XII

--Encore un cauchemar! que je pensais durant des semaines.

Mais la disparition de mon béret me tourmentait. J’avais perdu mon béret

dans ma course à travers les rues chaudes de la basse ville de Brest, et

puérilement, limant toujours le bouton de ma veste, je songeais qu’il me

faudrait en racheter un autre ou... voir revenir l’ancien chez nous

rapporté par la police.

Ça, c’était une preuve contre moi.

Je n’avais probablement tué personne. Les filles sont habituées aux

coups de couteau des galants de la mer...

Celle-là vous embrassait comme la petite Marie. (Encore un rêve? Comment

la petite Marie, ma promise, aurait-elle pu se transformer en fille

pour...)

Je ne ressentais ni chagrin, ni remords. Je ne pensais, ni n’agissais

plus de mon plein consentement.

Puis, j’étais pris de boisson, cette nuit-là...

Mon béret ne revint jamais.

J’en fis acheter un autre.

Et des semaines, des semaines coulèrent, des mois. Noël, Pâques,

l’Ascension, l’Assomption. Je n’entendais point leurs cloches.

Le _Saint-Christophe_ passait, sifflait son appel à la vie devant la

maison de la mort.

Je ne répondais pas, las d’essayer de vivre.

Nous demeurions les deux ours en cage, le vieux et moi, parlant juste

pour le besoin du service, nous cachant nos manies secrètes, lui,

déclinant peu à peu vers sa fin, car il n’étudiait même plus l’alphabet,

moi farouchement reconquis par d’infernales habitudes.

On mangeait, on buvait, se remontant comme des horloges tous les matins,

excellentes mécaniques de l’aurore au crépuscule, et se détraquant

toutes les nuits, après les premiers jets de feu du phare.

On faisait son devoir d’éclairer le monde... en aveugles.

Le devoir, c’est une manie, la plus terrible des manies, car on a

confiance en elle. On s’imagine qu’elle vous sauvera.

La conscience de mon crime ne me rentra au ventre que le jour où le

vieux chut sur l’esplanade, terrassé par un mal singulier.

Il fumait sa pipe tout debout, le dos contre la muraille du phare, les

pieds se mouillant dans l’écume qui déferlait rageusement jusqu’à lui.

Moi, je mâchais du tabac, assis sur le parapet du côté nord, et je le

regardais comme étonné de le voir si grand.

Depuis que je ne lui adressais plus la parole que dans les occasions

solennelles et que j’avais réparé seul notre brèche de la cinquième

meurtrière, moyennant le ciment envoyé du _Saint-Christophe_, il

semblait me conserver rancune.

Mais il restait toujours vaillant à la besogne, les temps de

bourrasques; d’ailleurs, il m’avait garé du vent le soir du navire en

perdition... et on s’estimait.

... Quel navire? Je ne me souvenais pas bien.

Tous les navires se perdaient par chez nous.

Nous habitions la _Tour d’Amour_!

Mathurin Barnabas était grand, maigre et grand comme le phare, il ne se

voûtait que pour flairer les épaves.

Sa figure blafarde, son nez camard, ses yeux sanglants qui pleuraient,

maintenant, des espèces de glaires lumineuses, son haut front chauve,

lui donnaient l’aspect d’un fantôme de chrétien, un matelot péri au loin

qui revenait pour torturer les autres, car on l’avait dû faire sombrer

trop tôt, un boulet aux chevilles, histoire de s’en débarrasser.

Il fumait, crachotant le long de ses habits tellement sales, tellement

déchirés qu’on respirait, près de lui, une odeur affreuse.

Il puait le cimetière.

Moi, je continuais à me tenir propre. (Peut-être bien que je m’aimais

encore un brin.) Lui ne s’aimait plus, n’aimait plus ses compagnons,

n’aimait plus les noyées. Il guettait seulement la venue de la dernière

marée... celle qui apporte le dernier navire pour le dernier voyage

entre les quatre planches. Je calculais qu’il pouvait bien avoir la

soixantaine.

