L'industrie française de l'aviation, qui semble avoir des débouchés
restreints, provoque un mouvement d'affaires de plus en plus important,
dont on n'aurait pu indiquer le chiffre, sans provoquer le sourire, il y
a seulement cinq ou six ans.
[Illustration: La locomotive sans tender avec moteur à naphtaline.]
D'après le rapport de M. Besançon à la dernière assemblée générale de
l'Aéro-Club de France, on avait construit en 1911 un total de 1.350
aéroplanes utilisant une puissance globale de 80.000 chevaux. En 1912,
le nombre s'est élevé à 1.425, et l'on prévoit 2.000 appareils nouveaux
en 1913.
Si l'on admet une valeur moyenne de 15.000 francs par appareil, ce qui
semble pouvoir être considéré comme un minimum, le commerce des
aéroplanes construits en 1912 représente donc un chiffre de plus de 28
millions auquel il y a lieu d'ajouter une somme importante, difficile à
évaluer, pour les industries accessoires que l'aviation fait vivre
autour d'elle. C'est ainsi m'en 1911 et en 1912 les aviateurs ont
«consommé» environ 8.000 hélices.
D'autre part, si nous considérons l'ensemble des résultats obtenus, à un
an de distance, au point de vue de la vitesse, de la hauteur, de la
distance et de la durée sans escale, nous trouvons les chiffres
suivants:
Plus grande vitesse: 167 kil. 800 à l'heure, en 1911; et 174 kil. 100 en
1912.
Plus grande hauteur: 3.910 mètres en 1911, et 5.610 mètres en 1912.
Plus grande distance sans escale: 270 kil. 600 en 1911 et 1.010 kil. 900
en 1912.
Plus grande durée sans escale: 2 h. 16' en 1911 et 13 h. 1' en 1912.
Enfin, au cours du dernier exercice, la Commission de l'Aéro-Club a
accordé 189 brevets de pilote aviateur.