CHAPITRE LXXXVI.

Promenade à Stupinitz.--Une nuit de Napoléon.--Le comte de Vivalda, chef

de brigands.

M. le comte de Saluces avait été si content de sa promenade, qu'il

revint me chercher quelques jours après pour me conduire à Stupinitz;

lui et mon chambellan avaient le monopole de mes matinées. On ne saurait

imaginer une politesse plus exquise que celle de M. de Saluces; il

portait si loin le respect pour les femmes, qu'il était toujours en

tenue et en escarpins, en bas de soie, enfin comme en toilette de

rendez-vous. Je le croyais en intimité avec une grande et fort belle

cantatrice du Théâtre impérial, et je ne manquais jamais de lui dire que

l'assiduité et la longueur de ses visites auprès de moi le feraient

gronder. Il ne se lassait pas de la plaisanterie, et me paraissait fort

disposé à braver les reproches de la _prima donna_. J'eus la malice de

l'y exposer, en acceptant de nouveau son bras et sa voiture pour la

promenade à Stupinitz dont il m'avait parlé.

Avant d'arriver à Stupinitz, il faut traverser la magnifique forêt qui

donné son nom au château, et qui n'en est pas un des moindres ornemens;

c'est aussi quelquefois un curieux spectacle que le passage du Sangone,

torrent assez paisible en été, mais que la fonte des neiges rend

fougueux et vagabond en hiver. Le Sangone n'était déjà plus à cette

époque dans ses momens critiques, et nous fûmes heureusement privés du

spectacle de sa mauvaise humeur. Les avenues qui entourent le palais de

Stupinitz et qui y mènent sont d'une longueur imposante, le château

d'une élégance noble et enchanteresse; il avait passé comme un héritage

de la maison de Savoie dans les domaines de la maison de Napoléon: les

châteaux avaient eu ainsi le sort des trônes eux-mêmes, depuis le

Trasimène jusqu'à l'Elbe, depuis Rome jusqu'à Hambourg.

L'ancienne cour de Sardaigne honorait très rarement Stupinitz de sa

présence, et il fallait la solennité de la Saint-Hubert et les sons

perçans du cor pour y appeler le roi et la noblesse piémontaise. Un cerf

doré domine le haut du dôme pour indiquer la destination spéciale de

cette royale résidence, comme une espèce de grand veneur inamovible. Du

reste, tout dans Stupinitz est disposé avec une régularité large et

commode; on dirait d'une ville composée de galeries et de bâtimens se

correspondant les uns aux autres, d'une ville pour loger une cour

quelquefois à peine pendant quarante-huit heures. Le baron de Luzerne,

gouverneur du château, étant absent, le comte de Saluces fit appeler le

concierge, et celui-ci se fit notre _cicerone_ avec une politesse et des

manières moins élégantes que son supérieur, mais aussi avec une

indiscrétion inappréciable, et qui, en ma qualité de curieuse, devenait

pour moi fort amusante. J'ai bien souvent éprouvé qu'on apprend plus

quelquefois avec les gens d'en bas qu'avec les gens d'en haut. Comme

j'en ai vu de tous les étages, on peut croire à la vérité de mon

observation.

Le complaisant concierge ne savait pas seulement comme un architecte

tous les détails d'art que la visite d'un aussi beau monument exigeait;

mais il possédait comme un historiographe bien renté toutes les

particularités curieuses, toutes les anecdotes secrètes et publiques

dont, sous les deux régimes, Stupinitz avait pu être le théâtre. Elles

étaient toutes fort importantes pour un _cicerone_ qui veut faire sa

cour; mais elles le seraient moins pour des lecteurs désintéressés. Les

récits un peu bavards se supportent sur les lieux mêmes que l'on visite:

l'impression du moment donne du prix à tout; mais ce qui est bon à

entendre n'est pas toujours bon à raconter, et je ne choisis dans tout

ce que j'appris à Stupinitz qu'une seule anecdote dont l'authenticité et

l'intérêt me sont suffisamment garantis par le nom des personnages et

les confidences du narrateur.