--Peut-être ben que oui! Peut-être ben que non, m’aurait-il répondu,

s’il avait su encore parler.

Mais il ne proférait plus que des sons bizarres, des grognements de porc

sauvage qu’on ne comprenait guère, s’il ne les accentuait d’un geste.

Il fumait...

Tout à coup il s’abattit, le front en avant, sur les dalles de

l’esplanade toujours glissantes, et il allait gagner le large.

--Père Mathurin! Eh! père Barnabas!...

Je le relevai, le prenant à bras le corps. Je le trouvai lourd comme du

plomb.

Ses jambes ne remuaient pas, tendues, tirées par des cordes invisibles,

ses bras mous ballottaient autour de son corps, n’essayant pas de

chercher un appui. Seule, sa tête vivait, et ses yeux, ses pauvres yeux

abominables, lancèrent une lueur verte.

--La barque! dit-il distinctement.

--Quelle barque, père Mathurin?

Moi aussi j’avais maintenant envie de parler.

Je tremblais de tous mes membres.

Je l’accotai au parapet, je courus chercher une fiole d’eau-de-vie et je

le fis boire.

Ses dents, très serrées, brisèrent le goulot de cette bouteille, il

avala autant de verre cassé que de liqueur.

--Voyons, père Barnabas, faut pas se laisser crever sans les

sacrements... Le _Saint-Christophe_ est venu hier... il ne repassera que

dans quinze jours. Que diable... vous m’entendez, hein?

Il fit signe que oui, hocha la tête et eut, cela m’étonna, son rire

cynique des temps d’orage.

Jusqu’au soir je m’évertuai à lui ranimer les jambes. C’était pis que

des morceaux de bois.

La paralysie, probablement.

J’avais encore de l’espoir, rapport à la tête qui continuait à virer sur

son cou. Je lui enfonçai sa casquette, le recouvris de sa vieille

couverture de lit sentant l’huile de poisson, et je le quittai, une

heure, pour allumer les lampes là-haut.

En montant la spirale, mon cœur battait fort. Je me souvenais de sa

phrase:

--Souhaite, le Maleux, que je ne meure point durant l’été, après le

passage du ravitailleur...

Et je me rappelais aussi sa drôle de recommandation de l’arroser

d’alcool.

Enfin, quoi, il n’allait pas pourrir quinze jours à côté de moi, lui qui

pourrissait déjà au fond du charnier de son âme depuis tant d’années?...

Ah! bien non, je le jetterais plutôt dans l’océan.

Cas de force majeure, n’est-ce pas?

A la mer comme à la mer!

Lorsque je redescendis, je le retrouvai couché, bien sage, ne remuant ni

pieds ni doigts.

Ses yeux se fixèrent sur les miens, affectueusement, d’une couleur toute

tendre, il me dit, d’un accent que je ne lui avais jamais entendu:

--Mon pauvre Jean, je suis fini.

Ce fut comme si mon père, mon vrai père, me parlait.

Je me mis à genoux près de lui, pleurant et oubliant mes réflexions

égoïstes.

--Ben non, c’est pas une raison, l’ancien, pour vous effrayer, vos

jambes vont vous revenir. On n’est pas fini pour une chute, un simple

étourdissement. A votre âge... on se frappe, mais... quoi, je suis là

pour vous soigner... On ne se parle guère... mais on se comprend, mon

pauvre vieux. Le malheur nous tient depuis longtemps les mains l’une

dans l’autre.

Il essaya de se remuer, retomba, racla la pierre de ses ongles et du

bout de ses bottes.

--Faut me mettre sur mon lit, mon gars, dit-il de sa voix de plus en

plus claire, et me frotter avec du pétrole. Un bon remède. Faut tout

essayer. Je tiens point à te laisser dans l’embarras, le Maleux.

Il songeait à mon embarras, tout près de sa propre mort.

Je fus si touché que mes larmes ruisselèrent.

Mon cœur crevait avec lui.

Dame, on avait vécu bientôt six ans ensemble.

Ennemis? Non! Seulement étrangers.

