Promenade à Stupinitz.--Une nuit de Napoléon.--Le comte de Vivalda, chef
de brigands.
M. le comte de Saluces avait été si content de sa promenade, qu'il
revint me chercher quelques jours après pour me conduire à Stupinitz;
lui et mon chambellan avaient le monopole de mes matinées. On ne saurait
imaginer une politesse plus exquise que celle de M. de Saluces; il
portait si loin le respect pour les femmes, qu'il était toujours en
tenue et en escarpins, en bas de soie, enfin comme en toilette de
rendez-vous. Je le croyais en intimité avec une grande et fort belle
cantatrice du Théâtre impérial, et je ne manquais jamais de lui dire que
l'assiduité et la longueur de ses visites auprès de moi le feraient
gronder. Il ne se lassait pas de la plaisanterie, et me paraissait fort
disposé à braver les reproches de la _prima donna_. J'eus la malice de
l'y exposer, en acceptant de nouveau son bras et sa voiture pour la
promenade à Stupinitz dont il m'avait parlé.
Avant d'arriver à Stupinitz, il faut traverser la magnifique forêt qui
donné son nom au château, et qui n'en est pas un des moindres ornemens;
c'est aussi quelquefois un curieux spectacle que le passage du Sangone,
torrent assez paisible en été, mais que la fonte des neiges rend
fougueux et vagabond en hiver. Le Sangone n'était déjà plus à cette
époque dans ses momens critiques, et nous fûmes heureusement privés du
spectacle de sa mauvaise humeur. Les avenues qui entourent le palais de
Stupinitz et qui y mènent sont d'une longueur imposante, le château
d'une élégance noble et enchanteresse; il avait passé comme un héritage
de la maison de Savoie dans les domaines de la maison de Napoléon: les
châteaux avaient eu ainsi le sort des trônes eux-mêmes, depuis le
Trasimène jusqu'à l'Elbe, depuis Rome jusqu'à Hambourg.
L'ancienne cour de Sardaigne honorait très rarement Stupinitz de sa
présence, et il fallait la solennité de la Saint-Hubert et les sons
perçans du cor pour y appeler le roi et la noblesse piémontaise. Un cerf
doré domine le haut du dôme pour indiquer la destination spéciale de
cette royale résidence, comme une espèce de grand veneur inamovible. Du
reste, tout dans Stupinitz est disposé avec une régularité large et
commode; on dirait d'une ville composée de galeries et de bâtimens se
correspondant les uns aux autres, d'une ville pour loger une cour
quelquefois à peine pendant quarante-huit heures. Le baron de Luzerne,
gouverneur du château, étant absent, le comte de Saluces fit appeler le
concierge, et celui-ci se fit notre _cicerone_ avec une politesse et des
manières moins élégantes que son supérieur, mais aussi avec une
indiscrétion inappréciable, et qui, en ma qualité de curieuse, devenait
pour moi fort amusante. J'ai bien souvent éprouvé qu'on apprend plus
quelquefois avec les gens d'en bas qu'avec les gens d'en haut. Comme
j'en ai vu de tous les étages, on peut croire à la vérité de mon
observation.
Le complaisant concierge ne savait pas seulement comme un architecte
tous les détails d'art que la visite d'un aussi beau monument exigeait;
mais il possédait comme un historiographe bien renté toutes les
particularités curieuses, toutes les anecdotes secrètes et publiques
dont, sous les deux régimes, Stupinitz avait pu être le théâtre. Elles
étaient toutes fort importantes pour un _cicerone_ qui veut faire sa
cour; mais elles le seraient moins pour des lecteurs désintéressés. Les
récits un peu bavards se supportent sur les lieux mêmes que l'on visite:
l'impression du moment donne du prix à tout; mais ce qui est bon à
entendre n'est pas toujours bon à raconter, et je ne choisis dans tout
ce que j'appris à Stupinitz qu'une seule anecdote dont l'authenticité et
l'intérêt me sont suffisamment garantis par le nom des personnages et
les confidences du narrateur.