Stupinitz, nous dit notre Suétone ambulant, a possédé l'empereur

Napoléon; il a daigné y rester quelques instans, lors de son passage

pour Milan, où il allait se faire couronner roi d'Italie. Il lui arriva

ici une aventure qui vaut bien la peine d'être connue, mais attendez: le

lieu de la scène ne nuira pas à son intérêt. Là-dessus, il nous

conduisit pas un escalier secret au bout d'une galerie de l'aile gauche

du palais, où régnait une longue enfilade de petits appartemens. En

entrant dans l'un de ces appartemens, on me fit remarquer de fort beaux

portraits, tous plus respectables les uns que les autres: c'étaient des

généraux, des papes et des magistrats dont je n'ai pas retenu les noms.

Cette chambre, pendant le séjour de la cour impériale à Stupinitz, avait

été affectée à la belle madame ***; du service de S. M. l'impératrice

reine Joséphine. L'Empereur, qui avait, par excès de prudence sans

doute, une clef pour toutes les portes, en avait une pour l'appartement

de la jeune dame; il y entre par hasard, sans doute encore, au milieu de

tant d'autres; on l'entend; et heureusement ou malheureusement, la jolie

dame avait quelqu'un auprès d'elle à qui confier sa frayeur.

Heureusement encore le quelqu'un était aide-de-camp de l'Empereur; il

reconnaît son maître à la brusquerie de son entrée: habitué à lui rendre

hommage, et surtout à ne pas le contrarier, il se laisse glisser à bas

du lit, et par plus de respect se cache dessous. L'Empereur, armé d'une

petite lanterne, regarde avec attention pour sa sûreté, remarque du

désordre, de l'embarras, et particulièrement sur les chaises autre chose

que des robes. «Un homme est ici caché, s'écrie Napoléon; qu'on se

montre, qu'on paraisse devant moi, je l'ordonne, je le veux.» Un

aide-de-camp est toujours bien forcé d'obéir à son chef. Voilà donc ce

respectable général de division, c'était son gendre, ma foi, qui se

découvre, se recouvre, et disparaît. L'Empereur demeura quelques instans

encore comme un homme qui voulait, dans les petites choses aussi bien

que dans les grandes, que le champ de bataille lui restât. Le plus

curieux de l'aventure, le voici, et cela prouve bien que l'Empereur est

aussi bon qu'il est brave: le pauvre aide-de-camp craignait le lendemain

les regards boudeurs du maître; loin de là il reçut l'accueil ordinaire,

et l'Empereur ne lui dit pas un mot qui fût relatif à l'anecdote de la

nuit.

«Mais comment, dis-je avec vivacité au narrateur, avez-vous pu connaître

les détails d'une scène dont les témoins avaient un intérêt commun de

discrétion?

«--Comment, ma belle dame? Vous l'auriez su comme moi, si vous aviez été

ici, et où j'étais; aucun des acteurs n'a parlé; mais moi qui n'avais

pas d'intérêt, je peux bien ne pas avoir la même discrétion. Tenez,

madame, venez dans l'appartement à côté de celui-ci, vous entendrez

comme si vous étiez dans la pièce même, et vous concevrez que s'il vous

arrivait quelque chose de pareil à ce qu'a éprouvé la dame de service de

Joséphine, on pourrait très bien n'en pas parler et pourtant le savoir.»