--Père Mathurin, dites-moi ce qu’il faut faire. Je vous obéirai.

Je le traînai, ce grand cadavre qui causait, retrouvant la vie de la

raison, et je le plaçai sur sa couchette, en face de notre foyer.

Il voulut boire, je lui offris du vin.

--Non, fit-il, donne-moi de l’eau...

Il en but deux gorgées.

--Elle est amère, l’eau, murmura-t-il. Est-ce qu’elle est toujours comme

ça ici?

Lui n’en buvait jamais.

--Elle est douce, père Mathurin... d’ordinaire. Voulez-vous du sucre?

--Non, merci.

Et ses yeux se fermèrent un instant.

Il avait dit: _merci!_ Je ne savais plus quoi inventer pour le remercier

à mon tour de se montrer brave homme.

Ce n’était pas sa faute s’il était si sale.

Ce n’était pas sa faute s’il était si méchant.

Quelque chose avait dû passer sur lui, l’éteignant, et glaçant la

meilleure vigueur de son sang.

Le pauvre...

Son grand corps, étendu au milieu de notre salle basse, paraissait

s’écraser sous l’énorme colonne du phare.

On l’avait muré là, et il portait le lourd flambeau de toute la dernière

force de sa poitrine d’homme.

Maintenant ma poitrine, plus jeune, allait remplacer la sienne, et je

sentais déjà le fardeau m’accabler, sans d’ailleurs aucune idée de me

soustraire à ce devoir.

Quand on reste longtemps à la même place, on aime l’endroit où l’on

souffre. C’est plus naturel que de chercher le bonheur.

Je pensai qu’il voulait dormir et je vins bourrer une pipe sur

l’esplanade.

Il faisait une belle soirée d’automne, en supposant qu’on puisse dire

que la mer est belle quand elle est rouge, toute teintée par le soleil

couchant, comme par la fureur d’un incendie. Les vagues ondulaient,

grosses, opulentes, dans un tel luxe de soieries et de bijoux qu’elles

offensaient notre misère. Ah! les gueuses, les gueuses! Tous leurs

petits ronrons de chatte, leurs cris de lionnes enragées, leurs danses

de comédiennes et, pour finir, les torrents de sang et de larmes

ruisselant autour d’elles sans paraître les salir. Belles de toutes les

libertés que les hommes prisonniers de leurs volontés sont obligés

d’admirer de loin!

On veille sur elles et elles avalent les grands navires; on leur confie

sa destinée, et elles vous noient entre leurs seins mouvants.

Cela jouait, se poursuivait, hurlait des mots obscènes, ou chantait des

cantiques, mais cela, par-dessus tout, vivait de la mort des autres.

Une odeur de marée entrait chez nous avec le vent pur, une odeur impure,

âcre, gerçant les lèvres qui en goûtaient la saveur excitante, fendant

la peau de rides précoces, emplissant les regards du sel dont on

fabrique les larmes de désespoir.

La mer était belle, la mer dansait au soleil couchant, et relevait sur

les marches de l’escalier du phare ses franges d’écume comme une fille

exhibe son linge.

Bientôt nous aurions besoin de linge, en effet, et je pensais que nous

ne possédions point de drap neuf pour un linceul décent.

--Le Maleux?

Je me retournai.

Le père Barnabas s’était presque dressé sur son lit. Il devenait plus

pâle, et ses yeux se creusaient horriblement dans sa face livide.

--Jean, tu es un bon compagnon, quoique ben jeune pour tolérer ça...

Jean, faut tout prévoir... Je peux sombrer... Je sens plus mes genoux...

tâte voir le cœur... Est-ce que ça bat toujours?

Je lui touchai la poitrine.

--Vous êtes fou, l’ancien. On ne meurt point d’une attaque... il en faut

trois. D’ailleurs, je vais mettre un pavillon en berne et si une

barque...

Il tressaillit douloureusement.

--La barque! La barque! répéta-t-il.

--Quelle barque, père Mathurin?

Il se penchait pour regarder la mer, semblant guetter réellement une

voile.

La mer dansante ne faisait danser personne.

