_(Voir les gravures, pages 459, 460 et 461.)_
Nous avons pu, dans notre dernier numéro, bien qu'il fût mis sous presse
le lendemain de l'arrivée du roi d'Espagne à Paris, signaler par
quelques photographies sa réception, le mercredi 7 mai, à la gare du
Bois-de-Boulogne, la belle parade militaire donnée le même jour, en son
honneur, sur l'esplanade des Invalides, et même la présentation qui lui
fut faite, le lendemain, à Fontainebleau, des officiers de notre Ecole
d'artillerie. Les images que nous publions aujourd'hui s'ajoutent à
celles-là, pour fixer le souvenir de deux des plus impressionnants
spectacles qui furent offerts à Alphonse XIII pendant sa trop courte
visite.
En outre des petites manoeuvres de cavalerie exécutées, le matin, dans
la vallée de la Solle, et des tirs réels d'artillerie dirigés, au
Polygone, contre un village figuré en charpente, le programme de la
journée de Fontainebleau comprenait, après le déjeuner au château, un
carrousel organisé dans la «carrière» de Moret, vaste piste
rectangulaire, sur un côté de laquelle une tribune avait été dressée
pour le souverain, le président de la République et les invités
officiels. Ils assistèrent, de là, aux brillants exercices de nos
cavaliers du 7e dragons, aux jeux équestres, d'une précision parfaite,
des écuyers de Saumur, enfin à l'entrée foudroyante des deux
mitrailleuses du 7e dragons, virant à une allure vertigineuse,
s'arrêtant brusquement, en pleine vitesse, pour prendre position et se
mettre en batterie, puis repartant avec la même promptitude...
Le lendemain, Alphonse XIII, avant de prendre, à Jouy-en-Josas, le train
qui devait le ramener en Espagne, se rendait en automobile à Bue, pour y
passer la revue de quatre-vingt-seize aéroplanes, militaires et civils,
magnifique témoignage de notre maîtrise de l'air et voir évoluer deux
dirigeables venus de Saint-Cyr, le _Commandant-Coutelle_ et le _Temps_.
Conduit auprès des appareils rangés en ligne par le général Hirschauer
et par M. Robert Esnault-Pelterie, président de la Chambre syndicale des
industries aéronautiques, le roi s'attarda à cette inspection,
interrogeant avec sa bonne grâce coutumière les pilotes et les
constructeurs. Puis ce fut l'émouvante envolée des grands oiseaux,
bondissant tour à tour du sol, et sillonnant l'espace, bientôt tout
entier occupé par leurs ailes... Ainsi s'acheva, sur une apothéose de
l'aviation française, le séjour en France du roi d'Espagne.