Stupinitz, nous dit notre Suétone ambulant, a possédé l'empereur
Napoléon; il a daigné y rester quelques instans, lors de son passage
pour Milan, où il allait se faire couronner roi d'Italie. Il lui arriva
ici une aventure qui vaut bien la peine d'être connue, mais attendez: le
lieu de la scène ne nuira pas à son intérêt. Là-dessus, il nous
conduisit pas un escalier secret au bout d'une galerie de l'aile gauche
du palais, où régnait une longue enfilade de petits appartemens. En
entrant dans l'un de ces appartemens, on me fit remarquer de fort beaux
portraits, tous plus respectables les uns que les autres: c'étaient des
généraux, des papes et des magistrats dont je n'ai pas retenu les noms.
Cette chambre, pendant le séjour de la cour impériale à Stupinitz, avait
été affectée à la belle madame ***; du service de S. M. l'impératrice
reine Joséphine. L'Empereur, qui avait, par excès de prudence sans
doute, une clef pour toutes les portes, en avait une pour l'appartement
de la jeune dame; il y entre par hasard, sans doute encore, au milieu de
tant d'autres; on l'entend; et heureusement ou malheureusement, la jolie
dame avait quelqu'un auprès d'elle à qui confier sa frayeur.
Heureusement encore le quelqu'un était aide-de-camp de l'Empereur; il
reconnaît son maître à la brusquerie de son entrée: habitué à lui rendre
hommage, et surtout à ne pas le contrarier, il se laisse glisser à bas
du lit, et par plus de respect se cache dessous. L'Empereur, armé d'une
petite lanterne, regarde avec attention pour sa sûreté, remarque du
désordre, de l'embarras, et particulièrement sur les chaises autre chose
que des robes. «Un homme est ici caché, s'écrie Napoléon; qu'on se
montre, qu'on paraisse devant moi, je l'ordonne, je le veux.» Un
aide-de-camp est toujours bien forcé d'obéir à son chef. Voilà donc ce
respectable général de division, c'était son gendre, ma foi, qui se
découvre, se recouvre, et disparaît. L'Empereur demeura quelques instans
encore comme un homme qui voulait, dans les petites choses aussi bien
que dans les grandes, que le champ de bataille lui restât. Le plus
curieux de l'aventure, le voici, et cela prouve bien que l'Empereur est
aussi bon qu'il est brave: le pauvre aide-de-camp craignait le lendemain
les regards boudeurs du maître; loin de là il reçut l'accueil ordinaire,
et l'Empereur ne lui dit pas un mot qui fût relatif à l'anecdote de la
nuit.
«Mais comment, dis-je avec vivacité au narrateur, avez-vous pu connaître
les détails d'une scène dont les témoins avaient un intérêt commun de
discrétion?
«--Comment, ma belle dame? Vous l'auriez su comme moi, si vous aviez été
ici, et où j'étais; aucun des acteurs n'a parlé; mais moi qui n'avais
pas d'intérêt, je peux bien ne pas avoir la même discrétion. Tenez,
madame, venez dans l'appartement à côté de celui-ci, vous entendrez
comme si vous étiez dans la pièce même, et vous concevrez que s'il vous
arrivait quelque chose de pareil à ce qu'a éprouvé la dame de service de
Joséphine, on pourrait très bien n'en pas parler et pourtant le savoir.»