--V’là que ça le reprend! soupirai-je.

Je le veillai, immobile à côté de lui, les bras croisés.

C’était l’agonie qui arrivait. Il ne verrait point la troisième attaque,

et je resterais en tête à tête avec un cadavre, cette fois, tout à fait

mort.

Quinze jours... sans pouvoir l’enterrer!

--Mon Dieu, dis-je tout haut, protégez-nous!

Dieu nous protégeait visiblement, car il nous faisait grâce de la

tempête. Là-haut, les lampes flambaient tranquillement, durant que le

gardien-chef coulait sa dernière huile.

Vers minuit, comme je descendais de la lanterne, le vieux me sembla

presque bien. Ses yeux se remirent à me chercher, et sa voix s’adoucit:

--Est-ce que ce serait de bonne amitié que tu me rendrais un service, le

Maleux?

Je m’assis sur son lit, et je dis _oui_, du front.

--T’auras pas peur?

--J’ai plus peur de rien, déclarai-je d’un ton résolu.

--Alors... va me la chercher...

Je fus debout, tout de suite, et je m’écriai:

--Qui? La femme?

--Oui, la femme, puisque tu l’as vue...

Je frissonnais de tout mon corps. Il n’était pas fou... je n’étais pas

fou...

Nous avions tué chacun une femme que nous aimions, étant ivres, ou

d’amour ou de vin...

Mon crime, demeuré enseveli au fond de ma conscience, ressuscitait, et

je retrouvais la preuve du mien avec la certitude du sien.

--Père Barnabas... excusez-moi... j’ai cru voir sa tête... un jour d’y a

longtemps, derrière la vitre d’une des meurtrières...

--Tu es jeune... tu ne comprendras pas... c’est des appétits de vieux,

et puis... autrefois... la vivante... elle m’avait fait cocu... J’ai

jamais pu aimer que celle-là, par orgueil... Faut aller me la chercher,

et tu la jetteras dans la mer quand je serai fini.

Il m’indiqua la poche de cuir de sa ceinture, qui ne le quittait jamais.

J’y puisai une clé toute chaude encore du contact de sa chair.

Il me fit un signe.

Mais j’étais déjà parti. Je savais bien le chemin.

Je montai, m’appuyant au mur, suffoquant et tendant ma lampe bien en

avant comme pour me défendre.

Vers la moitié de l’escalier, je m’arrêtai contre la porte mystérieuse.

Oh! pas plus mystérieuse que les cinq portes aux cinq étages de la tour.

Je posai ma lampe et j’introduisis la clé.

Ça s’ouvrit très doucement.

... De la poussière, un peu de sable, de ce sable fin qui pénètre

partout, si blanc, si fluide. Pas de femme! Aucun cadavre, aucun

squelette; seulement, sur l’appui de la fenêtre, juste devant la loupe

de verre, voilée d’une buée verte, une étrange plante dans un pot de

cristal, un large pot où l’on met des gros fruits à confire... et les

poisons, chez les pharmaciens.

Cette plante s’étalait autour du pot en luxuriants rameaux blonds, était

onctueuse au toucher, très pareille à des cheveux.

Retournant le bocal, je vis _la tête_ osciller légèrement, et ses yeux

vides s’emplirent de lueurs, s’irisant à travers l’alcool.

Je jetai ma veste sur elle, pour ne plus rencontrer ses yeux en

l’emportant.

... Le vieux caressa, de ses larges pinces de crabe, cette chevelure

fusant d’une rondelle de liège, en cascades légères, puis il dit, très

distinctement, durant que je me cachai la figure dans ses draps:

