Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint Jacques, et chez la veuve
Nion à l’adresse qui est à la première page, on trouvera au commencement
de cette année 1692, le premier tome d’un livre également utile et
curieux, qui aura pour titre _les Travaux d’Esculape_, ou les
Découvertes successives des secrets de l’Art de guerir[1]. Ensuite de
quoy on y trouvera régulièrement tous les trois mois un volume nouveau
du même livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de Monsieur le
premier Medecin de Sa Majesté, en conformité desquels la Société Royale
de Medecine a été établie, pour travailler à la recherche et
vérification des nouvelles Découvertes qui ont été faites, qui le sont,
et qui le seront cy-après dans toutes les parties de la Medecine et dans
tous les Arts qui luy sont subordonnez.
[1] C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit mieux finir qu’en
se faisant une réclame de plus. Il avoit déjà publié, en 1679 et
1680, sous un titre à peu près pareil, 2 vol. du même genre, _Le
Temple d’Esculape_. Voy. notre _Introduction_, p. XLVIII.
M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir
apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents,
qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la
phiole de quatre prises se vend un louis d’or; mais la vertu de ce
Remede est encore inconnu à l’Auteur.
[2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.
Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des
Vaisseaux chimiques.
[3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.
Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le
Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4],
et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures.
[4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers
le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le
faubourg Saint-Antoine: «La manufacture royale de MM. Martin,
lisons-nous dans l’_Esprit du Commerce_, 1748, in-8º, p. 41, est
située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue
Saint-Magloire.»
Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée
du même faubourg[6].
[5] «Les Suisses, lisons-nous dans le _Diction._ de Furetière,
apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des
provinces méridionales de l’Allemagne.» Le Tyrol déjà en fournissoit
surtout: «Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun,
se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il
ironiquement, _oiseaux des Canaries_, dans la plupart des langues
d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque
dans les Iles Canaries.»
[6] Hervieux dans son _Traité des serins de Canaries_, 1709, in-12,
chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils
logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils
apportoient des serins par milliers.
Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même
fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste
prix.
On vient d’établir une nouvelle Manufacture de Chandelle dans le même
fauxbourg, rue de Pincourt, près la barrière[7].
[7] Une note en a parlé plus haut, p. 7.