Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la
plupart au quartier de la porte saint Victor.
Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses
d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à
proportion de l’éloignement du transport.
Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux
Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de
l’éloignement du transport.
Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses
entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint
Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.
[1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été
confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés «maître
potiers de terre et carreleurs».
Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise
superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10
sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5
livres la toise.
Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le
pouce de diamettre.
Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de
petits à 10 livres.
Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue
saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage
au mois et à l’année.
[2] Lisez Aubry le Boucher.
[3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en
couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une
amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage
avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais
chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez
Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas
attendre. L’erreur fut bien vite reconnue; la dame s’excusa avec une
grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt
et enfin se marier. (_Encyclopediana_, 1791, in-4º, p. 827.)
Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près
les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine.
Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et
frotez, se payent à 8 sols la toise carrée.
Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont
seulement cirez et frotez à quatre sols.
Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se
payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été
à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un
seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous.
[4] Richelet dit dans son _Dictionnaire_: «Paillasson ou _nate à
fenêtre_. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse
toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du
soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on
veut.»
La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée.