Monsieur Oultran Tailleur ordinaire du Corps du Roy et de
Monseigneur[1], demeure rue et vis à vis l’Hôtel de la Monnoye.
[1] Il s’appeloit Barthélemy Autran, «travaillant seul, dit l’_État de
France_, pour les habits du Roy, de Monseigneur le Dauphin et de
Messieurs les princes ses enfants».
M. Barois aussi Tailleur du Roy[2], demeure rue saint Honoré près les
Pères de l’Oratoire.
[2] Il étoit sans doute des douze tailleurs ordinaires. L’_État de
France_ ne le nomme pas.
Messieurs Francisques[3] et du Puis[4] Tailleurs de Monsieur et de
Monseigneur le Duc de Chartres, demeurent sçavoir le premier près le
Palais Royal, et le deuxième rue des Petits Champs.
[3] L’_État de France_ le nomme Francisque Sérini.
[4] François-Louis Du Puy. Son fils Gabriel avoit sa charge en
survivance.
M. Mindy aussi Tailleur de Monsieur, demeure devant l’Hotel d’Aligre à
l’Escouvette[5].
[5] L’_Écouvette_, que ce découpeur de draps avoit pour enseigne,
étoit une longue brosse à manche, dont l’apprêteur se servoit,
pendant le pressage des étoffes, pour asperger d’eau les plaques
employées à les chauffer.
Le Bureau des Maitres et Marchands Tailleurs de Paris est sur le quay de
la Mégisserie[6].
[6] Il n’y avoit, quai de la Mégisserie, que leur bureau. La confrérie
étoit à la Trinité.
Les quatre Jurez en Charge de la Communauté, sont Messieurs Blin cloitre
Notre Dame, la Lande rue saint Antoine, Brigüion rue Neuve saint
Mederic, et Caubet rue de Grenelle.
Entre les Tailleurs pour hommes qui sont d’ailleurs renommez pour bien
travailler, sont Messieurs Bonneau, Lagaru, Theveniere et la Lande
devant l’Hôtel d’Aligre, Prévost et Landault rue des Petits Champs, la
Lesse et Durant rue d’Orléans, la Borde rue du Four quartier saint
Eustache, Chapignolle et du Chesne près la Boucherie de Beauvais[7],
André rue Betizy, Guérard rue de Montmorency, Ruby rue de Guénégaud,
Bresson rue saint Martin, Bausquet, Bouret et Ferret rue des Prouvaires,
Goguet et Trallot rue de l’Arbre sec, Juste rue des Bourdonnois, Migeon
devant le Jeu de Metz, etc.
[7] Cette boucherie, qui devoit son nom à la Halle, dont elle avoit
pris la place, et que s’étoient longtemps partagée les tisserands de
Paris et les marchands de Beauvais, se trouvoit au coin de la rue
Saint-Honoré et des piliers des Halles.
Le Sieur Roussel Tailleur privilegié rue saint Honoré au coin des
Pilliers des Halles, tient magasin de toutes sortes d’habits pour
hommes, neufs et de rencontre.
Il y a sous les mêmes Pilliers un grand nombre de Tailleurs Fripiers,
qui tiennent magasin d’habits de rencontre, entre lesquels le Sieur
Fournerat[8] entreprend d’entretenir un homme d’habits honnêtes pour
quatre pistoles par an[9].
[8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25:
«Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles,
entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre
pistoles par an.» Avant cet article, on y trouve celui-ci: «Il y a
une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le
commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis,
et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de
mascarades qu’on peut louer à tant par jour.» Le Pont-Neuf étoit
leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils
n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la
place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues
avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant
soupçonnés d’être des recéleurs.
[9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir
avec les drapiers. Il ne se conformoit pas--car il travailloit
autant sur le neuf que sur le vieux--à l’arrêt du 6 février 1616,
enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de
cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers
obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697.--Les
drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur
commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple,
pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688
avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait
allusion dans sa farce _Le Divorce_, acte III, sc. 6.
Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon
Pasteur près sainte Opportune.
[10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne
lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout
le travail étoient la règle.
Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des
bas de toiles pour hommes.
Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud
devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires,
Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de
Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat
d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs,
Taland vis à vis saint Germain, etc.
[11] Ils étoient moins des tailleurs que des _Corsetiers_: «Ils
s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et
corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et
délicat.» (_Mélanges d’une grande Bibliothèque_, t. XXII, p.
223.)--C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet,
propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière,
étoit tailleur de la reine.
Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller
les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint
Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue
des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez
saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc.