AVIS DU BUREAU D’ADRESSE

_Pour servir depuis le premier jour de l’an 1670[296]._

[296] V. pour cette liste notre _Introduction_, t. I, p. xxxiv.

On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois

inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se

trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois.

_On enseigne _gratis_ à l’ordinaire les adresses qui sont faites au

Bureau._

On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité

du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis:

mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne

font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi

instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon

d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus

seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on

souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour

sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on

sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle

produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra

servir.

[297] Lorsqu’en septembre 1717 le _Bureau d’adresse_, qui prit alors

le titre de _Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre_,

dut rouvrir rue Saint-Sauveur, «l’avis très utile au Public», qui

l’annonça dans _le Mercure_, reproduisit presque textuellement ce

qu’on lit ici. V. _le Mercure_, sept. 1717, p. 178-183.

Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns

contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même

chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre

10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il

suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois

autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce

peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on

donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance

d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer

qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses

à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence; et

qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils

débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent

nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais

toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin

de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre

qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on

songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose

nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de

certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire.

[298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans

les listes suivantes.

[299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on

le verra plus loin, chaque exemplaire de ces _listes_.

_Immeubles à louer, vendre ou échanger._

9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près

St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages

par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de

logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. _Adresse_ chez

M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300].

[300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des

Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue

Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en

avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que

l’hôtel, dans sa brochure: _Collection d’antiquités égyptiennes,

grecques, romaines, etc., etc._, 1841, in-8º.--Germain Brice, dans

l’édit. de 1684, in-12, de sa _Description de Paris_, t. II, p. 128,

a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel

il doit son nom, habitoit encore à cette époque: «Il est bâti avec

beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas

fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes.»

10. Petite maison à louer presentement 60 escus, ayant cuisine sous

terre, cave, chambre et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou 4

cabinets, et une grande terrasse. _Adr. et rue_ comme au précédent.

11. La maison blanche proche la maison rouge[301] à louer présentement à

Chaliot, ayant 2 grands corps de logis, quantité de grandes chambres,

jardin et court, où il y a savonnerie, et des caves dans les

carrières[302]. _Adr._ chez M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville

d’Arras.

[301] Guinguette fort à la mode au XVIIe siècle, comme on le voit dans

_Les Pièces comiques_, 1671, pet. in-12, p. 210, 229. Les grandes

dames y alloient encore en parties fines du temps de Voltaire.

Longchamp, son valet de chambre, nous a dit dans ses _Mémoires_, t.

II, p. 126, tout le débraillé d’un souper qu’y firent Mmes du

Chatelet, du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière.

[302] Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des

Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, pour

l’exposition dernière, le palais du Trocadéro.

26. Grand Hostel à louer pour Pasques, ayant 2 corps de logis, grande

court, basse court, qui sont dans la rue des Maquignons[303], 5 ou 6

remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le tout pour 2,700 l. _Adr._ chez

M. le Procureur général de la Chambre des Comptes, rue de Richelieu.

[303] Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, auquel

elle conduisoit et qui avoit été transporté là quand la Butte

Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. On l’appeloit plus

communément _rue Maquignonne_. Au commencement de ce siècle, elle

prit le nom de rue de l’_Essai_. C’est en effet sur tout son

parcours, depuis la rue de Poliveau jusqu’au marché, que l’on

«essaie» les chevaux à vendre.

27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement propre pour un grand

Seigneur, ou pour un grand Bureau ou un grand Magasin; il y a basse

court et des escuries pour 50 chevaux. _Adr._ audit lieu r. Betisi,

proche la rue S. Germain[304].

[304] Lisez: rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui en étoit le

prolongement.

33. Maison à porte cochère à louer ou à vendre presentement, r. du

Brac[305], attenant à l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et

autres appartenances. _Adr._ chez M. le marquis d’Espinay[306], rue de

Richelieu.