Nous quittâmes Stupinitz, fort contens encore cette fois de notre
promenade. La causerie du château nous avait mis en humeur narrative; et
M. de Saluces ainsi que moi nous vidions en quelque sorte notre sac
d'aventures. Le roulement de la voiture dispose à cet échange de
confiance et de pensées. Au milieu de la route M. de Saluces me fit
remarquer une masure délabrée: «Vous voyez bien d'ici cette ruine; elle
est de construction moderne pourtant, et elle est témoin d'une misère
qui accuse peut-être nos lois. Il y a quelques années, Turin retentit
d'un vol scandaleux: des hommes qu'aucune mauvaise action n'avait point
encore signalés, à l'aide d'une fausse clef, dévalisèrent une riche
maison. On fut bientôt sur la trace des voleurs; la sentence accompagna
presque leur découverte; dix ans de travaux forcés s'ensuivirent. Le
jugement s'exécute à Alexandrie. Mais un pauvre diable fut impliqué dans
cette vilaine affaire, pour avoir travaillé à la fausse clef qui avait
été l'instrument du délit; le malheureux, garçon serrurier, ignorait à
quel usage la clef était destinée. L'embarras de ses réponses, peut-être
la nécessité de l'exemple dans des temps difficiles, le firent également
comprendre dans la condamnation, quoique pour un temps moins long que
les véritables coupables. Sa peine expirée, il chercha du travail et fut
repoussé comme un galérien. Les maires, sous le prétexte de la sûreté de
leur commune, se le renvoyaient, et le ballottaient ainsi sans asile.
Dans sa détresse, avec quelques branches d'arbres et de la terre, il
éleva cette masure que je vous ai montrée sur la lisière de deux
communes, pour qu'aucun des deux maires voisins ne pût l'inquiéter. Sa
vie était moins malheureuse; il vivait de racines, et d'un peu de pain
les bons jours, ceux où il pouvait se rendre utile sur la route pour le
raccommodage des voitures. La vigilance administrative l'a encore
poursuivi dans ce dernier abri de la misère et de la faim. Réduit au
vagabondage, à toutes les plus dures extrémités du besoin, la fatalité
d'une si criante destinée lui fait regretter le pain du bagne, et pour
le reconquérir, le malheureux fabrique encore une fausse clef, se glisse
dans une maison, choisit les objets les moins précieux pour atteindre
son but au moindre dommage possible, et loin de chercher à échapper à la
justice, il reste tranquillement exposé à ses poursuites. Arrêté sous le
poids d'une récidive devant la cour criminelle, il ne cherche point à se
défendre, avoue la réalité du vol, mais expose avec candeur les rigueurs
qui l'y ont en quelque sorte forcé; que les lois trompeuses, en lui
rendant la liberté, mais en cessant de le nourrir, lui avaient continué
leur châtiment, et rendu leur bienfait plus onéreux que leurs rigueurs.
La cour a eu pitié de tant de misères, ne l'a cette fois condamné qu'à
une peine légère de réclusion, a fait écrire par le procureur général à
l'autorité administrative, pour qu'au moins la terre ne fût pas refusée
à cet infortuné à l'expiration de sa nouvelle peine. Quelques personnes
charitables ont, en outre, quêté pour lui quelques secours.
«--Oh! m'écriai-je, indiquez-moi où je puis déposer mon offrande. À
peine de retour à Turin, je courrai la déposer.» Je ne sais pas ce que
les lois devraient faire pour ne pas pousser au crime ceux qui
pourraient se repentir; mais c'est à la charité qu'il appartient de
remédier autant qu'il est en elle à l'impuissance de la justice, qui ne
sait jamais, hélas! que punir. Ces problèmes législatifs sont si longs à
résoudre, qu'il faut que la bienfaisance se charge de faire patienter le
genre humain.
«C'est une chose bizarre, me dit encore M. le comte de Saluces, que les
récits des choses tristes et pénibles: on ne les écoute pourtant jamais
sans un intérêt qui ressemble presque à un plaisir. Ma chère amie, je
crois que notre nature est d'être émus. Vivre, c'est sentir. Les
histoires de voleurs ne sont pas sans agrément quand on traverse une
forêt. En voici une dont un de mes amis a reçu en personne la confidence
de la part d'un voleur très distingué, enfin d'un voleur _comme il
faut_. La rencontre eut lieu à Turin même, à une table de restaurateur.