Nous quittâmes Stupinitz, fort contens encore cette fois de notre

promenade. La causerie du château nous avait mis en humeur narrative; et

M. de Saluces ainsi que moi nous vidions en quelque sorte notre sac

d'aventures. Le roulement de la voiture dispose à cet échange de

confiance et de pensées. Au milieu de la route M. de Saluces me fit

remarquer une masure délabrée: «Vous voyez bien d'ici cette ruine; elle

est de construction moderne pourtant, et elle est témoin d'une misère

qui accuse peut-être nos lois. Il y a quelques années, Turin retentit

d'un vol scandaleux: des hommes qu'aucune mauvaise action n'avait point

encore signalés, à l'aide d'une fausse clef, dévalisèrent une riche

maison. On fut bientôt sur la trace des voleurs; la sentence accompagna

presque leur découverte; dix ans de travaux forcés s'ensuivirent. Le

jugement s'exécute à Alexandrie. Mais un pauvre diable fut impliqué dans

cette vilaine affaire, pour avoir travaillé à la fausse clef qui avait

été l'instrument du délit; le malheureux, garçon serrurier, ignorait à

quel usage la clef était destinée. L'embarras de ses réponses, peut-être

la nécessité de l'exemple dans des temps difficiles, le firent également

comprendre dans la condamnation, quoique pour un temps moins long que

les véritables coupables. Sa peine expirée, il chercha du travail et fut

repoussé comme un galérien. Les maires, sous le prétexte de la sûreté de

leur commune, se le renvoyaient, et le ballottaient ainsi sans asile.

Dans sa détresse, avec quelques branches d'arbres et de la terre, il

éleva cette masure que je vous ai montrée sur la lisière de deux

communes, pour qu'aucun des deux maires voisins ne pût l'inquiéter. Sa

vie était moins malheureuse; il vivait de racines, et d'un peu de pain

les bons jours, ceux où il pouvait se rendre utile sur la route pour le

raccommodage des voitures. La vigilance administrative l'a encore

poursuivi dans ce dernier abri de la misère et de la faim. Réduit au

vagabondage, à toutes les plus dures extrémités du besoin, la fatalité

d'une si criante destinée lui fait regretter le pain du bagne, et pour

le reconquérir, le malheureux fabrique encore une fausse clef, se glisse

dans une maison, choisit les objets les moins précieux pour atteindre

son but au moindre dommage possible, et loin de chercher à échapper à la

justice, il reste tranquillement exposé à ses poursuites. Arrêté sous le

poids d'une récidive devant la cour criminelle, il ne cherche point à se

défendre, avoue la réalité du vol, mais expose avec candeur les rigueurs

qui l'y ont en quelque sorte forcé; que les lois trompeuses, en lui

rendant la liberté, mais en cessant de le nourrir, lui avaient continué

leur châtiment, et rendu leur bienfait plus onéreux que leurs rigueurs.

La cour a eu pitié de tant de misères, ne l'a cette fois condamné qu'à

une peine légère de réclusion, a fait écrire par le procureur général à

l'autorité administrative, pour qu'au moins la terre ne fût pas refusée

à cet infortuné à l'expiration de sa nouvelle peine. Quelques personnes

charitables ont, en outre, quêté pour lui quelques secours.

«--Oh! m'écriai-je, indiquez-moi où je puis déposer mon offrande. À

peine de retour à Turin, je courrai la déposer.» Je ne sais pas ce que

les lois devraient faire pour ne pas pousser au crime ceux qui

pourraient se repentir; mais c'est à la charité qu'il appartient de

remédier autant qu'il est en elle à l'impuissance de la justice, qui ne

sait jamais, hélas! que punir. Ces problèmes législatifs sont si longs à

résoudre, qu'il faut que la bienfaisance se charge de faire patienter le

genre humain.

«C'est une chose bizarre, me dit encore M. le comte de Saluces, que les

récits des choses tristes et pénibles: on ne les écoute pourtant jamais

sans un intérêt qui ressemble presque à un plaisir. Ma chère amie, je

crois que notre nature est d'être émus. Vivre, c'est sentir. Les

histoires de voleurs ne sont pas sans agrément quand on traverse une

forêt. En voici une dont un de mes amis a reçu en personne la confidence

de la part d'un voleur très distingué, enfin d'un voleur _comme il

faut_. La rencontre eut lieu à Turin même, à une table de restaurateur.