[305] Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul de Braque,

qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle forme avec la rue

du Chaume, une chapelle devenue plus tard chapelle de la Mercy,

reconstruite au XVIIe siècle, démolie à moitié pendant la

Révolution, puis enfin remplacée depuis peu par une maison

bourgeoise, après avoir été longtemps un magasin de charbons.

[306] François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils du

commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en 1694.

34. Grande maison à louer pour Pasques, rue Neufve Montmartre[307]. Deux

corps de logis, un grand et un petit, chacun à trois estages, offices,

caves, trois remises, deux escuries pour quinze chevaux, une court à

tourner un carrosse à six chevaux, et un grand jardin au bout, le tout

de 1,000 livr. _Adr._ à madame Balduc Orphevresse, rue Bourg Labbé, à la

ville de Sedan.

[307] On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, depuis la

rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle la porte

Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au rempart.

78. Grande maison à louer presentement, ayant 2 corps de logis separez

avec leurs courts de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. et

l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul de sac de la r. S. Denis,

proche la r. aux Ours[308]. _Adr._ à mad. Ferrand aud. lieu.

[308] C’est l’_Impasse des Peintres_, séparée par quatre ou cinq

maisons seulement du point de jonction de la rue aux Ours et de la

rue Saint-Denis.

43. Une chambre à louer presentement, r. S. Honoré, dans la court du

Charroy[309], propre pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi

prendre en pension au mesme estage. _Adr._ à mad. de S. Robert, r. S.

Honoré, chez M. Du Pont, proche les Jacobins.

[309] Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans nul doute--son

nom l’indique--servoit à remiser «le charroi» des équipages.

Peut-être, comme la suite le feroit croire, se trouvoit-elle rue

Saint-Honoré près des Jacobins.

86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy Lasnier, louée 1,700 l.

_Adr._ à M. de la Barre, dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay

Daufin[310].

[310] C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi quai

des Balcons.

99. Grande maison à louer pour Noël, au Marais, r. neuve S. Claude,

ayant 2 grandes courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages chacun

de 5 feux, de plein pied avec un appartement dégagé sur le derrière; le

tout fort propre pour 800 l. _Adr._ chez M. de La Tour, conseiller au

Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le cimetière S. Jean.

104. L’Hostel de la Bistrade[311] à louer pour Pasques, rue Pavée, près

l’hostel de Bourgogne[312], pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à

séparer, escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. _Adr._ chez M.

Bachelier rue Mauconseil.

[311] Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil Jacques de la

Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui avoit possédé, d’après ce

que dit Tallemant, t. II, p. 453, plusieurs maisons dans Paris.

[312] La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui que la

prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit par derrière le

théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée étoit rue Mauconseil.

1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches[313], au bout de la rue de

la Croix, tenant au Rempart[314], à l’image de S. Charles Borromée, où

il y a 2 grands corps de logis devant et derrière, des courts au milieu

et une place à costé. _Adr._ à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche

S. Jacques de la Boucherie.

[313] C’étoit un «ponceau» jeté sur l’égout découvert près d’une

maison portant l’enseigne des Biches.

[314] Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du

Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches qui,

elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus haut

que la rue de Nazareth. Dans un titre des _Archives hospitalières_,

Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date de 1627, du

«rempart près le Pont-aux-Biches». Un moulin à vent s’y trouvoit

(_Registres de l’Hôtel-de-Ville pendant la Fronde_, t. I, p. 316).

15. Une belle maison à vendre à Ruël pour 25,000 l. ayant 2 corps de

logis, grande escurie, grand jardin, un beau jet d’eau, terres

labourables, prez et vignes. _Adr._ chez M. Bonnelle, rue Plastrière.

17. Une grande maison à vendre à trois corps de logis, deux boutiques,

quatorze à quinze feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux

jardins, trois caves, et une carrière[315], pour 20,000 livres, rue

Mouftar au faubourg S. Marcel, près S. Medard[316]. _Adr._ à

mademoiselle Privat, au mesme logis.