--Ben quoi, petit? Fais pas l’enfant!... Elle a été belle... je t’en

réponds, elle ne l’est plus... mais c’est que tu n’as pas connu son

corps... Aucune autre créature n’a été si bonne pour moi, le pauvre

bougre abandonné... elle est venue comme un ange quand je me rongeais

les sangs attendant la marée montante. Elle est venue suivant une barque

chavirée... morte à peine depuis deux jours, pas enflée, pas verdie,

toute jeune la pauvre garce... et vierge... une demoiselle riche. Elle

était accrochée par ses cheveux au gouvernail de la barque... des

cheveux plus blonds, plus épais... (je lui en ai pris deux touffes près

des oreilles, je les aimais tant...) Ils avaient encore un parfum de

fleur... des fleurs de la terre... je l’ai gardée une lune... puis j’ai

coupé la tête... _pour mon dessert d’amour_. Oui, bien bonne, bien

douce, bien complaisante! Cependant, elle m’a fait tuer quelqu’un, celui

d’avant toi, un garçon sensible qui, rien que de l’avoir aperçue, s’est

suicidé. _Il s’est guéri_, quoi! Maintenant... faut la rendre à l’Océan.

Car... je suis jaloux. Va!...

Je me relevai; tout courant, j’allai précipiter _cela_ du haut des

escaliers de l’esplanade. Le bocal se brisa, rendant un son sinistre de

vitre éclatant sous un poing, et la tête, enfin libre, sombra au plus

profond des abîmes.

Quand je rentrai, le vieux riait d’un rire presque paisible, ses

puissantes mains posées bien à plat sur sa poitrine, et il ne respirait

plus.

Lui aussi était guéri!

Je récitai la prière des morts que tous les gens de mer, qu’ils croient

en Dieu ou qu’ils se donnent au diable, savent par cœur.

Je récitai la prière des morts dans ma grande solitude peuplée de

fantômes...

... Au bout de trois jours, je l’arrosai de pétrole.

... Le cinquième jour, je l’entourai de tous ses habits, et je le cousis

dans ses draps hermétiquement.

... Vers le huitième jour, ne mangeant plus, ne buvant plus, je

m’enfermai chez moi, je bouchai la porte de l’escalier, et je passai le

temps au soleil, sur le chemin de ronde.

Mais il fallut descendre pour chercher des provisions de torches, en cas

de grain.

Le long de la spirale, c’était comme l’haleine de la peste.

Le courage me manqua. J’eus l’idée sacrilège de le lancer à l’eau,

bourré de limailles et de plomb.

Non! Je ne devais pas... il avait encore bien besoin de prière. Je ne

devais pas...

Je l’exposai, comme un ballot, dans le coin nord de l’esplanade.

Ce supplice dura les quinze jours prescrits.

Des vers grouillaient, gras de graisse humaine, sur le ballot...

--Navire!...

Je hurle, je saute d’impatience.

C’est le _Saint-Christophe_.

On m’envoie un camarade, le remplaçant des jours de sorties.

Et les autorités débarquent: un officier tout galonné, l’air sérieux, le

commandant, le médecin et le prêtre.

Le palan les amène un à un, d’abord comme des petits pantins ridicules,

ensuite, les pieds sur les dalles du phare, plus grands, plus solennels.

Toutes ces figures de compassion m’émeuvent, et j’ôte mon béret, bien

honnêtement.

Je suis un criminel devant ses juges.

Je m’explique et je pleure.

--Allons! Allons, le Maleux, fait l’officier, vous êtes un brave

garçon... vous avez eu du courage... oui... une terrible situation

quinze jours au large, sans un aide... Vous serez récompensé!...

Il parle pendant une heure. Les oreilles me saignent. Il nous réunit

autour de ce ballot qui pue et nous apprend que ce fut un homme...

--Trente ans de services! Un luron, mes amis. Que Dieu ait son âme.

Vous, le Maleux, vous voilà gardien-chef.

Le curé s’agenouille.

Nous pleurons tous.

Et ils s’en vont, d’abord solennels, ensuite petits pantins pendus au

bout du fil de la providence.

--Ho! hisse! hisse en haut!

Nous halons ferme, mon aide et moi, ragaillardis un peu par une goutte

bue et trinquée avec les patrons.

Je suis nommé gardien-chef.

Marie, ma chère petite Marie...

Devant Dieu, s’il m’écoute, je jure de ne jamais revoir la terre.

La tour d'amour · 第 15 / 16 题