L'ami dont je vous parle, désoeuvré comme on l'est quand on dîne seul, ne

se lassait pas de regarder un de ces hommes dont la figure semble une

curiosité. Celui-ci, s'en apercevant, vint droit à la table du voisin et

lui dit: «Je suis de votre part l'objet d'une investigation dont je

pourrais me fâcher; mais comme j'aime assez à produire de l'effet et à

satisfaire la curiosité des honnêtes gens, comme une conversation vaut

mieux qu'un duel, je m'en vais tout simplement vous conter mes

aventures:

«J'appartiens, monsieur, à l'une des plus anciennes et des plus

respectables familles de Milan. Je suis comte de Vivalda. J'ai dépensé

ma fortune et je ne m'en plains pas, car j'ai joui de la vie. Les

voyages font mon bonheur. Dans deux heures, j'aurai disparu de Turin, du

Piémont peut-être. Je ne vous demande pas votre discrétion, parce que

j'en suis sûr, ou plutôt parce que je saurais en être sûr. Je vais

rejoindre mes honorables amis; je leur dois un rapport sur les démarches

diplomatiques dont ils m'ont chargé; car, pour que vous le sachiez de

suite, j'ai l'honneur de commander, avec l'intrépide Meino, une troupe

de braves de Narzali, qui ne sont pas bien avec votre empereur, et

surtout avec sa gendarmerie, mais qui s'en moquent. Tenez, monsieur,

pour vous prouver ma puissance, prenez cette bague; avec elle vous

voyagerez avec plus de sûreté qu'avec une escorte: c'est le meilleur

passe-port que vous puissiez avoir pour toute l'Italie. À ces mots, mon

ami commençait à faire la grimace. Soyez calme, ajouta le noble comte;

je suis ici en amateur, et il n'y a que les plus vulgaires préjugés qui

puissent vous donner mauvaise opinion de moi et de mes amis: il y a

brigands et brigands. Tout état honnêtement exercé devient honorable; et

si l'on voyait bien à fond les misères de la société, les crimes

secrets, les trahisons de tous les sentimens, la lâcheté des amitiés,

les turpitudes du pouvoir, les saletés administratives, judiciaires,

civiles, domestiques, matrimoniales; ah! monsieur, je vous le répète, si

les confesseurs des mourans pouvaient parler, l'on serait peut-être

forcé de convenir qu'il n'y a de vertus que sur les grandes routes:

audace et bienfaisance, voilà le véritable brigand. Jugez un peu des

qualités supérieures de ma troupe: il y a quelque temps, le général

Menou, gouverneur de la division militaire, voulut se mêler de nos

affaires, et mit en conséquence ses troupes à nos trousses; Meino et moi

nous endossons des uniformes d'officiers supérieurs; nous avions de si

bonnes liaisons dans la ville, qu'avant minuit nous tenions le mot

d'ordre de la garnison. Quelques minutes après, sous prétexte d'un ordre

militaire et supérieur, nous nous présentons chez le gouverneur, et nous

demandons à être seuls avec lui. Alors, plus de dissimulation: nous

déclarons nos noms et qualités, et nous disons au général stupéfait:

Vous vouliez nos têtes, nous sommes maîtres de la vôtre; vous vouliez

nous faire coffrer, c'est vous qui êtes notre prisonnier. Toutefois nous

ne voulons de mal à personne, et nous ne vous demandons qu'une chose,

c'est de ne plus nous poursuivre avec acharnement. Prévenez de la sorte

une seconde visite que nous serions forcés de rendre plus sévère.» Après

ce court dialogue, nous regagnâmes en toute sûreté nos montagnes.