[315] On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer qu’un

siècle après les ossements provenant du cimetière des Innocents,

faisoient alors partie des propriétés sous lesquelles elles se

trouvoient.

[316] Les maisons de ce quartier se louoient relativement à un aussi

bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par cette annonce du

_Journal de la Ville de Paris_ de François Colletet: «Du mercredy 26

août 1676. _On sçait une fort jolie maison à louer que l’on peut

appeler un petit bijou, du prix de quatre cents livres, fort commode

pour deux ménages. Elle est située dans la Ville, proche le

Fauxbourg Saint-Victor: elle consiste en sale, cuisine, court, cave,

et deux beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées

enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires._»

19. Une maison neufve r. du Colombier[317], de 1,200 l. de loyer bastie

de pierres de taille, sur rue, et décretée[318] sur celuy qui la voudra

pour 29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer les lots et

ventes[319], en luy donnant pour le tout 30,000 l.

[317] C’étoit l’ancien _Chemin aux Clercs_. Elle alloit de la rue de

Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui Bonaparte. On

n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce qui explique que la maison

à vendre ici fût neuve. V. p. 312.

[318] Vendue par justice.

[319] Il faut lire «lods et ventes». Le _lod_ étoit le droit payé au

seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un bien dépendant de

son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé de Saint-Germain-des-Prés.

20. LXXVI arpents et demy de terre à vendre à 100 escus l’arpent, au

village d’Ognes à 10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin[320], sans aucun

bastiment; les dites terres louées 918 l. à raison de 12 l. l’arpent.

_Adr._ au Bur.

[320] Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il y a en

effet un village de ce nom dans le département de Seine-et-Oise,

canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. Le pays est bon: il ne

faut donc pas s’étonner d’y voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans

le Nivernais, à la même époque, d’après des titres que Monteil eut

en main, il ne valoit que 100 livres. (_Hist. des François des

divers états_, 1re édit., t. VIII, p. 516.)

21. Maison à porte cochere à vendre au Bourg-la-Reine, à 2 lieues de

Paris: ayant grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens et demy

de sain foin, un arpent et demy de vignes et 7 de terres labourables,

affermées 4,000 l. _Adr._ au dit lieu, à l’Image S. Jean, à la veuve de

Fourcy, ou à Barbier, ou dans la r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus.

28. Deux charges de commissaire des guerres avec 2 conduites[321] à

vendre ou à changer pour des rentes, maisons, ou autres objets. _Adr._ à

M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin de S. Paul.

[321] C’est-à-dire «directions, intendances».

29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur le devant, et une grande sur

le derrière, ayant 30 feux[322], écuries à 10 chevaux, remises, deux

courts, jardin, veüe en plain air[323], cheminées fort propres en

sculptures et dorures, à vendre, avec toutes les facilitez pour le

payement, ou à changer contre rentes constituées. _Adr._ au bur.

[322] Chambres à feu.

[323] Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain et

Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands espaces,

comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne rue Taranne,

que les démolitions récentes ont mis à découvert pour le percement

du boulevard Saint-Germain. Le jardin de Morin, l’un des plus grands

«floristes» du XVIIe siècle, occupoit, par exemple, un de ces

terrains derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.)

31. Maison à porte cochere à vendre pour 20,000 l. à l’entrée de la rue

des Tournelles, vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique et

écurie, louée 800 l. _Adr._ au Suisse de l’hostel de Lesdiguières, rue

de la Cerisaye[324].

[324] V. sur cet hôtel, t. I, p. 278.

36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, louée 900 l. toute

decrétée sur le vendeur[325], qui payera les lots et ventes[326] et

donnera le tout pour 24,000 l. _Adr._ au Bureau.

[325] C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur,

«contrat en main», suivant l’expression d’aujourd’hui qui

correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que nous

trouvons aussi chez Fr. Colletet, _Journal de la ville de Paris_,

sous la date du 29 août 1676: «... _on donnera toutes les assurances

que l’on peut demander, et le décret dans la main de l’acquéreur_.»

