut acheter un semblable pour
appareiller[394]: on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal,
rue de la Harpe, proche la rue du Foin.
[394] Dans l’_avis_ publié par _le Mercure_ de septembre 1717, p. 181,
le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle avec une certaine
satisfaction que Louis XIII avoit ainsi «appareillé» un de ses
équipages: «Ce prince, dit-il, après plusieurs recherches inutiles
pour découvrir un cheval de poil Isabelle, qui pût assortir à un de
ceux qui traînoient son petit carrosse, eut recours au Bureau
d’adresse qui luy en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à
lire les listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place
des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois qu’à cet
établissement.»
30. On demande une chocolatière d’argent[395] qui n’ait guières servy.
On la payera tout ce que vaut le marc, et quelque chose de façon si elle
n’est pas mal conditionnée. _Adr._ au Bureau.
[395] C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du chocolat
n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 ou 1660. V. _Mém._
d’Audiger, _limonadier à Paris_, nouv. édit., 1869, in-12, p. 367,
et _Correspond. administ. de Louis XIV_, t. III, Introduction, p.
LIII.
31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, et les veut vendre;
sçavoir le 1 tome d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des leçons de
Canisius[396], _H. Rosvitæ opera de Sanctis Germaniæ in-fol.
Norimbergæ_, 1601[397], _Metam. Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini_,
1614, in-8º. Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil dans le
Cloistre S. Germain.
[396] Il s’agit des _Antiquæ lectiones_ de H. Canisius, 1601-1608, 7
vol. in-4º.
[397] Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de Hrosvita.
46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent simples et assez honnestes.
_Adr._ au bureau.
87. On demande un lit de 4 pieds ou environ de largeur, du Camelot de
Hollande, doublé de quelque petit satin bien propre, avec des sièges
revenans. _Adr._ chez un bourrelier, qui est au milieu de la rue des
Juifs.
66. On demande un fauteuil renversé à cremillière[398], qui soit fort
bon et bien garny sans housse. _Adr._ au bureau.
[398] Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe que
nous voyons ici: «chaise à _cremilière_, dit-il, ou chaise de
commodité.» Le Théâtre-François possède encore, parmi ses
accessoires, de ces vieux et énormes fauteuils dont le dossier se
renverse ou se remonte à l’aide d’une crémaillère. Molière en
possédoit un de ce genre. (Eud. Soulié, _Recherches_, p. 267.)
119. On demande une terre en titre de comté ou de marquisat, ou fort
seigneuriale, de 40 à 50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du costé
de Chartres ou le Vexin françois, dans le ressort du Parlement de Paris.
_Adr._ chez M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue Tiquetonne.
Nota, _qu’il ne faut point avoir d’égard au num. 69 de la pag. 8[399]
parce que, par le moyen de la communication du Registre, cet article a
esté expédié comme les autres defaillans, avant qu’on eust achevé
d’imprimer_.
[399] Ici cet article est à la p. 315.
_Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis à quinze
deniers la pièce._
Il y aura un escriteau pour les remarquer.
Rue de la Verrerie au coin de la rue de la Poterie, M. Bullot,
chandelier.
Vieille rue du Temple, près la fontaine des petits Comédiens[400], M.
Cagnard, chandelier.
[400] V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens du Marais
ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la plupart de ses
pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit occupé aujourd’hui par le
nº 90 de la rue Vieille-du-Temple, derrière l’École centrale,
établie, comme on sait, rue de Thorigny, dans l’ancien hôtel
d’Aubert, traitant de la gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom
d’_Hôtel-Salé_. V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451.
Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, M. Macé chandelier.
Rue Montmartre, proche la rue du Mail, M. Cazimir chandelier.
Rue saint Honoré aux bastons Royaux[401], au Bureau des carrosses.
[401] V. plus haut.
Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au coin du carrefour saint
Benoist, M. Rossy chandelier.
Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison d’or, M. Le Petit et
Michallet libraires.
Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis marchand.
Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des deux ponts, M. Bichebois
chandelier.
Rue saint Antoine, près la Place Royale, au Bureau des carrosses.
A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, M. Pierre Paul
limonadier[402].
[402] Un café existe encore au même endroit. C’est un des plus
anciens, sinon le plus ancien de Paris.
Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la Vision de Jacob, M. Horait
chandelier.
Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, M. de Ligny.
Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, M. Moet libraire à S.
Alexis.
AU BUREAU D’ADRESSE, rue Thibault aux dez.
_Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de listes vieilles, mais
seulement ceux de la Quinzaine suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on
n’y doit point avoir d’égard._
Avec privilège et permission.