«Autre exemple, mon cher monsieur: La superbe madame Meino, épouse d'un

de nos camarades, nous fut enlevée: elle tomba dans un parti de

gendarmes qui la menèrent à Alexandrie. Seul M. Meino se présente encore

chez le général de cette ville, et cette fois sous l'uniforme de la

gendarmerie, en colonel, la croix d'honneur à la boutonnière. Nous

aimons beaucoup la croix d'honneur. Meino accorda un délai de trois

jours pour la liberté de sa femme. Au bout de deux jours, madame Meino

était revenue; et l'on avait bien fait d'obéir, car sans cela le général

Despinois... était mort dans les vingt-quatre heures, et moi qui vous

parle, j'étais resté à Alexandrie pour retirer sa parole d'honneur et

rentrer dans les lois de la guerre.

«Vous le voyez, nous avons horreur du sang, et nous ne le versons que

quand on nous y contraint. Les femmes! eh bien! nous ne les enlevons

même pas; nous leur prenons tout, mais nous leur laissons l'honneur. Il

n'y a pas chez nous plus de libertins que de traîtres. Ceux qui ne sont

point insensibles à l'amour ont des femmes légitimes où le sacrement a

passé. Nous avons réduit nos expéditions à un code régulier, et voici

les principales dispositions: Nous connaissons toutes les fortunes à un

sequin près; nous avons ainsi la liste des riches propriétaires; nous en

enlevons un, deux, trois, de temps en temps, à tour de rôle. Nous les

mettons en lieu de sûreté; nous leur faisons les honneurs de notre

table: le vin, le café, la liqueur, un bon _ordinaire_. Libre ensuite

aux prisonniers de s'en aller quand ils veulent... c'est-à-dire quand

ils veulent payer leur rançon; mais nous ne sommes point juifs, nous

leur donnons du temps. Ils prennent eux-mêmes leurs échéances. Ils

écrivent à leurs familles, et pour cela encore, nous leur sauvons les

ports de lettres, nous nous chargeons nous-mêmes de les faire tenir.

Quand les conventions réciproques ont été jurées, c'est-à-dire encore,

quand nous avons touché l'argent, nos prisonniers, un bandeau sur les

yeux, sont ramenés, et à cheval, à peu de distance de chez eux. Nous les

prévenons que toute dénonciation à l'autorité serait suivie pour eux de

la peine de mort. Une fois qu'on nous à payé le tribut, on en est quitte

pour la vie. Plus honnêtes que les gouvernemens, nous ne volons qu'une

fois la même personne; et je puis vous assurer que nous jouissons de

l'estime de tous les honnêtes gens qui ont eu affaire à nous.»

«Hélas! madame, là finit le récit du comte de Vivalda, mais là ne finit

pas son histoire. Lui, Meino et tous ses honnêtes camarades ont été, il

y a peu de temps, poursuivis avec une nouvelle activité. Bien des

pauvres gendarmes y ont passé, mais enfin la troupe a été réduite.

Retranchés dans une ferme, on y a mis le feu, et ils n'ont cédé qu'au

nombre et à l'incendie. La cour criminelle de Turin les a tous condamnés

à mort, et tous ont été exécutés. C'est un spectacle dont toute la ville

a été témoin. La naissance, la beauté de plusieurs d'entre eux, avaient

redoublé l'épouvantable curiosité des supplices. Il n'y en avait pas un

dans la bande qui ne portât les marques de quelques blessures. Leur

courage, leurs aventures ont fait plusieurs fois les frais de toutes les

conversations, et vous voyez bien qu'on en parle encore.»

Nous arrivâmes assez tard à Turin, à cause du mauvais temps. M. le comte

de Saluces me reconduisit avec sa politesse ordinaire, et me quitta de

suite; j'en augurai que la peur des reproches l'avait repris, et qu'il

allait réveiller sa belle actrice pour en diminuer la dose. Quoique je

ne sois pas peureuse, on le sait, je n'en passai pas moins la nuit à

rêver brigands, comme cela arrive quand on en a parlé beaucoup dans la

soirée. Après deux jours de repos, et après mes visites d'adieux au

comte de Saluces, à mon chambellan et à quelques autres personnes, je

repartis pour Gênes.

Mémoires d'une contemporaine. Tome 3 Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... · 第 31 / 40 题