L'ami dont je vous parle, désoeuvré comme on l'est quand on dîne seul, ne
se lassait pas de regarder un de ces hommes dont la figure semble une
curiosité. Celui-ci, s'en apercevant, vint droit à la table du voisin et
lui dit: «Je suis de votre part l'objet d'une investigation dont je
pourrais me fâcher; mais comme j'aime assez à produire de l'effet et à
satisfaire la curiosité des honnêtes gens, comme une conversation vaut
mieux qu'un duel, je m'en vais tout simplement vous conter mes
aventures:
«J'appartiens, monsieur, à l'une des plus anciennes et des plus
respectables familles de Milan. Je suis comte de Vivalda. J'ai dépensé
ma fortune et je ne m'en plains pas, car j'ai joui de la vie. Les
voyages font mon bonheur. Dans deux heures, j'aurai disparu de Turin, du
Piémont peut-être. Je ne vous demande pas votre discrétion, parce que
j'en suis sûr, ou plutôt parce que je saurais en être sûr. Je vais
rejoindre mes honorables amis; je leur dois un rapport sur les démarches
diplomatiques dont ils m'ont chargé; car, pour que vous le sachiez de
suite, j'ai l'honneur de commander, avec l'intrépide Meino, une troupe
de braves de Narzali, qui ne sont pas bien avec votre empereur, et
surtout avec sa gendarmerie, mais qui s'en moquent. Tenez, monsieur,
pour vous prouver ma puissance, prenez cette bague; avec elle vous
voyagerez avec plus de sûreté qu'avec une escorte: c'est le meilleur
passe-port que vous puissiez avoir pour toute l'Italie. À ces mots, mon
ami commençait à faire la grimace. Soyez calme, ajouta le noble comte;
je suis ici en amateur, et il n'y a que les plus vulgaires préjugés qui
puissent vous donner mauvaise opinion de moi et de mes amis: il y a
brigands et brigands. Tout état honnêtement exercé devient honorable; et
si l'on voyait bien à fond les misères de la société, les crimes
secrets, les trahisons de tous les sentimens, la lâcheté des amitiés,
les turpitudes du pouvoir, les saletés administratives, judiciaires,
civiles, domestiques, matrimoniales; ah! monsieur, je vous le répète, si
les confesseurs des mourans pouvaient parler, l'on serait peut-être
forcé de convenir qu'il n'y a de vertus que sur les grandes routes:
audace et bienfaisance, voilà le véritable brigand. Jugez un peu des
qualités supérieures de ma troupe: il y a quelque temps, le général
Menou, gouverneur de la division militaire, voulut se mêler de nos
affaires, et mit en conséquence ses troupes à nos trousses; Meino et moi
nous endossons des uniformes d'officiers supérieurs; nous avions de si
bonnes liaisons dans la ville, qu'avant minuit nous tenions le mot
d'ordre de la garnison. Quelques minutes après, sous prétexte d'un ordre
militaire et supérieur, nous nous présentons chez le gouverneur, et nous
demandons à être seuls avec lui. Alors, plus de dissimulation: nous
déclarons nos noms et qualités, et nous disons au général stupéfait:
Vous vouliez nos têtes, nous sommes maîtres de la vôtre; vous vouliez
nous faire coffrer, c'est vous qui êtes notre prisonnier. Toutefois nous
ne voulons de mal à personne, et nous ne vous demandons qu'une chose,
c'est de ne plus nous poursuivre avec acharnement. Prévenez de la sorte
une seconde visite que nous serions forcés de rendre plus sévère.» Après
ce court dialogue, nous regagnâmes en toute sûreté nos montagnes.
