ET DE FONTENIERS[1].

[1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule

corporation, et même assez peu nombreuse; elle ne comptoit au XVIIIe

siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante

articles, datoient de juin 1647.

Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs

particuliers de considération.

Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la

Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré, rue saint Antoine,

près la Magdelaine, rue saint Martin, etc.

M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain,

et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles,

demeurent au même endroit.

Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et

pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo

près la Croix du Tiroir.

Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont

rue des Assis et rue neuve saint Mederic.

Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec

l’Angleterre[2]; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en

œuvre compris la soudure[3].

[2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras

l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie

ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de

l’autre presque toutes les préparations plombifères.

[3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce

renchérissement du plomb: «Les tuyaux de fontaines soudés en long

avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de

diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze

livres, et à présent vingt livres le cent.»

Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes,

entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et

enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en

place compris la soudure[6].

[4] «Le membron» étoit une partie du «bourseau», sorte d’ornement

d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments.

[5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit «annesures». Nous

ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie.

[6] Suivant la 1re édition, p. 48, «le cent de plomb» employé pour

tous ces objets se payoit «treize livres dix sols».

Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent

mis en œuvre.

La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre.

Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour

deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7];

mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en

œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le

millier compris la soudure en œuvre.

[7] «Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent

trois de neuf posé en place.» Édit. de 1691, p. 48.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 76 / 232 题