[326] V. une des notes précédentes, p. 309.

79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, ayant court,

basse-court, jardin, colombier, foulerie[327], 10 arpens d’enclos,

espaliers, grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, que

prez, bois, vignes et cerisaye[328]: on en vendra pour 1,200 l. et

audessus, selon ce qu’on en voudra prendre. _Adr._ au bureau.

[327] L’endroit où l’on fouloit les raisins, «le pressoir».

[328] Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à l’heure,

s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement du jardin de

l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers.

80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille

sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie,

court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la

main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. _Adr._ au bureau.

[329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle,

n’avoit encore que des maisons neuves.

81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la

porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou

en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent,

partie rente[330]. _Adr._ à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en

donnera le plant et mémoires nécessaires.

[330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle

antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut

vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous

trouvons en effet, dans un _arrêt du Conseil d’État_ de 1681, rendu

contre Drouet, «chargé de recouvrer les deniers provenant de la

vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de

Paris», mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente «de

terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du

jardin des Filles Dieu»; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour

une place vendue «entre le fossé de la ville et la rue de Cléry,

derrière les Filles Dieu».--C’est sur cet espace qu’un farceur du

temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une

boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom.

(Parfaict, _Hist. du Théâtre françois_, t. VIII, p. 324.)

88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331],

où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée,

le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat,

hormis le logis seigneurial qui va en ruine. _Adr._ à M. Menu, procureur

au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332].

[331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de

Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions,

si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des _Disputes_,

auroit dû son nom?

[332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la

quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une «forge à

fer» dans une terre qui en est voisine.

94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3

estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande

guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. _Adr._ chez M. Pres de Segle,

marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.

[333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien

couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce

temps-là. V. _L’Architecture_ de Savot, au chap. IX: _Des mesures du

bâtiment_.

95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la

croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2

courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. _Adr._ comme au

précédent.

96. Autre maison à S. Denis, ayant porte cochere, petite court et écurie

à vendre avec la precedente pour 7,000 l. _Adr._ comme au précédent.

98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de Paris, au village de la

Selle[334], pour 36,000 l. _Adr._ à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue

de Sêve, à la première maison du costé des Premontrés[335], à la 2

chambre[336].

[334] La Selle-Saint-Cloud.

[335] Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent n’étoient

pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage de la

Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, les faisoit appeler

souvent Prémontrés de la Croix-Rouge.

[336] «A la deuxième chambre», c’est-à-dire au second étage. Scarron,

lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, donnoit ainsi son adresse:

... Je me nomme Scarron,

Et loge en _la deuxième chambre_,

Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais.

_Meubles meublans à vendre._

13. Un lit de drap du Sceau[337] gris de 4 à 5 pieds, doublé de taffetas

de la Chine à franges mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la

courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, et 2 fauteuils[338]

garnis de crain avec les housses, et le tapis de mesme drap et frange.

_Adr._ à M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau.

[337] Lisez «d’Usseau». C’étoit un drap commun, dont on faisoit les

habits des laquais. V. Regnard, _Le Joueur_, acte I, sc. 1, et

_Satires_ de Furetière, p. 8.

[338] L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un fauteuil

pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, par exemple, dans

le _Journal_ de Colletet, à la date du 6 octobre 1676: «_On sçait

une Bourgeoise qui a _une demy douzaine de Chaises de roses et un

fauteuil_ à vendre des plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait

à Paris, et qui sortent de dessous l’éguille. ITEM, _six autres de

point d’Angleterre avec le fauteuil_._» Plus loin, le 19 octobre, il

dit encore: «_On nous demande _demy douzaine de bois de chaises

neuves_, tournées à la mode, _avec le fauteuil_._»

45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes de tour sur 3 aunes de haut,

ayant quelques animaux parmy la verdure[339]. _Adr._ au Bureau, ou on en

fera voir quelques pièces.

[339] V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, p. 283.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 170 / 232 题