«Autre exemple, mon cher monsieur: La superbe madame Meino, épouse d'un
de nos camarades, nous fut enlevée: elle tomba dans un parti de
gendarmes qui la menèrent à Alexandrie. Seul M. Meino se présente encore
chez le général de cette ville, et cette fois sous l'uniforme de la
gendarmerie, en colonel, la croix d'honneur à la boutonnière. Nous
aimons beaucoup la croix d'honneur. Meino accorda un délai de trois
jours pour la liberté de sa femme. Au bout de deux jours, madame Meino
était revenue; et l'on avait bien fait d'obéir, car sans cela le général
Despinois... était mort dans les vingt-quatre heures, et moi qui vous
parle, j'étais resté à Alexandrie pour retirer sa parole d'honneur et
rentrer dans les lois de la guerre.
«Vous le voyez, nous avons horreur du sang, et nous ne le versons que
quand on nous y contraint. Les femmes! eh bien! nous ne les enlevons
même pas; nous leur prenons tout, mais nous leur laissons l'honneur. Il
n'y a pas chez nous plus de libertins que de traîtres. Ceux qui ne sont
point insensibles à l'amour ont des femmes légitimes où le sacrement a
passé. Nous avons réduit nos expéditions à un code régulier, et voici
les principales dispositions: Nous connaissons toutes les fortunes à un
sequin près; nous avons ainsi la liste des riches propriétaires; nous en
enlevons un, deux, trois, de temps en temps, à tour de rôle. Nous les
mettons en lieu de sûreté; nous leur faisons les honneurs de notre
table: le vin, le café, la liqueur, un bon _ordinaire_. Libre ensuite
aux prisonniers de s'en aller quand ils veulent... c'est-à-dire quand
ils veulent payer leur rançon; mais nous ne sommes point juifs, nous
leur donnons du temps. Ils prennent eux-mêmes leurs échéances. Ils
écrivent à leurs familles, et pour cela encore, nous leur sauvons les
ports de lettres, nous nous chargeons nous-mêmes de les faire tenir.
Quand les conventions réciproques ont été jurées, c'est-à-dire encore,
quand nous avons touché l'argent, nos prisonniers, un bandeau sur les
yeux, sont ramenés, et à cheval, à peu de distance de chez eux. Nous les
prévenons que toute dénonciation à l'autorité serait suivie pour eux de
la peine de mort. Une fois qu'on nous à payé le tribut, on en est quitte
pour la vie. Plus honnêtes que les gouvernemens, nous ne volons qu'une
fois la même personne; et je puis vous assurer que nous jouissons de
l'estime de tous les honnêtes gens qui ont eu affaire à nous.»
«Hélas! madame, là finit le récit du comte de Vivalda, mais là ne finit
pas son histoire. Lui, Meino et tous ses honnêtes camarades ont été, il
y a peu de temps, poursuivis avec une nouvelle activité. Bien des
pauvres gendarmes y ont passé, mais enfin la troupe a été réduite.
Retranchés dans une ferme, on y a mis le feu, et ils n'ont cédé qu'au
nombre et à l'incendie. La cour criminelle de Turin les a tous condamnés
à mort, et tous ont été exécutés. C'est un spectacle dont toute la ville
a été témoin. La naissance, la beauté de plusieurs d'entre eux, avaient
redoublé l'épouvantable curiosité des supplices. Il n'y en avait pas un
dans la bande qui ne portât les marques de quelques blessures. Leur
courage, leurs aventures ont fait plusieurs fois les frais de toutes les
conversations, et vous voyez bien qu'on en parle encore.»
Nous arrivâmes assez tard à Turin, à cause du mauvais temps. M. le comte
de Saluces me reconduisit avec sa politesse ordinaire, et me quitta de
suite; j'en augurai que la peur des reproches l'avait repris, et qu'il
allait réveiller sa belle actrice pour en diminuer la dose. Quoique je
ne sois pas peureuse, on le sait, je n'en passai pas moins la nuit à
rêver brigands, comme cela arrive quand on en a parlé beaucoup dans la
soirée. Après deux jours de repos, et après mes visites d'adieux au
comte de Saluces, à mon chambellan et à quelques autres personnes, je
repartis pour Gênes.